dimanche 14 septembre 2008 · 20h30

nous n’avons plus d’argent

14 septembre 2008

je lis une histoire à jules, F arrive, m’annonce que nous n’avons plus d’argent. pour ce qui me concerne cela m’est égal. rapport à petit julos, c’est différent. qu’avons nous fait qu’allons-nous faire. parents de F sont étaient riches. les miens pauvres. et si heureux de l’être. de n’avoir rien à nous donner. rien sinon l’art l’amour dieu. rien. moi, rien même, moi, je ne saurais le donner. eux, les parents, c’était avec bonheur. et rien est encore ce que je demande. mais le monde, jules. évidemment, ce manque d’argent je ne peux rien faire d’autre que de comprendre que c’est à moi de le combler, et qui plus est, je dois être celle qui doit en porter la faute.

je demande à jules de nous laisser. F me parle. je réfléchis.

je quitte la pièce vais à mon bureau reviens.

dis « j’ai trouvé 2 x 500 euros (l’analyste, la femme de ménage). » assis au macintosh, sur le bloc notes, jules fait mine de dresser, tapant sur le clavier au hasard, une liste de personnes à qui, dit-il, il faut offrir des cadeaux.

 

mardi 9 novembre 2010 · 18h26

le sens de la vue

« Le sens de la vue » de Breughel l’ancien, 1618, huile sur bois, 65×109, Madrid, Padro
C’est dans « Le sens de la vue » que s’offrent aux regards des tableaux, des sculptures, des objets de mesure (compas, sextants, longue-vue), des bouquets, des architectures et des objets précieux (tapis, orfèvrerie, colliers de perles et pièces d’or et d’argent), un véritable cabinet des merveilles.  L’accroissement de l’offre des produits de consommation produisit à cette époque une restructuration de la sensualité qu’illustrent ces scènes sur le thème des cinq sens. Les mises en scène de Brueghel divisent la personne en parties sensorielles correspondant aux domaines de la réalité définis par des biens de luxe. Un personnage allégorique féminin, assez dénudé, souligne un lien entre la consommation de luxe et la libido. La peinture elle-même est convoquée dans son lien ambigu avec le luxe et l’argent
source : art-argent.

mardi 9 novembre 2010 · 22h56

un objet de l’art

La religion de l’art pour l’art qui est au cœur du modernisme fut une tentative ultime pour sauver l’aura en sacralisant les œuvres et en les autonomisant. Mais comme Benjamin le voyait dès 1936, le combat était perdu d’avance dès lors que le culte se trouvait condamné à se prendre lui-même pour objet.
Michaud Yves, L’art à l’état gazeux, p. 121

jeudi 18 novembre 2010 · 15h15

perdre

Si l’objet anal est corrélé au narcissisme, c’est aussi que la tendance à détruire, corrélée à sa défense, produit la tendance à retenir, à garder, à conserver. Et c’est là une fonction du narcissisme : ça conserve. L’objet anal, c’est aussi pour Freud qui le tient des obsédés : les enfants, le pénis, l’argent. Toute chose à garder ou à détruire, à perdre plutôt.
Ici, le texte complet : Les objets de l’obsessionnel, conférence de Philippe La Sagna

// un objet anal, trois objets anaux ? // mon sac,
des feuilles de brouillon, un  cours de miller

mardi 23 novembre 2010 · 14h02

que le marché de l’art s’emballe à nouveau et qu’il s’enflamme, tout feu tout bois, pour un art sans foi ni loi…

Inversement, il est peut-être tout aussi significatif, et guère plus étonnant, que ce soit au plus profond de la crise économique actuelle que le marché de l’art s’emballe à nouveau et qu’il s’enflamme, tout feu tout bois, pour un art sans foi ni loi. Ce n’est pas que le retour du refoulé, comme certains l’ont dit de la résurgence symptomatique de la figuration et de l’expressionnisme. Ce n’est pas que le retour également symptomatique du sublime comme effet et mise en scène, comme citation, comme reproduction, comme aura de la marchandise comestible. Ce n’est pas que le retour d’exil des artistes, leur sortie du désert, l’évènement des prophètes-gestionnaires et leur retour aux affaires du monde. Même si c’est aussi tout cela, l’éclectisme et l’historicisme postmodernes , c’est le retour de la loi.

