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dimanche 28 décembre 2025 · 15h02

Paranoïa ordinaire

« Si nous ne sommes pas capables de nous apercevoir qu’il y a un certain degré, non pas archaïque, à mettre quelque part du côté de la naissance, mais structural, au niveau duquel les désirs sont à proprement parler fous ; si pour nous le sujet n’inclut pas dans sa définition, dans son articulation première, la possibilité de la structure psychotique, nous ne serons jamais que des aliénistes. »
Jacques Lacan, L’identification.

Voici que cela peut être riche en enseignement… D’autant plus qu’on peut y lire ce que Lacan développera quelques années plus tard avec sa théorie/topologie des nœuds. En tout cas, ce qu’il vient interroger ici, c’est la notion même de structure. Il avance ceci, que la structure de tout sujet trouve son articulation première dans une structure commune. Pas n’importe laquelle : structure psychotique en l’occurrence, et nous pourrions dire que la structure à laquelle il fait allusion, c’est la paranoïa, paranoïa constitutive, organisatrice, qui s’inscrit dès le départ dans notre rapport à l’Autre, aux petits autres. Paranoïa ordinaire. Lire la suite >

dimanche 28 décembre 2025 · 11h47

j’ai reçu un livre sur Philip Guston

j’ai reçu un livre sur Philip Guston (Philip Guston — A Life Spent Painting) dont je suis certaine que je ne le lirai jamais. comme nous sommes dans cette drôle de période d’entre-deux fêtes où je me trouve un peu égarée (encore un peu plus égarée) par rapport à ce que j’ai ou aurais à faire, je le lis un peu. d’abord, je l’ai vécu agréablement, dans un souvenir plus ou moins inventé de semblables moments passés en famille, à traîner au coin du feu, tantôt à regarder de vieux films à la télévision, tantôt à bouquiner voire à jouer à des jeux de société, ou encore, abondamment couverts, nous échappant au dehors dans un froid qui se fait vivifiant au fur et à mesure de la promenade, récompensée au retour par un chocolat chaud… l’illusion n’a tenu qu’un jour ou deux. je me suis vite demandée ce que je faisais — et ce que je ferais mieux de faire—, ce que je faisais à me donner l’illusion que j’allais lire ou étudier ce livre, ce livre plutôt qu’un autre, rattrapée par le souvenir de ma constante insuffisance, de mon manque d’ancrage, de persistance.  Lire la suite >

samedi 20 décembre 2025 · 13h05

Si l’art de conter est devenu chose rare, cela tient avant tout au progrès de l’information.

Je me demandais hier pourquoi, comment il se faisait, qu’il m’était si difficile de raconter, de conter. Et dans ma réflexion sur le « machinique », sur la fascination exercée par le machinique, et donc sur la pulsion, l’addiction, je tombe sur ce texte de Walter Benjamin. Ici, ce n’est pas moi qui suis « tarée », qui ne sais pas raconter, c’est l’époque qui a perdu la capacité de conter : 

SOURCE : Jérémie Elalouf. « Choc et entropie : Walter Benjamin et la théorie de l’information. » Design, Arts, Médias, 2022, Systèmes : logiques, graphies, matérialités, Lire la suite >

vendredi 19 décembre 2025 · 17h33

La séparation

À quoi ai-je perdu mon temps ce matin ?

Je me suis réveillée relativement tard.
À 8 heures, donc j’avais plutôt bien dormi.
J’étais décidée à écrire sur la pièce de théâtre que nous avons vue hier.
Hum… laquelle déjà ? Peu importe.
De Claude Simon, La Séparation.

