in the morning

// 2 mai 2006, 8 heures 22

/ j’aurai commencé la journée avec des harengs sauce moutarde de chez Ikéa / j’aurai également commencé la journée avec une douche prise / j’aurai commencé la journée comme une vraie travailleuse — aujourd’hui, c’est 5 heures que je dois faire. j’ai dimanche fait mon planning du mois, c’est presque enthousiasmant : si ça marchait / je n’ai pas casé, nulle part, l’écriture. travail, uniquement travail, 5 heures par jour, week-end non-compris.

hier encore une fois, j’ai regardé la télévision. qu’on veuille tenir cet aveu pour un mea culpa. il y a eu alexandre le bienheureux, dont j’avais gardé un souvenir d’enfance assez joyeux, qui a été déçu – légèrement.  on voit quelques minutes du film et du haut de toute son expérience, on sait à quoi on a affaire, on n’est pas libre de continuer à regarder ou pas ;  en ce qui me concerne : contrainte je suis de continuer à regarder des conneries. surtout des conneries. ensuite, un film de mocky, avec bourvil, un drôle de paroissien, c’est ça? je ne sais plus.

maintenant, je dois travailler. (en vérité, je n’ai que 4 heures à faire, parce que hier, j’en ai fait 6, 6h 14, plus précisément).

symptôme et sinthome // désir et jouissance

je suis payée pour lire :

« Cette différence, propre à Lacan, du symptôme et du sinthome, nous montre bien pourquoi nous avons aussi besoin de deux termes comme ceux de désir et de pulsion. Le désir a ses intermittences tandis que la pulsion a sa constance. Il y a du côté du désir tout un jeu de masques et il est incessamment travaillé par une négativité interne, si je puis m’exprimer ainsi, alors que, du côté de la pulsion, nous avons une positivité plus ou moins grande.

Du côté symptôme et vérité, tout repose sur le manque. Du côté sinthome et jouissance, il n’y a pas de manque.

Du côté du symptôme, c’est la répétition de la rencontre manquée, une répétition de l’évitement, tandis que du côté du sinthome, c’est la répétition de ce qui soutient le sujet dans l’être, et pourquoi tout lui est bon. Ce n’est qu’en termes économiques qu’on pourra ici parler de plus et de moins. »

Conclusion des Leçons du sinthome, Journées ECF 2005, Jacques-Alain Miller

symptôme
désir
négativité interne
manque

sinthome
pulsion
positivité
pas de manque

ça m’suffit

/ hello hello / ( je travaille beaucoup plus que 5 heures par jour/ après, je m’écroule /)

(du coup, le besoin la tentation du tout écrire, coucher sur ne se fait plus sentir

( je pourrais presque dire / je dirais / de ce que je fais : ça m’suffit / rester dans la bribe : au moins ça : la bribe. la bribe et le vent. / ou garder le cap sur la prairie. la pairie. probablement, vaudrait-il la peine que je re-jette des_coups_d’œil_en_arrière. me relise.

or ça, il faut que j’ajoute également : mon corps.
¦
¦
¦
¦
¦
il y a eu ce moment où je n’ai plus voulu pour lui – où ça s’est insinué en moi –  qu’il passe des heures devant un écran. et je cherche en ce moment, le moyen, ma façon, qui me permette de travailler autrement.
¦
¦
¦
¦
¦
je parle de ce travail que je fais « pour moi » – les trucs que j’essaie ici, en écrivant. je voudrais / chercherais / qu’il se construise ailleurs que dans du virtuel – c’est peut-être juste une question d’état d’esprit, à modifier. oui, c’est important, ça, ce refus qui s’est fait, en moi. comme si l’écran n’y suffisait pas. non pas comme si : parce que l’écran ne me suffit plus. (d’où, ce que j’y fais en ce moment : le minimum, me suffit).

l’infinie perturbation

peur d’être trop inconsciente vraiment trop inconsciente et alors quoi il n’y aurait pas moyen d’en savoir plus / ils aiment et ils ne savent pas qu’ils aiment ils détestent et ils ne savent pas qu’ils détestent ils désirent et ils ne savent pas qu’ils désirent ils jouissent et ils ne savent pas qu’ils jouissent.

