alors ,

croire qu’il n’y aurait que le semblant qui permette d’en découdre avec la jouissance?

ma mère, mon père, carla, sarkozy et moi (pouvoir et souplesse)
rêvé de sarkozy (lendemain de notre voyage à bruxelles où étions allés visiter ma mère, hospitalisée).

« il venait,
il disait qu’il aimait beethoven
et l’art classique,
qu’il voulait réinstaurer tout ça,
ou qu’il avait voulu, qu’il n’aimait que ça.

nous, étions plusieurs, comme un groupe de vacances ou d’école. il y avait des enfants. je ne sais pas s’il était encore président. il était séduit par moi, enfin donnait cette impression. à cause du côté allemand, je crois que je pensais. il essayait de s’insérer dans notre groupe. voulait nous insuffler la croyance en un leader.

nous n’osions pas vraiment lui dire que nous n’aimions pas du tout ça. frédéric était là aussi. il voyait cela.

plus tard, carla bruni, elle a eu son enfant. finalement, il la vire. elle s’en va en femme de ménage, toute courbée, à nettoyer le sol, sur fond de nombreuses autres femmes, toutes courbées comme elle (glaneuses, millet). ambiance sombre, elle, silhouette noire, les autres plus grises.

Eugène-Eloi Commessy, dit Charles Commessy (1856-1941), Les Glaneuses, Exposition du Photo club de Paris, 1895

on dit alors que la femme, allemande, d’un ministre a  été « sacrifiée », chargée de le séduire (pour pouvoir le manipuler?), et y avait réussi, qu’il était fou d’elle (j’imagine une espèce d’énorme femme, façon walkyrie (ma tante qui ote sa perruque, me montre son crâne rasé, pour me montrer sa nature sauvage, forte, passionnée, walkyrienne… )) (cela, pensai-je,  pour que je ne doive pas penser que c’est pour moi qu’il chasse carla bruni, car je me pose cette question dans le rêve). »

avant que carla bruni ne soit chassée, nous étions tout de même arrivés à piéger le président en truquant un concert qu’il voulait donner, en jouant autre chose, et avec d’autres instruments, que ce qu’il voulait jouer (beethoven), dans une grande cour devant son palais (versailles).

~~

la veille en m’endormant  lu phrases sur le pouvoir et la souplesse (dans le traité sur le vide parfait).

par après, après le rêve, eu ma tante au téléphone, si germanophile, qui me demande tout de suite si jules est un « muller », s’il est blond, s’il a les yeux clairs… eh bien, non, non, non…

 

je crois que je fais ces rêves pour me rendre compte de ma part, de la part que j’ai eu dans ce que j’ai cru avoir été préférée par mon père à ma mère. ce rêve-ci et celui du fil de fer. je crois que je fais ces rêves pour me rendre compte de ma jalousie vis-à-vis d’elle, de ce que j’ai voulu, moi, m’interposer. je crois que ce fais ces rêves pour me rendre compte de ce que représente la figure, une figure paternelle pour moi, de mon attrait pour une figure du pouvoir.

je suis contente d’avoir fait ce rêve. je veux tellement que mon angoisse en présence de ma mère s’atténue. Je ne sais si s’y révèle une possible culpabilité vis-à-vis d’elle.

c’est vrai que mon corps, ma possible germanitude m’a toujours effrayée, dégoûtée. c’est vrai que ma mère est fine et brune, aussi fine et brune que j’ai été grande, et le suis toujours, grande et forte disait-on, et voluptueuse.

mon père, qui reprochait à ma mère sa maigreur, en tant que modèle de peinture…

[ source de l’image : http://apparences.revues.org/1052?&id=1052 ]

 

muguet

toute la famille (le père, la mère, les frères). nous devons faire nos bagages, peu de temps avant le  départ de l’avion ou du train que nous devons prendre. nous sommes probablement sur un lieu de villégiature ( mer ou/et Ardennes). c’est moi qui prépare les bagages, inquiète et désireuse de prendre de l’avance. les autres ne sont pas là. Il y a deux valises à remplir (la grande noire, la petite blanche).

ex-analyste (celui de Brux.) assis/enfoncé dans un fauteuil, raconte quelque chose, en fait c’est à la radio qu’il parle. il parle de lui, raconte sa vie. à la fin de l’émission, il annonce l’émission suivante, et parle d’une chose qu’il ne racontera pas  avec un sourire malicieux.

l’émission terminée, il reçoit un bouquet de fleurs, blanches. le bouquet comprend deux sortes de fleurs : une sorte de muguet ainsi qu’une autre sorte que je n’en connais pas, qui ressemble plutôt à une longue herbe. les muguets ont cette particularité que leurs clochettes longent toute la tige, depuis la base.

toutes les plantes sont rassemblées, car elles ne seront pas emportées dans le voyage. analyste retire une paire de fleurs de son bouquet, je lui dis que j’en veux bien moi aussi. il me donne celle qu’il tient.

aucune possibilité d’interpréter ce rêve, me semble-t-il. lié certainement à ce que j’ai écrit récemment, et il m’en a coûté, à propos de ma première séance d’analyse.

il n’y a que le muguet auquel je pourrais m’arrêter. muguet, qui résonne un peu avec mon nom. muguet aussi de la fête du travail. muguet  qui évoquerait le lys, fleur préférée de mon père. ou encore muguet que Gabriel tend à Marie quand il lui annonce qu’elle va porter un fils. ou encore cette maladie de la bouche dont j’ai déjà dû souffrir? 

Jeudi 19 janvier 23

Huit heures cinq. C’est déjà un peu tard. Dormi vraiment longtemps. Hier 2 gouttes CBD + HHC ( Hexahydrocannabinol. Je préfère ne pas en prendre, je me suis laissée convaincre par la vendeuse, et j’ai acheté ce produit, cette huile de CBD additionnée de HHC, dont elle m’assurait qu’il était vraiment très bien, tout en me conseillant de n’en prendre pas plus d’une goutte. Dès la consultation de Google, j’ai regretté mon achat. J’en prends de temps en temps, quand il me semble que j’ai besoin de quelque chose de plus fort, et toujours avant de dormir. Il m’est arrivé d’en prendre plus, 3 ou 4 gouttes, et quand je me suis réveillée la nuit, j’avais des vertiges et je m’accrochais aux murs, donc, je me méfie.)

