mardi 1 octobre 2024 · 08h18

brux premier oct.

== 8h18==

Toujours Bruxelles, jusqu’à jeudi. Réveil à 4h. Inquiétée par l’invitation de mon frère à son mariage en Italie le 30 août.

== 16h52 ==

sur le tram 51
et soudain
tranquillité, lumière
du tram les grandes fenêtres 
rouler dans Molenbeek Saint-Jean
bordure du canal
bientôt, le petit château

fatigue, comme dans une bulle
vais à la maison de repos voir ma mère
j’aime ce Bruxelles

 

 

17h55
mercredi 2 octobre 2024 · 05h09

2 oct // Pensées inquiètes à propos du Proche Orient

— mer 2 oct 24, 5h09 —
Salon de ma mère, rideaux tirés.
Réveillée depuis 3 h du mat, il est 5 h. Je me demande ce que je vais faire. Je ne trouve pas. Pensées inquiètes à propos du Proche-Orient. Du Proche Orient. L’Iran a envoyé des missiles sur Israël. Lu dans FB des choses sur la violence à Bruxelles qui m’insécurisent totalement. Pas pour moi, bien sûr, pour J. J lui, malade. Peu, mais malade. Tousse et éternue. Il pense qu’il doit arrêter de fumer.
Je ne sais pas ce qui pourrait faire que je m’endorme.
Journée difficile hier à cause de la fatigue.

— 14h21 —
Je parle à F des mes inquiétudes, de mes inquiétudes à cause de BXL et de ce que j’ai lu dans Facebook plus tôt le matin. Je lui dis que la personne qui a raconté une anecdote que je trouve effectivement violente ajoutait dans un commentaire : Bientôt ce ne sera plus que les juifs qui sont attaqués. Il me dit : N’importe quoi. C’est vrai. Plus tard, dans la rue, il me fait remarquer que ce sont les blancs qui mettent à leur fenêtre des drapeaux palestiniens. C’est peut-être vrai. Il me dit qu’ils sont de plus en plus nombreux, dans le quartier, les blancs. Je ne sais pas. Il pleut beaucoup. Il y a toujours l’amour pour cette ville. Amour qui grandit depuis que je viens plus souvent voir ma mère. Maintenant, J, mon fils.

Tout cet amour dans la chair des rues, des murs, des façades, des trottoirs glissants, des pavés carrés, de toutes ces personnes, du soleil que je bois par le bleu du ciel et qui me gifle, ces verticales, ces verticalités qui se déplacent, qui bougent, les corps minces et furtifs des jeunes hommes, les nuques et les crânes différemment rasés, coupés, coiffés, certaines chevelures pourtant s’allongent en ce moment, se bouclent, des silhouettes lourdes prises dans des voiles et des jeunes filles de toujours en fleur et en rires. Cela, tout cela, je l’ai toujours connu. Dans le tram hier, debout deux jeunes femme voilées discutent, l’une d’entre elles se frotte les dents avec un bâtonnet, j’y prêtais à peine attention, discrétion toujours obligée, elle m’explique : C’est le Siwak, il faut regarder dans Google, c’est excellent pour les dents, pour les gencives, puis elle ajoute que le prophète l’utilisait. Son regard, son sourire, tout en elle est plein de sympathie pour moi. C’est étrange et doux. Je revenais de Tour & Taxis, la maison de repos. Nous descendons au même arrêt de tram. Peut-être me connaît-elle, peut-être connaissait-elle ma mère. La fatigue m’a empêchée de réagir, et la surprise.
Comme dans un nuage.

jeudi 3 octobre 2024 · 07h33

jeu 3 // alzheimer et champignons

Dormi jusqu’à 6 heures, contente, départ dans quelques heures.

Je continue à tester les champignons médicinaux dont j’attends tellement. C’est quelque chose dont j’ai un peu honte, dont je ne parlerai pas beaucoup.