croyez que je n’y crois plus, à ce que je fais, ici. ce blog. (ça ne me fait plusvibrer).

dans mes liens, j’ai rajouté un lien sur jiveziplak, parce qu’elle
c’est elle, ce site, qui m’avait fait reprendre un blog.

avant ça, l’autre qui m’avait fait rêver d’en prendre un, quelle perturbation, à ce moment-là, ç’avait été, comment s’appelle-t-elle déjà, virginie despentes. virgine despentes, écrivain, avait ouvert un blog. je m’attendais à ce qu’elle y parle de ce qui m’avait dérangée dans ses écrits. à cette époque-là, j’étais très sensible à ce que les femmes écrivaient pouvaient écrire de leur sexualité. à ce moment-là, ça me dérangeait terriblement, dans ma propre vie amoureuse, cette idée de n’être pas comme elles. j’aurais voulu  chercher tracer pointer ce qui d’elle_à elle_à elle aurait pu faire lien, j’aurais voulu qu’elles, qu’elles toutes m’en disent plus, et que je m’y retrouve. ne pas m’y retrouver alors que je croyais en ce qu’elles disaient, c’était l’infinie perturbation. je me souviens d’une image qu’elle avait publié sur son blog, v. despentes, qui est venue m’encombrer au moment des gestes les plus. ensuite, à force d’être perturbée,
le temps, l’écriture, les cris, les pleurs, les angoisses, les explications, l’analyse,
j’aurai compris que la norme qu’il m’aurait plu d’établir, la norme de la sexualité féminine, il n’y en n’avait pas. compris, renoncé. bah bah bah. (malgré que toujours je n’aime pas déteste continue de détester la pornographie, et probablement qu’au travers de cette détestation je continue d’aimer à ce que je crois, continue de croire, de la sexualité féminine. à cette époque, j’étais très grands chevaux sur ces choses, très bataille, guerroyère, avec la tête secouée et la main portée à la bouche puis sur le coeur.)

il y avait eu un grand croire à la jouissance féminine. eh bien, la jouissance féminine n’est pas ce qu’on croit.

( )

parfois, j’oublie, que j’ai un enfant

Publié le
Catégorisé comme rapides

Événement Lacan (1) – 2 rêves : les analystes blancs, le bouillon de jules

Dimanche, 7 mai 2006, 8h17

Trop de rêves ces jours-ci, alors que ce sera mercredi peut-être ma dernière séance, et cette nuit, quel cauchemar, au point que je ne sache si je peux le raconter ici.

L’événement Lacan

Le rêve : J’arrive quelque part pour un événement autour de Lacan, grand événement. Salle. Attente. Spectateurs, attendent. Je suis dans le fond de la salle, du côté des grandes portes en bois, blanches à moulure dorées. Je remarque que les premiers rangs sont occupés par des chemises blanches. Certaines pas si blanches que d’autres, mais blanches quand même. Je trouve ça un peu ridicule, étrange, qu’ils soient tous comme ça en uniforme, les psychanalystes. Je pense que je distingue mon propre ex-analyste, chemise blanche. Et puis aussi, comment s’appelait-il, ah oui, JC, Jean Claude, chemise blanche.