Rêvé YNG. Et ma mère. Tous les 2 vieux. J’ai beaucoup oublié. Lui, un peu délirant. Il se passe quelque chose de particulier, je ne sais plus quoi, avec lui. Il y a du monde qui s’occupe de lui, dont moi. Je veux m’en aller, il me retient. Je trouve le prétexte de l’âge de ma mère, de la vieillesse, il est temps qu’on parte, elle est fatiguée, il admet, puis me retient. 

Est-ce que j’écris à YNG ? 

Non. 

Les travaux du dressing sont terminés. Il faut tout remettre en place. Est-ce que j’en profite pour tout jeter. 

Hier, longtemps travaillé à la bibliothèque. Il y avait du monde, beaucoup de jeunes, d’étudiants. Ils étaient là avant que je n’arrive et encore là quand je suis partie. J’étais épuisée à la fin. Je ne pense pas être restée plus de trois heures. 

J’essaie de faire quelque chose, à la bibliothèque, mais je ne sais pas très bien quoi.  

Les « projets »

  1. Relire les Titi , les recopier sur papier ?
  2. Recopier dans blog notes de janvier
  3. Notes de décembre
  4. Recopier sur papier. Quoi? Dans le cahier. Les Titi. 
  5. Les problèmes techniques
  6. Mallarmé et MB

Les Titi (à mettre sur papier? A imprimer) :

1. Double cabine crochetant par l’Alaska – janvier 2012
2. Le rêve Sans famille – mars 2013
3. Rêve (sa mort, chocolats, AVC) (lettre à HP) – juillet 2018
4. Fr…éronique – Noël 21 (lettre à HP) – janvier 2021
4. La voix de ma tante (atelier Laura Va) – janvier 2023

Recherche sur les cadeaux ???? –> ça va mener au don… 

où un rêve me force à me souvenir d’un autre rêve (viscéral)
dimanche 22 mai

rêve hier

marrant, m’y souvenais d’un rêve que j’avais déjà fait, me rappelais d’un rêve oublié, m’en rappelais donc, avec toutes les  virgules lacunes qui y attiennent.
plusieurs personnes
2 hommes, 2 femmes ?
font, faisons des choses (plus interdites qu’interdites, le plus interdit de l’interdit) (j’ai mis entre parenthèses, parce que pas sûre que ce soit ça) .
j’accepte de le faire
je suis couchée sur le dos.
me vois comme ça, je veux dire la caméra est là, la caméra du rêve, mais placée de façon à ce que je ne voie pas vois pas ce qui se passe dans mon ventre. je ne vois pas de mon point de vue, de mon point de vue dans le rêve, où je suis couchée sur le dos, car si je voyais de mon point de vue, d’où je suis dans le rêve, de comment je suis, je verrais tout. or, c’est très important que je ne voie pas tout, que je ne voie d’ailleurs rien du tout. je suis couchée sur le dos, sur une table d’opération, et mon ventre est ouvert, et les autres, et c’est ça la chose plus qu’interdite, les autres jouent avec tous les organes de mon intérieur, à pleines mains, ils y vont, et ça, c’est censé leur, et me procurer du plaisir, de la jouissance. personne ne fait ça, et personne ne peut faire ça, et personne ne connaît ça, mais nous sommes une petite bande qui… moi, c’est la première fois. donc, je ne vois pas ce qui se passe, parce que la caméra est placée sous la table d’opération, du côté de ma tête, je pourrais voir ma tête, mais c’est tout. donc,  c’est très viscéral, et c’est tout ce qu’il y a de possible à en dire. si c’est ce n’est qu’il y a une chose que je ne veux pas, je n’ose pas faire, mais je ne sais plus  très bien ce que c’est , mais que les autres font, moi, je suis novice, c’est ça, novice au fond. ils sont plusieurs, occupés dans mes tripes, eh bien, c’est possible, que ce qu’ils aimeraient, ce qui serait encore mieux pour eux, et qu’ils se font entre eux, c’est, faire des choses sexuelles, dans mon corps ouvert, ha ha. mais je ne veux pas.
voilà, c’est le rêve dont je me rappelais dans mon rêve, mais le rêve lui-même, celui où je me souvenais, je ne m’en souviens plus,
marrant.
(non relu) (parce que c’était vraiment insupportable pour moi d’écrire ces choses, ça l’est devenu, parce que je ne sais plus du tout quoi faire, de mon analyse)

 

Me réveille, vois film qui est en fait une émission radio, où je vois la lecture d’un livre,

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Avant ça rêve avec analyste YD.
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I. Je vois ce que j’entends

Me réveille,  vois film qui est en fait émission radio, où je vois la lecture d’un livre,  qui est un classique, un chef d’œuvre, dont j’ai retenu que c’était « Don Quichotte » mais ce n’est pas ça,  quelque chose comme ça,  je suis émerveillée, au-delà du dicible,  transportée,  cela apparaît devant mes yeux,  le personnage bouge,  évolue,  jusqu’à ce que je me rende compte que le personnage  évolue dans mon propre appartement !  Le truc est le suivant : dans le film,  l’image du film,  seul le corps du héros est opaque,  le reste de l’image est transparente ! j’ai donc l’impression que le film,  le personnage du film évolue dans mon appartement qu’il peut voir et dont il prend connaissance, circulant partout.  Cela me rend si extraordinairement heureuse que je stoppe l’émission pensant la reprendre plus tard,  désireuse de jouir un moment tranquillement de l’état dans lequel je suis. 

