
Érès, « Psychanalyse – Poche », 2012.
Extraits relevés en cours de lecture
les numéros pages sont indiqués entre parenthèse
(p. 8) un certain type de discours dépressif que nous avons qualifié de « mélancolique » eu égard à son formalisme dépourvu d’affect et de fantaisie, à sa logique toute formelle et à l’impossibilité manifeste de cerner à son propos un quelconque récit.
… l’originalité des formes d’organisation par lesquelles le mélancolique utilise son symptôme.
les signifiants essentiels de la mélancolie
Ainsi, comparativement à la dépression que nous considérons comme un état symptomatique transversal qui peut aussi bien concerner les névroses et les psychoses, et à la (p. 9) psychose maniaco-dépressive que nous considérons comme une psychose, nous avons cherché à caractériser plus précisément le discours mélancolique en fonction de ses signifiants essentiels, tels par le « rien » et le « destin » de même qu’en fonction de ses figures récurrentes telles le « tout ou rien« , « l’avant/l’après » et l' »apparent caché« . A considérer cette dernière figure, par exemple, la Vérité ou la vraie réalité serait pour le mélancolique « derrière les choses, là où ça brille » et la réalité quotidienne serait alors destinée à la masquer. Aussi bien est-ce pour cela que cette dernière se présente comme une surface plane, sans aucun relief et où tous les objets seraient subsitutables les uns aux autres et sans plus de valeur les uns que les autres. La réalité remplirait donc une fonction d’écran face cet objet du désir (l’objet petit a) sur lequel Lacan s’interroge relativement au sujet mélancolique et qui semble avoir affaire à cette expression de « suicide de l’objet » qu’il évoque comme hypothèse à la mélancolie dans la dernière leçon du Séminaire VIII : Le transfert.
rien
destin
tout ou rien
avant/après
apparent caché
(la vérité est derrière les choses que la réalité quotidienne masque)
réalité quotidienne dès lors comme une surface plate, sans relief
tous objets substituables, sans plus de valeur les uns que les autres
Marie-Claude Lambotte ne considère donc pas la mélancolie comme une psychose – plus loin (p. 20), elle dira qu’elle tient ce diagnostic entre parenthèses et elle consacrera un chapitre à cette question (« Ni névrose, ni psychose », pp. 678-701).
Certains de ce qu’elle appelle les « signifiants essentiels » de la mélancolie me sont très familiers, comme par exemple le tout et le rien, le tout ou rien, dont j’ai beaucoup fait état ici. Le destin est de moi une figure moins approchée (si ce n’est peut-être au travers de la lecture du livre d’Imre Kertész, Etre sans destin1, qui m’a tellement frappée), l’avant/l’après n’est pas non plus repéré par moi — cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas —, même si c’est quelque chose que probablement j’espère, j’attends, je convoque, je tente de concevoir, qu’il y ait quelque chose un jour qui puisse faire rupture dans le fleuve morne des jours, de la perpétuelle présence, et qui s’est rarement présenté (si: le jour du diagnostic, si le jour du lapsus « Fréronique », d’autres sans doute, que je n’ai plus en tête). un événement qui historicise. L’apparent caché, il me semble que je vis tout le temps avec. Si nous parlons de la même chose, elle et moi, Marie-Claude Lambotte et moi-même, l’apparent caché (de l’inconscient) est bien l’objet de ma visée, de mon désir, se trouve derrière toutes les petites réalité de la vie et lui donne tout son prix. Son seul prix. L’insaisissable qui me lie à la vie. Cela dit, l’ « apparent caché », je ne comprends pas cette nomination, cette appellation . La réalité comme une surface plate : en effet. Où toutes les choses se valent : en effet, depuis le début de l’écriture du blog, j’essaie de trouver ce qui fera qu’une chose vaudra plus qu’une autre. Il y a eu toute cette recherche sur l’indifférence de la pulsion. Il y a ce que mon écriture même révèle, trahit, toute chose est par moi est soupçonnée comme susceptible de receler un trésor, cela qui est induit par la psychanalyse, d’ailleurs, par la supposition de l’inconscient. L’écriture n’est qu’un outil au service du dévoilement de ce trésor. D’où mon trop grand respect pour ce que j’ai écrit, mon incapacité à jeter, à juger de ce que je fais, une confiance trop absolue à ce qui se révèle malgré soit : si cela a été écrit, est-ce qu’il n’y a pas quelque chose à débusquer derrière. Que toutes les choses se valent, pour moi, c’est ça.