Peu de monde. Trouve facilement à m’asseoir, mais décidément, il est trop tôt. Me relève, vais faire un tour. Le monde commence à affluer. On me pique ma place (!) Je me dis qu’il faut que je m’en retrouve une. J’en repère une entre deux psychanalystes. J’hésite un peu, j’y vais. Celui à ma gauche tient un bébé dans les bras, très petit. 4 mois, me dit-il quand je l’interroge. Je lui dis « Ah ! 4 mois, c’est drôle, à ce moment-là, le temps paraît infini, on ne sait pas du tout ce qu’il y a devant, dans quoi on est« . Je dis ça en pensant à Jules, aux sentiments que j’éprouvais quand il est arrivé, au début, y a pas si longtemps et dont je me rends compte que je n’arrive plus à dire grand chose. C’était relativement dur, par certains côtés, et oui, j’aurais bien aimé qu’on me dise combien de temps ça allait durer, comme ça. Ces trucs si compliqués avec le sein à donner – le lait qui venait, se tarissait – , plus tard tout le travail avec les biberons. La proximité constante dans laquelle il fallait rester avec lui, qui ne dormait jamais le jour, dont le trop petit poids alarmait les soignants. Vraiment, à ce moment-là, on ne sait pas dans quoi on est. M’aurait-on dit, ça va se clarifier à partir du neuvième, dixième mois, j’en aurais été rassurée. Lui, le psychanalyste, me répond de façon très antipathique. Genre « Ah oui. » Genre, je n’en ai rien à foutre. Ça m’est insupportable, je me lève, m’en vais. Ça n’a toujours pas commencé. Découvre ce qui retarde. Dans la salle, sur la droite, espace s’agrandit, devient énorme, quelque chose n’a pas été démonté, je crois. C’est la foire, en fait, on est dans quelque chose de l’ordre de la foire commerciale.

Au réveil, je me dis qu’est-ce que c’est que ce rêve. Je pense que je dois le noter, l’analyser. Puisqu’il a été question, lors de mon dernier rendez-vous que le prochain pourrait être le dernier. Je me dis, alors c’est comme ça que je les vois/voyais les psychanalystes. C’est l’uniforme surtout, les chemises blanches, l’identification, à Lacan, qui me frappe. Ou est-ce que j’en suis par rapport à ça ? Et puis, la foire, le commerce, ça m’est très étranger, me semble-t-il, cette éventuelle façon de voir le monde analytique, le monde des écoles analytiques.

Jules ébouillanté

Voilà, entre-temps j’ai oublié le cauchemar de cette nuit. Je crois que Jules est plongé, vivant, dans une casserole d’un liquide bouillant. Comme c’est trop atroce, « ça » essaye de faire croire qu’il ne s’agit pas de Jules, mais d’un légume. Or, le légume crie. S’agit-il d’un fagot de haricots? Je dis, mais il crie. Oui, oui, il crie, me répond son père. Ses peaux tombent, des feuilles se détachent, s’envolent. J’étais là avec son père, et c’était nous qui le faisions. Et c’était trop tard, pour revenir en arrière.

Pour resituer ce texte dans son contexte : Retrouver les articles du mois de mai 2006.

Evénement Lacan (2) – l’événement là-camp
— (et le rêve du Sang N)

Je reviens aux rêves de L’événement Lacan.

Je veux noter maintenant tout ce qui me vient à l’esprit à propos de ces rêves.

Dans le premier rêve, il s’agit donc d’un « Événement Lacan », d’une réunion, d’une conférence, d’une table ronde autour de « L’événement Lacan. » Dans le second rêve, il s’agit d’un enfant ébouillanté.

D’abord, je ne peux m’empêcher de penser que  l’arrivée d’un enfant, auquel le premier rêve se réfère également, avec le bébé de 4 mois dans l’assemblée,  constitue un événement autrement plus événementiel que n’importe quel « Evénement Lacan ».

A la naissance de Jules, j’avais dit ça, que la naissance, le moment de la naissance, quand il est sorti de moi, avait constitué le plus gros événement que mon corps ait connu. Le plus important événement de corps.

Après, je m’étais trouvée embêtée d’avoir dit ça, repensant à la définition du symptôme par Lacan comme « d’un événement de corps ».

Dans le rêve de « L’événement Lacan », il y a les éléments blancs. Les chemises blanches des analystes aux premiers rangs et les grandes portes blanches. On peut y voir d’une part les chemises de l’identification, les chemises du signifiant ;  d’autre part, la porte, est par excellence « représentante » du signifiant, d’un dedans et d’un dehors, d’une ouverture et d’une fermeture, d’une entrée, d’une sortie, elle clôt une entité, la détermine. Avec les chemises blanches, je vois aussi les chemises de l’identification de masse aussi (ex: les chemises brunes), les chemises de guerre.