II. Je lèche ce que je vois et qui est beau

Ensuite.  C’est assez difficile à décrire, ça rebute plutôt à l’être. Je vois,  je vois un détail de quelque chose et cela me met dans dans un état de félicité absolue  qui, pour le traduire, m’amène à lécher ce que je vois,  qui est un tout petit objet, un mini meuble,  avec un tiroir,  rouge,  dont la beauté, j’en suis consciente, ne tient qu’à ce moment précis de lever du jour,  de lumière qui vient.

Je suis physiquement très excitée, j’épile d’une main rapide les derniers poils qui me restent au niveau du sexe sur lequel je pose ma main-coquillage.  Cette idée de lécher ce que je vois me paraît si adéquate que je me mets à lécher d’autres endroits,  commençant à voir les poussières, me découvrant  capable de les aspirer,  découvrant une nouvelle manière de faire le ménage,  plus naturelle,  jusqu’à ce que j’aspire de petits insectes,  ce qui ne me convient au fond pas,  je cesse alors et passe à une activité de nettoyage à proprement parler. 

Je ne sais plus alors vraiment comment ça se passe.  L’activité se transforme en danse et je sais que cette danse je vais pouvoir la reproduire,  même si cette quasi certitude s’assortit de la pensée fugace que je ferais tout de même mieux de l’écrire – or je sais, je sens, que je connais son départ,  son motif,  que je ne pourrai donc pas oublier  – mais,  tout en en formant l’idée,  cela à lieu,  je commence à  montrer,  à faire une démonstration de ma danse à un metteur en scène,  sachant que dubitatif d’abord il finira par accepter,  par se rendre à l’exceptionnelle beauté de ce qu’il voit,  et acceptera de le produire en spectacle sur plusieurs représentations,  dont je décide de ne rien dire à F., quitte à  prétexter d’un voyage à Bruxelles pour voir ma mère que j’aurai mise dans le coup pour couvrir mon secret.  Je poursuis ma danse,  nue,  dans un état de grand bonheur. 

————-

 Écrit au réveil,  très tardif,   dans le noir, sur mon Galaxy Note II. 

Éléments de la veille 

Donn

« comme si je pouvais commencer à avoir un corps, recommencer à avoir un corps », je me répétais tout le temps ces mots.

j’aime le dehors – le dehors de Donn, j’aime le vent – ou l’air – j’aime ce que j’y vois – je ne sais pas que j’y aime, j’aime les arbres la distance la lumière l’espace l’air – je ne sais pas ce que j’aime à donn mais j’y suis ravie, vérit…

donn, c’est un ravissement pour moi

peut-être parce qu’échappe au regard, alors plus besoin d’être (bonne image) mais possibilité d’avoir (un corps) – l’isolement de donn – clôture – ouvert et clos. entre-soi et dehors – le délice de pouvoir passer de dehors à dedans de dedans à dehors sans (autre formalité)  – sortir par la fenêtre, être sous les arbres – au soleil, dans l’ombre – les odeurs – l’air – l’espace

voir

à perte de vue

pas un endroit où je ne sois bien à Donn, pas un moment – je

cette impression d’avoir ce que je n’aurais jamais rêvé d’avoir – que je n’ai jamais eu.

 

ouvrir les yeux, l’enchantement, devenu visible l’espace pris dans la lumière. la j. même du regard – où qu’il se pose dans l’espace, surprise et enchantement.

Donn juillet 2005 

vendredi

Jour anniversaire de la naissance de mon père. Ne m’en rends compte que maintenant, comme vérifie la date pour la noter. Suis au jardin. Près de la piscine, avec le chat. Revenons du cimetière, l’enfant et moi, où avons cherché la tombe de son oncle, du frère de son père, sans la trouver.

Chaud, beau.  L’homme est à Paris pour mes papiers, si gentiment parti à Paris pour s’occuper de mes papiers. L’enfant est à l’intérieur, permission de jouer à la Wii pendant une demi-heure, devais trouver moment pour écrire ( pas sûre que l’homme apprécierait que l’enfant soit laissé seul dans la maison).

Cette nuit rêve dont me souviens à peine, où il était question de mon premier psychanalyste et de l’École de psychanalyse.  Comme s’il fallait tout de même retourner à ça, ce premier transfert, cette première analyse. Et dans la foulée, dans le lever, comme malgré moi, une décision qui se prend, un décollement qui s’opère. De par le rêve, un détachement de ces personnes qui comptaient tellement pour moi. Elles tombent, retombent doucement. S’évanouissent. Dans la chaleur, la douceur de Donn.

Du rêve, quelques souvenirs.

Était-ce une fête, organisée par moi ? Je suis dans la salle de jeu de la rue Tiberghien (maison de l’enfance).

Quelqu’un meurt.

On ne sait pas qui. D’après ma réaction, je dois croire un moment qu’il s’agit de YNG. « Tout de même,  dis-je au grand psychanalyste, c’est le grand Dispariteur !  Un homme qui…  » Ceci,  cela… je ne sais plus de quels prodiges je le vante, mais je termine par ce mot : « Fou ».   « Ah bon! s’il est fou, alors là… – Mais vous savez, il a bien connu Duras,  je rétorque. – Ah! Alors, il n’était pas fou »,  en déduit, péremptoire, le grand psychanalyste.

Fête. Circulation dans les étages.

Je « tombe » sur la bouche du grand psychanalyste. Voudrais m’excuser, mais il m’embrasse. Ne sais pas si c’est agréable.  Un peu l’impression d’embrasser un cadavre.

Quelque part, le cadavre de Lacan.

Le grand psychanalyste va partir.

Dans l’entrebâillement d’une porte, il se modifie physiquement. Devient massif, ressemble à Dominique Strauss-Kahn ( DSK )!

Se met à saigner abondamment du nez, ou de la bouche, du nez plutôt, à flots, assez horrible. Doit s’allonger. Il faut que je trouve où l’allonger. Puis, faudrait également que nous sortions, mais ne veux pas sortir avec seule serviette de bain autour de corps. Le grand psychanalyste pense que je vais pouvoir rapidement (ha ha ha) me trouver un vêtement (beau, très beau) et m’habiller. Suis donc inquiète (non, je n’ai jamais été rapide pour m’habiller). Dois porter le grand psychanalyste,  trouver un endroit où l’allonger. Et puis trouver de quoi m’habiller. Les gens pensent, disent que je n’ai qu’à (y a qu’à) l’amener dans ma chambre (ancienne chambre d’enfant sous les combles), j’y trouverai à m’habiller, je pourrai l’allonger, et on pourra faire le genre de choses qu’éventuellement deux personnes de sexe opposés font dans un lit.

