mercredi 5 avril 2006 · 16h59

l’amour du réel

« Restait à nommer l’amour du réel lui-même, (( Ethique et pulsion ou De la psychanalyse comme style de vie, Philippe De Georges, Editions Payot Lausanne, Psyché, p. 85 )) et c’est le pas franchi par deux analystes de l’Ecole, Franceso Hugo-Freda et Virginio Baïo. Cet amour-là est, nous dit Miller, le plus proche de la haine, car celui tient le plus compte de l’objet.
La haine est à entendre ici comme la plus lucide des passions: loin de porter sur les seuls semblants, elle vise, comme l’injure, le noyau de réel qu’indexe l’objet a. »

mon secret
c’est l’envers
de l’amour

l’inavouable pour
moi c’est là où
ça n’aime pas
et
ça me
poursuit [...]  Lire la suite >

mercredi 8 novembre 2006 · 19h25

les poils, la prisonnière, la sainteté

je doute qu’il n’y ait que les poils pour m’empêcher d’y aller
à la
piscine
(si ce n’est que les poils sont comment dirais-je font forment un obstacle consistant, insistant et consistant, pensable et solutionnable. alors qu’il y a fort à parier que la raison vraie soit, elle, sans solution.)

– à delphes, je dis  « je m’aime prisonnière », elle rit. –

il y a deux ou trois jours, pensées, pensées au saut du lit, qu’est-ce que je fais, mais qu’est-ce que je fais de mon corps? (il ne peut y avoir de grandes ni de petites certitudes, même le silence ne peut rien contre cela qui nous environne). je vais là dedans, dans la perte du corps, le reste est illusion – est-ce triste ? cela n’est pas sûr.  il y a deux ou trois jours, je me réveille, et je repense à freud, je me réveille, je pense, à sa petite servante, sa cuisinière (je réinvente, l’histoire) qui une fois qu’elle eût goûté au lit du maître, ne voulut plus cuisiner. [...]  Lire la suite >

vendredi 22 octobre 2010 · 12h24

ce pari sur la réciprocité de l’amour, l’existence du désir, le réel de la jouissance

22 octobre, c’est mon anniversaire…

ce que ça serait l’amour réciproque.  « l’amour, disait Lacan, est toujours réciproque ».  d’autant qu’on aime sans le savoir et qu’on déteste sans le savoir davantage, ce que j’ai lu dans Freud, qui m’a accrochée à lui.

aussi mon amour s’est-il bâti sur le pari que j’aimais sans le savoir celui qui m’aimait le sachant et me le faisant savoir. j’ai parié que cet amour était réciproque même s’il n’y paraissait  pas. et, grâce au ciel,  j’ai dû m’exprimer par endroits suffisamment clairement pour que ce soit également entendu par celui à qui j’ai trop souvent affirmé le contraire, qui à mon pari parfois douteux opposa au moins en apparence une lente certitude. et avons-nous petit à petit appris à connaître et déjouer l’étrange tournure de mes déclarations d’amour. aucune grande explication n’y servît, bien plutôt de nombreuses crises, des matins chauds, son calme, le souvenir du pari, la foi qui me revenait, une fois les méandres de l’angoisse oubliés, laissés derrière moi. [...]  Lire la suite >

mercredi 3 novembre 2010 · 10h53

he – who leads from the drive to love

The paternal function is tied to an existence that supposes sexuated articulation.He (a father) can be a model for the function only by realising in it a type of paternal perversion, that is to say, that the cause is a woman whom he acquired in order to give her children, of whom, whether he wants to or not, he takes paternal care. This surprising recourse to the “perversion” in order to save the subject from psychosis is the fecund way, (a very appropriate way of saying it in this case), for the Name-of-the-Father to be recomposed in a world where the exception is no longer transcendent. It is tangled everywhere. This recourse definitely implies that we renounce the myth of the father of the horde. The “useful” Name-of-the-Father is not the father of the “all”. He needs a regulating fiction in order to exist. The “a la carte” recomposition in the bric-a-brac of tradition, or any other “formalist” conception, requires flesh to subsist. Concerning this, I refer to the developments of J.-A, Miller in Le Neveu de Lacan. There is no need to find its foundation in a hypothetical psychosomatic basis, or to wager everything on the experience of parenting, strictly pragmatic.
Lacan gives a precise foundation to this flesh along a double principle. In the existence of a cause of desire ; and in the love which it may authorize. The consequence is to be read in the following logical sense: he who leads from the drive to love and not the reverse. [...]  Lire la suite >

