jeudi 21 mars 2024 · 00h32

Totalement inconnu

Je me lève je n’arrive pas à dormir. ça ne va pas du tout. trop d’inquiétude à propos de Jules. Je lis le livre de Gaëlle Obiégly, je lui écris sur Instagram:

« Merci pour ce livre, totalement inconnu. Qui ne l’est plus complètement et qui le reste, qui encourage à aller vers ce qui en soi, de soi, est totalement inconnu. Inconnu, chéri, avec quoi jusque là on se croyait seul.e. Merci pour ce courage, peut-être. Cette sagesse, cette simplicité, cette voix. Merci aussi pour le soldat inconnu, auquel je m’efforcerai de penser cette nuit. Merci pour cette voix. Heureuse aussi que ce livre soit apprécié, aimé. Alors qu’il est si particulier. »

C’était écrire très peu… Ce livre est bouleversant. Mais la réception qu’il reçoit l’est aussi. Elle parle d’une voix qu’elle entend.

jeudi 28 mars 2024 · 08h45

Ce qui fera cas

28 mars 24 8h45

Hier donc au matin, cette idée pour le livre d’A, l’idée d’ajouter un personnage qui soit le garant, un personnage inventé qui aurait un diplôme et pourrait dire les chose sans la charge de doute que je suis toujours obligée d’ajouter (ma façon de tout passer au conditionnel). Ce personnage dirait les choses sans précaution. Il aurait mes opinions mais pas ma prudence, pas mon caractère, ma façon de m’effacer. Ce serait un caractère fort. L’introduire de façon un peu drôle. Virginie F. ai-je pensé.

Puis, j’ai repensé aux fracassemeurs et au livre de Gaëlle Obiégly. Je ne sais comment ça s’est mêlé. Mais je me demandais si au fond je ne pourrais pas avancer non plus en mettant en avant le cas, que je suis, en avançant sous sa pancarte, mais en mettant en avant le fonctionnement, la pensée, dans sa singularité.

J’ai pu comprendre ces derniers mois comment je m’étais construite comme cas, dans l’identification à un cas, alors que son livre, Gaëlle Obiégly, elle l’écrit dans la seule description de ce qui est, sans chercher à le caractériser dans une quelconque étiologie. Elle dit voilà les faits, mon intelligence, ma beauté. Je pensais à la façon dont j’avais cherché, depuis le début, depuis le début de mon analyse, depuis qu’avais commencé à lire de la psychanalyse, comment j’avais cherché à faire cas. et tout d’un coup, j’ai entendu comment le fracassemeur s’écrivait comme ça : le « Fera cas » se meurt.

Ce livre de GO a quelque chose d’exemplaire pour moi. Son ton. Ce qu’il s’autorise. De croire à son intelligence, d’y consentir. De consentir à sa nécessité. De n’avoir pas honte.

J’ai pensé alors que que Virginie F pourrait s’appeler Virginie Fracas.

Pour moi, le cas me fait fat tenir. Est-ce qu’i y a « identification imaginaire au cas »? Mais comment sortir de ça. De cet habillage là. Par quoi d’autre le remplacer une fois que je m’aperçois du handicap que cette identification comporte. Handicap par la restriction, handicap par la honte.

Autre chose : ce à quoi je tiens dans cette identification, c’est au livre.

Je lisais de la psychanalyse en me cherchant. En m’attendant à chaque instant à me lire, à tomber sur moi. Particulièrement à ce que Lacan parle de moi.