C’est d’abord la vengeance de la loi. Loi du marché, loi de l’échange, la seule en régime capitaliste à être à la fois réalisée et universelle. Elle tient tout et tous sous sa coupe, tous les objets qu’elle réifie, tous les sujets qui la servent. Pas un artiste ne lui échappe s’il veut survivre. Ils en souffrent ou en jouissent, mais c’est toujours la souffrance ou la jouissance  de l’esclave, sans dialectisation. Car il n’y a plus de maître, il y a le Système et le Système n’est pas le Sujet, il n’est pas le Signifiant. Il est bien la loi, mais pervertie, pure immanence pragmatique et opérationnelle résorbée dans son propre behaviorisme. Ce qu’elle enjoint aux artistes de faire ne  peut aller que dans le sens de son propre renforcement. Elle enrichit certains, elle en écrase beaucoup, elle n’affranchit personne. Les artistes sont libres, oui, ils sont libres d’échanger et d’échanger n’importe quoi, mais il ne peuvent le faire forcément que là où les choses s’échangent, sur le marché. Ils sont aussi libres de faire n’importe quoi, mais la violence de cette liberté n’est plus celle de la  révolution, ce n’est plus que celle de la concurrence. Tous les styles, toutes les manières, toutes les formes et tous les médias sont échangeables et interchangeables. Tous s’affrontent sans se contredire, beaucoup moins comme des idéologies que comme des marchandises. La peinture , qui se vend bien de nos jours surtout si elle est figurative, n’a jamais été aussi abstraite, elle a l’abstraction  de la monnaie.

La loi du marché n’est pas neuve, elle est là fatalement depuis qu’il existe un marché de l’art. Dès avant Courbet elle dit la condition économique du modernisme et fixe la condition sociale de l’artiste moderne comme « travailleur libre » ou petit entrepreneur. Mai ce n’est qu’avec le modernisme tardif, celui d’un Warhol par exemple, que les condition économiques de la pratique artistique, jusque-là tenues pour contingentes et extérieures à l’art proprement dit, sont devenues son sujet, sa substance et sa forme. Ce n’est qu’au moment où l’impératif moderne, conditionné par la transcendance horizontale de ses déterminations économiques, s’est mis à s’auto-interpréter comme s’il n’était que l’expression de la loi du marché qu’il a aussi pu être reçu, toute transcendance abolie, comme un encouragement cynique à l’opportunisme radical: fais n’importe quoi pourvu que ça marche! Warhol vaut mieux qu’un procès d’intentions, c’est certain. Et d’ailleurs il n’était pas opportuniste. Mais l’ombre de son succès plane aujourd’hui sur toute une génération d’artistes qui n’ont pas sa schizophrénie feinte ni l’hypersensibilité de son insensibilité, et qui souffrent et jouissent alternativement du rôle purement fonctionnel que leur fait jouer le marché renforçant sa propre loi. Ce qui était désir cool pour Wahrol (« I want of be a machine ») est devenu réalité pathétique. […] En tant qu’il s’exprime, ce pathos est le sentiment de la loi, le sentiment de quelqu’un qui se trouve sous la loi du marché, sous la loi universelle de l’échange et sous sa vengeance. Mais il est aussi, en tant qu’impératif, le sentiment ou le pressentiment d’une autre loi, l’appel nécessaire d’une autre universalité et le rappel de ce que l’impératif moderne, en dépit de tous le vœux de postmodernisme, nous tient toujours sous sa nécessité : fais n’importe quoi. Point. Sans conditions. Fais absolument n’importe quoi. C’était l’impératif du readymade, et le readymade n’est pas la boîte de Brillo. […] Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Il en reste une version faible et libérale du « fais n’importe quoi pourvu que », un fantôme d’utopie auquel certains rattachent naïvement leurs derniers espoirs et qu’ils appellent pluralisme. Il en reste aussi une version forte et presque fasciste du « fais n’importe quoi pourvu que » à laquelle s’adonnent certains – c’en sont d’autres, mais pas toujours – et qu’on peut appeler simulation mais qui s’appelle en réalité cynisme, désespérance et irresponsabilité. […] Or tout n’est pas permis. Ce serait peut-être juste mais ce n’est pas vrai. La vérité, c’est qu’il faut que tout soit permis. Les liberté sont relatives mais il faut que la liberté soit absolue. Le readymade est pluraliste – il en existe une pluralité – mais il faut qu’il dise l’universel. L’objet quelconque n’est jamais quelconque mais il faut qu’il y prétende , absolument. Et le « fais n’importe quoi » n’est jamais inconditionné mais il faut qu’il le soit. A l’universalité de l’échange, la loi de la réalité, il faut opposer, muette et incompréhensible, la loi de la nécessité qui est aussi nécessité de la loi. L’impératif « fais n’importe quoi » est un impératif catégorique.