Cadavre vivant de Lacan, quelque part, vertical.

On finit par arriver à sortir. Sommes dans la rue. Ne sais pas comment me suis habillée.

*

 » […] deux dimensions qui ne sont raccordées que par un hiatus. Une dimension où le sujet, comme dit Lacan, dans son avant-dernier écrit, Joyce le Symptôme, où le sujet vit de l’être, et il équivoque avec « vide l’être » : il vit de l’être et en même temps il le vide, il est promis au vidage, et nous l’accompagnons dans ce vidage. Mais il y a une autre dimension.

Celle où il a un corps.

Et, il faut en passer par la différence de l’être et de l’existence pour donner sa valeur à la différence de l’être et de l’avoir. L’avoir, l’avoir un corps est du côté de l’existence. C’est un avoir qui ne se marque qu’à partir du vide du sujet. Et c’est pourquoi, quand il a au fond abandonné le terme de sujet, de sujet de la parole essentiellement, Lacan a forgé celui de parlêtre. Il a dégagé ici la racine de ce qu’il appelait le sujet comme manque-à-être : marquer par le terme de parlêtre que ce sujet n’a d’être que ce qui tient à la parole – mais qu’il ne peut se poser comme tel, au moins est-ce ce qu’il a impliqué , qu’à partir du corps, de son « A UN CORPS ».

Qu’est-ce qu’il fait de ce corps qu’il a? Ce corps est essentiellement marqué par le symptôme. Et c’est en cela que le symptôme peut être défini comme un événement de corps, ça suppose que ce corps est marqué par le signifiant. Par le signifiant, c’est-à-dire quoi? Par la parole en tant qu’elle s’est inscrite, en tant qu’elle peut être représentée par une lettre. Et c’est cette inscription qui mérite d’être qualifiée de l’inconscient freudien. Et tout ceci, je vous le ferais remarquer, procède précisément de la jaculation Y a d’l’Un.

Y a de l’Un, veut dire : il y a du symptôme.

Au-delà du désêtre, il reste l’événement de corps. »

Jacques-Alain Miller, cours du 3 mai 2011 (L’Un)

*

Éléments pour une interprétation

Bien. Noter d’abord qu’il y a trois lettres, même si on ne sait qu’en faire. 3 lettres, différentes à chaque fois, 3 acronymes ou sigles :  les trois lettres de DSK, celles du grand dispariteur, YNG, celles enfin du diminutif du grand psychanalyste. Je garde donc dans un coin de ma tête : 3 lettres.

Ensuite, « DSK ». Pourquoi faut-il que le grand psychanalyste se transforme en DSK ? Avant toute chose, je précise qu’au moment du rêve « l’affaire DSK » n’a pas éclaté. Il n’est encore que Directeur Général du FMI.

Je songe qu’il pourrait s’agir de la déesse K : la DS K, la « Madame K » de la Dora de Freud, celle à cause de qui elle gifle Monsieur K quand il lui dit, pensant la rassurer, que son épouse, Mme K, n’est rien pour lui. Alors qu’elle, Dora, c’est elle, qu’elle aime,  Madame K. Et si elle peut accepter quelques avances de Monsieur K, il ne s’agira pas qu’elle le laisse la diffamer, qu’il la dise « rien ». Le grand psychanalyste est-il ma déesse K? Ou la psychanalyse est-elle ma déesse K ?

Dans DSK, j’entends « ESK ». J’entends ESK, parce que depuis longtemps cet ESK me poursuit. Comment le dire ? Cet ESK, je l’entends quelquefois résonner, toquer et retoquer doucement dans ma tête, sans que j’aie encore pu déterminer à quel moment cela arrive, pour finir par se coupler à « lié » et faire « ESC à lier ».  Est-ce K lié? Est-ce lié à Mme K ? Est-ce cas lié? Est-ce lié au cas, au cas analytique ? Est-ce lié au « fou à lier » ? Je ne le sais pas et ne le saurai peut-être jamais.  Je note ici qu’il m’arrive également d’avoir le vertige dans les escaliers, à quoi également, je repense à chaque fois que « ESK » vient résonner dans ma tête. Et puis, last but not least, il y a aussi l’escabeau de mon seigneur Lacan, celui du saint homme Joyce :

Ce que fait le f…toir dit épistémique quand il se met à bousculer le monde, c’est de faire passer l’être avant l’avoir, alors que le vrai, c’est que LOM a, au principe. Pourquoi ? ça se sent, et une fois senti, ça se démontre.

Il a (même son corps) du fait qu’il appartient en même temps à trois… appelons ça, ordres. En témoigne le fait qu’il jaspine pour s’affairer de la sphère dont se faire un escabeau.

Je dis ça pour m’en faire un, et justement d’y faire déchoir la sphère, jusqu’ici indétrônable dans son suprême d’escabeau. Ce pourquoi je démontre que l’S.K.beau est premier parce qu’il préside à la production de sphère. L’S.K.beau c’est ce que conditionne chez l’homme le fait qu’il vit de l’être (= qu’il vide l’être) autant qu’il a – son corps : il ne l’a d’ailleurs qu’à partir de là.

Lire Lacan, avoir lu Lacan. Par endroits n’y rien comprendre, n’y avoir rien compris. Pourtant retenir, n’oublier pas, ce qui m’est arrivé avec cet « S.K.beau ». L’avoir lu quinze ans plus tôt et c’est resté. Mon « esc à lier » lui est antérieur.  Il vient d’avant, d’une sorte de nuit des temps. Mais bien sûr, il se peut que ce soit lui qui ait capté, retenu l’S.K.beau de Lacan, par association d’énigmes consonantes.