L’autre jour quand je suis arrivée dans la grande salle de la maison de repos, par deux fois ma mère m’a montré sa langue, indiquant qu’elle lui faisait mal et que je découvrais dans un état  lamentable. Je crois qu’il s’agit d’une mycose. Un muguet buccal, non? Il m’est arrivé quelquefois d’en avoir. Est-ce lié à Candida Albicans, s’agit-il-il de ce champignon? Il me semble que c’est ce qu’on lit.

En rentrant, je ne sais pas pourquoi, peut-être me souvenais-je de choses par le passé lues, j’ai fait une recherche internet sur…. « alzheimer et mycose » qui a étonnement donné quelques résultats intéressants…

Des recherches ont révélé qu’il y aurait bien un lien entre affection fongique et alzheimer. Cette hypothèse repose sur l’examen de tissus cérébraux de personnes décédées, dont la moitié avaient souffert d’Alzheimer : il s’est avéré que tous les alzheimer recelaient des traces de champignons, que ce soit dans différentes zones du cerveau ou dans les vaisseaux sanguins. Donc, il y a même eu l’idée qu’un antifongique pourrait soigner l’alzheimer.

C’est quelque chose qui m’intéresse, aussi en raison de mes grandes inquiétudes, de mes propres pertes de mémoire, parce que je suis tellement convaincue que je finira moi aussi par l’avoir, l’alzheimer (j’ai tellement embêté un médecin un moment qu’elle  a fini par me faire faire un scanner qui s’est avéré tout à fait bon), et que ma vie est toute orientée par ça : comment éviter ce malheur, comment le retarder autant que possible. Les souffrances par où j’ai vu ma mère passer, je ne crois vraiment pas que je puisse le supporter, ni d’ailleurs le faire supporter à mes proches. Mon analyste répond à ces inquiétudes que je ne suis pas mère. Je la regarde alors silencieusement.

(Il y a ce comme ma mère, il y a ce dans la peau de ma mère, il y a ce je suis ma mère. cela existe. il y a la maladie de ma mère, il y a les symptômes que j’ai repris d’elle, tout cela il y a. il y a d’ailleurs, tout au long de ma vie, jusqu’à très récemment, l’obligation où je me suis sentie de combattre à toute forces cette pente, surtout pas comme ma mère, surtout ne pas faire comme ma mère. ma foi, en mes vieux jours, après l’échec d’une vie entière, je peux dire : dans la peau de ma mère, y a des moments c’est doux . Il y a donc ce qui pourrait n’être « que » psychologique, et qui pourrait encore se modifier, bouger, et il y a ce dont j’ai fait l’expérience, de me soigner, à ma façon, cette autre façon d’être malade, sur laquelle je me trouve avoir finalement plus de prise. Car oui, le jour où j’ai pris du CBD, j’ai recommencé à dormir et cela me soigne de faire un régime anti-candida, le fait seulement de faire régime me soigne… Si je vais mal, je suis là, je tombe dans puits sans fonds, me hisser, m’accrocher au cadre d’un régime, me hisser, poser une jambe, puis l’autre, me relever, c’est une façon de retrouver une forme de régulation, de reprendre le contrôle,  de m’obséder d’autre chose que de l’inanité absolue de ma vie. Cela seulement, déjà, a ses mérites. Indépendamment des effets indéniables sur ma santé en général. )

Donc, secrètement, je mène mon petit combat. Qui passe par l’attention à la santé de mes intestins, mais aussi de mes dents et de mes gencives, la traque de toute manifestation d’inflammation, quelques précautions avec l’alimentation, l’accumulation de tout un arsenal de poudres et de potions,  et la recherche d’un travail d’écriture à mener. Ah, je suis  par ailleurs également convaincue que chaque que je fume, cela entraîne insomnies et fracassemeurs. Ce pourquoi j’ai finalement, récemment (enfin), totalement arrêté de fumer (Et si: une séance d’hypnose sur internet aura suffit.)

Mon analyste croit, elle, en l’écriture, point. 