Le cas. Ce que j’ai fini par comprendre. Le cas est là, se présente à moi dans mes rêves depuis longtemps. C’est de longue date que je l’ai repéré. Mais pas tout de suite comme « cas », plutôt comme « K« . Dans le blog, K est un mot clé. je pourrais l’extraire et en faire un texte à part entière. Comme j’avais commencé à le faire pour « Titi« . Mais c’est un énorme boulot, cette relecture. Je n’ai pas tenu le coup pour Titi. Je n’ai pas terminé. C’est avec la maladie, le Covid, que ça s’est cristallisé pour moi, ce que j’étais comme malade, en quoi je me tenais, avais tenu, à cette identification. Il y a ausii ce désir, le désir que sa particularité, sa différence, ses difficultés soient, par d’autres, dans l’Autre, reconnues « scientifiquement », Et c’est alors aussi la recherche de l’absolution. Ce n’est pas de ma faute. C’est la maladie. Et ça s’explique par le cas, scientifique. C’est chercher/se creuser une place dans l’Autre.

Je pourrais m’appeler Véronique Malade.

Inquiète pour A. et ce qui arrive à R.

dimanche 31 mars 2024 · 16h43

« Je ne sais que ce que je sais et ça m’a toujours suffi. »

De toute façon, les films, les livres, les rêves, on les oublie, leur matière s’incorpore à l’inconscient. On les oublie à mon avis, parce que ce n’est pas vécu physiquement, ce n’est pas la réalité. Je dis ça mais il en va quasiment de même pour tous mes repas. Il ne m’en reste à peu près rien sinon la qualité de ma chair. Il nous faut pour garder les œuvres dans notre musée interne faire des ponts, les relier à la réalité par des détails. Parce que les détails, qui semblent pourtant sans valeur, c’est chaud comme les faits.

Gaëlle Obiégly, Totalement inconnu
vendredi 5 avril 2024 · 16h29

messages effacés à propos de Sans valeur de Gaëlle Obiégly

5 avril 24, 16:29 

messages à J et F, dans le cadre du travail que J a à faire pour une école. envoyés puis effacés.

[05/04 à 16:16] Eoik: dans son bouquin, Gaëlle Obiégly, elle doit déménager
elle essaye de faire du tri
soit elle jette
soit elle archive
elle arrive pas bien à jeter
mais elle pense à sa mère qui jetait tout
qui a jeté même la correspondance qu’elle a eue avec son père
G O trouve que c’est dommage qu’elle ait pas archivé ça
en même temps, elle comprend
un jour, elle tombe sur un tas de déchets dans la rue qu’elle peut pas s’empêcher de ramener chez elle, le cœur battant
après une bonne cinquantaine de pages de son récit, elle dit que c’est des papiers qu’elle a ramassés, et sur lesquels elle s’est mise à écrire

ma mère aussi a beaucoup jeté. je crois qu’elle a aussi jeté la correspondance avec mon père. je l’ai jetée partout. ça ne me plaît pas du tout qu’elle ait jeté ça.

les parents de F, tout le contraire : tout à l’archive !

moi, tout ce que j’ai écrit comme lettres, sur l’ordinateur, je pensais que ça se conserverait. en fait, non. pareil pour les sites. faut faire des efforts pour conserver. les archives internet ou numériques, ça se conserve beaucoup moins bien que les archives papier. 
tout se perd.
vrai problème d’archivage

[05/04 à 16:16] Eoik: je sais que j’écris trop. toujours.

[05/04 à 16:18] Eoik: oups, pas jetée partout : cherchée partout ! je l’ai cherchée partout

j’ai effacé parce que c’est resté sans réponse. c’est pas sans douleur d’effacer. ni sans cruauté. 

samedi 6 avril 2024 · 11h55

Obiégly, sur son journal dans Sans valeur

6.4.24, 11:55 (publié sur Instagram)

Je continue à lire Gaëlle Obiégly. Ici, ce qu’elle dit à propos de son journal dans Sans valeur. Il faut que je retrouve aussi ce qu’elle en dit dans Totalement inconnu. Je lis et relis et ça ne cesse de m’émouvoir.