*

Et qui meurt? Est-ce le grand dispariteur, est-ce le grand psychanalyste, est-ce le grand Lacan? Qui meurt et quel mort aimai-je? Aimai-je encore aujourd’hui? J’aimais que Lacan fût mort. Je l’ai aimé plus que tout. Jusqu’à ce que je puisse aimer le grand psychanalyste vivant. Et d’une façon plus globale, je ne suis pas sans avoir aimé des psychanalystes.

Mon dernier, en amour, le grand, dans le rêve donc, se met à saigner du nez, à flot. Il est vrai qu’il est un grand enseignant. Que je ne le connais qu’au travers de son enseignement. Depuis, c’est moi qui saigne du nez. Pas du tout à flots, maigrement, mais quotidiennement, jusqu’à l’anémie, tout de même, finalement. Ce désir, d’enseigner.

Mais là, c’est lui qui saigne. Il est DSK, il saigne, je dois le porter. Nous devons nous coucher. Dans ma chambre d’enfante, de jeunette tout là haut. Il me dit de m’habiller, car je ne porte qu’une seule serviette autour du corps, ne se doutant pas des plus grandes difficultés auxquelles il me confronte. Car je n’ai jamais su, comment m’habiller.

Alors qui est-il ce grand psychanalyste qui ressemble à DSK et qui se met à saigner ? Est-il ma madame K ? Ma madone à moi ? Ma « La femme » qui n’existe pas ? Ma psychanalyse ? Il est celui auquel mon transfert s’est fixé. Est-il mon Roméo, mon Don Juan, mon homme à femmes ?

Je peux toujours continuer à poser la question. C’est tout ça qui s’est évaporé avec le rêve. Cela que le rêve a soufflé, magiquement. Me réveillai avec l’impression de m’être trompée. Comment le rêve l’a fait, je ne le sais pas. Ce n’est même pas l’élaboration autour du rêve qui l’a fait, c’est bien le rêve lui-même. Je me suis réveillée différente, et j’ai cherché à me souvenir du rêve…

*

avec une seule serviette autour du corps : alix, sdb, enfance

. comment m’habiller … « N’en restant pas moins que LOM (écrit L.O.M.) ait son corps, à revêtir entre autres soins. »

 

Le premier enseignement repose sur le manque-à-être et sur le désir d’être, et prescrit un certain régime de l’interprétation, disons l’interprétation de reconnaissance. C’est l’interprétation qui reconnaît le désir sous-entendu (…) et il faut dire que chaque fois qu’on s’emploie à interpréter un rêve, en effet on pratique l’interprétation de reconnaissance.

Mais il y a un autre régime de l’interprétation qui porte non sur le désir mais sur la cause du désir, et ça, c’est une interprétation qui traite le désir comme une défense. Qui traite le manque-à-être comme une défense contre ce qui existe.

Et ce qui existe, au contraire du désir qui est manque-à-être, ce qui existe, c’est ce que Freud a abordé par les pulsions et à quoi Lacan a donné le nom de jouissance.

 

éléments d’interprétation : le voisin et le coiffeur


1. élément de la veille1

La veille au soir du rêve comme je pénétrais dans la chambre sombre, j’ai surpris un voisin d’en face,  pas celui que nous avons l’habitude de voir, un autre, que je voyais pour la première fois accoudé sa fenêtre qui fumait et me regardait. Je me lavais les dents. J’ai pensé qu’il avait une vue directe sur le lit. Je me suis plus tard approchée de la fenêtre, et alors qu’il était encore en face de moi, l’air de rien, j’ai tiré les rideaux. J’ai dû plus ou moins consciemment pensé que j’aurais pu lui plaire.


2. dans le rêve : voisin qui était en face ferme et s’installe à côté



2. 1. fermeture de l’eurl

Le voisin qui  autrefois était en face s’établit maintenant à côté, après avoir fermé son premier établissement. dans l’immédiat, ça ne m’évoque rien , sinon, peut-être que j’ai dû moi-même « fermer » mon eurl pour pouvoir l’ouvrir à la nouvelle adresse – suite au déménagement.
voisin = moi ? En tout cas quelque chose se ferme ou est voulu fermé.


2. 2. à côté vs en face // disparition du regard

en face : On se  voit (nous avons effectivement un voisin en face qui passe beaucoup de temps à sa fenêtre)

à côté : On ne se voit pas, on ne se voit plus. Je ne le vois pas, il ne me voit pas.



2.3. En analyse aussi, on peut passer du face à face (entretiens préliminaires, d’ordinaire) au « sur le côté » = le divan.


2.4. Par ailleurs, la rue disparaît qui nous séparait le voisin et moi,  qu’empruntaient les regards. Le lien se fera maintenant par la voix (téléphone)


3. le coiffeur


3.1. C’est la deuxième fois que je rêve récemment d’un coiffeur. d’un salon de coiffure.


Comme je passais devant chez le coiffeur du coin de la rue le samedi, la veille du rêve2, j’ai pensé à ce à quoi j’avais auparavant pensé, et d’ailleurs noté ici, à propos du premier rêve, qu’il me faudrait aller chez le coiffeur à chaque fois que j’irais en visite quelque part – et même lorsque nous irions chez mes beaux-parents (ce qui n’est pas tellement étonnant finalement, puisque c’est certainement l’une des seules visites que nous rendions couramment… c’est dire!) Or ça donc, nous avions justement à les voir le lendemain, je pensais donc qu’il faudrait que j’y aille chez ce coiffeur devant lequel je passais, mais ne passais pas seule et tirant un caddie plein d’une lessive encore à faire  à la laverie où nous allions, jules et moi, un peu plus bas dans la rue.


Et dans le rêve je me disais « non, non, non, certainement pas aujourd’hui, samedi » et je m’étonnais de ce que le coiffeur me propose de venir alors que nous étions samedi, jour selon moi d’affluence dans les salons. Ensuite j’avais pensé que peut-être, comme c’était son premier jour, l’inauguration, il n’avait pas beaucoup de clients.