Alzheimer : et si une mycose était à l’origine de la maladie ?

vendredi 4 octobre 2024 · 15h04

dysphagie

la dernière fois que j’ai vu ma mère, elle était assez sérieuse et m’a demandé plusieurs fois comment moi j’allais et que je lui raconte un peu… et aussi comment allait le travail…

mais en mangeant, elle a fait une fausse route, et même deux. la première, ça allait, même si j’ai eu le temps de voir de la panique dans ses yeux, mais c’est passé rapidement . la deuxième fois, c’était pas bien du tout. ça a duré, elle paniquait, je ne savais pas quoi faire, les personnes là non plus, qui lui ont tapé dans le dos, sur la poitrine, en lui disant de cracher… finalement, ça s’est calmé. mais elle n’était pas bien, épuisée, apeurée. bon elle a oublié après, mais quand même.

l’aide-soignante a dit qu’elle le signalerait (elle a raison) et qu’on devait s’attendre à ce qu’elle passe à du 100% mouliné.

voilà, pas drôle… elle finissait sa banane dont elle avait enlevé les fils.

elle s’était bien amusée avec ses tartines..

lundi 7 octobre 2024 · 07h49

7 octobre :: Peinture décoloniale (et appropriation)

Rêvé que je faisais de la peinture ou que j’allais faire de la peinture, et qu’on allait venir voir ce que je faisais, et que j’étais très embêtée parce qu’on allait dire que je faisais de la peinture “décoloniale”. Plus tard, il me semble aussi que j’ai craint d’être accusée “d’appropriation”. J’espérais que je n’avais rien fait dans ce sens. Je n’avais pas envie que ces termes soient posés sur ce que je fais.
Je vais vers l’endroit où je fais de la peinture, appartement/atelier en hauteur et, au passage, après un instant d’hésitation, je prends par la main un enfant qui est là, un des enfants, très jeune, je l’emmène avec moi. C’est une présence fragile. Peut-être que je lui demande s’il veut venir avec moi, s’il veut faire de la peinture ou s’il veut prendre un goûter? Nous grimpons ensemble vers chez moi, comme on grimperait dans les nuages, et je sais que cet enfant n’a jamais connu ça, qu’on s’occupe de lui, jamais. C’est un enfant abandonné, orphelin. C’est donc une responsabilité et un peu émouvant. Et intimidant. Tout à la fois cet enfant, c’est une présence étrange, étrangère, inconnue. Je n’avais jamais fait ça jusqu’alors. Les peintures dites décoloniales sont là. Nous sommes comme sur un nuage.

mercredi 9 octobre 2024 · 00h09

Kafka… Ce qu’il veut, c’est n’être qu’écriture…

Ce qu’il veut c’est n’être qu’écriture et non pas, comme on le traduit souvent, que littérature (il dit bien Schreiben et non Litteratur). L’écriture étant à comprendre comme une opération de survie psychique pour Franz Kafka, très explicite à de nombreuses reprises sur ce point.

: https://carnetpsy.fr/kafka/
mercredi 9 octobre 2024 · 00h24

Kafka, après sa demande en mariage à Felice Bauer

C’est dans sa correspondance avec Felice Bauer qu’il déploie de façon précise le plus grand pan de son mal-être. En effet, après avoir formulé sa première demande en mariage explicite dans sa lettre du 16 juin 1913, il enchaîne en dévoilant à sa destinataire une profonde déhiscence en lui:

« Car je ne suis rien, rien du tout […]. Porter un jugement sur les gens et m’identifier à eux, cela je m’y entends un peu […]. Je n’ai aucune mémoire, je ne me rappelle ni ce que j’apprends, ni ce que je lis, ni ce que je vis, ni ce que j’entends, je n’ai de mémoire ni pour les êtres ni pour les événements, je me fais l’effet de rien avoir vécu, de n’avoir rien appris […]. Je ne peux pas penser, en pensant je me heurte continuellement à des limites, je peux encore saisir certaines choses isolées au vol, mais une pensée cohérente et susceptible de développement m’est absolument impossible. En fait, je ne sais pas non plus raconter ; bien plus, je ne sais même pas parler ; quand je raconte quelque chose, j’ai le plus souvent un sentiment analogue à celui que pourraient avoir de petits enfants qui s’essaient à faire leurs premiers pas. »