Avec l’événement naissance  – on se trouve dans quelque chose à quoi ne convient, auquel n’accoler aucune chemise blanche aucun uniforme, ni uniforme ni porte – c’est hors identification, hors signifiant (sauf qu’il doit certainement être là pour soutenir, sinon, ça serait insupportable).

l’événement naissance, si c’est une entrée, si c’est un avènement, c’est l’avènement d’avant la chemise, ça vous arrive, c’est sans comparaison, et ça arrive au corps, au corps d’abord.

Quand les chemises et les portes sont blanches du sang blanc, du semblant.

 

Dans le rêve de Jules ébouillanté, il est question d’un fagot. De Jules en fagot, passé à l’eau bouillante :

« Jules est plongé, vivant, dans une casserole d’un liquide bouillant. Comme c’est trop atroce, « ça » essaye de faire croire qu’il ne s’agit pas de Jules, mais d’un légume. Or, le légume crie. S’agit-il d’un fagot de haricots? « 

La dernière fois que j’ai rêvé d’un « fagot », c’était il y a longtemps. Mon père était toujours vivant, je le lui avais raconté. C’était au moment des dits événements de Timisoara, en 1989, des charniers qui auraient été découverts à Timisoara.

« Timisoara libéré découvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhumés, terreux et mutilés, prix insupportable de son insurrection. »

Plus tard, on découvrira  que ça avait été des inventions de journalistes. Sur le moment même, j’avais été particulièrement impressionnée.

Avec ça, « Timisiora », on tient l’un des « souvenirs latents » du rêve. En effet, vendredi, M est passée ici, à Paris, a logé chez nous. M est roumaine, nous a parlé de la Roumanie. Ça, s’était donc avant-hier.

Ensuite, hier, allongée, fatiguée, je lis le magazine PATATE. Dont la couverture rose, avec son enfant qui porte un uniforme des camps dits de la mort, m’impressionne, me poursuit en pensée-image, me revient en pensée-image, tout au long de ma lecture.

Vers la fin du magazine, il y a deux trois pages qui m’enthousiasment, des photos des murs couverts d’images de l’appartement de Pascal Doury.  Je ne pense pas grand chose : « Papier peint« . Papier peint, l’image de la couverture, les couleurs, et puis ce sentiment d’un possible.

Dans le magazine, il y a aussi, tellement étrange, poignant, le journal tenu d’un vieil homme de ce qu’il a mangé ou pas, ses argents, toilettes, par une/les aide(s)-soignante(s), et sa/ses enfant(s).

Bon, je repars sur le « fagot« , le fagot de haricots.  Je ne me souviens plus exactement du rêve autrefois fait au moment des événements de Timisoara.

Je lance une recherche sur mon ordinateur pour retrouver le texte du rêve. Mais je ne suis pas sûre que le terme était bien « fagot ».  Je repars à partir de « fascisme ». « Fascisme », le terme, ça vient de où, encore?

Pour  « fascisme », je trouve :

Emprunté de l’italien fascismo, de même sens, dérivé de fascio, « faisceau », du latin fascis, «fagot, faisceau ».

et puis aussi:

pompéi, villa des mystères, l’initiation au culte de Dionysos

Le mot fascisme vient des groupes appelés fasci (faisceaux) qui eux mêmes désignaient les faisceaux des licteurs dans l’ancienne Rome. Ces insignes étaient formés de baguettes autour d’une hache.

et encore:

« Fascisme » vient de l’italien fascio « faisceau de licteurs romains ». Les licteurs romains dans l’Antiquité étaient des officiers publics qui marchaient devant les grands magistrats en portant une hache placée dans un faisceau de verges

enfin :

« Le fascisme dans son sens et sa racine se rapproche de la fascination. Le «fascies», le faisceau, était le symbole de la république romaine. Paquet de verges de bouleaux nouées ensemble il symbolise bien cet effet de rassemblement sans faille de la masse que le totalitarisme recherche. Plus d’espace entre le moi et l’autre. Dans une totale aliénation à l’autre, le poids de l’inconscient et de son inhérente culpabilité s’allège. Dans un lien inaltérable à l’Autre, celui qui pourrait infailliblement dicter ce qu’il faut désirer, le fasciste évite le doute, la faille, le manque dans l’Autre. Le fascisme comme projet politique prétend répondre à la diffcile question de la séparation des sexes, de leur rôle. » ( source : http://www.association-freudienne.be/pdf/bulletins/27-BF25-26.06.DE_BROUWER.pdf )
 

A me laisser dériver du fagot de haricots au faisceau de verges et au fascisme, je retombe curieusement sur ce qui se dénonçait d’effet identificatoire, et de fascination, avec les chemises blanches du premier rêve.

