jeudi 2 février 2006 · 09h10

faire n’importe quoi, jouir

mais que cela soit : conforme à l'impossible ~ à la croisée du désir et de la jouissance ~ Le discours capitaliste moderne n’a rien à voir avec ce que notre gauchisme sexuel d’antan appelait la morale bourgeoise. Son impératif catégorique en matière d’éthique est : Jouis! Philippe De Georges, Ethique et pulsion Fais n’importe quoi. Point. Sans conditions. Fais absolument n’importe quoi. [1] Thierry de Duve, Au nom de l’art,  “Fais n’importe quoi”, p. 129   Impératif catégorique (capitaliste, selon Philippe De Georges) : Jouis ! Impératif catégorique (de l'art moderne, selon Thierry de Duve, et en réponse au capitalisme) : Fais n’importe quoi ! Puis, pp. 133-134 : Il y va, disais-je il…

samedi 6 août 2011 · 10h41

C’est ce qu’on découvre, c’est ce qui se dénude dans l’addiction, dans le «un verre de plus» …

L’addiction, c’est la racine du symptôme, qui est fait de la réitération inextinguible du même Un. C’est le même, c’est-à-dire précisément ça ne s’additionne pas. On n’a jamais le « j’ai bu trois verres donc c’est assez », on boit toujours le même verre une fois de plus. C’est ça la racine même du symptôme. C’est en ce sens que Lacan a pu dire qu’un symptôme c’est un et cætera. C’est-à-dire le retour du même événement. On peut faire beaucoup de choses avec la réitération du même. Précisément on peut dire que le symptôme est en ce sens comme un objet fractal, parce que l’objet fractal montre que la réitération du même par les applications…

dimanche 26 février 2012 · 12h42

car c’est une chose qu’on a tendance à oublier ces temps-ci,

lacan n'a pas dit : "y a l'un",  il a dit : "y a DE l'un", le donnant cet un d'ores et déjà séparé de lui-même, insaisissable - réel. de l'un : y EN a. y en a éventuellement beaucoup. et c'est bien tout ce qu'on en a, de lui, de l'un; de l'un originaire n'avons qu'une part, cette part seulement se donnant pour preuve de l'existence de l'un (hors part). ceci bien sûr parce que même disant seulement  "il y a", on est déjà dans le symbolique. (c'est peut-être la même chose pour le nom propre, qui résiste à se donner comme l'un, à me donner comme l'une)

lundi 1 octobre 2012 · 12h17

aléas et nécessités de la jouissance // jouissance, trop, peu, demi, double, Un, un par un, infinitisation, tortue

en faire peu, pour moi, en passe par en faire trop. (le peu que je dois et le trop que je ne dois pas.) (c'est une question de jouissance, et donc à respecter. une fois qu'on le sait, on en profite. ) // pour y revenir : espace de la jouissance féminine et égrenage du un ( infinitude, achille et la tortue) L'espace de la jouissance féminine dans Encore (Jacques Lacan). L'avancée, la progression de demi en demi, l ' infinitisation creusée dans l' espace, l'ouvert (limité ? borné? Relire) entre deux entiers ( ?)/nombres naturels (?) , l'impossible passage alors à la limite, le saut exigé. La jouissance (phallique) de ce saut, du passage…

vendredi 4 janvier 2013 · 12h46

Dans le monde ancien et tout contracté des « localités », les choses, les discours, les œuvres avaient à croître et à devenir.

Dans le monde ancien et tout contracté des "localités",  les choses,  les discours,  les œuvres avaient à croître et à devenir. Ils avaient à se propager de bouche en bouche ou de main en main, et ils se propageaient en étoile, au petit bonheur, se différenciant et se symbolisant toujours davantage, et formant des mondes culturels distincts les uns des autres,  avec leur légendes,  leurs mythes,  leurs rites propres.  Dans le monde contemporain de la mondialité,  rien ne se propage plus : tout est déjà immédiatement  propagé, déjà universel,  déjà connu de tous. Un récit,  soumis au régime du "mondial" ne se développe pas,  ne se transmet pas : il atteint immédiatement sa forme définitive. Aussi…

lundi 14 janvier 2013 · 15h47

de l’autoroute (Lagandré vs Lacan, du nom-du-père à l’usage)