« La détresse de Franz Kakfa », Jean-Marie Jadin, https://shs.cairn.info/revue-figures-de-la-psy-2007-2-page-143?lang=fr
mercredi 9 octobre 2024 · 00h24

Kafka parle de lui dans lettre à Felice Bauer après sa demande en mariage

C’est dans sa correspondance avec Felice Bauer qu’il déploie de façon précise le plus grand pan de son mal-être. En effet, après avoir formulé sa première demande en mariage explicite dans sa lettre du 16 juin 1913, il enchaîne en dévoilant à sa destinataire une profonde déhiscence en lui :

« Car je ne suis rien, rien du tout […]. Porter un jugement sur les gens et m’identifier à eux, cela je m’y entends un peu […]. Je n’ai aucune mémoire, je ne me rappelle ni ce que j’apprends, ni ce que je lis, ni ce que je vis, ni ce que j’entends, je n’ai de mémoire ni pour les êtres ni pour les événements, je me fais l’effet de rien avoir vécu, de n’avoir rien appris […]. Je ne peux pas penser, en pensant je me heurte continuellement à des limites, je peux encore saisir certaines choses isolées au vol, mais une pensée cohérente et susceptible de développement m’est absolument impossible. En fait, je ne sais pas non plus raconter ; bien plus, je ne sais même pas parler ; quand je raconte quelque chose, j’ai le plus souvent un sentiment analogue à celui que pourraient avoir de petits enfants qui s’essaient à faire leurs premiers pas. »

SOURCE : La détresse de Kafka, Jean-Marie Jadin

J’avais publié ce texte sur Facebook, où j’y répondis ceic à un commentaire étonné :

C’est ce qu’il vit. Et se dont il tente de se protéger en écrivant sans discontinuer. Dès qu’il cesse d’écrire, l’angoisse l’envahit et les pensées suicidaires apparaissent. La rencontre avec Felice Bauer lui offrira un ancrage / encrage dans les lettres qu’il lui envoie non stop et qu’il exige d’elle en retour. Dans ses lettres, c’est comme ça, dans sa déhiscence, qu’il se présente (non sans l’effrayer), lui parlant alors de son vital recours à l’écriture. Mais c’est à dater de la première lettre qu’il adresse à Felice Bauer qu’il se met à écrire ce qui va constituer l’œuvre qu’on lui connaît. Il écrit alors en une nuit Le Verdict et trouve alors ce qu’il avait jusque là cherché dans l’écriture : la certitude.

À partir du moment où il se met à écrire à Felice, où il fait tenir sa vie au fil de cette correspondance, il peut se lancer dans sin grand œuvre, une écriture sous dictée, d’une traite, en transe et qui n’offre plus aucune place au doute. Et il se débarrasse alors de tout ce qu’il a écrit jusque là, 15 ans d’écriture.

Mais il aura fallu qu’il entame cette correspondance où tout de suite il se livre à nu, exigeant de cette femme qu’il connaît à peine la contrepartie : qu’elle ne cesse de lui écrire, qu’elle lui dise tout, qu’elle l’inonder de tous les détails les plus triviaux de son existence. Elle y consentera.

Je me réfère ici au tome 1 du Kafka de Reiner Stach, dans lequel je n’avance que lentement tant il est passionnant. Je découvre en même temps le journal de Kafka et bien sûr sa correspondance avec Felice Bauer.

mercredi 9 octobre 2024 · 08h03

geekerie toujours menaçante / Notion, Evernote, blog

Notion’s Geekery

Voilà, 2 jours d’exploration de Notion et je ne sais pas si je continue avec ou pas. Je l’ai testé pour récupérer les notes d’Evernote.  Ça s’est fait tout seul vraiment très facilement, et je me suis trouvée face à cette quantité invraisemblable de données que j’ai commencé à manipuler sur mon Mac.

