Ce que tu fais

Ton symptôme, ton œuvre,  ce que tu fais.
La nuit,  c’est ce que tu fais.
Le symptôme seul fait.
Il faut toujours être un peu analyste.
Travailler l’obscur, où les lois sont différentes.
Travailler l’obscur. Là où il n’y a pas de loi.
Écrit de nuit.

Tu crains ton absence de persévérance. Ton symptôme au moins ne te décevra pas.

  • L’ange et la vierge
la toilette, les cheveux

le soir je n’ai pas le courage de me brosser les cheveux.
le matin non plus.

ce qui serait juste ce serait de n’avoir jamais qu’un seul livre sur sa table de nuit (si la lecture est bien comme l’amour).

Auto

écrit pour n’être ni lu ni relu

dans « auto-publication » il y a « auto- » (il y a « self-« )

le neuf de novembre je reprends une analyse

oblativité dissimulée…

samedi 11:54 – fume une

la femme qui disait nous plutôt que je. 

il y a que j’aime assez faire secrète-être,  8° cours de jacques-alain miller………

« L’éternité vient dans le temps, l’immensité dans la mesure, le créateur dans la créature… l’infigurable dans la figure, l’inénarrable dans le récit, l’ineffable dans la parole, l’incirconscriptible dans le lieu, l’invisible dans la vision, l’inaudible dans le son… »

corsp de chair vs corps de lettres

mercredi 31 mai 2006 12h11

des suites (et son double)
— (d'1 double qui ne sera pas du semblant)

« Je cherche une double lettre. Je ne sais plus très bien pourquoi, comment, je me dis, il faut chercher la double lettre. A cause du double L de mon nom. Ma mère disait ” Double L, E, R.” Double L. Il faut chercher 2 N. »

double L, double meurtre

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dimanche 13 septembre 2009 19h30

treize

 

 

 

c’est aussi aujourd’hui l’anniversaire du (double) meurtre de mon oncle.

               un treize septembre.

jusqu’à ce que j’apprenne cette date, très tardivement, pendant la maladie de mon père, un peu avant sa mort, date que j’ignorais donc avant cela, ce jour était souvent un jour où je tombais amoureuse. j’écrivais des textes, aussi, éclairs, que fièrement je signais.

ceci s’inscrit encore dans la catégorie du mois d’août.

 

 

 

 

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vendredi 2 décembre 2011 11h11

muller & muller

image

rêve de l’autre jour:
« muller & muller . S1 S2.  l’holophrase!  mais comment séparer ce qui est le même?  »
réveil ce matin :
muller et muller
14 . 18 et 40 . 45
la guerre et la guerre
M . U . double L . E .  R
L . L
comment séparer ce qui est le même
je ne sais pas compter je n’ai pas d’accès à l’histoire
la preuve est là
1 .2 c’est facile
c’est à  trois que les difficultés commencent
l ‘ordinal!

du père le nom est le même, double
le corps non

joie du drame

pour sortir du même il faut et il suffit du zéro : « la place du sujet »
vous le saviez déjà. désir et jouissance s’articulent comme s’articulent ordinal et cardinal.

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lundi 23 janvier 2012 10h45

double cabine crochetant par l’Alas’ka
— la double cabine du désir et de la jouissance

Bateau, paquebot,
Y arrivons au sortir d’un voyage en train, ma tante et moi, mais pas aux mêmes heures. Donc, ne nous retrouvons pas de suite et passons première nuit dans cabines séparées, cabines de luxe. Suis avec jules.

Au matin, je suppose que ma tante ne se sera pas inquiétée, qu’elle se sera renseignée auprès de la réception, du commandant de bord, pour savoir si nous avons bien embarqués. Jules veut que je lui prépare de la soupe. Assise devant la cuisinière, je manipule plusieurs casseroles, sur plusieurs feux. La recette s’avère très simple, surtout très rapide, et je me retrouve avec une quantité de soupe telle que je crains que nous ne puissions jamais la boire.  D’ailleurs, voilà qu’on vient nous chercher pour que nous faire changer de cabine. La première cabine que nous occupions était une cabine transitoire, d’accueil. Notre vraie cabine1 , s’avère être une double cabine (( du coup, double cabine, ça fait un peu « double V – C « , « WC » …… double V, sait)), gigantesque, composée de deux appartements, non encore entièrement libérés, au moins pour l’un d’entre eux. En traversons ses multiples pièces, arrivons à l’avant du bateau.  Sur le côté, aperçois piscine. Choisissons nos chambres. En revenant sur pas m’aperçois que deuxième partie chambre occupée, contrairement à ce que j’avais d’abord cru. Mais par famille nombreuse, dormant à même le sol, « palleas parterre » (( ce sont des mots de ma tante, de titi, dormir « palleas parter »,  prononçait-elle – cela devait venir de quelque chose comme paillasse parterre? )), moins luxueuse donc.