Thierry de Duve, Au nom de l’art, « Fais n’importe quoi », Editions de Minuit, 1989, p. 127, 128, 129, 130

mercredi 23 janvier 2013 · 18h13

où il est question d’argent

Fait donc ce rêve juste avant celui de la danse, dans la même nuit.

J’arrive chez YD, peut-être tout juste à temps. Il me voit, mais fait à ce moment-là entrer quelqu’un dans son cabinet. Il y a énormément de monde dans sa salle d’attente. Il revient et me prend. Je commence à lui parler.

/ je cherche en ce moment un psychanalyste à qui parler de ce dont il m’apparaît que ce pourrait être la dernière chose que j’aurais à régler, la demande avec laquelle je pense que je pourrais arriver, celle de gagner de l’argent. Mais je ne sais plus chez qui aller. /

Nous sortons, je parle dehors. De différentes choses qui paraissent l’enchanter, je finis par retomber sur mes pattes, et lui dire donc ce qui m’amène, que le dernier problème que j’aurais à régler puisse être celui de l’argent à gagner. Mais il met cela en doute gentiment, le balaie d’un sourire dirais-je. Un policier arrive auquel il porte à mon goût trop d’attention. Il l’écoute, ce policier qui a un problème, et je crains que ce policier n’entende ce que je m’apprête à dire, qui doit être l’histoire de l’argent que j’essaie de défendre, tandis qu’il la minimise avec des cajoleries. Nous passons au tu, parfois je suis dans le creux de ses bras. La séance se clôt.

Je renonce à lui parler de quelque chose qui a trait à la longueur de la séance, un reproche que tiendrait à ce que me paraît être son application d’une durée standard à ses séances. Il me renvoie au policier, m’enjoint de l’accompagner. Ne me fait pas payer la séance, séance d’amour donc.

/ Douleur a à main gauche pour tenir le Galaxy note 2 très désa.  Trouver une solution, hélas, je crains. /

Je me retrouve donc dans la voiture du policier qui est en civil, qui n’est plus en activité donc, c’est là son problème, soit il est à la retraite, soit il a dû rendre son tablier en raison de certaine faute. Il fait des manœuvres avec sa voiture, se gare auprès d’une autre voiture dont il bloque la sortie, appelle un central pour dénoncer l’opération qu’il vient de découvrir, illicite, d’un autre policier. Il remet donc le pied à l’étrier, par cette action, d’exception. Il fait 3 manœuvres spéciales avec sa voiture. L’autre policier est sorti, immobilisé, sur le dos, de sa voiture. Je téléphone à YD qui paraît content de m’entendre. S’intéresse surtout aux actions du policier. Je découvre un papier, plan, qui reprend les 3 manœuvres si du policier, les nomme. Je dis les noms. J’ai assisté au déroulement de deux d’entre elles, la troisième et dernière n’a pas encore eu lieu.

Ce rêve précède celui de la danse.

jeudi 31 janvier 2013 · 10h11

De l’art invendable.

En réponse à :

J’en viens parfois à me demander s’il ne faudrait pas se mettre à fabriquer, à créer des objets d’art, de l’art, qui ne puisse pas se vendre. Est-ce possible de créer de l’art invendable. Non pas gratuit mais invendable ? Bon, je sors du sujet mais je poste quand même, je réfléchis tout haut et je partage.
EV

De l’art invendable.

Je me demandais si ça ne serait pas vendu du moment où ça porterait le nom d’art, l’estampillage, la marque.

/ Ce à quoi travaille le Museum of Everything – faire sa marque, but prôné. Mais, s’agit ici de la marque d’un musée, pour, paradoxalement, exposer des gens qui ne se revendiquent pas en tant que tels, artistes. /

Par ailleurs, il y a beaucoup d’art invendu, invendable.

La marque, le nom propre, la brand, le branding sont ce qui font vendre.

Le nom propre est ce que rien ne justifie. C’est ce qui n’est pas choisi et qui s’appose à vous, pour vous représenter. C’est un signifiant pur, complètement arbitraire, absolument vide de sens. (un prénom, lui, trouvera sa source dans le choix des parents, marque de leur désir.) Le nom propre n’est pas choisi, il vous tombe dessus et incombe à votre responsabilité. Il ne suffit pas d’avoir un nom, pour n’avoir pas à s’en faire un. Ou de vouloir en changer, s’en faire un neuf – souvent comme artiste. Houellebecq qui choisit de prendre le nom de sa grand-mère, qui l’a élevé.