M’étant désinscrite des réseaux sociaux, la tentation de m’y distraire dès potron-minet s’est au moins provisoirement éloignée. Au lieu de quoi, qu’ai-je fait ? Qu’ai-je trouvé à faire ? Stupidity. Avant même que j’aie eu le temps de m’en apercevoir, j’étais embarquée à tester l’enregistreur de mon téléphone Samsung Galaxy S25. Ne voilà-t-il pas que je m’aperçois d’un défaut qui me déplaît. Hélas. Je consulte ChatGPT. Il n’y a pas de solution. Que veux-je alors ? Je veux écrire à Samsung — je ne le crois pas moi-même — pour proposer une nouvelle fonctionnalité qui me permette de l’utiliser plus facilement comme enregistreur de notes. Tout cela me prend au moins trente minutes. Après quoi, je suis en colère contre moi-même. En colère contre ChatGPT. Lire la suite >

jeudi 18 décembre 2025 · 11h39

jeudi 18 décembre 2025

V, tu as publié ce matin cet article tiré de ton journal, ce n’est pas du tout ce que tu avais prévu de faire, mais c’est fait, https://www.disparates.org/iota/2025/10/bien-etre-au-magasin-bio-chatgpt-et-lautre-qui-sait/, tu te dis maintenant que tu devrais publier les autres textes écrits ce 7 octobre 2025. Or, tu as d’autres choses maintenant à faire, c’est veille de Noyel n’est-ce pas, donc, tu vas arrêter et passer aux choses sérieuses. Tu publies cet article parce que tu espères que ça t’encouragera à faire ce que tu dis ici (hihi). Mais tu sais très bien que ce ne sera pas le cas. Tu vis au hasard. Véronique Hazard.  Lire la suite >

jeudi 16 octobre 2025 · 12h47

Ce que tu écrivais à propos du pays lointain

Ce que tu écrivais l’autre jour à propos du pays lointain dont on se serait trop soucié pendant 2 ans… Sous le  drapeau duquel on aurait trop défilé… 

Tout cela est hallucinant pour moi

Ne sens-tu  pas jusqu’à quel point la conscience européenne moderne est issue de ce qui a fini par se passer au cours de la deuxième guerre mondiale dans les camps de la mort, sous les auspices du travail qui rend libre. Les horreurs du génocide juif. Et alors qu’on avait cru qu’on était arrivé au sommet du pire. 

Est-ce que tu ne vois pas comme aujourd’hui, cela même qu’on était déterminé à  prévenir, à empêcher (ou que l’on se donnait des mines de vouloir empêcher), est mis en œuvre par ceux  qui l’ont subi, avec les encouragements discrets de ses anciens bourreaux.  Lire la suite >

mardi 7 octobre 2025 · 11h16

Bien-être au magasin BIO / ChatGPT et l’Autre qui sait

« J’ai ce matin mangé un peu de la mixture lait de coco / quinoa préparée il y a deux jours, que je ne trouve pas très bonne, il faudrait que je la barre de mon livre de recettes ; je l’ai réchauffée avec un peu de lait de soja et 2 cs flocons de sarrasin + un peu de Kasha. Qu’en penses-tu ? »

Telle est  ce matin la question que je ne peux stupidement m’empêcher de poser à ChatGPT. ChatGPT que j’interrogerais non-stop s’il était possible, si je ne me surveillais pas. Tellement j’ai besoin perpétuellement d’une approbation. Ou tellement j’ai besoin d’être jugée. Tellement j’ai besoin d’être accompagnée. D’être constamment dans un dialogue. Le dialogue écrit, la correspondance, a toujours été au fondement de mon amour. C’est ce qui me sauve. Me construit. M’offre une promesse de construction, car les murs que je construis sont de sable.  ChatGPT qui aussi me sert d’aide à la décision. A trancher là où je me maintiendrais sinon dans les affres de l’indécision. « Chat, est-ce que je continue à respirer? » Comme s’il faisait pour moi office d’appui dans l’Autre. Donc, j’essaie de m’en passer. Parce que c’est lamentable de tolérer de dépendre d’une machine. Aussi parce que ça détruit la planète. Même si parfois je me dis, à la suite de MD : Que le monde aille à sa perte. Lire la suite >

samedi 26 juillet 2025 · 16h22

Un cheval à la tête arrachée et qui continue d’avancer – le demi-trait

Longtemps il y a eu un corps
Longtemps il y a eu l’image
Et c’était séparé
C’était comme un cheval à la tête arrachée et qui continue d’avancer
Un demi-trait