Que dit le deuxième rêve? Quelque chose de l’effroi à lié à la naissance, sans que j’arrive à en dire beaucoup plus. Lié à la naissance, à la mise en fagot.

Voici le rêve, « le rêve du sang N« , et un extrait des notes sur ce rêve de 1989 où il était déjà question de « fagot » :

On m’injecte du sang N. On me vide de mon sang et on me transfuse du sang N. Quand je suis pleine de sang N, je suis toute de N, je vais sur la terrasse, c’est la nuit, tout est N. Je suis aussi N que la nuit, puisque je suis aussi N que la nuit, je passe la balustrade, je vais me coucher dans le N. Mais je tombe. Je suis morte.

Après ma mort, on découvre un scandale, un scandale comme la découverte d’un charnier. Je vois, l’on découvre, dessus les armoires dont je m’amusais à sauter quand j’étais petite, des fagots, des liasses liées de chambres à air vides, mortes – ce sont des restes de N.« 

Pendant tout le rêve, je sais que le N est là pour Noir. C’est du sang Noir qu’on m’injecte; et les fagots de chambres à air, ce sont des restes de noirs, tués, génocidés.

Le sang noir opposé au sang blanc. Je le sais. Quelques jours auparavant, cette conversation. « Black and White » lui avais-je dit, à quoi il avait doucement souri. Et la veille, la nuit, Blanchot, L’ami qui ne m’accompagnait pas, endormie possédée par cet « ami qui ne m’accompagnait pas ».

Le sang noir opposé au semblant, je le sais. Il s’emplit le corps du chiffre de la jouissance, je meurs, si je le laisse, si je me laisse inonder, alors, je meurs, sang N dans le sang N. Il faut choisir. Il faut accepter le sang blanc. Ne pas mourir N.

Est-ce qu’il ne s’agit pas de l’effroi face au sang blanc. Le sang blanc des chemises blanches, des portes blanches avec leur cadre doré, imaginaire, par où cependant la sortie peut se prendre. Et le sang noir : sacrifié.

Comment le dire, sinon que vivre, rentrer dans la vie, c’est un peu rentrer dans le camp de la mort. Que naître c’est d’abord cet événement extraordinaire qui vous arrive au corps et ensuite, c’est cette prise dans le faisceau des identifications.

Durant ses derniers mois, mon père, entre deux comas, entre la vie et la mort, pensait que nous étions juifs, que nous étions tous juifs dans la famille.

Ces rêves me ramènent à ça, à ce  « tous juifs ».

Le paradoxe. Ce qui essaie de se penser dans ce « tous juifs », c’est à la fois la lachose, le reste, le déchet, cela qui ne rentre pas dans l’ordre du signifiant, le réel. Ce à quoi les nazis ont essayé de ramener les juifs. Les bouter hors du signifiant. Qu’ils n’aient jamais existé. Mais, enfin, cette chose, ce reste, lequel d’entre-nous n’en n’est ? Et que dans l’inconscient ce qui du corps pâtit du signifiant s’y identifie, à ces victimes-là, des camps de concentration ? Que le drame du « parlêtre »  trouve son conte là ? Et que l’on retrouve dans le faisceau du fascisme, le fagot des haricots, la concentration des camps.

l’événement naissance, l’événement là-camp.

suffit.