Ils se consacrent à l'aménagement d'une existence confortable, affranchie du besoin de sens, et à laquelle suffit amplement la perspective d'une prolongation indéfinie. (( Cédric Lagandré, La plaine des asphodèles,  p.10. )) [...] s'annonce un "monde" commode à tout point de vue, ajusté sans médiation aux usages humains et réduit de force à ces seuls usages : un monde sans arrière-fond, sans possibilités secrètes, pas même orienté vers un mieux, visant sa seule perpétuation. (( Ibid., p.11)) [...] le monde ne fait plus question, son fait mystérieux ne les concerne plus. L'heure est à son aménagement, à sa rationalisation pour l'usage des hommes. (( Ibid., p. 15. )) Lire, se demander ce qu'il en est de cet "usage" ? Pour s' en expliquer, Cédric…

vendredi 26 avril 2013 · 19h27

Usages du corps, corps usagés par Damien Botté

Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé préconise de manière hygiéniste trente minutes de marche rapide par jour, comme si faire du sport tous les jours devenait un devoir voire un droit. L’OMS serait-elle influencée par la lecture d’un ouvrage d’anticipation de Georges Perec , où dans une île imaginaire dénommée W, la population vit toute unie pour le sport ? Toujours est-il que certains êtres parlants confondent désir et devoir, désir et contrainte, désir et jouissance, et font du sport pendant des heures chaque jour. Pourquoi tant de personnes, notamment depuis les années 1970 et l’apparition du signifiant jogging, courent-elles autant et longtemps, parfois tous les jours ? Les psychanalystes sont rarement de grands passionnés…

vendredi 15 novembre 2013 · 13h26

Les points sur le U

Je m’étais couchée raisonnablement tôt, après une journée particulièrement banale -  j’avais dû regarder quelques épisodes de série ( la finale d'Enlightened), je n’avais pas eu envie de lire, cela je m’en souviens, et je m’apprêtais à m’endormir dans un sentiment inhabituel de satisfaction. Soudain, couchée sur le côté - c'est autre chose. Une sensation dont j’aurais probablement tout oublié si je n’avais rapidement jeté ces quelques notes le lendemain matin- des mots que la nuit-même je m'étais répétés, anxieuse de les retenir, même si je les notai ensuite un peu à contrecœur, consciente encore de tout ce qui s'y perdait  : « Nuit Corps sous couette, souffrance vide corps & mots Certain souvenir Des…

dimanche 1 juin 2014 · 12h28

la chute dans la vie

la chute de l'homme dans la banalité, sa "seconde chute" selon Heidegger, est une chute dans la vie (assomption meurtrière où nous sommes à la fois "les auteurs et les victimes"). "Nous sommes devenus des êtres individués, c'est-à-dire non divisibles en eux-mêmes et virtuellement indifférenciés. Cette individuation dont nous sommes si fiers n'a donc rien d'une liberté personnelle, c'est au contraire le signe d'une promiscuité générale." "Tous télé-guidés" par Jean Baudrillard       (l'image, sa fiction POUR échapper au réel, où nous sommes tombés) "Plus on avance dans l'orgie de l'image et du regard, moins on peut y croire." "Tous télé-guidés" par Jean Baudrillard Catherine, spectatrice, se déplaçait «déjà dans le récit de la…

lundi 23 mai 2016 · 11h55

le vide au corps

Enthousiasmant article de François Regnault, découvert sur Lacan Quotidien et repris ici, à propos du livre d'Eric Laurent, Sur L’Envers de la biopolitique - Une écriture de la jouissance. La bonne nouvelle en est délicieuse et j'en ai commandé le livre avant même que d’avoir terminé la lecture de l'article. Il est rare que j’arrive à réagir à ce que je lis et qui me bouleverse. Cette fois,  je me risquerai cependant, en m'en tenant à cette seule phrase : « Corps vide au regard de la jouissance, car en tant qu’Un, il ne contient rien, c’est un sac, dont les organes sont réservés, si vous voulez, à la médecine. » Si je puis me permettre, donc,…

vendredi 9 octobre 2020 · 14h09

L’Un tout seul avec Parménide

L’Un tout seul avec Parménide Par Dominique Rudaz De ce qui est, de ce qu’il y a La question de l’ontologie, de ce qui est, et de l’existence, de ce qu’il y a, est centrale dans notre expérience analytique, puisque la position que nous prenons par rapport à notre pratique varie singulièrement selon qu’on l’ordonne à ce qui est ou à ce qu’il y a[1]. Si, comme Miller nous explique, « le secret de l’ontologie »[2] est que l’être n’est que du semblant, si l’être ne tient qu’au discours, à ce qui est dit (l’être de langage), alors qu’est-ce qu’il y a, qu’est ce qui existe en deçà ? Ce qu’il y a, ce qui existe, ce…

Top