« Le journal est une forme d’écriture désœuvrée. On n’y cherche pas la représentation. C’est la vie même qui s’y déverse.
Encore plus que dans les lettres, parce que les lettres qu’on écrit peuvent subir l’influence de leurs destinataires. (…) Tenir une main courante prend du temps, mais cela permet aussi d’en conserver l’esprit; l’esprit du temps. C’est important de déposer les réflexions et les faits, parce que sinon tout s’évapore. Il ne reste rien d’il y a trois jours. Si j’écris chaque jour ce que j’ai vu en regardant simplement autour de moi, en saisissant ce qui se passe, c’est parce que je sais que tout s’évapore. Si j’écris ce qui se passe quand je regarde une image fixe, un tableau, un film, c’est parce que je sais que mes impressions vont se désintégrer. Mon esprit est plein de déchets. Ce sont les résidus de pensées nées dans la solitude ou dans la conversation.
….
Inoffensif, mon journal est dur, pourtant. Dur et pas beau. Mais nous n’avons pas à nous demander si c’est laid ou si c’est beau, à vrai dire. Le sentiment d’avoir créé quelque chose qui a de la vie est supérieur à ces deux notions de laid et de beau. Pour moi, c’est le seul critère en matière d’art. »

dimanche 7 avril 2024 · 07h26

le petit tas d’ordure comme motif de l’inavouable

Autour de Sans valeur de Gaëlle Obiégly que je lisais hier soir encore.

Le petit tas d’ordure comme motif de l’inavouable. L’ordure ramenée chez elle, le cœur battant malgré elle. Dont la matière, l’humus plaît à son chat. Qu’elle ne dépiaute, décortique pas tout de suite, qui existe d’abord comme un corps, un corps un, qu’elle observe, qu’elle nomme, même, « Lady », dont elle laisse d’abord venir à elle certains éléments, qui paraissent subitement en surgir, peut-être du fait des manipulations du chat. Ensuite, il est vu qu’il s’agit de papiers, de déchets papiers, qu’il s’agit d’écrits, d’écriture. Il est vu par nous lecteurs. Mais ce pourrait aussi bien avoir été réalisés par la narratrice ou l’autrice, à ce stade-là. Tiens oui, il s’agit d’ordures, je suis amoureuse d’un tas d’ordures, mais il s’agit d’ordures particulières puisqu’il s’agit d’écrits. De choses à lire ou…. pas à lire. Enfin, il est lu ce que ces papiers recèlent d’odieux.

Un peu comme le trajet de certains objets en analyse… Tas d’ordures non identifiés, chéris malgré soi, aimés, malgré leur statut d’objet rebut. Dont s’extraient certains éléments purement signifiants, c’est-à-dire dont rien ne peut être su de la signification, autour desquels on se met à imaginer, à raconter. Et alors, au départ de ces épars, se rendre compte qu’on a affaire à de l’écrit, de l’écriture. Ce qui implique aussi pour soi un retentissement particulier. Parce que l’écrit, l’écriture devient alors l’objet, la matière de pensée, de travail. Et parce qu’il y a quelque chose de l’ordre de l’écrit pas-à-lire. Découvrir le carnet, hésiter à l’ouvrir. L’ouvrir. Et alors tomber sur ce à quoi on ne s’attendait pas. Sur la haine et la parano. Sur la bêtise. Sur ce qui vous rapproche de cette personne, sur l’inavouable. L’encombrant secret, la chose à soi. Cela à quoi on tient le plus. Le non-publiable. Archive, ou déchet.

Dans Totalement interdit, Gaëlle Obiégly parle de l’aveu, du désir chez elle qu’il y ait toujours une charge d’aveu dans l’écrit, qui en tire sa vérité.

Pour moi, quelque chose se règle dans Sans valeur. La grande valeur de ce qui est écrit pour soi, du secret. Dont je me trouve paradoxalement délivrée, par le petit mythe qu’Obiégly lui consacre, qu’elle fait exister. La valeur de cette existence pour elle, le humus de ce qu’elle en extraira, en tirera pour publication. Je me trouve délivrée du tout-dire, de la transparence à tout prix. C’est une leçon d’écriture, magistrale.