Par rapport au prénom, le nom vient de la nuit des temps. Gros de ce réel là de la traversée du temps, de l’insondable origine, du « meurtre de la chose » et de l’immortalité. Le réel du nom répond du réel de la personne (persona, masque). « Un manque ici recouvre un autre manque ». Celui du nom recouvre celui du corps. Un nom n’est pas moins à (se) faire qu’un corps, ne vous est pas moins étrange.

Ceci pour chercher traquer pister ce qui, de ce signifiant pur, fait son prix.

Le prix (hypothèse) vient sur ce qui justement échappe à toute raison. Là est le désirable et le jouissif. Et alors dans sa circulation. Un nom propre circule dans le discours. Ce qu’un corps ne fait pas. Ce dont il faut avoir peur aujourd’hui, c’est de la réduction de chaque chose en pur objet de discours, en pur signifiant, séparé de toute signification, en quoi il « répond » du réel qui en réchappe toujours. La réduction au signifiant (comme objet de jouissance et de circulation) et le rejet, la forclusion du corps (quand il n’est pas lui aussi réduit à un objet de commerce).

Restaurer son prix au commerce des hommes, la gratuité. Or-  si c’était si simple –  à la gratuité vient toujours se greffer l’amour et là on est foutu (voie ouverte à tous les abus.)

Écrit au réveil, de neuf heures à 10h, sur mon téléphone, dans le noir, non relu.

jeudi 10 juillet 2014 · 12h24

le rapport à l’argent peut se présenter comme l’une des figures du réel pour un sujet…

« Par son attention précise au détail clinique, Francesca Biagi-Chaï, dans les quatre cas présentés, a attiré notre attention sur certaines de ses occurrences.

L’un de ceux-ci illustrait en quoi le rapport à l’argent peut se présenter comme l’une des figures du réel pour un sujet. Certaines modifications de son statut dans l’existence, sa contingence, peuvent le conduire sur les rives du passage à l’acte, comme l’illustre le cas des sœurs Papin, relu pour nous par Francesca Biagi-Chaï à la lumière de cette clé ; ou au contraire, témoigner d’une forme de séparation, lorsqu’enfin, il consent à un boulot « alimentaire », produisant dans le même mouvement un écart -réel- d’avec l’Autre parental qui jusque-là avait subvenu à ses besoins. »

Source : Nadine Page dans un article là :  http://www.ch-freudien-be.org/2013/12/courrier-retours-de-laprs-midi-du-cpct-de-bruxelles/

mercredi 29 juin 2016 · 12h35

Le philosophe Giorgio Agamben : « La pensée, c’est le courage du désespoir »

Article publié par Télérama le 10/03/2012, propos recueillis par Juliette Cerf : http://www.telerama.fr/idees/le-philosophe-giorgio-agamben-la-pensee-c-est-le-courage-du-desespoir,78653.php

Le capitalisme ? Une religion. L’homme ? Un animal désoeuvré. La loi ? Trop présente.  Le philosophe italien analyse avec sagacité notre société et ses dérives « biopolitiques ».

[…]

La théologie est maintenant très présente dans votre réflexion. Pourquoi ?

Les dernières recherches que j’ai entreprises m’ont montré que nos sociétés modernes, qui se prétendent laïques, sont au contraire gouvernées par des concepts théologiques sécularisés qui agissent avec d’autant plus de puissance qu’ils ne sont pas conscients. Nous n’arriverons jamais à saisir ce qui se passe aujourd’hui sans comprendre que le capitalisme est en réalité une religion. Et, comme le disait Walter Benjamin, il s’agit de la plus féroce des religions car elle ne connaît pas d’expiation… Prenez le mot « foi », d’habitude réservé à la sphère religieuse. Le terme grec qui lui correspond dans les Evangiles, c’est pistis. Un historien des religions qui essayait de comprendre la signification de ce mot se promenait un jour dans une rue d’Athènes. Tout à coup, il vit écrit sur une enseigne : « Trapeza tes pisteos ». Il s’approcha et se rendit compte qu’il s’agissait d’une banque : trapeza tes pisteos veut dire « banque de crédit ». Ce fut une illumination.