Voyage s’annonce magnifique, mais semblerait que devions faire crochet. Passons sous banderole où  indiqué ALASKA.

Au réveil, pense : identification, méconnue de moi, à ma tante, identification ignorée, oubliée.

 —

Ma tante : jouissance, dolce vita. Position allongée, nourriture, soleil, vacances, bavardages.
ALASKA, contraire de ça?

 A – elle – A – Est-ce – Ka

Baudelaire, « ordre et beauté, luxe calme et volupté »
Son chat.
Titi, son surnom, à elle, ma tante.
Pensais qu’elle était celle qui m’avait initiée à douceur, jouissance de vie, sans culpabilité, tempérant le coté janséniste de mes parents.
Vivait aux gentils crochets d’un homme plus âgé qu’elle, qui avait voulu m’adopter. Crochets qui consistaient principalement en vacances, vêtements et restaurants. (=luxe, superflu, ce dont je suis justement absolument privée en ce moment…  ce à quoi j’ai décidé de ne plus renoncer, ce pourquoi j’ai décidé de m’installer, d’ouvrir un cabinet d’analyste.). Vivaient hors RS. Seule jouissance consommation bavardages superbes. Son fiancé, lors de ses 20 ans, cheminot, mort, écrasé par train, accident, veille mariage. Avait également été malade, suite à empoisonnement dans un étang où elle n’aurait pas dû nager. Des mois entre vie et mort. Nous avait appris à nager, aux trois enfants, venaient tous les mercredis, pour nous amener à la piscine, ma mère, elle, ne savait pas nager.
Belle, enjouée, gourmande, drôle. Travaillait dans hôpital psychiatrique comme éducatrice, atelier d’activités manuelles. Ils étaient très nombreux, les malades, très calmes. Faisaient des paniers, des tapisseries, divers objets cannés. Nombre à l’image, où l’usage, de son chat à elle, Titi,  Zwartje (qu’elle emmenait à son travail tous les vendredis, que les malades connaissaient donc).
Faisait de la peinture en hobby. Des sortes de Hockney. Avait  pris des cours avec mon père. Habitait à Louvain, où nous avions récemment vu l’exposition Charles Burns.
M’entendais parfaitement avec elle, beaucoup plus drôle que mes parents.

Ai pensé qu’offrait moi-même à Jules les deux facettes. Jouissance tranquille et hors culpabilité, bête, et désir inquiet, épuisé de culpabilité.

Un peu comme dans double cabine. D’un côté grand luxe et seule avec mon fils, de l’autre famille nombreuse, dormant à même le sol pauvre. Janus du désir et de la  jouissance.

Récemment, dans les actualités, paquebot a coulé que son commandant avait abandonné.

Notes:
  1. ah oui, « cabine », presque comme « cabinet », cabinet d’analyste, puisque j’ai décidé de tenter cela, m’installer. []
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mercredi 1 février 2012 1h37