Je vais lire l’article d’en attendant Nadeau

dimanche 7 avril 2024 · 07h57

Obiégly, les carnets // pas-à-lire

ce qui me paraît important avec ces carnets, ce qu’elle en dit Obiégly, c’est l’idée qu’il y ait des choses écrites qui ne soient pas destinées à être lues. que l’on se prenne la peine de les écrire sans qu’on ne cherche à leur trouver de lecteurs. c’est une part du sujet du livre, Sans valeur. ça restitue pour moi une valeur à ça.

c’est parce qu’elle écrit des choses qui ne sont pas destinées à être lues, parce qu’il y a un endroit où ça existe, que son écriture a cette liberté.

ça ne veut pas dire que ça ne la travaille pas, ça ne l’interroge pas. faut-il jeter, faut-il archiver. Faut il que ça soit exhumé après sa mort.

je m’aperçois que c’est très important qu’il puisse y avoir un endroit où l’on écrive pour soi. que l’on puisse se passer de lecteur. que cela n’est pas vain. pour quelqu’un comme moi, toujours travaillée par le secret.

après tout ce temps passé à bloguer, je m’en rends compte…. tout ce que je n’ai pas osé écrire, tout ce que je n’ai pas écrit…….

et alors, dit Obiégly, alors vient la fiction: les carnets nettoyés, désodorisés je cois qu’elle dit.

avoir pu écrire pour soi.

faut dire que  je n’ai pas eu de chance avec les carnets écrits pour moi, puisqu’il m’est arrivé que de semblables carnets aient été saisis par la police et que l’intimité qu’ils recelaient ait été complètement ruinée, trahie, violée.

il y a toujours cette peur chez moi, après. l’idée que l’on peut toujours venir chez vous, fouiller et exhumer des secrets que vous pensiez à l’abri. rien de ce qui est écrit n’est à l’abri. 

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2024/02/20/le-marche-de-l-ordure-sans-valeur/

 

mardi 9 avril 2024 · 05h09

Sans valeur

ce que m’apprend ce livre, c’est la nécessité d’avoir une réserve, la nécessité, la possibilité, le moyen. le bénéfice ici à en tirer, je le vois maintenant. je me suis empêchée d’écrire parce que je voulais m’empêcher d’écrire ce qui ne pouvait être lu. j’étais dans une obligation de tout dire, essentiellement motivée par ce qui ne peut l’être, par ce qui doit être caché. je trouve ici la raison, la motivation d’écrire pour soi, d’avoir ses carnets secrets. grâce à cet aveu, cette façon de soulever un coin du tapis, d’entrouvrir le placard, et de dire, ailleurs il y a autre chose, ailleurs il y a pire, cette seule évocation sauve de tous les carnets noirs. et quand ils transparaissent en filigrane, paradoxalement ils délivrent de l’obligation de transparence. par le charme aussi de ce qui se crée, de ce qui s’invente, pour trouver le moyen de dire sans dire, de rester sur le fil de l’aveu tout en maniant des voiles, je retrouve ou reconnais mon goût du secret. c’est comme si vous se trouvait ouverte ou rouverte la possibilité d’un espace à moi. Séparé l’Un et l’Autre. qu’il puisse y avoir un endroit de l’Un sans l’Autre. Puis, de là, un endroit de l’Un à l’Autre.

mercredi 16 octobre 2024 · 08h39

les lieux et je ne sais pas ce qui est publié sur ce site

Je ne sais plus ce que j’ai fait hier. De nouveau prise dans la fièvre d’écriture/corrections/résolution de problèmes techniques. Ecrit des choses qui sur le moment m’ont parues importantes. J’ai commencé à parler de Bruxelles et curieusement en moi cela a résonné comme si c’était encore, déjà, aussi une façon de parler de la Palestine. Et du passé. De quelque chose qui est profondément moi. Moi et ma famille. A cause des quartiers où nous avons vécu. Comme de commencer à parler de quelque chose que je n’ai pas beaucoup dit, il me semble. Pas dit, pas écrit. Autour de mes derniers séjours dans cette ville, liés à ma mère, à mes frères. Ce nouvel amour qui a d’ailleurs subi quelques aléas. Comme tous les amours, I suppose. Amour pour ma mère, lui, inchangé, approfondi encore.