 

rêve, le cargo demi-tour

10h20

il y a urgence, il y a mercredi, bientôt, la séance. peu de souvenirs, pas un cauchemar en tous cas. un truc affairé, ce que j’en écris déjà ré-inventé:

immense bateau immense peut-être cargo
il avance, il doit faire demi-tour (il le doit vraiment, c’est probablement une question de vie ou de mort, une question cruciale)
il fait demi-tour une première fois, manœuvres gigantesques
en fait, état de guerre, désordre total, insurrections, je ne trouve pas le mot. guerre n’est pas le mot. guerre civile, guerilla, guérilla urbaine. feux, saccages, rues,
demi-tour avorté, repart sur route première
des jeunes, comment est-ce qu’on les a appelés, pendant les « événements récents en france », canaille? racaille? non, je ne sais plus. canaille, c’est une terme pour moi devenu lacanien, qui ne peut pas du tout désigner ces personnes. enfin, eux dont j’oublie le mot qui les a désignés, essaient de me fourguer, vendre, sommes dans salle de machine
– avez-vous vu récemment à la télévision le film, c’est ça, un bateau coulait, nombreuses personnes enfermées, allaient essayer de s’en sortir, circulaient dans le bateau, rencontraient partout où ils allaient mort et désolation, le bateau était renversé -,
les jeunes donc essaient de me vendre des fringues de magasins qu’ils en ont profité pour pille. je leur réponds vêtement par vêtement, très calmement, décide de prendre leurs offres au sérieux, fais comme si aurais pu être intéressé,e si ça m’avait convenu et rejette un à un tous les vêtements. à la fin, leur explique, à ceux qui sont restés avec moi, le dramatique de la situation, mais, je ne me souviens plus de quoi il s’agit, de quelque chose de vraiment grave, qu’ils ne savaient pas. s’en vont, savent. je remonte. tout est désert.
le bateau fait demi-tour, demi-tour immense, manœuvre immense. je suis furieuse. folle furieuse. seule et folle furieuse. je ne sais pas qui comment quoi a décidé de ça, comment ça s’est fait. je veux arrêter ça. ce n’est pas du tout que je sois contre le demi-tour, mais pas de cette façon. pas que ça se fasse et que ça soit décidé par d’obscurs dirigeants que je décide de débusquer. je devine où ils se cachent probablement. ils sont dans les machines, et les machines sont disposées en profondeur, cachées, en demi-cercle autour de moi. je suis au centre d’une immense plate-forme ronde, déserte, au bord de laquelle, dans un demi-cercle, accrochés au bord, dans des cabines (blanches et bleues), sont  cachés « les maîtres » (c’est-à-dire ceux qui ont ordonnés en secret, secrètement, sans en rien dire à personne), que je dois débusquer.

l’image en fait c’est celle de « l’agrafe du nom-du-père » ou bien plutôt « l’agrafe du sinthome » (ce truc greffé, qui fait tenir les bords ensemble).

voilà, c’est tout.

 

12h08

bon, je n’ai pas encore trouvé sur internet d’image de l’agrafe par le sinthome
mais:

L’œuvre (de Joyce) avait-elle besoin d’être publiée ? Pas nécessairement. Le sinthome oui, le nécessitait. Que Joyce ait voulu sa publication, c’est une question qui a pu rendre perplexe Lacan. Dès lors, elle est une agrafe (elle fait le quatrième) qui épingle le symptôme comme social, lui laissant enfin une entrée. C’est ce que Joyce appelle son tour de farce. Son dire magistral est plutôt pour Lacan tour d’écrou qui libère et serre en ses tours la réserve, montrant ainsi qu’un nouage est possible sans père, à cette condition bien sûr de s’en être chargé. A la force du dénouage et renouage, le sinthome (écrivons-le de sa dernière écriture), élève la condition d’artiste à ce paradigme: se faire fils nécessaire.

« LOM du XXI siècle », Marie-Hélène Roch

et de marie-hélène roch, encore :

L’intérêt maintenant est d’examiner ce qui lui a permis de rabouter en place de cette fêlure, de réduire et tasser le glissement de l’imaginaire, c’est-a-dire du rapport au corps. Il n’est pas Joyce qui, lui, produit une écriture comme sinthome pour réparer le détachement de l’ego, mais il pourra prendre congé du lien à l’analyste sans que cela se dénoue pour autant, avec une agrafe (pur produit de l’analyse).