s’kat’pat

rêve 1er fév, night
dans le rêve, me réveille, interprète un texte crypté, lacanien : il faut faire une quadruple passe (4 passes comme 4 pattes, comme quadripode, comme 4×4), « réussir » 1  une quadruple passe, 2 premières, 2 suivantes (double double). l’une n’ayant rien à voir avec l’autre, chacune exploitant à sa façon quelque chose qui ne saurait être exploité d’aucune autre, l’une passe ne pouvant donc intégrer l’autre passe, chacune des passes étant indispensable. aucune ne venant compléter l’autre, chacune traitant de choses qu’aucun rapport ne peut lier, séparées donc. deux premières passes étant suivies, je crois, par deux autres. deux premières passes débutantes, 2 dernières passes concluantes…  afin comprends-je, dis-je, à l’école (ECF) de s’assurer que l’analyste puisse aussi bien y faire avec … qu’avec…. de l’analysant qui vient vers lui. s’agit-il d’un savoir y faire de l’analyste avec la jouissance, avec le désir ? je ne sais pas, ça y ressemble, un trop et un trop peu. rencontrer un trop et le faire passer au peigne, à la brosse d’un trop peu. me couche, dans le rêve, et rêve, rêve éveillé, pour m’endormir, que je l’ai fait, que j’ai fait ces 4 passes, que j’explique à l’école comment je les ai passées ces 4 passes. il y est question de la rencontre du style, et de l’apprentissage d’une sorte de polissage de ce style pour qu’il passe, ce que je prouve.
je me réveille pour de vrai en me répétant des prières en litanie pour faire barrage à quelque chose, à des phrases, des mots très désagréables, je cherche d’autres litanies, d’autres mots que ceux-là, me rends compte que ne dispose d’aucun texte que je connaisse par cœur, de cette façon. le rêve me revient, avec qq chose de l’ordre d’un « kat, kat, k » qui ne cesse de se répéter, que je ne cesse d’entendre, de faire tourner dans ma tête. je ne sais pas si je dois prendre un anxiolytique, je me lève pour écrire le rêve ici.

Notes:
  1. je mets les guillemets à « réussir » parce qu’hier géraldine m’expliquait comme … avait montré qu’une passe « ratée » était une passe réussie.  et au fond, ça résonne un peu avec la façon dont j’ai pu dire mon analyse ratée, et donc… « réussie ». enfin, dans ce cas-ci, c’est réussi (donc raté?) []
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lundi 1 octobre 2012 12h17

aléas et nécessités de la jouissance // jouissance, trop, peu, demi, double, Un, un par un, infinitisation, tortue

en faire peu, pour moi, en passe par en faire trop.
(le peu que je dois et le trop que je ne dois pas.)
(c’est une question de jouissance, et donc à respecter. une fois qu’on le sait, on en profite. )

//

pour y revenir : espace de la jouissance féminine et égrenage du un ( infinitude, achille et la tortue)

L’espace de la jouissance féminine dans Encore (Jacques Lacan). L’avancée, la progression de demi en demi, l ‘ infinitisation creusée dans l’ espace, l’ouvert (limité ? borné? Relire) entre deux entiers ( ?)/nombres naturels (?) , l’impossible passage alors à la limite, le saut exigé. La jouissance (phallique) de ce saut, du passage à la limite (et l’angoisse liée à ce saut) opposée à la jouissance non-teintée, elle, d’angoisse tant que ce saut n’est pas fait, et que l’on reste à l’intérieur de l’ouverture, dans l’espace du un par un, du demi en demi, dans cet infini.

[Ici recopier passage de Encore.]

Passage à la limite, saut : jouissance masculine, phallique–> angoisse (pour moi), impossible (pour moi)- métaphore (création d’un sens nouveau)

A l’intérieur de l’ouvert, simple répétition du Un (demi), « trop » – puisque destiné à n’aboutir jamais, ou sur/dans un terme suffisamment long que pour ne pas le sentir passer–> pas d’angoisse- métonymie (glissement) //
Affinités avec psychanalyse et jouissance dans monde contemporain

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lundi 5 novembre 2012 9h48

Ma mère veut se suicider

Lundi 5 novembre 2012

Bruxelles.

Rêvé que mère voulait se suicider.

Père rentrait à la maison, tard le soir, allait se coucher.  Mère vient alors me voir, voulait me donner moitié d’une certaine somme d’argent très importante qu’elle avait été retirer à la banque,  une fortune.  Je ne comprenais pas qu’elle me donne cet argent que je refuse, dont j’aurais pourtant bien eu besoin.  J’insiste pour savoir ce qui se passe, elle me dit les larmes aux yeux qu’elle voulait le faire avant que Jean-François ne revienne, qu’elle voulait se tuer.

Filiation maternelle

Avant ça, m’avait été apporté article d’une femme, d’aspect très bizarre, dont il y avait des photos à la fin de l’article, qui racontait comment la psychanalyse ou la lecture d’un article d’Éric Laurent avait changé sa vie.  Et comment elle allait dorénavant publier avec le nom de sa mère, psychanalyste, sans chercher à camoufler cette filiation.

