Paris, 23 octobre 26

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie Étiqueté

23 octobre. c’est le lendemain de mon anniversaire. il est 5 heures, sommes à Paris.  me demande pourquoi je me suis réveillée ; pourquoi hier, j’ai dormi jusqu’à 8 heures. j’avais pris 4 gouttes de CBD, laissé à Bruxelles. j’en ai racheté ici, pas de la même marque et pris moins de gouttes. à cause de tous ces mots dont je pense qu’ils ne devraient pas être là, je songe à la réussite, à la trouvaille que c’est, l’utilisation de points de suspension entre crochets, par Anton Beraber, dans la retranscription de ses carnets (manuscrits, il me semble) à son journal en ligne. I’m lost (cri dans une chanson). les crochets de suspension. oui, j’aime beaucoup ces marques d’omission. ces marques visibles et volontaires. la marque d’existence ailleurs d’un texte qui n’est pas donné à lire. qui ne peut l’être. qui ne peut encore l’être. qui ne le pourra jamais. de ce qui s’écrit et qui n’est pourtant pas lire. je ne sais pas si c’est ça que j’aime. ça m’évoque les carnets noirs de Gaëlle Obiégly dans son livre sur le déchet et les archives. (j’en avais parlé sur le blog je crois.) les inavouables. ça m’évoque aussi le pas-à-lire de Lacan, mais ça ne devrait pas. la coupure, l’omission, le manque. etc. j’ai réactivé une appli sur mon téléphone, qui m’empêche d’aller sur les réseaux sociaux (mais elle ne fonctionne pas aussi facilement sur le Mac). là, j’écris sur le téléphone et ça me fait mal à la main, aux mains. je dois racheter de l’huile de nigelle. 63 ans. nous parlions de l’amour hier soir, lors de l’apéro que nous prenions à 3. il me semble qu’on peut très bien aimer et n’en rien savoir. le contraire étant tout aussi vrai. les variantes étant nombreuses. mais il était question d’un couple où l’un avait avoué n’être pas amoureux de l’autre. pour moi, ce n’est certainement pas un critère de non amour. pas à tous les coups. bien sûr, je me souviens bien de ceux dont je m’indignais intimement qu’ils m’aiment alors que je ne les aimais tellement pas et avec qui il ne se passa jamais rien. mais quand l’histoire continue, prospère… il est tout à fait possible qu’un sentiment change. et que celui qui se voit enfin aimé en retour, cesse alors. est-ce que je ne l’ai pas souvent craint, d’ailleurs. les réticences de F à parler de tout ça. ça m’amuse. et ses mensonges, ses travestissement de la vérité, son déni. ce n’est pas un crime. que sais-je de mes propres dénis, beaucoup, et les moyens de les contrecarrer, peu. sa honte, j’espère pas. son peu de goût d’aller remuer dans les histoires anciennes. F est quelqu’un qui sait qu’il aime. me recoucher. 06:00.

je voudrais aller à l’épicerie aujourd’hui. je sais quelle épicerie, celle de la rue Moret.

suis atterrée par ce qui se passe en Fr. pr la violence maintenant de la répression judiciaire, qui suit celle déjà hallucinante exercée sur les corps (non évidemment qu’une condamnation ou de la détention n’atteignent les corps), je crains la manif de samedi, peur à l’idée que Jules y participe. très net sentiment que nous avons basculé. et ma parano s’emballe

07:10 tout de même passé du temps sur Insta. mais comment ne pas.

je n’ai rien dit des moments adorables, extraordinaires, passés avec ma mère. my love for her.

en voiture vers ici, trouvai la carte de mon frère pour mon anniv. me fit très plaisir. il m’aime donc un peu.

07:22 je pourrais être contente de l’insomnie ou du réveil trop tôt puisque me permet d’écrire (quand je voulais arrêter).  mais dormir, comme hier, fait du bien. et d’ailleurs, j’écrivis.

08:49 l’automne est là, le froid. suis retournée me couchée, F m’a pris dans ses bras. tout cet amour. je ne pense pas que nous nous soyons jamais autant aimé que maintenant.

publié sur le téléphone.

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