Notion offre probablement plus de possibilités qu’Evernote, tout en étant moins intuitif, moins joli. Et fonctionne mieux qu’Evernote qui devient n’importe quoi. Les possibilités sont plus nombreuses, peut-être infiniment plus nombreuses, mais demandent pas mal de mises au point, de chipotages, dont je n’ai pas nécessairement envie. Ça me fait penser à WordPress, or je n’ai pas envie de m’investir dans Notion comme je me suis investie dans WordPress.

Il me semble que je me suis retrouvée prise par la manipulation de ces données, par la geeckerie, plus que par le travail que je voudrais faire finalement. Par l’écriture. Exactement comme avec WordPress.

Iota Janvier 2021

Donc, j’ai finalement j’ai commencé à reporter certaines notes anciennement dans Evernote dans le blog. Où je devrais finir par tout rassembler. Rassembler et publier. Ce que j’avais déjà commencé par le passé puis laissé tomber. Pourquoi est-ce que je ne travaille pas directement dans le blog ? Parce l’appli WordPress pour Androïd ne fonctionne pas. Hélas. Et j’ai besoin de commencer à écrire d’abord sur téléphone. C’est une habitude prise maintenant et qui me convient. Le travail sur ordi, c’est après.

Comment faire pour ne pas laisser tomber ce travail commencé, qui ne deviendra travail d’ailleurs que si je le prolonge, comment faire pour ne pas oublier, continuer, terminer.

Je me suis occupée de janvier 2021.

Noms

S’est tout de suite reposée la question des noms. Dès que je publie dans le blog. Est-ce que je publie tout en Privé en gardant les noms ? Est-ce que je change les noms ? Est-ce que je publie avec les noms, en modifiant, camouflant, ce qui me semble ne pas devoir y être ? Dans tout le blog, les noms sont partout. Frédéric, Jules.

F et J. Soit ça se pose pour ce que c’est: un journal. Soit, ça fait semblant d’autre chose. Mais ce semblant d’autre chose, ce semblant de fiction, impropre à ma nature, jusqu’à présent, je n’y suis pas parvenue, sinon dans les ateliers d’écriture (François Bon et la poétesse dont j’oublie le nom, Laura…). Ça m’avait plu. Mais…. ce n’est pas le moment d’en parler, je m’égare.

Donc, continuer sur janvier 2021, ça veut dire m’embarquer là-dedans. C’est quelque chose que je voudrais, m’embarquer, mais c’est un risque. Surtout celui de laisser tomber.

Nom : Pour mon analyste, je suis satisfaite du  pseudo trouvé pour le blog, donc c’est bon.

La geekerie est toujours menaçante.

Comment faire de 2021 quelque chose à quoi je me tienne, aujourd’hui et pour les jours à venir.

Diarium

Or je ne suis pas parvenue à récupérer dans Notion les notes de Diarium ! Diarium que j’avais adopté suite à l’augmentation des tarifs d’Evernote qui devenait par ailleurs inutilisable, mais que je ne peux pas tester sur PC ou Mac parce que mon Mac est trop vieux. J’ai essayé récemment de le tester sur le PC de Jules et… pas moyen parce qu’il n’y a pas de version d’essai sur PC, il faut tout de suite l’acheter. (Il existe par contre une version d’essai pour téléphone). Donc je ne peux pas voir si ça me conviendrait le jour où j’aurai un nouveau PC ou Mac.

Est-ce que c’est clair ?

jeudi 10 octobre 2024 · 10h36

Présentation de ma langue : 2
— dans la série Les grandes énigmes

ma langue  – ce pays où je suis pourtant sujet du verbe, où je prospère, se refuse à ce que je m’y incarne, à ce que je m’y incarne au lieu habituel de l’incarnation, dans le corps circonscrit par sa peau et son image dans le regard de l’autre

elle ne trouve à s’inscrire, elle ne trouve à m’inscrire, que comme corps que de lettres
je pourrais me dire femme de lettres
(comme femme de l’être, de l’être de jouissance)