lundi 15 novembre 2010 · 16h37

un doute de l’amour

Cependant, quelle que soit l’explication qu’on donne à cette «constellation»  si étrange de l’amour et de la haine, son existence est mise hors de doute par les observations faites sur nos malades, et il devient facile de comprendre les phénomènes énigmatiques de la névrose obsessionnelle lorsqu’on les rapporte à ce seul facteur. Si, à un amour intense s’oppose une haine presque aussi forte, le résultat immédiat en doit être une abolie partielle, une incapacité de décision dans toutes les actions dont le motif efficient est l’amour. Mais cette indécision ne se borne pas longtemps à un seul groupe d’actions. Car d’abord, quels sont les actes d’un amoureux qui ne soient pas en rapport avec sa passion ? Et puis, le comportement sexuel d’un homme a une puissance déterminatrice par laquelle se transforment toutes ses autres actions;  et, enfin, il est dans les caractéristiques psychologiques de la névrose obsessionnelle de se servir dans une large mesure du déplacement. Ainsi la paralysie du pouvoir de décision s’étend peu à peu à l’activité entière de l’homme ((  Cf. « La représentation par quelque chose de menu » comme la technique du jeu d’esprit dans Freud, Le mot d’est et ses rapports avec l’inconscient, Paris, Gallimard, 1930, p. 90, déjà cité.)). [...]  Lire la suite >

dimanche 2 janvier 2011 · 02h22

l’inconscient tellement encombrant

l’inconscient tellement
encombrant

/

comment pourrais-je espérer
léguer
ça ?

/

qu’est-ce qui m’inquiète
encore ?
jules

seulement jules.

ce que je vais lui laisser. ce que je peux lui donner. comment ne pas l’empoisonner. moi qui le suis tant, poisonnée.

//

pourquoi vouloir écrire, sinon pour espérer que ça l’aide un jour, l’allège, qu’il comprenne – mais lui assignai-je ce destin-là : qu’il me comprenne, qu’il soit celui qui me comprenne ? est-ce cela que je fais ? ce n’est pas ce que je veux. pas du tout. c’est qu’il me semble que si peu est dit, de ce qui est. si peu je dis, de ce qui m’est. et l’inconscient, justement, et cette expérience-là, dont il me semble que rien, dans le monde, finalement, ne témoigne, de façon distincte. qui me semble partout renié. [...]  Lire la suite >

samedi 13 août 2011 · 22h12

les peaux jouent, rêve

Robe qui part du cou, l’enserre comme un collier, d’esclave, descend sur la poitrine, les seins, sans passer par les épaules, se resserre sur le ventre, repart sur les hanches, jusqu’aux genoux.

C’est très joli.

Je m’aperçois cependant que le bonnet droit de la robe est vide, mon sein droit manque. J’ôte la robe et vois  avec horreur que toute la peau a « joué » sur les seins et sur le nombril. C’est indescriptible.

La peau du trou du nombril n’est plus en face du trou.
La matière à l’intérieur du téton n’est plus sous la peau du téton.
Le sein n’est plus sous la peau du sein.
La matière du sein n’est plus sous la peau du sein.
La peau du sein est vide et la matière est ailleurs. [...]  Lire la suite >

dimanche 30 septembre 2012 · 11h17

vie d’intérieur : de la cire sur un meuble en bois

l’amour passe par la beauté. la beauté passe par l’entretien. l’entretien passe par l’usage des produits ad hoc. l’entretien donne à l’objet et à sa matière le temps de son appréciation. son appréciation est tactile, gestuelle, visuelle, odorante. etc.

(ainsi en va-t-il probablement du travail de restaurateur d’œuvre d’art.)

et cela ne s’applique-t-il qu’aux objets qui vous sont proches, qui sont les vôtres.  il ne saurait en aller de même pour les objets dont dont doit s’occuper une femme de ménage. 

~

la loque passée sur un objet le caresse.  l’objet alors soigneusement replacé, ajusté. certaines femmes de ménage apportent d’ailleurs à vos objets un ordre qui n’auraient jamais été le vôtre, nouveau, mais que vous appréciz (une jeune fille d’origine polonaise rangeait toujours mes produits de salle de bain par ordre de grandeur apportant à ma salle de bain une note d’humour dont elle était sinon  bien dépourvue. d’autres bien sûr peuvent les déplacer d’une façon qui peut s’avérer irritante pour certains, mais que des gens comme moi, trop plein de compassions, n’osent faire remarquer.) [...]  Lire la suite >

jeudi 29 novembre 2012 · 10h12

ce n’est que des lettres que se fonde le nécessaire, comme l’impossible

Et cela même que je vise cette année, c’est à ce que vous ne confondiez pas les mots avec les lettres, puisque ce n’est que des lettres que se fonde le nécessaire, comme l’impossible, dans une articulation qui est celle de la logique. Si ma façon de situer les modes est correcte, à savoir que ce qui ne cesse pas de s’écrire, le nécessaire, c’est cela même qui nécessite la rencontre de l’impossible, à savoir ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, qui ne peut s’aborder que par les lettres. C’est bien là ce que, ce que ne permet d’aborder par quelque dire que la structure que j’ai désignée de celle du nœud borroméen, c’est en quoi, la dernière fois, l’amour était un bon test de la précarité de ces modes. Il est porté à l’existence, cet amour, ce qui est bien le fait de son sens même, par l’impossible du lien sexuel avec l’objet, l’objet quelle qu’en soit l’origine, l’objet de cette impossibilité. Il y faut, si je puis dire, cette racine d’impossible. Et c’est là ce que j’ai dit en articulant ce principe : que l’amour, c’est l’amour courtois. [...]  Lire la suite >

dimanche 18 août 2013 · 12h36

Anne Lysy : Lʼanorexie : Je mange rien (extrait 1)