Ma mère devient une amie, qui veut se suicider. Ce n’est donc plus à ma mère que je parle, mais à cette amie. Je lui dis : « Es-tu prête à…  faire un très gros travail, une très grosse dépense »… Je lui parle de la psychanalyse.  Je lui parle de mon expérience de la psychanalyse.  Je suis justement à ce moment là très sceptique sur la psychanalyse.  Dans un lettre, je viens d’ailleurs de parler de mes doutes à Miller.  Mais en même temps, j’hésite à lui proposer de la prendre moi, elle, en analyse.  Elle est interloquée.

Or je partais justement voir Miller.  Rue « d’Arras ».   Pour lui déposer une lettre.

Arrivées là, au pied d’une porte, une jeune fille voit un sac portant le nom de Miller qu’elle prend en main pour y trouver le numéro de sa rue.  Miller arrive justement les bras plein de livres.  Je lui dis qu’elle ne voulait pas voler le sac, mais trouver son numéro de rue, à cause de la lettre que je venais lui porter.  Il remplit le sac de livres et emporte beaucoup d’autres affaires (lampes, objets).  Il a l’air d’avoir des ennuis. Comme s’il s’en allait, quittait, cet endroit. Je l’aide à porter. Il me sourit.

N’arrive pas à lui parler pour lui dire: « Veux vous voir ne fût-ce qu’une seule fois pour discuter du suicide que veut faire cette jeune femme.« 

Le conduis à arrêt bus ou de tram, qu’il prend.  Là, finis par arriver à  obtenir un rendez-vous,  » lundi à 14h ». Le premier de sa journée vois-je dans son agenda.

Reviens vers la jeune fille,  lui dis.  Elle s’est commandé à manger maintenant.

vendredi 15 novembre 2013 13h26

Les points sur le U

Je m’étais couchée raisonnablement tôt, après une journée particulièrement banale –  j’avais dû regarder quelques épisodes de série ( la finale d’Enlightened), je n’avais pas eu envie de lire, cela je m’en souviens, et je m’apprêtais à m’endormir dans un sentiment inhabituel de satisfaction. Soudain, couchée sur le côté – c’est autre chose. Une sensation dont j’aurais probablement tout oublié si je n’avais rapidement jeté ces quelques notes le lendemain matin– des mots que la nuit-même je m’étais répétés, anxieuse de les retenir, même si je les notai ensuite un peu à contrecœur, consciente encore de tout ce qui s’y perdait  :

« Nuit
Corps sous couette, souffrance vide
corps & mots
Certain souvenir
Des mots
S’en viennent, s’en vont

— L’idée d’un livre, l’intituler « Trauma » et qu’il n’y soit jamais raconté. –

Trauma. Tréma. Umlaut.1
Trauma. Tréma. Umlaut.
Ces points sur le u que je restituai à mon nom au sortir de l’analyse.
Müller, l’ü en double i. »

Il y avait eu les Journées d’étude de l’ECF2 sur le trauma.  Je n’y étais pas allée mais j’en avais lu de nombreux textes préparatoires sur un blog publié par les directrices de ces Journées3. Je m’étais alors dit que je n’avais aucun souvenir de trauma, que je n’avais rien repéré comme tel au cours de mon analyse. Je ne manque pas bien sûr de mauvais souvenirs,  et c’est d’ailleurs l’un d’entre-eux qui m’était revenu cette nuit-là,  ses mots. Mais je ne leur ai jamais accordé de « valeur » traumatique. Ce sont de mauvais souvenirs. Point. Ils ne me semblent pas rattachés à grand chose de ce que je suis devenue — j’irais jusqu’à dire qu’ils ne me paraissent pas faire partie de mon histoire ( ou alors aux endroits qui s’arrêtent sur un gouffre, dont les chemins ne sont plus repris,  bords oubliés d’un monde sinon rond). A moins qu’ils n’appartiennent à l’histoire honteuse  ( ne pas raconter non pas à cause de l’indicible mais à cause de la honte). J’ai cherché à les oublier, cela oui, et ce n’est pas eux que j’ai oubliés, mais la souffrance qui se liait à eux. Ils sont vidés. Autant que l’était mon corps cette nuit-là. Lourd, recourbé en virgule sur rien, seul. Absolument, fondamentalement. Devenu seul et les mots, vides, sont juste là – satellites, mouches.  le corps est la souffrance et la souffrance est vide. C’est une impression unique qui vient ( subrepticement) en suite de ce travail de l’École de la Cause freudienne sur le traumatisme. En réponse inattendue.