elle ne se refuse pas à toute incarnation
elle pense que l’incarnation est le lieu de ce qui ne supporte pas le nom
elle parle de la chair
dont les frontières sont extensibles, imprévisibles
elle dit que l’incarnation, pour elle, ma langue, ne peut jamais être que le lieu, à tout instant , du manque de nom
elle dit que ce manque est une prière constante et le lieu de son adoration
à elle, ma langue
le lieu de ce qu’elle se refuse à sacrifier
elle dit que ce manque n’a de nom que dans le temps de la nomination, le temps de l’énonciation du nom
n’a que ce temps là, cet instant-là
dans ce temps, dans le souffle de la voix qui prononce
dans un  baptême toujours à refaire, toujours miraculeux
où la goutte d’un nom se dépose dans le creux de son manque, de sa langue, de son être pour aussitôt s’évaporer la laissant abasourdie, ravie, évanouie

ma langue donc n’obéit qu’à elle-même, ne m’autorise pas la parole. m’en exile, ne tient qu’à sa vérité 
(on dit que la jouissance n’a pas de nom, c’est plutôt : la jouissance n’a d’autre lieu ni temps que celui de la nomination , et ce lieu, et ce temps, ne s’inscrivent dans aucune liaison au sens, mais seulement dans la rencontre parfois miraculeuse d’un nom et d’un bout de chair, d’un nom, d’un mot, d’une lettre et d’un bout de chair. cette chair tient lieu d’être et n’autorise pas, ne supporte pas la personne, le masque, or dans l’instant du miracle, de la coïncidence, la personne advient, dans l’évanescence d’une lettre qui vient brûler la peau. cette peau qui existe en plusieurs endroits, à l’intérieur du corps aussi bien qu’à des lieux infinies, la peau multiple, là où rien ne pourrait la toucher, directement.)

Voir aussi : https://www.disparates.org/iota/2021/01/presentation-de-ma-langue-1/

 

samedi 12 octobre 2024 · 06h09

de 2012 le perdu mois de mai + je vis dans un bureau de police

Sam., 12 oct. 24 , 06:09,

D’hier la journée encore passée sur l’ordinateur.

J’ai importé sur le blog les notes Evernote de 2012 et me suis lancée dans la relecture du mois de mai1 qu’arrivée en fin de journée, j’ai trouvé très maigre. Avec l’impression de n’en n’avoir rien ramené qui tienne le coup jusqu’à aujourd’hui, interrogeant probablement encore cette pratique persistante du carnet chez moi. J’ai cherché de quoi le nourrir davantage, mais n’ai même pas retrouvé de photo de ce mois-là. Probablement perdues me suis-je dit à regret. Et donc ce matin encore, me lève pleine d’angoisse, me proposant de vérifier dans mes emails si je ne trouverais pas d’autres traces écrites, d’autres dépôts écrits de ce mois disparu.

Il y a dans ce mois un rêve (du 11 mai) dont je n’ai rien retenu si ce n’est qu’un crime a lieu dans un bureau de police et que la police tarde à intervenir et un moment où je parle du fait que j’essaie d’être gentille avec Frédéric et de la façon dont l’opposition gentil/méchant aura pour moi réglé ma vie. Peut-être constamment réglé ma vie.

Je vis dans un bureau de police.

Tu vois?

Je soupçonnais alors « méchant » de ne valoir que comme signifiant.

C’est-à-dire de ne valoir que pour le lien de ses sonorités, vides de toute signification, avec certains événements « traumatiques » de ma vie : entendre des événements pour lesquels je ne dispose alors, je ne dispose d’abord, et peut-être à jamais, de moyens de l’insérer dans la trame narrative, significative de ma vie, auxquels donc je ne me lie que par le son, vide de signification (si cela peut faire explication de ce qu’est un signifiant, j’en doute), de ce que j’entends alors, de ce que j’entends au moment de l’événement.