Que nous révèle cette histoire ?

mardi 19 juillet 2016 · 11h19

Demain, le film

Passons sur une esthétique pub parfois agaçante (extrêmement agaçante, NdE) , l’efficacité du propos l’emporte. Il y a cinq chapitres : et si l’on réinventait la nourriture, l’énergie, l’économie, la démocratie, l’éducation ? Le puzzle éclaté des milliers d’initiatives prend forme et permet de croire que c’est possible. Et puis il y a les « héros » : pas de bon documentaire sans bons personnages. Parmi eux, le Britannique Rob Hopkins impose son humour et son esprit aussi incisif que constructif. En 2006, ce professeur de permaculture a lancé le mouvement Villes en transition à Totnes, dans le sud de l’Angleterre, pour sensibiliser ses habitants au problème du pic pétrolier et organiser, sur place, un basculement dans une autre ère énergétique et économique. — Télérama, http://www.telerama.fr/cinema/films/demain,503766.php

En quatre chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation, le film montre des plans B, portés par des citoyens et quelques politiques visionnaires, sans minimiser les rapports de force, le poids des lobbies et de tout ce qui fait qu’un système vicié tient encore debout. Il montre aussi que ce système vide le monde de sa diversité biologique, mais aussi créative, économique et politique. Ce que nous faisons subir à la terre, nous nous l’infligeons aussi à nous-mêmes. —TerraEco  http://www.terraeco.net/Demain-docu-des-possibles,62627.html

 

lundi 1 août 2016 · 11h17

le crédit

nous sommes de retour à paris depuis hier. je me réveille, il est 4h20. c’est plus ou moins la même heure tous les jours. je songe à ce documentaire sur la création de l’argent que j’ai commencé à regarder l’autre jour dans la voiture en route vers Orléans. il s’y confirme ce que j’avais appris dans Demain, que la monnaie fiduciaire, les pièces et billets que nous connaissons, ne forme qu’une partie infime de l’ensemble de l’argent (j’ai retenu 8%), le reste, la monnaie scripturale, n’étant que chiffres inscrits dans les ordinateurs des banques privées. et que donc, effectivement, l’argent ne naît que du crédit accordé par les banques. ce n’est qu’à partir du moment où une banque décide de me croire (d’où son nom, de crédit), de croire que je suis capable de produire l’argent que je souhaite lui emprunter, ce n’est qu’à partir du moment où elle en inscrit le montant dans ses ordinateurs (d’où son nom, à cette monnaie, de scripturale) que cet argent se met à exister, cet argent donc qu’elle me prête, elle-même ne le possédant pas, elle-même ne devant pas le posséder (elle ne doit en disposer que de 8%, si j’ai bien retenu, c’est le fonds de garantie), tandis qu’en échange de son prêt, le prêt de cet argent qu’elle ne possède pas, elle me fera payer des intérêts. dans ce documentaire, il est également question de la naissance de l’argent, lequel ne descend pas du troc, comme on a tendance à le croire, mais du crédit. l’échange, le prêt, était autrefois basé uniquement sur la confiance, sur le parole donnée. l’exemple y est donné, très parlant (que je reprends ici de mémoire, en ayant changé les noms), de l’échange que paul et pierre veulent faire, paul produisant des patates et pierre des tomates. paul veut des tomates, pierre les lui en prête, en échange, paul lui promet qu’à la saison des patates, il lui donnera des patates. pierre a fait crédit à paul, il a cru en lui, il lui a fait confiance. pendant longtemps, cette seule parole donnée à suffi à lier les hommes. jusqu’à ce qu’il faille inventer l’écriture pour inscrire ces comptes… (et là, j’arrête de spoiler, parce que j’ai arrêté de regarder, parce qu’on passait devant un magasin où il fallait que j’achète un truc, donc je suis vite descendue de la voiture.)
tout ça m’a rappelé  cette interview d’Agamben, lue il y a quelque temps, où il explique son idée, selon laquelle, le capitalisme est une religion comme une autre et en faisant ce rapprochement entre le crédit  de  la « banque de crédit » et le credo, la croyance de la religion. 

NB:  par ailleurs, le terme « fiduciaire », qui désigne donc la monnaie que l’on peut tenir en main, celle qui circule, celle qui est créé par les banques centrales et dont nous avons tendance à croire qu’elle constitue l’ensemble de la masse monétaire, ce terme de fiduciaire provient du latin, fiducia, la confiance).

il est 5h22. je vais me recoucher.

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