Il n’y a pas, il n’existe pas, me dis-je, d’interprétation de ces mauvais souvenirs, de possibilité d’interprétation.  Je ne sais pas ce qu’ils m’ont fait. De son côté, mon corps, lui, a-t-il pu « arrêter une interprétation » ? Qu’il ait noué des liens spéciaux à certains mots de ces souvenirs, certains signifiants, sans m’inclure dans la partie, est possible. C’est bien ce que donne à penser ma transcription de cette nuit-là. La juxtaposition des mots et le corps, le vide de leur relation, la souffrance de ce lien en souffrance. Les mots étant la souffrance même, du corps seul, vides de sens,  en un endroit d’étrangeté.

C’était comme ça. Comme je le dis, là.

Il y aura eu une façon d’interprétation de mon corps, de la part de mon corps, de mon corps en cet endroit inédit de solitude ; mais rien qui aie pu, aurait dû être interprété par moi et rejoué dans un scénario fantasmatique quelconque, destiné à être répété. Plutôt s’agirait-il d’une inscription.

ü

De pür douleur, dont l’un des noms s’est donné, aperçu alors, dans l’Umlaut de mon nom, le tréma, les points sur le « u »…

Oui, c’est drôle, tout d’un coup j’ai vu ça, que dans tréma, il y avait trauma.

Au départ, il y avait un tréma sur le u de mon nom et sur celui des autres membres de ma famille. Or ce tréma, au gré des passages par les guichets de l’administration belge, s’est vu disparaître. Moi-même, ni d’ailleurs mes parents, je ne l’apposais pas à mon nom, puisque ce n’était pas français. C’était un petit en-trop.  Mais quand mon analyse s’est interrompue, brusquement interrompue et que je suis venue m’installer à Paris, j’ai voulu restituer ce tréma à mon nom, et je l’ai, à partir de là, retracé sur le « u ».  J’ai fait cela sans réfléchir,  je l’ai fait et je m’y suis tenue. Me séparant d’ailleurs sur ce point et avec plaisir du reste de ma famille, qui continue d’écrire ce nom sans ses points dus.

… que « le désir de l’analyste n’est pas un désir pur » et que « c’est un désir d’obtenir la différence absolue ». Il précise alors que la différence dont il s’agit est celle qui « intervient» quand le sujet, « confronté au signifiant primordial», « vient», pour la première fois, « en position de s’y assujettir». –Pierre Naveau, Désir de l’analyste

Donc, la proximité inhabituelle où j’étais de mon corps, d’une certaine vie de mon corps, non liée à ma conscience, mais à des signifiants vides de sens, sans pathos, me permettait de relever dans  le tréma de mon nom sa résonance avec le terme trauma ; pointait ce  « u», ce  « u » aussi de l’avoir « eu »,  du corps « eu ».  J’assistais à sa solitude, elle d’ordinaire inaperçue, et percevais les mots qui la hantent. Et même si mon corps est aujourd’hui couvert de mille petits points (mini tumeurs bénignes qu’une dermatologue patiente et blonde m’enlève à l’électricité depuis peu), en devint-il, au moment de ces événements, de cet éventuel trauma, pour autant plus sexuellement malade qu’il ne l’était déjà ? N’étais-je pas sans savoir déjà ce qu’il y avait à (ne pas) savoir du sexuel ? Non, non non, non.  Dénégation, pourquoi niai-je mon ignorance d’alors ?  Mais ce que je savais surtout ne pas savoir, qui couvrait tout le reste,  c’était la possible méchanceté des hommes. Ce que je ne savais pas. C’est. Je ne savais pas qu’il pouvait m’arriver des malheurs. Je me croyais protégée. De Dieu. Je pensais que mon innocence me protégeait. Je ne perdais pas mon innocence, mais elle rencontrait dans le monde des réponses auxquelles elle ne s’attendait pas. Et ces mauvaises réponses étaient sexuelles. Et ces mauvaises réponses furent recouvertes par la méchanceté – qu’il était à ma portée, alors, de connaître déjà. Que sus-je alors de plus? Que je n’étais pas la princesse charmante – et que me restait-il alors à être?  Que le monde résiste à la sainteté. Que le monde résiste à Dieu. Qu’un corps n’appelle pas que l’amour.  Cependant, je restai püre. Alors que le sexe se séparait de l’amour.

