Texte source : Atelier François Bon #été2023 #00 | le prologue ( 2 juin)Je le publie ici au 2 juin pour qu'il apparaisse en premier, à la date où FB a donné cet atelier, mais la véritable date de publication sur le blog du Tiers Livre est celle 29 juillet 2023. j’essaie de me souvenir d’un livre auquel je tiens beaucoup, et rien ne vient, rien ne revient, et cela me stupéfie. je ne me souviens ni du titre ni du nom de l’auteur, de l’autrice. du visage, je me souviens, de son très beau visage, ses cheveux noirs, lisses, tirés en arrière, sa bouche qui malgré le noir et blanc de la couverture paraissait fardée.…
#00 | le livre oublié
#01 | l’invention de l’auteur
Atelier François Bon: #01 | Annie Dillard, le roman commence par en inventer l’auteur (11 juin 23), publié sur le site du Tiers Livre le 1er août. Je le publie ici au 11 juin. Donc, elle oublie les noms propres, les chiffres aussi, les dates. Quand elle les lit dans les romans, elle les saute, surtout les noms trop compliqués. Elle reconnaît la graphie, la forme des noms. C’est enfant à la lecture de Dostoïevski qu’elle s’en rend compte : de nombre de personnages les lettres du nom s'entrechoquent, s'emboutissent, s'intervertissent, font un petit tas imprononçable. C’est un léger obstacle rencontré dans le fil sinon continu de la lecture, une petite pierre sur la route. Elle saute les…
#01bis | le bloc brouillon
Source : Atelier François Bon #01bis | une scène originelle de l’écriture (atelier du 14 juin), écrit dans la nuit du 2 au 3 août. Publié de façon antidatée sur ce blog à la date du 14 juin. Avant cela. Réfléchir peut-être à la façon dont ça a commencé. Dont ça aurait commencé, écrire. Il y eut les devoirs d'école, les rédactions les dissertations. Et déjà, il est vrai la surprise de ce que ça s'écrive et qu'il n'y ait pratiquement rien à rajouter, jamais à corriger, tout d'un coup le point final et puis les félicitations des professeurs. Il dut y avoir quelques lettres. Des journaux quelquefois entamés, rapidement détruits. Et l'accident, elle a 18 ou 19 ans.…
#02bis | La disparition inaperçue
Ecrit dans la nuit du 5 au 6 août. pour répondre à la proposition 2bis de l’atelier du 21 juin, https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5245 On essaiera d'être ailleurs que nulle part. Ailleurs qu'à l'heure de nulle part. On séparera le dehors et le dedans, on dressera la porte battante. On le fera artificiellement, par jeu. On se fiera une fois de plus au hasard, sachant qu'il n'y a pas de hasard personnel. Le hasard personnel est reprise, toujours. On quittera cet insupportable ton emphatique. On y ira, on recréera le passé. On partira dans l'inconnu. On utilisera des lignes, des passages à la ligne, des paragraphes, des phrases. On écoutera la voix, on entendra son rythme, le rythme de…
#03bis | crème à la vanille
Écrit à Donn, tout à fait à contrecoeur, mais il faut bien continuer, la nuit du 16 au 17 août, et publié ici à la date de l'atelier du 28 juin, #03bis | quatre par quatre (Gertrude Stein encore) Son père avait pourtant été le dernier arrivé à table. Et ce n'est jamais qu'un court moment qu'ils avaient été là tous les 4 à l'attendre. Chacun se ressemblant. Sa mère n'avait simplement pas osé dire qu'elle ne l'avait pas trouvée, se taisait, perdue dans le silence de cette disparition. Elle était montée dans les chambres, le dîner prêt, chercher les frères, puis descendue au sous-sol, la chercher, elle Blanche, où elle ne l'avait pas trouvée. Etait…
#03ter | semblant de mer
Le lendemain, rêve de Blanche : Je suis au château (Noirtier). Il y beaucoup de monde. Nous devons partir, prendre un train, rentrer à Bruxelles. Je rencontre Nathalie Fièvre qui me demande de rester quelques jours encore, qu’on puisse étudier, réviser ensemble pour l’examen. Je pense que je n’ai aucune envie d’étudier, que je ne me sens pas du tout en état d’étudier, mais que je resterais volontiers là quelques jours encore. Elle me dit de l’accompagner pour le petit-déjeuner qui va se prendre au village, avant le départ. Je la suis et descendant la route, nous fumons un joint. C’est un drôle d’endroit où nous arrivons. Très grand, il y plusieurs niveaux, du monde. Je ne me…
#04-00 | le train vers Noirtier
Je voudrais qu'on la voie, je voudrais vraiment qu'on la voie dans un train, et qu'on voie d'elle l'image qu'elle ne voit pas d'elle-même, cette image que l'auteur, Sonia, n'a pas plus les moyens que moi de décrire. Je voudrais qu'on la voie, Blanche dans son compartiment de train, elle dont à vrai dire l'auteure ne possède pas grand chose de plus que le nom. Qui pourtant aimerait l'écrire ce personnage de Blanche, mais qui ne peut le faire qu'en creux. Qui a cette faiblesse de vouloir écrire le creux et qui en fait trop. On arriverait seulement à dire d'elle, de Blanche, qu'elle est une enfant, on ajouterait avec empressement qu'elle est une petite fille. …
#04bis-00 | l’auteure participe à un atelier d’écriture