Maintenant, il faut que je note dans ma tête, je ne sais comment, que ce que je viens d’écrire a plus de valeur que d’autres choses que j’ai écrites.
D’où mon trop grand respect pour ce que j’ai écrit,
border le trou
(p. 9) Quant à la PMD, elle met en jeu la forclusion du signifiant du Nom du Père, en d’autres termes l’impossible prise en compte de ce signifiant primordial, seul apte à faire advenir « du » sujet dans la chaîne signifiante au sein d’un processus de métaphorisation. Or, le mélancolique, dans son insistance négativiste, semble parvenir au plan symbolique à border la figure d’un trou sous la forme d’un discours agressif et formel mais aussi – et cela le distingue du psychotique (entre autres traits de structure) – sous la forme d’une activité particulière de composition qui met en valeur des objets dont on s’est efforcée d’approcher la nature2 .
Insistance négativiste
Discours agressif et formel?
Agressif ? Non. Sauf à considérer mes moments de colère. Cette agressivité ne s’écrit pas.
Formel : Est-ce que je n’ai pas eu tendance et tendance probablement encore à donner un tour pseudo-scientifique à mon écriture, pseudo-analystique, et dès lors, oui, peut-être, formel. Est-ce que je n’ai pas tout en même temps combattu cela, au moins avec le temps. Et ayant échoué à me faire entendre par qui j’aurais aimé me faire entendre.
la déception essentielle
Il restait alors à questionner le statut de ce trou (p. 10) et, avec lui, questionner la fameuse « déception » énigmatique (Enttäuschung) que Freud évoque par deux fois dans « Deuil et mélancolie » et que Lacan….
« Quels traits se laissent-ils voir d’un objet si voilé, masqué, obscur? » ((Lacan, Le transfert, p. 458.))
… déception essentielle, rôle majeur dans la structure mélancolique :
Cette « déception essentielle » qui traverse donc en filigrane les 3 parties de l’ouvrage, sera reprise plus tard par Marie-Claude Lambotte, notamment dans cet article : La mélancolie, névrose ou psychose?
Plus explicitement, la déception essentielle caractérisera la structure en un temps postérieur à l’opération de métaphorisation paternelle et donnera matière à un traumatisme dès lors que l’image idéalisée du père sera venue se confronter avec une faute énigmatique originaire; les conséquences en seront catastrophiques qui feront vaciller les repères symboliques pour laisser apparaître derrière ceux-ci la figure terrifiante et mythique du Père mort. C’est la position de Hamlet face au fantôme de son père qui lui apprend son brusque assassinat alors qu’il était encore « dans la fleur de ses péchés », c’est aussi celle de Kierkegaard qui décèle dans la piété reconnue et respectée du sien la faille irréductible qui barre son regard. L’arrimage au symbolique comme possibilité de création métaphorique peut alors s’avérer insuffisant à exprimer ce vécu catastrophe qui empoisonne désormais la relation à l’autre quand elle n’est pas garantie par une promesse d’absolu; cette dernière prémunit ainsi le sujet mélancolique contre la répétition possible d’un tel bouleversement en revêtant l’apparence d’une radicalité psychotique.
Cette déception du mélancolique, Lambotte l’attribue ici à une faute du père.
Moi-même à la lecture de Freud, quand il m’est arrivé de m’interroger sur un moment déceptif dans mon enfance, je suis toujours ramenée à une scène dans la rue avec mon petit frère, Jean-François : nous nous dirigions vers une boulangerie, où il nous faudrait commander « Un grand pain, carré, coupé », nous étions rue du Méridien, et je lui ai, à sa grande surprise, demandé s’il préférait papa ou maman. Très perturbé par la question, il m’a répondu qu’il ne faisait pas de préférence, à quoi je lui rétorquai, sur le ton de la colère, comme si j’avais à me justifier, que je préférais… Eh bien, c’est le problème, malheureusement, je ne m’en souviens plus, forcément l’un ou l’autre, mais je ne sais plus lequel. Je me souviens que je lui avais alors expliqué les raisons de ce choix et de ma grande déception. Longtemps, je m’en suis souvenue, longtemps je me suis rappelée cette scène, pour finalement oublier cet aveu chez moi d’une préférence, les raisons de ma colère, mon accusation. L’image de cette scène existe encoe en moi comme souvenir-écran.