Du fait même qu’il m’en propose le plastron, parmi les autres, au cours de sa dérive, et que je m’en saisisse rapidement, le lui désignant comme un enjeu, il va se dire et se faire maverick. Ce mot anglais désigne, au sens propre, un animal non marqué au fer, c’est-a-dire détaché du troupeau, comme pourrait l’être un veau ou un cheval ; au sens figuré, il signifie anticonformiste. Maverick, c’est l’homme libre. Ce plastron est un peu plus souple que les autres, et présente l’avantage (je l’apprendrai dans le recueil de ses effets) de rassembler une série métonymique et de nommer sa jouissance avec un mot de la langue anglaise (langue de la branche paternelle de sa famille). Il marque sa position de sujet libre. Il va même s’en tatouer. Une façon, dira-t-il, de tatouer la mort et de trouver le mors, le frein dans la langue. Il s’en fait un blason sur une chevalière qu’il porte au doigt, de sorte que lorsqu’il la tourne d’un certain côté, c’est le signe pour les jeunes femmes qu’il est à prendre (il est ainsi chevalier de la dame) ; retournée de l’autre côté, principe de mesure, cela signifie qu’il est déjà pris. Ce blason dont il invente lui-même le dessin, fait contrepoids entre un père déclassé et une famille maternelle d’origine noble. C’est un S1 qui agrafe réel et symbolique, liant l’imaginaire. C’est un capiton dans le texte de lalangue. Il va se dire, se faire maverick, et il ne sera plus fou.

A partir de ce nom qui fixe sa jouissance et sa position de sujet libre, il va pouvoir rassembler les faits de son histoire, sa dispersion ; ce nouveau nom va borner l’instabilité du signifiant. Il va se maintenir dans un lien social, non plus en chassant les reflets, mais en devenant surveillant dans un lycée privé. Ce nouveau nom a l’avantage de l’inclure tout en le laissant libre puisque c’est son choix insondable. Il lui permet de désamorcer la pulsion de mort, la jouissance qui insiste jusque dans son patronyme (il est composé de deux syllabes paradoxales, l’une évoquant la mort, l’autre (anglaise), la fuite, la liberté) qui restera toujours son nom social, mais débarrassé du réel de l’impératif. Avec maverick, il trouve le jeu de pouvoir continuer à être cheval sans identification rigide, sans licou puisque c’est le sujet libre, mais il n’est plus sans mors, sans principe d’arrêt. D’un sans marque, il a fait sa marque. C’est pourquoi je dis que maverick est une invention, un pur produit de l’analyse qui l’a amène à se passer du lien a l’analyste, au bout de sept ans d’efforts.

Se briser à la pratique des nœuds, Marie-Hélène Roch

maintenant, chercher l’image.

14h37

en voilà une d’image  – dans mon rêve, les « dirigeants », ceux à l’a-ttaque/ssaut – desquels je vais partir, ceux qui sont à l’origine du mouvement de retour, mais qu’ils ont lancé de façon absolument anti-démocratique, à tout le moins sans s’en être concertés avec moi, sont dissimulés dans les cabines (bleues et blanches) du sinthome.

rêve, le cargo demi-tour (2)

12h08

bon, je n’ai pas encore trouvé sur internet d’image de l’agrafe par le sinthome
mais:

L’œuvre (de Joyce) avait-elle besoin d’être publiée ? Pas nécessairement. Le sinthome oui, le nécessitait. Que Joyce ait voulu sa publication, c’est une question qui a pu rendre perplexe Lacan. Dès lors, elle est une agrafe (elle fait le quatrième) qui épingle le symptôme comme social, lui laissant enfin une entrée. C’est ce que Joyce appelle son tour de farce. Son dire magistral est plutôt pour Lacan tour d’écrou qui libère et serre en ses tours la réserve, montrant ainsi qu’un nouage est possible sans père, à cette condition bien sûr de s’en être chargé. A la force du dénouage et renouage, le sinthome (écrivons-le de sa dernière écriture), élève la condition d’artiste à ce paradigme: se faire fils nécessaire.