l'auteure ma foi ne s'en sort pas. elle participe à un atelier d'écriture et les consignes qu'elle se coltine... cette fois, n’en pouvant plus, elle décide d'en inventer une nouvelle, plutôt elle décide d’adapter l’existante, d’adapter la consigne existante. on n'attend rien d'autre de toi. rien, personne, dit Sonia, n'attend rien de moi, qu'on n'essaye pas de me faire croire. elle est seule à attendre quelque chose d'elle, elle dit. cela dit, la galère de c't'atelier. en fait, c’est une débutante. « dans la nuit de samedi à dimanche » sera votre guide, votre mantra, et par sept fois, vous l'écrirez, et par sept fois, quoiqu'il vous passe par la tête, vous l'écrirez, vous voyagerez de nuit de samedi à…
#04bis-01 | dans la nuit de samedi à dimanche
Brouillon, les tentatives de Sonia pour répondre aux consignes. dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia se figura qu'elle n'aurait rien à écrire sur aucune nuit jamais d'aucun samedi à aucun dimanche dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia admire la nuit, songe à la place de l'insomnie dans sa vie, se lève sans bruit, la nuit lui appartient, n'attend rien du matin dans cette autre nuit de samedi à dimanche, à Paris, à songer au calvaire de sa mère eut peur de devenir folle, se rapprocha de Félix, eut envie de l'éveiller, que ses bras l'apaisent. se lève, apaisement par les pieds dès qu’ils se posent au sol, les gestes lents, les…
par le geste
Cela faisait longtemps que tu pensais retrouver la sainteté par le geste La sainteté, le repos (Or un saint dût-il être tranquille ? Bah, tu lui offrirais ça, un instant) Or ce geste n'est pas toujours à portée Ce geste qui entraîne le silence la beauté C'est à la cuisine que quelquefois il revient S'offre le plus sûrement Dans son espace exigu La proximité d'un fenêtre En coupant un légume En faisant la vaisselle Ton corps alors en résonance avec le silence du monde, s'y étend, s'y entend L'accord parfait L'unisson Le suspens Tu vibres Tu souris Palpites Ce serait sans cause. Cela naît surgit d'un désir de taire de s'extraire de faire un pas…
#07 | de la préparation du corps – le cheval
Longtemps il y a eu un corps Longtemps il y a eu l'image Et c'était séparé C'était comme un cheval à la tête arrachée et qui continue d'avancer Un demi-trait Je me tenais principalement parmi les déchirures Dans le cercle des peaux déchiquetées Au bord du noir de l'horreur, entre les deux épaules Mais je me tenais aussi dans les jambes, 4, l'échine souple, la croupe, le fouet de la longue queue Je n'étais pas dans la tête et le cou absents Dans la merveille des yeux noirs, de la bouche douce, des oreilles soyeuses et intelligentes, je n'étais pas Mais dans les sabots, les 4 sabots séparés, la corne rugueuse, l'ongle, si (Les fers,…
#07 | 0=de la préparation du corps, Francesca Woodman
C’est le texte par lequel tout a commencé. J’avais, l’après-midi, faisant la vaisselle, écouté la proposition de François Bon sur YouTube, et je m’étais promise de la réécouter en prenant des notes. Dès la nuit venue, dans le creux du noir, cette image est venue vers moi d’un cheval sans tête que j’ai écrite sur mon téléphone. Au réveil, cela voulait continuer, je me suis inscrite à l’atelier. Le soir, je reprenais l’écriture.Cette proposition de partir du corps, de la sensation, plutôt que du sujet, de partir de ce qui avait mis effectivement du temps à se faire, de ce qui avait déjà eu plusieurs vies, et des moments d’abimes, des épiphanies, cela m’a paru absolument…
#07bis | Je me rends compte que je n’ai pas assez parlé de l’odeur
Le corps est moite et étalé. La nuit est longue sans l’être jamais vraiment assez. Est-ce qu’il ne faudrait pas que tout s’arrête. Est-ce ce que tout ne s’arrête jamais assez. Est-ce que la nuit ne manque pas toujours d’être noire. Le corps est moite dense et étalé. Je me rends compte que je n’ai pas assez parlé de l’odeur. De cette odeur, comme ce cœur, comme ce corps perdu. Je n’ai pas assez parlé du corps comme odeur. Pas assez. De ce qui s’en perd, et sans que je sache finalement si c’est de mon fait ou de celui du monde. Du corps comme volatilité, comme humeur. Du corps comme convoquant l’attrait immédiat ou…
#07 bis
https://www.disparates.org/iota/2023/07/07bis-je-me-rends-compte-que-je-nai-pas-assez-parle-de-lodeur/ Ecrit à l'aube à Donn. La transition du 07 au 07bis était difficile et amusante à trouver. Reste que je suis embêtée par cette histoire de "parfum délicat de la rose", qui est pourtant en lien direct avec ce que je prévoyais de développer avec le 07, sur la fabrique du corps, mais qui vient trop tôt.
#-1 | L’atelier d’été François Bon : Présentation
Atelier François Bon – Été 2023 : Un cycle sur les outils d’invention et d’élaboration du roman Je participe en ce moment à l'atelier d'été de François Bon consacré cette année roman. C'est la première fois que je participe à un tel atelier, et j'espère que je tiendrai jusqu'au bout. Je l'ai pris en cours de route, démarré au #07, au septième atelier, un atelier sur la "préparation du corps" que j'avais entendu sur YouTube et qui poussa en moi, dans la nuit qui suivit, un texte dont il m'avait semblé qu'il demandait une suite, un développement, ce qui m'avait poussée à m'inscrire à l'atelier. C'était le 24 juillet, l'atelier avait commencé le 11 juin.…