[…]

1. Le rien, l’amour et le désir * (( Extrait de Lʼanorexie : Je mange rien de Anne Lysy sur le site du Pont Freudien))

C’est ainsi que j’ai sous-titré ce premier moment, qui reprend le Séminaire IV et « La direction de la cure » (( J. LACAN. « La direction de la cure », 1958, in Écrits. Paris, Seuil, 1966, pp. 585-645. )) . Lacan, dans les années 50, met en avant la prévalence, dans tout phénomène humain, de l’ordre symbolique, l’ordre du langage, qui préexiste au sujet et qui le détermine. Il l’appelle le grand Autre pour le distinguer comme au-delà, comme horizon des petits autres, les égaux, les comme moi, les pareils, même si la fonction de ce grand Autre est supportée ou incarnée par des figures proches, par exemple, les parents, le père, la mère, pour l’enfant. [...]  Lire la suite >

dimanche 4 janvier 2015 · 13h45

Je te demande de ne pas me proposer ce que je veux pour que je ne doive pas te le refuser

Moi-même, plus jeune, vers la trentaine dirais-je, j’avais remarqué combien il m’était impossible de ne pas dire non à ce que mon ami d’alors,  Vincent, me proposait, dire non presque à tout ce qu’il me proposait. Et il ne s’agissait pas seulement de faire l’amour.

Notre relation avait cependant été assez longue pour que je réalise que j’avais bien souvent envie de ce qu’il me proposait. Et il ne s’agissait pas seulement de faire l’amour. A quoi j’étais donc, malgré moi, obligée de répondre que Non, je n’en voulais pas. [...]  Lire la suite >

mardi 16 février 2016 · 13h32

… que l’Amour est fils de Poros et de Penia

mardi 16 février 2016

taï chi tout à l’heure, à 19 heures. je n’en ai pas fait de toute la semaine dernière, j’allais mal,  il faisait froid, je voulais rester à la maison. il y avait eu le symposium tout le week-end. symposium de taï chi  où, après m’être désistée et n’être pas allée aider le samedi matin à 7 heures, offrant la dégoulinante excuse des mes angoisses,  je m’étais plus tard surprise à me plaindre encore, à S, toujours, et de mon genoux cette fois, ce qui m’a semblé trop, ce qui m’a dévoilé/révélé quelque chose de ma position, posture ( me donner à plaindre). quelles que soient mes difficultés, il faut que je mette un frein à ça (que j’aille voir ailleurs). [...]  Lire la suite >

mercredi 8 août 2018 · 11h53

l’amour surmoitié

Si on peut, en guise de conclusion, parler d’une «clinique» de l’amour 14 c’est du fait que l’amour ne se déploie pas exclusivement sous la bannière d’Éros, dans la «douce moitié» où le partenaire pourrait combler les aspirations narcissiques du sujet, mais, et plus fondamentalement, comme «surmoitié», – ainsi que Lacan le signale dans L’Étourdit : «C’est là surmoitié qui ne se surmoite pas si facilement que la conscience universelle». 15   Le Surmoi partenaire de l’Amour, Vicente Palomera, https://www.disparates.org/iota/wp-content/uploads/040.pdf   14. J’emploie l’expression introduite par François Leguil dans un conférence à Nantes, le 3 octobre 1987 : «La « clinique » de l’amour et la folie», Travaux 3, Groupe d’études de Nantes, 1988. 15. LACAN, J. «L’Étourdit», Scilicet n°4, Paris, 1973, p. 25.
mardi 11 août 2020 · 12h36

avoir un corps

Après toutes ces années de tai chi, de chi et de tai chi, il me semble que j’acquiers, que j’ai acquis un nouveau corps.

C’est un fait, c’est l’acquis, un corps. Par sa jouissance. La jouissance par les traçages intérieurs, enchanteurs. Les traçages de mondes, les dessins. Les géographies.

Être dit encore, reste. Reste à dire. Cela reste à dire encore. Ce corps acquis. La jouissance.

Les explorations auxquelles on procède, les manipulations intérieures, le bonheur qu’on y trouve, donnent un corps où il n’y en n’avait pas. Le corps se met à exister. [...]  Lire la suite >

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