3.2. « Le coiffeur est très malheureux.  Je lui dis que je peux l’écouter. Il me parle.  Ça a un rapport avec sa femme. « 

La veille3 dans Lost, un homme marié (Goodwin) dit à une femme qui pleure (Juliet) qu’il est là, qu’il peut l’écouter. La femme de cet homme est son psy, le psy de la femme qui pleure. Ils deviendront amants. La femme qui pleure deviendra l’amante du mari de son psy. L’épisode est intitulé « L’autre femme ».


4. être vu / se faire voir


être vu (passif) –> se faire voir (actif)


être vu : position où je suis quand le voisin est en face.

se faire voir : position où je me mettrais si j’allais chez le coiffeur pour // me faire voir …


Etre vu, passif, on y est pour rien, c’est l’autre qui voit.

Se faire voir, c’est faire ce qu’il faut en sorte qu’on soit vu (de façon à supporter de l’être) – c’est assumer ce désir-là, d’être l’objet du regard. Dans l’être vu, c’est l’autre qui assume, dans le se faire voir, l’autre n’est plus là, on va vers lui.


Donc, quand le coiffeur passe à côté c’est cessé d’être vu (par le voisin d’en face) et chercher (activement) à se faire voir (en se faisant arranger chez le coiffeur, en participant à la fabrique de son image).


Je ne crois pas que ce soit de cela qu’il s’agisse dans la lecture par Lacan de la pulsion freudienne, de la pulsion de voir, du « voir / être vu » à quoi il préfère  la formule, la traduction : « voir / se faire voir ».  je ne pense pas qu’il pense alors à l’implication active du sujet dans la pulsion – enfin si :  » le sujet, il se donne un mal de chien pour chercher à … se faire…  » ( faut que je retrouve la citation exacte. c’est dans le séminaire XI) et moi-même, j’avais déjà noté à l’époque de cette lecture : je supporte d’être lue – d’être l’objet lu – le livre lu // mais je ne fais pas ce qu’il faut pour me « faire lire »


dans les 2 cas
voir/ être vu
voir / se faire voir


la pulsion accomplit son tour complet, le tour de l’objet ; mais dans les exemples que je donne, un désir apparaît, un sujet se détache de son objet. Freud disait : un sujet apparaît, dans la pulsion un nouveau sujet apparaît. ça m’avait beaucoup frappée.


être l’objet du regard

être l’objet de la lecture

l’Autre est là, c’est lui qui regarde, assume le désir, veut voir


se faire (être) l’objet du regard

se faire (être) l’objet de la lecture

l’Autre n’est plus là (voisin d’en face), il faut aller le chercher. il faut chercher à se faire voir, lire de lui. Le désir de l’Autre devient celui de l’un.


on peut noter aussi que l’être est ici « tombé » comme l’a été  la rue / le lieu du regard /


l’être ici se pare (« se parare ») . enfin, c’est ce dont il est question dans cette histoire de voisin et de coiffeur. et encore, le coiffeur est passé à côté, le voisin n’est plus en face, mais moi, je ne suis pas passée chez le coiffeur.


bon, faut que je retrouve mes notes.





Notes:
  1. comment est-ce qu’il les appelle, Freud, encore, ces éléments de la veille?? []
  2. 2è élément de la veille []
  3. 3° élément de la veille. []
la-moyenne (suite)

rien dont je puisse être sûre _ rien sinon rien.

symptôme et sinthome

je suis payée pour lire :

« Cette différence, propre à Lacan, du symptôme et du sinthome, nous montre bien pourquoi nous avons aussi besoin de deux termes comme ceux de désir et de pulsion. Le désir a ses intermittences tandis que la pulsion a sa constance. Il y a du côté du désir tout un jeu de masques et il est incessamment travaillé par une négativité interne, si je puis m’exprimer ainsi, alors que, du côté de la pulsion, nous avons une positivité plus ou moins grande.

Du côté symptôme et vérité, tout repose sur le manque. Du côté sinthome et jouissance, il n’y a pas de manque.

Du côté du symptôme, c’est la répétition de la rencontre manquée, une répétition de l’évitement, tandis que du côté du sinthome, c’est la répétition de ce qui soutient le sujet dans l’être, et pourquoi tout lui est bon. Ce n’est qu’en termes économiques qu’on pourra ici parler de plus et de moins. »

Conclusion des Leçons du sinthome, Journées ECF 2005, Jacques-Alain Miller

symptôme
désir
négativité interne
manque

sinthome
pulsion
positivité
pas de manque

rêve, le cargo demi-tour

10h20

il y a urgence, il y a mercredi, bientôt, la séance. peu de souvenirs, pas un cauchemar en tous cas. un truc affairé, ce que j’en écris déjà ré-inventé:

immense bateau immense peut-être cargo
il avance, il doit faire demi-tour (il le doit vraiment, c’est probablement une question de vie ou de mort, une question cruciale)
il fait demi-tour une première fois, manœuvres gigantesques
en fait, état de guerre, désordre total, insurrections, je ne trouve pas le mot. guerre n’est pas le mot. guerre civile, guerilla, guérilla urbaine. feux, saccages, rues,
demi-tour avorté, repart sur route première
des jeunes, comment est-ce qu’on les a appelés, pendant les « événements récents en france », canaille? racaille? non, je ne sais plus. canaille, c’est une terme pour moi devenu lacanien, qui ne peut pas du tout désigner ces personnes. enfin, eux dont j’oublie le mot qui les a désignés, essaient de me fourguer, vendre, sommes dans salle de machine
– avez-vous vu récemment à la télévision le film, c’est ça, un bateau coulait, nombreuses personnes enfermées, allaient essayer de s’en sortir, circulaient dans le bateau, rencontraient partout où ils allaient mort et désolation, le bateau était renversé -,
les jeunes donc essaient de me vendre des fringues de magasins qu’ils en ont profité pour pille. je leur réponds vêtement par vêtement, très calmement, décide de prendre leurs offres au sérieux, fais comme si aurais pu être intéressé,e si ça m’avait convenu et rejette un à un tous les vêtements. à la fin, leur explique, à ceux qui sont restés avec moi, le dramatique de la situation, mais, je ne me souviens plus de quoi il s’agit, de quelque chose de vraiment grave, qu’ils ne savaient pas. s’en vont, savent. je remonte. tout est désert.
le bateau fait demi-tour, demi-tour immense, manœuvre immense. je suis furieuse. folle furieuse. seule et folle furieuse. je ne sais pas qui comment quoi a décidé de ça, comment ça s’est fait. je veux arrêter ça. ce n’est pas du tout que je sois contre le demi-tour, mais pas de cette façon. pas que ça se fasse et que ça soit décidé par d’obscurs dirigeants que je décide de débusquer. je devine où ils se cachent probablement. ils sont dans les machines, et les machines sont disposées en profondeur, cachées, en demi-cercle autour de moi. je suis au centre d’une immense plate-forme ronde, déserte, au bord de laquelle, dans un demi-cercle, accrochés au bord, dans des cabines (blanches et bleues), sont  cachés « les maîtres » (c’est-à-dire ceux qui ont ordonnés en secret, secrètement, sans en rien dire à personne), que je dois débusquer.

l’image en fait c’est celle de « l’agrafe du nom-du-père » ou bien plutôt « l’agrafe du sinthome » (ce truc greffé, qui fait tenir les bords ensemble).

voilà, c’est tout.

 

12h08

bon, je n’ai pas encore trouvé sur internet d’image de l’agrafe par le sinthome
mais:

L’œuvre (de Joyce) avait-elle besoin d’être publiée ? Pas nécessairement. Le sinthome oui, le nécessitait. Que Joyce ait voulu sa publication, c’est une question qui a pu rendre perplexe Lacan. Dès lors, elle est une agrafe (elle fait le quatrième) qui épingle le symptôme comme social, lui laissant enfin une entrée. C’est ce que Joyce appelle son tour de farce. Son dire magistral est plutôt pour Lacan tour d’écrou qui libère et serre en ses tours la réserve, montrant ainsi qu’un nouage est possible sans père, à cette condition bien sûr de s’en être chargé. A la force du dénouage et renouage, le sinthome (écrivons-le de sa dernière écriture), élève la condition d’artiste à ce paradigme: se faire fils nécessaire.

« LOM du XXI siècle », Marie-Hélène Roch

et de marie-hélène roch, encore :

L’intérêt maintenant est d’examiner ce qui lui a permis de rabouter en place de cette fêlure, de réduire et tasser le glissement de l’imaginaire, c’est-a-dire du rapport au corps. Il n’est pas Joyce qui, lui, produit une écriture comme sinthome pour réparer le détachement de l’ego, mais il pourra prendre congé du lien à l’analyste sans que cela se dénoue pour autant, avec une agrafe (pur produit de l’analyse).

Du fait même qu’il m’en propose le plastron, parmi les autres, au cours de sa dérive, et que je m’en saisisse rapidement, le lui désignant comme un enjeu, il va se dire et se faire maverick. Ce mot anglais désigne, au sens propre, un animal non marqué au fer, c’est-a-dire détaché du troupeau, comme pourrait l’être un veau ou un cheval ; au sens figuré, il signifie anticonformiste. Maverick, c’est l’homme libre. Ce plastron est un peu plus souple que les autres, et présente l’avantage (je l’apprendrai dans le recueil de ses effets) de rassembler une série métonymique et de nommer sa jouissance avec un mot de la langue anglaise (langue de la branche paternelle de sa famille). Il marque sa position de sujet libre. Il va même s’en tatouer. Une façon, dira-t-il, de tatouer la mort et de trouver le mors, le frein dans la langue. Il s’en fait un blason sur une chevalière qu’il porte au doigt, de sorte que lorsqu’il la tourne d’un certain côté, c’est le signe pour les jeunes femmes qu’il est à prendre (il est ainsi chevalier de la dame) ; retournée de l’autre côté, principe de mesure, cela signifie qu’il est déjà pris. Ce blason dont il invente lui-même le dessin, fait contrepoids entre un père déclassé et une famille maternelle d’origine noble. C’est un S1 qui agrafe réel et symbolique, liant l’imaginaire. C’est un capiton dans le texte de lalangue. Il va se dire, se faire maverick, et il ne sera plus fou.

A partir de ce nom qui fixe sa jouissance et sa position de sujet libre, il va pouvoir rassembler les faits de son histoire, sa dispersion ; ce nouveau nom va borner l’instabilité du signifiant. Il va se maintenir dans un lien social, non plus en chassant les reflets, mais en devenant surveillant dans un lycée privé. Ce nouveau nom a l’avantage de l’inclure tout en le laissant libre puisque c’est son choix insondable. Il lui permet de désamorcer la pulsion de mort, la jouissance qui insiste jusque dans son patronyme (il est composé de deux syllabes paradoxales, l’une évoquant la mort, l’autre (anglaise), la fuite, la liberté) qui restera toujours son nom social, mais débarrassé du réel de l’impératif. Avec maverick, il trouve le jeu de pouvoir continuer à être cheval sans identification rigide, sans licou puisque c’est le sujet libre, mais il n’est plus sans mors, sans principe d’arrêt. D’un sans marque, il a fait sa marque. C’est pourquoi je dis que maverick est une invention, un pur produit de l’analyse qui l’a amène à se passer du lien a l’analyste, au bout de sept ans d’efforts.

Se briser à la pratique des nœuds, Marie-Hélène Roch

maintenant, chercher l’image.