Je ne suis plus si sûre aujourd’hui qu’il ne s’agisse que d’un lien signifiant, meaning : il me semble que ça s’est au contraire tout de suite chargé de significations, chargé de grandes missions significatrices, significationnelles, chargé de porter sur ce qui arrive et sur ce que je fais et sur ce que le monde fait une grille (courte), binaire, de significations : gentil/méchant. ou ou. ni ni. ou/et. etc. je pense que ça a donc à voir avec la sorte de surveillance constante où je suis de moi-même. la surveillance de moi-même et du monde, le bureau de police où j’habite où la police trop souvent cependant tarde à intervenir. car le fait est que la police n’intervient jamais, si je ne prends pas les choses en main, si je ne prends pas sur moi, la police n’intervient pas, bref, c’est à moi, de la faire, la police. n’est-ce pas là ce qui cherche à me régler, n’est-ce pas là que j’habite, dans un regard sur moi, un regard qui présume du regard que l’autre porte sur moi et qui conclut négativement, qui me condamne toujours. Il arrive que ce regard se reporte sur le monde.

la fonction première du langage: le jugement.

J’ai fait hier une recherche dans le blog, sur ce « signifiant », « méchant« , et je suis tombée sur une étrange assertion : méchante == le point d’où je me verrais « aimable par ma mère »…..

ma mère qui nous aimait même méchants. inconditionnellement. de là, j’aurais glissé à l’idée qu’elle nous aurait spécialement aimés méchants. pas de plus grand amour que d’aimer les méchants. ceux que personne n’aime. les réprouvés. (quand tout montre que c’est faux que tout le monde aime les méchants, les méchants sont aimés, les méchants ont furieusement tendance à être aimés, le fait est qu’il s’y acharnent, à se faire aimer, hors-la-loi).

Je ne sais à quoi je pensais alors.

Est-ce que je pensais à l’oncle Jean?

Qu’est-ce qu’aimer l’Autre méchant ?

Parfois aimer l’Autre méchant n’est-ce vouloir s’aimer soi ?

Il n’y a probablement pas moyen d’écrire ça logiquement.

Ici, « méchant » dans le blog: https://www.disparates.org/iota/tag/mechant/

Il y est également question des vrais méchants auxquels j’ai eu affaire, mais ça, je n’ai pas pu relire.

Tout ceci me fait penser à ce que j’ai écrit récemment sur la Palestine. Sur ma passion pour ce qui se passe en ce moment en Palestine. Sur la façon dont je me sentais bloquée (texte du 23 août, que je pensais avoir envoyé à Mi et que j’avais envoyé à JC). Et sur le malaise même où je me trouve dans cette obsession et dans ma position accusatrice. Est-ce comme ça qu’il faut le dire? Je n’arrive pas à dire le méchant, c’est celui-là.

Le pardon……

Il faut peut-être que je le ramène dans le blog. Peut-être avec tout ce qui concerne la Palestine. Mais, ça, ça veut dire m’embarquer dans… Après tout, ça fait maintenant un an…

Hier soir, encore une fois, très mal à l’idée de n’avoir « rien foutu » de la journée….

(Tu vois, combien de points d’urgence dans ce texte… de points où retourner voir, à travailler, à rapatrier dans le blog, d’images à chercher, etc, etc. etc. Et comme il n’y a pas le temps, comme le temps ne compte pas, ou bizarrement, dirait-on, car de mai, même perdu, mais de mai 2012, le rêve ramené parle encore aujourd’hui, parle mêmement, ou ne parle jamais qu’aujourd’hui, onze ans plus tard. )

  1. Je me retrouve en mai 2012, alors que m’étais promise il y a deux jours d’attaquer, enthousiaste, 2021…. ↩︎
dimanche 13 octobre 2024 · 07h02