Il y a des lieux, dans ma vie, totalement séparés de l’écriture. Les lieux de vacances, tout simplement.

J’ai également recherché / retrouvé quelques-uns des nombreux blogs ouverts au cours de ces dernières années. Toutes tentatives avortées. Toujours dans l’idée de tout ramener ici, de tout rassembler.

Je sais que j’ai terminé la journée en mettant un lien sur le site dans Instagram, que j’ai retiré ce matin craignant une visite de J et que ça ne lui plaise ou bien plutôt qu’il n’y lise des choses qui ne le blessent. Toujours cet arrière-plan de #badmother, #mauvaisemere ? Ce fantasme ? Peut-être pas. Je ne sais pas vraiment ce qui est publié ici, puisque que pendant des années le blog a été fermé mais qu’il m’arrivait d’y déposer des choses sans me préoccuper des lecteurs, des choses au fond secrètes que je ne prenais pas la peine de travestir, camoufler. Il faut que je repère ces contenus et les passe en privé, non-ouvert à tous, ou les transforme. Ça m’est arrivé hier. Suis tombée sur quelque chose qui ne pouvait absolument pas être publié. Que j’avais complètement oublié. C’est étrange de retrouver ces choses écrites dans des moments de grande angoisse. J’ai effacé ce qui me paraissait le plus insupportable. Or c’est justement ça qui m’intéresse. Ça me fait penser aux réflexions de Gaëlle Obiégly sur son cahier noir. Cette autrice beaucoup lue l’an dernier. Qui m’a suivie un moment sur Instagram et puis plus. Plus je crois à partir du moment où j’ai commencé à publier du contenu sur la Palestine. Grande mon admiration pour elle. Grande l’impression que son travail a fait sur moi.

Mais, encore une fois, c’est quelqu’un qui a su faire le choix décidé de l’écriture. Elle, je veux dire comme Kafka. Il faut que je relise les notes que j’avais prises pendant mes lectures. Que je les importe dans le blog. A aucun moment chez moi, jamais, il n’y a eu de décision d’écrire.

Je commence à avoir mal à la main. J’écris allongée dans le canapé, sous couverture, sur téléphone. Couverture aux tons pastels.

mercredi 16 octobre 2024 · 21h17

mon analyste n’aime pas l’idée que je travaille au blog

SO THE TREES OKAY, THEY TALK TO EACH OTHER RIGHT? THEY USE AN UNDERGROUND NETWORK OF FUNGUS AND ROOTS TO SEND ELECTRICAL SIGNALS AND ASK FOR NUTRIENTS, WATER, AND EVEN WARN ABOUT DANGER OKAY? BRO IT’S BASICALLY AN UNDERGROUND MUSHROOM TELEPHONE. MOTHER TREES HAVE EVEN BEEN SHOWN TO RECOGNIZE THEIR OFFSPRING AND FAVOR THEM OVER OTHER TREES WHEN SENDING NUTRIENTS. SOME TREES EVEN BECOME BROS AND ARE CAREFUL NOT TO TAKE EACH OTHER’S SUNLIGHT SPACE. THE TREES ARE SENTIENT BRO. ITS A SYMBIOTIC MUSHROOM-TREE RELATIONSHIP, MAN.