14h37

en voilà une d’image  – dans mon rêve, les « dirigeants », ceux à l’a-ttaque/ssaut – desquels je vais partir, ceux qui sont à l’origine du mouvement de retour, mais qu’ils ont lancé de façon absolument anti-démocratique, à tout le moins sans s’en être concertés avec moi, sont dissimulés dans les cabines (bleues et blanches) du sinthome.

rêve, le cargo demi-tour (2)

12h08

bon, je n’ai pas encore trouvé sur internet d’image de l’agrafe par le sinthome
mais:

L’œuvre (de Joyce) avait-elle besoin d’être publiée ? Pas nécessairement. Le sinthome oui, le nécessitait. Que Joyce ait voulu sa publication, c’est une question qui a pu rendre perplexe Lacan. Dès lors, elle est une agrafe (elle fait le quatrième) qui épingle le symptôme comme social, lui laissant enfin une entrée. C’est ce que Joyce appelle son tour de farce. Son dire magistral est plutôt pour Lacan tour d’écrou qui libère et serre en ses tours la réserve, montrant ainsi qu’un nouage est possible sans père, à cette condition bien sûr de s’en être chargé. A la force du dénouage et renouage, le sinthome (écrivons-le de sa dernière écriture), élève la condition d’artiste à ce paradigme: se faire fils nécessaire.

« LOM du XXI siècle », Marie-Hélène Roch

et de marie-hélène roch, encore :

L’intérêt maintenant est d’examiner ce qui lui a permis de rabouter en place de cette fêlure, de réduire et tasser le glissement de l’imaginaire, c’est-a-dire du rapport au corps. Il n’est pas Joyce qui, lui, produit une écriture comme sinthome pour réparer le détachement de l’ego, mais il pourra prendre congé du lien à l’analyste sans que cela se dénoue pour autant, avec une agrafe (pur produit de l’analyse).

Du fait même qu’il m’en propose le plastron, parmi les autres, au cours de sa dérive, et que je m’en saisisse rapidement, le lui désignant comme un enjeu, il va se dire et se faire maverick. Ce mot anglais désigne, au sens propre, un animal non marqué au fer, c’est-a-dire détaché du troupeau, comme pourrait l’être un veau ou un cheval ; au sens figuré, il signifie anticonformiste. Maverick, c’est l’homme libre. Ce plastron est un peu plus souple que les autres, et présente l’avantage (je l’apprendrai dans le recueil de ses effets) de rassembler une série métonymique et de nommer sa jouissance avec un mot de la langue anglaise (langue de la branche paternelle de sa famille). Il marque sa position de sujet libre. Il va même s’en tatouer. Une façon, dira-t-il, de tatouer la mort et de trouver le mors, le frein dans la langue. Il s’en fait un blason sur une chevalière qu’il porte au doigt, de sorte que lorsqu’il la tourne d’un certain côté, c’est le signe pour les jeunes femmes qu’il est à prendre (il est ainsi chevalier de la dame) ; retournée de l’autre côté, principe de mesure, cela signifie qu’il est déjà pris. Ce blason dont il invente lui-même le dessin, fait contrepoids entre un père déclassé et une famille maternelle d’origine noble. C’est un S1 qui agrafe réel et symbolique, liant l’imaginaire. C’est un capiton dans le texte de lalangue. Il va se dire, se faire maverick, et il ne sera plus fou.

A partir de ce nom qui fixe sa jouissance et sa position de sujet libre, il va pouvoir rassembler les faits de son histoire, sa dispersion ; ce nouveau nom va borner l’instabilité du signifiant. Il va se maintenir dans un lien social, non plus en chassant les reflets, mais en devenant surveillant dans un lycée privé. Ce nouveau nom a l’avantage de l’inclure tout en le laissant libre puisque c’est son choix insondable. Il lui permet de désamorcer la pulsion de mort, la jouissance qui insiste jusque dans son patronyme (il est composé de deux syllabes paradoxales, l’une évoquant la mort, l’autre (anglaise), la fuite, la liberté) qui restera toujours son nom social, mais débarrassé du réel de l’impératif. Avec maverick, il trouve le jeu de pouvoir continuer à être cheval sans identification rigide, sans licou puisque c’est le sujet libre, mais il n’est plus sans mors, sans principe d’arrêt. D’un sans marque, il a fait sa marque. C’est pourquoi je dis que maverick est une invention, un pur produit de l’analyse qui l’a amène à se passer du lien a l’analyste, au bout de sept ans d’efforts.

Se briser à la pratique des nœuds, Marie-Hélène Roch

maintenant, chercher l’image.

rêve, le cargo demi-tour (3)
— ... les cabines du sinthome

en voilà une d’image  – dans mon rêve, les « dirigeants », ceux à l’a-ttaque/ssaut – desquels je vais partir, ceux qui sont à l’origine du mouvement de retour, mais qu’ils ont lancé de façon absolument anti-démocratique, à tout le moins sans s’en être concertés avec moi, sont dissimulés dans les cabines (bleues et blanches) du sinthome.

[à part ça je ferais mieux, d’y aller, et de m’y rompre, à ces fichus nœuds]

Une ironie constructive

Comme Jacques-Alain Miller l’avait si justement désignée, il y a de nombreuses années, et que son cours de l’an passé permet d’argumenter, il s’agit bien d’une clinique ironique. C’est-à-dire une clinique qui fait la distinction radicale entre réel et semblant, entre existence et être, soit entre hénologie et ontologie. Mais qui fait sa part belle au sinthome, agrafe unique du semblant et du réel. Encore faut-il que le praticien l’ait aperçu, que cet instant de voir porte à conséquences, qu’il en prenne la mesure et ne recule pas devant la tâche. On peut attendre que sa cure analytique, faite d’ouverture et de fermeture de l’inconscient, lui enseigne peu à peu ce qui fonde la qualité ironique de sa position. L’éveil, la curiosité et l’enthousiasme en sont les meilleurs signes. Et, ici, notons qu’enthousiasme ne va pas sans une certaine intranquillité, qu’en tout cas nous sommes loin de la béatitude.

Bernard Porchere, ‘Un choix : Se tenir proche du réel ou nourrir les bulles spéculatives’ http://lacanquotidien.fr/blog/2012/05/lacan-quotidien-n214-un-choix-se-tenir-proche-du-reel-ou-nourrir-les-bulles-speculatives-par-bernard-porcheret/

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