J’ai ramené ce souvenir en séance récemment pour l’interroger, et je ne m’en suis pas trouvée plus avancée. J’ai dit à l’analyste que ce qui se développait alors en séance, pouvait donner l’impression qu’il s’agissait de ma mère. Qui est aujourd’hui au centre de mon analyse, quand elle en a été complètement absente durant toute la première (et longue) tranche. Aujourd’hui d’ailleurs, je ne comprends pas que j’aie pu aussi longtemps parler de mon père. Peut-être s’agissait-il d’en découdre avec un sentiment ambivalent, peut-être n’ai-je cherché qu’à le comprendre et à démontrer mon complexe d’Oedipe.
Peut-être y eut-il une forme de déception, puis de pardon, non, de reconnaissance et d’admiration véritables, dont je me dis d’ailleurs qu’elle me sauvait, dans les mois qui ont précédé sa mort. S’il y eut un moment de déception rejoué, rejoué par rapport à une déception « primitive », c’est, autre souvenir-écran qui me revient partiellement, quand il m’a un jour assuré qu’il s’agissait avec les boutons, — ou les points noirs —, de petits animaux enfoncés dans la peau, dont on n’apercevait que la tête ou la queue. Cette croyance, cette certitude qui m’amena à rire de lui, était assortie d’une autre que j’ai oubliée. Je ne me réfère ici qu’à une conversation eue inopinément, vers l’âge de quinze ans, mais qui entraîna chez moi une certaine forme de déception, de détachement, je me suis sentie trahie par ce manque d’intelligence, par cette croyance. Cette déception répétait-elle une première, oubliée, je ne saurais pas le dire.
Plus tard, à un ami psychanalyste, je devais avoir 16 ou 17 ans, à qui je parlais du ressentiment contre mon père, j’avouai que curieusement c’était à ma mère que j’avais un jour crié ma haine. D’un air énigmatique, il m’avait rétorqué « Eh oui, eh oui… »
Je pense qu’il y eut à l’adolescence un conflit ouvert avec mon père. Mais qui était surtout de son fait. A la vérité, j’en ai peu de souvenirs. Je pense qu’il était en vraie difficulté avec mon être, avec mon corps, avec mon apparence, mon allure, aussi bien que mes façons d’agir. En réalité, il était en difficulté avec ma détresse qui ne s’exprimait, je crois, qu’au travers d’une mauvaise humeur non pas constante mais régulière. Ma mère s’était faite l’intermédiaire. Et, prise par mes propres soucis, j’étais relativement indifférente son mécontentement. A moins que ses ressentiments ne m’aient affectée plus que ce que j’ai pu m’en souvenir. Sa colère me paraissait ennuyeuse au quotidien, mais ne me touchait pas vraiment. Elle était trop à côté de ce que je vivais intérieurement. J’étais dans une grande distance.
*
Ecrit la nuit, dans la suite de cette lecture3 :
Lambotte, ce qu’elle appelle la déception essentielle du mélancolique : je n’ai pas envie qu’elle soit attribuable à mon père. Cela ne m’arrange pas. Qui peut accuser son père? Je n’avais jamais vu ça comme ça. C’est ce que j’ai oublié, s’il y a quelque chose à oublier. Or il n’y a pas eu, j’en suis certaine. Et s’il y a eu, je me suis trompée. C’est ma seule chance. Je me suis trompée. J’en qui convaincue. Il n’y a rien eu.
Que je me sois trompée, est bien possible, tant de rêves le montrent. Qui pointent vers l’idée d’un crime de mon père. Mais c’est moi qui me suis trompée. Mon père n’est coupable de rien. Je ne sais pas pourquoi il y aurait cela dans ma tête. Je ne sais pas. Si il y a, c’est erreur, à rectifier. C’est là, aujourd’hui pour moi, la possibilité de rectifier. Or, je sais que je le dédouane. Je le sais. Mais qu’est-ce qui en moi ne le dédouane pas.