fatiguée fatiguée. beaucoup marché aujourd’hui, pense pas avoir rien publié. ah mais si, ce matin, avant d’aller chez l’analyste, un texte incroyable pour moi où il est question des fracassemeurs et de ce qui « fera cas », je ne sais pas comment je suis tombée là-dessus, un texte datant du mois de mars 24 et de la lecture de Gaëlle Obiégly qui m’avait tellement impressionnée et qui a probablement modifié quelque chose de mon rapport à la maladie et à l’écriture. retrouver ça m’a amenée à vouloir ramener sur le site toutes les notes Obiégly, il y en a pas mal. j’ai commencé à les travailler. mais comme elles se mêlent à des événements dont je ne pense pas que je voudrai jamais parler sur le site, que je dois camoufler, transformer, il faut que j’y aille doucement, réfléchir. idem d’ailleurs par rapport à Obiégly, délicat. heureuse de la retrouver, ça m’a donné envie de la relire. mais suis en plein Kafka.

vu l’analyste. elle, n’aime pas l’idée que je travaille sur le blog. elle veut que j’écrive un livre… est-ce que c’est décevant ? c’est troublant. aucun analyste, jusqu’à présent, n’a soutenu le blog. il m’est arrivé de penser que les choses auraient pu tourner très différemment pour moi si cela avait été le cas. si j’avais trouvé quelqu’un qui puisse m’accompagner, un peu, là-dedans. mais ils n’enveulent pas. avant mon analyste actuelle, je pensais que ça tenait au fait que je parle trop de psychanalyse, que je me mêle de psychanalyse, mais HP, non, ce n’est certainement pas ça qui l’arrête. elle me dit : pourquoi est-ce que vous ne vous mettez pas à écrire? mais j’écris. tout de même, il me semble que j’écris. ça ne la convainc pas. ce qui l’arrête, c’est la virtualité. je pense que ce que je fais, le fait que ce soit sur internet, sur écran, c’est ce qui le rend illisible. ça, c’est bien possible. et puis, je me dis, mais ce serait tout pareil sur papier. enfin. il faut que je poublie tout ça (comme aurait dit lacanà, il faut que j’en finisse. ne pas croire que je ne sois pas ici dans quelque chose de fini, de finissable. ça se finira dans les petites publications dont j’ai parlé, qui seront extraites du blog.

jeudi 17 octobre 2024 · 06h37

mettre obiégl de côté

je crois que je dois mettre Obiégly de côté. mes notes Obiégly. l’imprimer, si possible la relire, la mettre dans un classeur et passer à autre chose. revenir plus tard. tout ce que j’en dis est trop pris dans des événements dont je ne veux pas parler, qui concernent des proches. j’allais assez mal à ce moment-là, je le constate à me relire. ce que je peux dire et penser en de tels moments… je peux difficilement les publier tel quel. les angoisses que je peux avoir… même si je trouve bien d’être parvenue à en écrire quelque chose. mais le publier…

tombée dans instagram sur cette image que j’ai aimée.

vendredi 18 octobre 2024 · 09h29

ven., 18 oct. 24 _ le cahier noir et la colle du réel

journal de classe
qu’ai-je fait hier sur le site?
bien sûr, je ne m’en suis pas tenue à ce que j’ai dit, j’ai pas imprimé #Obiégly et j’ai travaillé dessus, tout publié en privé. me suis trouvée effectivement confrontée à des choses dont ne veux pas parler là, ai dû faire des coupes,  ce qui n’est pas mon fort. songé, de loin, à son cahier noir, à Obiégly. il faut que je trouve le moyen de supporter d’être seule avec mon cahier noir, m’y résoudre. qu’il y ait le cahier noir, secret, et puis l’autre, publié. je ne serais possédée par aucune autre volonté que celle de publier un cahier noir. comment consentir à camoufler. c’est bien là que je ne suis pas écrivain, toujours faut-il que je colle au réel (j’y tiendrais trop). de là à dire qu’il n’y a pas de métaphore pour moi… ou : trouver le moyen de me décoller, de m’arracher d’un certain réel, le réel/réalité, auquel non seulement je tiens mais je m’accroche, et…. plonger dans l’inconnu (comme Frisson l’écureuil). je ne pense pas que ça puisse arriver. cela m’est pourtant arrivé.

 

Top