« LOM du XXI siècle », Marie-Hélène Roch

et de marie-hélène roch, encore :

L’intérêt maintenant est d’examiner ce qui lui a permis de rabouter en place de cette fêlure, de réduire et tasser le glissement de l’imaginaire, c’est-a-dire du rapport au corps. Il n’est pas Joyce qui, lui, produit une écriture comme sinthome pour réparer le détachement de l’ego, mais il pourra prendre congé du lien à l’analyste sans que cela se dénoue pour autant, avec une agrafe (pur produit de l’analyse).

Du fait même qu’il m’en propose le plastron, parmi les autres, au cours de sa dérive, et que je m’en saisisse rapidement, le lui désignant comme un enjeu, il va se dire et se faire maverick. Ce mot anglais désigne, au sens propre, un animal non marqué au fer, c’est-a-dire détaché du troupeau, comme pourrait l’être un veau ou un cheval ; au sens figuré, il signifie anticonformiste. Maverick, c’est l’homme libre. Ce plastron est un peu plus souple que les autres, et présente l’avantage (je l’apprendrai dans le recueil de ses effets) de rassembler une série métonymique et de nommer sa jouissance avec un mot de la langue anglaise (langue de la branche paternelle de sa famille). Il marque sa position de sujet libre. Il va même s’en tatouer. Une façon, dira-t-il, de tatouer la mort et de trouver le mors, le frein dans la langue. Il s’en fait un blason sur une chevalière qu’il porte au doigt, de sorte que lorsqu’il la tourne d’un certain côté, c’est le signe pour les jeunes femmes qu’il est à prendre (il est ainsi chevalier de la dame) ; retournée de l’autre côté, principe de mesure, cela signifie qu’il est déjà pris. Ce blason dont il invente lui-même le dessin, fait contrepoids entre un père déclassé et une famille maternelle d’origine noble. C’est un S1 qui agrafe réel et symbolique, liant l’imaginaire. C’est un capiton dans le texte de lalangue. Il va se dire, se faire maverick, et il ne sera plus fou.

A partir de ce nom qui fixe sa jouissance et sa position de sujet libre, il va pouvoir rassembler les faits de son histoire, sa dispersion ; ce nouveau nom va borner l’instabilité du signifiant. Il va se maintenir dans un lien social, non plus en chassant les reflets, mais en devenant surveillant dans un lycée privé. Ce nouveau nom a l’avantage de l’inclure tout en le laissant libre puisque c’est son choix insondable. Il lui permet de désamorcer la pulsion de mort, la jouissance qui insiste jusque dans son patronyme (il est composé de deux syllabes paradoxales, l’une évoquant la mort, l’autre (anglaise), la fuite, la liberté) qui restera toujours son nom social, mais débarrassé du réel de l’impératif. Avec maverick, il trouve le jeu de pouvoir continuer à être cheval sans identification rigide, sans licou puisque c’est le sujet libre, mais il n’est plus sans mors, sans principe d’arrêt. D’un sans marque, il a fait sa marque. C’est pourquoi je dis que maverick est une invention, un pur produit de l’analyse qui l’a amène à se passer du lien a l’analyste, au bout de sept ans d’efforts.

Se briser à la pratique des nœuds, Marie-Hélène Roch

maintenant, chercher l’image.

vous voilà de retour

chevalier
monte avec le petit, je m’occupe des courses, j’ai mangé des épinards
oh mon amour

rêve, le cargo demi-tour (3)
— ... les cabines du sinthome

en voilà une d’image  – dans mon rêve, les « dirigeants », ceux à l’a-ttaque/ssaut – desquels je vais partir, ceux qui sont à l’origine du mouvement de retour, mais qu’ils ont lancé de façon absolument anti-démocratique, à tout le moins sans s’en être concertés avec moi, sont dissimulés dans les cabines (bleues et blanches) du sinthome.

[à part ça je ferais mieux, d’y aller, et de m’y rompre, à ces fichus nœuds]

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