Dédouaner : Faire sortir (une marchandise) en acquittant les droits de douane. au participe passé Voiture dédouanée. au figuré Dédouaner qqn, le relever du discrédit dans lequel il était tombé. ➙ blanchir, disculper.
De jour
Cela dit, et je reprends de jour cette réflexion, je ne sais à quel texte de Freud Lambotte se rapporte. Selon elle, il est deux fois questions de « déception » dans « Deuil et mélancolie ». Je ne me souviens pas qu’il y s’agisse du père seulement. Je n’ai pas le texte en tête. Mais le lisant, j’ai toujours pensé à ma mère, qui se prête beaucoup mieux à la déception (son silence) voire au crime (celui de trop de gentillesse). Ou à la perte d’une chose plus abstraite, « plus morale » dit Freud :
« Appliquons maintenant à la mélancolie ce que nous avons appris du deuil. Dans toute une série de cas, il est manifeste qu’elle peut être, elle aussi, une réaction à la perte d’un objet aimé ; dans d’autres occasions, on peut reconnaître que la perte est d’une nature plus morale. Sans doute l’objet n’est-il pas réellement mort mais il a été perdu en tant qu’objet d’amour (cas, par exemple, d’une fiancée abandonnée). Dans d’autre cas encore, on se croit obligé de maintenir l’hypothèse d’une telle perte mais on ne peut pas clairement reconnaître ce qui a été perdu, et l’on peut admettre à plus forte raison que le malade lui non plus ne peut saisir consciemment ce qu’il a perdu. D’ailleurs, ce pourrait encore être le cas lorsque la perte qui occasionne la mélancolie est connue du malade, celui-ci sachant sans doute qui il a perdu mais non ce qu’il a perdu en cette personne. Cela nous amènerait à rapporter d’une façon ou d’une autre la mélancolie à une perte de l’objet qui est soustraite à la à la conscience, à la différence du deuil dans lequel rien de ce qui concerne la personne n’est inconscient. »
C’est le texte que moi j’avais en tête. Mais ce ne sont pas ceux où il est question de déception, même si on peut lier à la déception à cette perte dont l’objet est ignoré et qui peut être morale.
Les deux occurrences précises du terme de déception sont les suivantes :
1.
« Il n’est alors pas difficile de reconstruire ce processus. Il existait d’abord un choix d’objet, une liaison de la libido à une personne déterminée ; sous l’influence d’un préjudice réel ou d’une déception de la part de la personne aimée, cette relation fut ébranlée. Le résultat ne fut pas celui qui aurait été normal, à savoir un retrait de la libido de cet objet et son déplacement sur un nouvel objet, mais un résultat différent, qui semble exiger pour se produire plusieurs conditions. L’investissement d’objet s’avéra peu résistant, il fut supprimé, mais la libido libre ne fut pas déplacée sur un autre objet, elle fut retirée dans le moi. Mais là, elle ne fut pas utilisée de façon quelconque : elle servit à établir une identification du moi avec l’objet abandonné. L’ombre de l’objet tomba ainsi sur le moi qui put alors être jugé par une instance particulière comme un objet, comme l’objet abandonné. De cette façon, la perte de l’objet s’était transformée en une perte du moi et le conflit entre le moi et la personne aimée en une scission entre la critique du moi et le moi modifié par identification. »
2.