vis ma vie de blog, transe, carcan et parataxe

13 oct 24

7h 22, éveillée depuis 3h du mat, je vais bientôt me recoucher. Découragée par la façon dont je fais avancer le travail sur le blog. Hier, attardée toute la journée sur… le mois de janvier 2023! Cela en dépit des décisions et du travail de la veille, cela probablement parce que je venais d’importer ce mois dans le blog depuis Evernote (via Diarium). Quelque chose attire mon attention, je n’y résiste pas. Ce peut être n’importe quoi à proprement parler : c’est pur et simplement l’impulsion de la pulsion et je je m’empare de  strictement n’importe quel objet : qu’il s’agisse d’un problème de fond ou de forme, il faut que je m’y attelle sans tarder. Cela me met dans un état de transe que rien n’arrête. Cela n’est pourtant pas tout à fait sans cause particulière, cela n’est pas tout à fait indifférent, me dis-je pour me rassurer, (cela peut-être se rattache-t-il à un projet plus grand que moi, qui me dépasse, peut-être faut-il que j’y croie, à ce qui en moi serait plus grand que moi, quoi donc, sinon : tu vas mourir et il ne restera rien de toi), il s’agissait tout de même, hier comme la veille, d’un regard en arrière, d’un regard sur ce que j’ai pu écrire, voulu écrire, d’un sentiment d’effroi à voir le peu qui reste, à voir tout ce qui est perdu et la prise alors démesurée d’une envie de compléter, d’aboutir à quelque chose qui soit, in fine, tout simplement, lisible. Puis, quand la nuit vient, la tristesse m’envahit, le désarroi, le sentiment d’avoir été menée par le bout du nez, de n’avoir pas vu le jour passer, de m’être une fois de plus laissé dériver, désamarrée.  Comment y consentir, à cette façon d’avancer dans la dérive ? Ou comment ne pas écouter le jugement que je porte sur moi et mener le projet jusqu’au bout, dans la dérive mais les rives de ce blog. Comment consentir à cette jouissance plus forte que moi. Pourquoi ne pas y consentir. C’est que le projet est démesuré. Je me rassure, je me dis :  commence par un mois, commence par une semaine, choisis un seul sujet, fixe-toi une année. Cela déjà, sera bien. Or je sais que je ne peux compter sur cet engagement. 

l’objet blog

Dès que j’ai cet objet du blog en main, dès que je me mets à le manipuler, tout m’y intéresse, tout m’appelle. Je n’ai aucun sens d’aucune priorité, valeur. Cette nuit, avant que je ne me lève, j’étais une fois de plus tenue éveillée à la pensée de sa mise en page. Je rêve maintenant de quelque chose de beaucoup plus épuré, je rêvais de noir et blanc, je voyais  ce que je voulais, touy en étant posséder âr  que l’envie d’ajouter encore des images. Il faut probablement que je parle de la virtualité de cette objet, de ses possibles, de l’impossible de ses possibles, et e ses modifications constantes. Mais pour en dire quoi? Et c’est parce qu’il s’offre à être perpétuellement retravaillé, je rêve de le voir imprimé, fini. Mort terminé détaché. Détaché de moi, sorti de ma tête, manipulable par les autres. Si je pouvais arriver à ça.  Une petite part, l’en détacher, en faire une petite publication séparée, qui existe dans le monde, qui puisse être tenu en main, qui prenne de la place, physiquement, que je puisse envoyer à des amis, etc.

Je songeais cette nuit aussi à cette notion découverte hier dont j’oublie à l’instant le nom, à propos de la révolution induite à la littérature par Mallarmé. Le parataxe… Donner forme au manque de liens de coordination, de subordination. Accepter la juxtaposition d’éléments disparates. C’est là me disais-je que le carcan WordPress est pesant, qui voudra tout afficher à l’intérieur d’un modèle, qui supporte de moins en moins les personnalisations des uns et des autres (comme ce que dénonce Olia Lialina depuis des années), car on voudrait que ce vide qui relie les choses les unes aux autres s’affiche, se voie. On voudrait aussi que l’espace qu’il prenne soit lié aux particularités des éléments qu’il sépare et relie. Comment afficher la disparité, comment laisser la place au vide. Comment le supporter au coeur même de sa vie. Je songe donc à ce carcan de WordPress et je suis découragée. Carcan que j’ai recherché, voulu, voulu imposer à l’espace de l’écriture. Espace de l’écriture sur écran. Espace devenu immaitrisable aujourd’hui, à cause de la diversité de taille des écrans et des navigateurs. Et je me dis qu’il ne me reste que le papier. 

Il reste le papier : Je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à sortir de cette boule de blog un extrait, à m’en séparer, à le faire exister ailleurs, IRL. Le blog, c’est ma poche.

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