C’est quoi la pureté?

Dieu, le sexe, l’amour, Un.

Conviendrait-il aujourd’hui que je ramène à ces souvenirs leurs tristes affects? Même tristes, malencontreuses, horribles éventuellement, ces histoires racontées, le pathos qu’elles appellent, dont elles relèvent en surface, n’est pas ce qui compte.  C’est pourquoi je ne les ai jamais considérées comme des traumas, et que j’ai accepté que mon analyste ne les traitât pas comme tel.

 

*
*    *

 

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Notes:
  1. Umlaut (Wikipedia) : En phonétique, le processus d’ Umlaut (de l’allemand um-, « autour, transformation » + Laut, «son »), ou métaphonie (terme grec de même sens ; ne pas confondre avec le paronyme métatonie) ou encore inflexion, désigne le changement de timbre d’une voyelle à la suite de l’amuïssement d’une autre voyelle dans une syllabe suivante. La voyelle altérée garde pour ainsi dire une trace de la voyelle disparue en récupérant une de ses caractéristiques. C’est un type complexe de dilation. []
  2. l’École de la Cause freudienne []
  3. Mmes Marie-Hélène Brousse et Christiane Alberti, toutes deux psychanalystes et membres de l’ECF []
vendredi 23 mai 2014 12h31

l’oublié 2

Donc, c’est curieux.

Parce que c’était réel, parce que c’était peut-être sexuel, parce que ça m’aurait  donné du plaisir, je l’ai oublié.

Et parce que je l’ai oublié – la pose, le mouvement, le geste, la posture – , je ne peux plus rien faire, je n’ai plus de jugement, je suis obligée de me greffer à une autre (homosexuelle), je dois passer à l’arrière plan, je dois faire la doublure.

Après quoi?

Une psychanalyste raconte une fable (Christiane??) en passant par des loges (loges de coulisses? maçonniques?), des loges où elle se loge, qui ont chacune leur décor. La fable se termine sur moi et Laure Naveau.

J’avais lu un texte récemment de Laure Naveau (que je ne suis pa sarrivée à retrouver), où elle parlait de textes, de thèmes qui avaient également été importants pour moi (péché de la tristesse, Spinoza, Nietzche…) Je m’étais demander si ce n’était pas plutôt chez elle, comme analyste, que je devais aller?

Christiane Alberti? Comme Alberti? Qui écrivit Vies de peintres? Vies des meilleurs peintres… Ah non, ça n’est pas Alberti, c’est Vasari. Alberti, c’est la perspective. La vie d’Alberti est racontée dans le livre de Vasari.  Il a inventé la perspective géométrique et a  écrit un traité sur la peinture ( Della pittura).

Bon.

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vendredi 26 septembre 2014 12h56

ne me quitte pas mais

8h40, je ne vais sans doute pas tarder à me recoucher.

Rêve cette nuit.

Avec Roger (à la place de Frédéric) dans sous-sol rue Waelhem. Roger s’enferme dans pièce avant (qui ressemble aussi à cave rue Tiberghien) . Ne me quitte pas mais ne veut pas de moi tout le temps près de lui. Fait des choses, est très actif. Moi, j’attends dans pièce à côté. Lui, de temps en temps vient près de moi, puis retourne dans sa pièce. Sommes avec Francis, ami de JP, homosexuel, très joli garçon. Reste parfois près de moi, parfois près de Roger. Ma famille et Jules ne sont pas loin de moi, mais sont entre-eux, comme si je n’étais pas là. Sont comme assis sur une dune. Je regarde Jule, comme si je ne le connaissais pas, dans cette terrible séparation qui est la mienne quand je suis (très) en colère. Je ne comprends pas le comportement de Roger. C’est probablement ce qui me met en colère. Il n’a pas dit qu’on se quittait, mais. Je voudrais partir et le rendre jaloux. J’imagine partir et aller au cinéma. Qu’il ait le temps de s’inquiéter.