« Les causes déclenchantes de la mélancolie débordent en général le cas bien clair de la perte due à la mort et englobent toutes les situations où l’on subit un préjudice, une humiliation, une déception, situations qui peuvent introduire dans la relation une opposition d’amour et de haine ou renforcer une ambivalence déjà présente. Ce conflit ambivalentiel dont l’origine peut tantôt être rattachée davantage à la réalité, tantôt davantage aux facteurs constitutionnels, ne doit pas être négligé parmi les conditions présupposées par la mélancolie. Si l’amour pour l’objet, qui ne peut pas être abandonné tandis que l’objet lui-même est abandonné, s’est réfugié dans l’identification narcissique, la haine entre en action sur cet objet substitutif en l’injuriant, en le rabaissant, en le faisant souffrir et en prenant à cette souffrance une satisfaction sadique. La torture que s’inflige le mélancolique et qui, indubitablement, lui procure une jouissance, représente, tout comme le phénomène correspondant dans la névrose obsessionnelle, la satisfaction de tendances sadiques et haineuses. »
Comment donc Marie-Claude Lambotte se tourne-t-elle plutôt vers le père? Elle n’est pas la seule, je sais, je me souviens d’un texte d’E. Laurent qui se référait au père. Est-ce qu’il ne semble pas que quelque chose se perd dans cette écriture d’une anamnèse possible de la mélancolie, d’un récit, d’une cause, d’un enclenchement? Que moi-même j’ai cependant été tentée de retrouver. Et qu’évoquent Hamlet ou Kierkegaard.
A lire (rapidement) son texte « La mélancolie, névrose ou psychose? La déception essentielle« , je m’aperçois qu’après tout mon père, qui était très croyant, dont j’aurais pu avoir idéalisé la foi, à une époque où j’étais moi-même très croyante, dans l’enfance, je pourrais, à la façon de Kierkegaard, avoir eu des doutes sur sa foi, comme il se montrait souvent lui-même angoissé, comme il témoignait d’ailleurs de ses doutes ou lorsqu’il se montrait prude — en particulier face aux images de cinéma losque nous regardions ensemble la télévision : il fallait changer la chaîne au moindre baiser, et dans le canapé nous sentions nos parents se tortiller de gêne, émettre des petits bruits de bouche, lui qui considérait que les rapports sexuels en dehors du mariage étaient des péchés mortels.
« Il s’agit, en effet, d’un savoir dans cette figure kierkegaardienne d’un père parfait au travers de laquelle le fils décèle, cependant, un arrière-fond d’angoisse. Celui-ci ne peut alors qu’indiquer, dans le contexte familial décrit par le philosophe, la béance du regard paternel que vient occuper un Autre tout-puissant qui préside à la destinée des âmes selon son unique bon vouloir puisqu’il fait fi de leur vertu. Nous entrevoyons ici, de nouveau, le père réel, en tant que père jouisseur, qui recouvre le père imaginaire de même qu’il pervertit le père symbolique. Et le mélancolique ne cessera d’occulter la place du sujet supposé savoir en s’efforçant de l’occuper lui-même ; son négativisme généralisé tient alors essentiellement d’une logique formelle, dont les raisonnements ne font que conforter la figure du destin en un il est trop tard ou bien les jeux sont déjà faits. »










Beauté Chester, 3 mai 23, 22h53
(J’ai encore à rapatrier ici tout le blog mélancolique. je le ferai plus tard. Je me propose de tenter la poursuite de la lecture bloguée de ce livre, ce xième livre sur la mélancolie. Je suis à peu près certaine de ne pas me tenir à cette promesse.)
Notes
- Je suis très étonnée de ne pas trouver de trace ici de cet Etre sans destin de Imre Kertész, j’étais persuadée que j’avais tout rapatrié… ↩︎
- Cf. notre ouvrage La mélancolie. Etudes cliniques, Paris, Anthropos, 2007 et « L’objet du mélancolique », Essaim n° 20, érès, 2008. ↩︎
- C’était très angoissant. Je me répétais qu’il me semblait que le « crime » ne cessait de se rapprocher de moi, tout en me disant que ce « crime », n’était jamais qu’un mot. Je me sentais en danger. Je pensais « pour moi-même et pour les autres ». L’idée d’un « crime » de mon père était odieuse. Ces pensées avaient une résonance littéraire qui les vidait de tout rapport à la réalité, n’en étant pas moins effrayantes, de quoi étais-je prévenue? Comment déjouer le sort? L’écrire à un psychanalyste me paraissait la seule issue possible, tout en craignant de faire trop peur alors que je l’étais moi-même, effrayée. Je me levai pour écrire, la réflexion autour du texte de Lambotte et la recherche de celui de Freud me ramenèrent à la raison. ↩︎