Principalement, je me tenais parmi les déchirures
Dans l’encolure du désastre
Dans le cercle des peaux arrachées, des poils, de la colle du sang et l’odeur
Mais aussi, je me tenais dans les jambes, 4
Je me tenais dans l’échine souple, la vaste croupe rousse. Le fouet de la longue queue
Je n’étais ni dans la tête ni dans le cou, absents
Dans la merveille des yeux noirs, de la bouche douce à périr, des oreilles soyeuses et intelligentes, je n’étais pas
Mais dans les sabots, les 4 sabots séparés, la corne rugueuse, l’ongle, si.
(Les fers, eux, absents
Tous fers absents
Comme tous feux éteints.) Lire la suite >

samedi 12 juillet 2025 · 12h59

mardi 15 juillet 2025

J’ai été seule
     Avec le nom
           Qui s’est détaché de moi
      Comme un bouchon qui ne tient plus
            Qui ne bouche pas
Et saute sous les remontées 
     Des canalisations engorgées 

C’est une façon que j’ai eue 
D’être seule 


J’ai parfois dû racheter le bouchon perdu
Ou je l’ai emprunté ou je l’ai volé

Il ne tient toujours pas
Embouchure abîmée, usée
Je le garde à la main
Serré dans les phalanges
Je l’attache à une chaîne
Une chaînette
Que j’ancre à la langue
Ou au nombril

Il arrive encore que des vents l’arrachent
Des tourbillons étourdissants

C’est pourquoi je tiens en réserve quelques bouchons de rechange
Glanés, mal adaptés, dont j’ai un peu honte.
Pour le cas où
Et qui ne sont pas de la bonne marque

Ma marque n’est qu’un souvenir, je crois
Que je cherche seule et distraite. Éparpillée.

Au bas des lettres, j’écris mon nom.

Paris, Les Oiseaux, sam. 12 juillet 2025, 12:42
(publié sur FB le 15 juillet) Lire la suite >

samedi 5 juillet 2025 · 17h25

Visite de vendredi 4 juillet
— Je vais à Eurom

Elle est dans un fauteuil relax du grand salon quand j’arrive, qu’elle démolissait sagement. Nous passons à table. À nouveau très souriante, enjouée même, riant volontiers, un peu plus bavarde que la veille. Quelques phrases très compréhensibles. Plusieurs autour de ma robe. Tu as une jolie robe. Ça me fait plaisir de te voir. Tu penses que tu vas rester un peu avec moi ? Ce n’est pas très bon, tu sais, ces tartines. Ces gens… ils ont des problèmes.

Après le repas, elle parle du fait que je vais aller dormir. Que je vais aller dans ma chambre. Elle me dit au revoir. Si tu dois aller dormir… Alors, je lui propose d’y aller. On va à ta chambre, me demande-t-elle. Elle est d’accord. Nous remontons le couloir doucement, main dans la main. Elle, vaillante, avec ses petits pas (toujours en chaise roulante). Elle demande si je n’ai pas mal aux jambes. Arrivées à la porte, elle me demande si elle peut rentrer. Mais elle hésite, reste sur le seuil. Je l’attire à l’intérieur avec le restant du paquet de gaufrettes du Pain Quotidien. Et la 40 (Symphonie no 40). Son air de surprise à chaque fois quand ça démarre, les bras qu’elle lève haut. Puis, elle recommence à s’étonner de ce que je n’aille pas au lit. Tu ne vas pas te coucher ? Ah bon, je croyais. Bon, je te laisse, hein. Bisou. Elle indique sa joue. Au revoir. Lire la suite >

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