//

Ce que je ne comprends pas, c’est que cela m’apparaisse en rêve et en ce moment et comme si je ne le savais pas, comme pour me l’apprendre que la cause de ma grande colère, c’est la séparation, que la séparation me sépare. Mais quelle séparation, et pourquoi au sous-sol, et pourquoi avec Roger, et pourquoi ce souvenir de la cave de la rue Tiberghien. Que la séparation me précipite dans un détachement mortifère, létal. Où tout paraît juste. Où les sentiments sont ce qu’il sont, sans atours, sans apprêts.  Où tout paraît si juste, que c’est d’une force implacable : je – ne tiens – à rien.  Comme si le rêve me racontait cette histoire-là, inconsciente, me faisait la leçon. Comme si donc, c’était ce qui se rejouait en ce moment.

//

Je trouve des bottes qui étaient à Annick et qui sont à moi maintenant. Je les mets. Ce sont des cuissardes. Je les fais remonter jusqu’aux genoux puis les rabaisse. Je marche devant Roger.

//

Et pourquoi ces bottes d’Annick, Annick dont j’ai pensé (un jour, à la lecture d’un séminaire de lacan, de pages sur la névrose idéale obsessionnelle) que c’était elle, mon idéal, mon idéal, inatteignable.  Ces bottes qu’elle a et que je n’aurai jamais. De même que je ne trouverai pas, jamais, chaussure à mon pied. Mais pourquoi des cuissardes ?  Rien ne pourra jamais détrôner Annick de cette place. Et, je serai toujours toujours celle qui ne sera pas ça. Je ne vois pas d’autre possibilité de me définir qu’en non-ça. En non-elle. Secrètement au monde non-elle. Je suis non-Annick. Annick a une définition, je n’ai que celle de son négatif.  Et j’ai la chance qu’elle soit mon amie. Je suis en complète humilité par rapport à ça. Et je sais qu’elle l’a parfois ressenti, que ça l’a parfois agacée.

//

Quelque chose me dit que Roger ne me quitte pas, mais je n’arrive pas à accepter les distances, la liberté qu’il prend.

/;/’*

Me fait penser au fait qu’hier cuiller suis allée à premiers tests d’inscription à un cours de secrétariat qui, si je les réussissais, auraient pour conséquence que je ne pourrai plus aller chercher Jules à l’école et que je ne pourrai plus l’aider à faire ses devoirs. Je ne pourrai plus non plus le conduire à l’école le matin.

Je m’inquiétais donc. De la distance que je prenais.
Me demandais si c’était bien. Si je ne l’abandonnais pas. Trouvais que ce n’était pas bien. Mais pourquoi la présence de Francis (ami homosexuel), dans le rêve. Poser la question c’est y répondre. Ne plus vivre cet amour de double, d’homosexuel. (pourtant, il m’est arrivé de penser que ma colère, était ce qu’il y avait de plus juste, chez moi (quand bien même)).

Mais en fait, je ne saurai jamais si c’est bien ou pas, pour Jules, puisque je ne serai plus là. C’est une séparation. Et tout ce qu’ elle comporte de perte.

Éventuellement ça dirait : tu vois ça comme une séparation. C’en est une. Mais, ça n’est pas la fin de l’amour. C’est pour que chacun puisse faire ce qu’il a à faire. / mais si il n’y arrivait pas, pas sans moi, et comment puis-je faire pour être sûre de ne pas l’empêcher d’y arriver, sans moi. Comment lui dire tu peux le faire sans moi, et l’accepter.

//ň

Aussi, Jules hier exprimait le sentiment d’avoir trop à faire, alors que ce n’était sans doute pas trop. J’en étais étonnée. Il était profondément dégoûté d’avoir autant de devoirs. Alors qu’il n’y en avait pas beaucoup. C’est ce que je ressens moi aussi, souvent. Ce trop. Alors que je n’ai sans doute probablement pas trop à faire, j’éprouve le sentiment épuisant d’avoir beaucoup infiniment trop à faire. Et ce trop n’ est sans doute jamais que l’opposé de rien. Plus que rien = trop. > rien = trop. Autre que rien = trop. Et autre que rien = voulu par l’Autre. Et rien = voulu par soi. Mais pourquoi un tel besoin de vacance, d’absence. De rien à faire. Un besoin hors du commun.

Et rien = voulu par soi ou = non-voulu par l’Autre. L’insupportable de la demande de l’Autre.

//

Pourquoi est-ce qu’il faut maintenant que je me recouche ? Alors que je ferais mieux de me lever, laver.

Bon, tant pis. Je peux me l’accorder. Mais pourquoi me sens-je si vite débordée ?

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