dimanche 5 mars 2006 · 16h47

noir sur blanc, pensées en italique :: le pas sur le tout

Lacan formules sexuation dans Encore

Vie étirée entre l’écran du jour et l’écran du soir et tous les deux sont très petits. Il est de ma nature d’être enfermée. Note sur l’angoisse de l’orgasme. Petite note sur l’adhérence à ce fantasme selon lequel il faut signifier à l’autre, au partenaire amoureux, qu’il y a à redire à son désir. Je ne trouve pas le mode du mien dans la mesure où je ne le supporterais calqué sur aucun (pas tout x phi de x :: je privilégie le pas sur le tout). Et puis il y a l’insupportable qui  consisterait à consentir à son désir, de l’autre, à dire oui à son mode, sa modalité. Ce mode, cette modalité, mienne également cependant (il n’existe pas de x tel que non-phi de x). Enfin, toujours: rester l’Autre. Je t’aime. C’était, l’émission des pensées du matin. Et pourtant, tout cela est faux. Et pourtant, tout cela est faux. Le monde tourne. [...]  Lire la suite >

dimanche 11 mars 2007 · 22h09

du transfert de la certitude de l’angoisse à la certitude de l’acte

Angoisse constituée, angoisse constituante

[…]

La seule théorie qui nous intéresse, c’est la théorie de la pratique. S’agissant du Nom-du-Père, s’en passer s’en servir veut dire exactement, c’est au moins ce que je propose ici, se passer d’y croire, tout en s’en servant comme d’un instrument.

Le hiatus de la croyance et de l’usage ne recouvre pas mais déplace celui de la théorie et de la pratique. Le hiatus de la croyance et de l’usage, à vrai dire, est essentiel au structuralisme, à toute approche structuraliste. Ce hiatus est au principe même de ce que Lévi-Strauss appelait « le bricolage », qui consiste à réutiliser, à recycler comme on dit, les produits maintenant déshabités des croyances d’un autre âge. Et le hiatus de la croyance et de l’usage est essentiel dans la pratique analytique pour autant que c’est à cesser de croire à son symptôme que le sujet a chance de pouvoir s’en servir. Par exemple pour le raconter, ce qui lui vaut à l’occasion, quand il le raconte bien, d’une façon captivante, d’être nommé AE. [...]  Lire la suite >

vendredi 21 août 2009 · 09h51

dans l’embrasure

vendredi 21 août 2009 – matin, heure digitale : 9:51.

Cette nuit, rêve encore des Dames de Marie – cours de Chimie/Bio avec prof. contre laquelle NOUS NOUS révoltons.
Entre 2 cours, nous nous réunissons, nous plaignons. sommes dans l’encoignure (( encoignure

n.f. encoignure [ɑkɔɲyr] (de coin)

Angle intérieur formé par deux murs qui se rencontrent: Placer un meuble dans une encoignure (coin).Remarque Dans ce mot, -coi- se prononce [kɔ], comme dans cogner.
On peut aussi prononcer [ɑkwaɲyr] où -coi- se prononce normalement.)) l’embrasement ((embrasementn.m. embrasement LITT.1. Action d’embraser; grand incendie: L’embrasement d’une forêt. 2. Grande clarté rougeoyante: L’embrasement du ciel au soleil couchant. 3. Agitation qui conduit à de violents troubles sociaux: Cette loi a engendré de nombreux embrasements dans le pays (effervescence). [...]  Lire la suite >

dimanche 20 septembre 2009 · 21h35

Le mode selon lequel s’opère cette perte réelle de vie laisse des traces indélébiles de jouissance chez le sujet.

Erik Dalzen - Faint, Christian, 2009
Erik Dalzen – Christian, 2009

A cet égard, l’angoisse donne le signal de différentes modalités de rapport à l’objet. Le mode selon lequel s’opère cette perte réelle de vie laisse des traces indélébiles de jouissance chez le sujet. Ces traces, toujours identiques à elles-mêmes, sont au principe de la répétition, et c’est pour cela qu’elles sont en lien avec le symptôme. Savoir reconnaître ces traces, puis savoir y faire avec la jouissance – telle est l’éthique de la psychanalyse – passe par une élaboration signifiante qui met en jeu le rapport à l’Autre. Entre le sujet et l’Autre, nous retrouvons ce « petit bout perdu » qui va constituer l’objet que le sujet place dans l’Autre. [...]  Lire la suite >

mardi 5 avril 2011 · 10h59

du temps gelé, de la guerre, du point g
— (de la lecture, de ma mère)

Il y a deux jours, je rêve d’un amoncellement, d’un empilement vertical de « caddies » au dessus duquel je vais me percher, me réfugier, extrême précarité, je tente de diriger les mouvements des caddies, qui sont vifs, accélérés, imprévisibles, avec mon corps.

Cet empilement de « cas »  (les « cas » de « caddies ») désignant pour moi le « K » du « K-rante » (40) du 40-45 / date de la guerre / à laquelle je dis, à la suite de ma lecture de R. Warshasky,  que « mon temps s’est figé« .

Date à laquelle, depuis laquelle, l’histoire ne peut pas se faire. Qui ne s’intègre pas à la suite des nombres à laquelle pourtant elle appartient. 1Cela, je l’avais autrefois dit à mon analyste, le premier, qui l’avait balayé: « Mais non, … » [...]  Lire la suite >

Notes en bas de page

  • 1
    Cela, je l’avais autrefois dit à mon analyste, le premier, qui l’avait balayé: « Mais non, … »
jeudi 30 août 2012 · 08h06

carla et la souplesse

comment le dire, ce rêve, et que je ne m’en sois pas étonnée plus tôt ( non, je m’en suis étonnée plus tôt, mais je ne me suis pas encore formulé cet étonnement)…

je revenais de voir ma mère hospitalisée, il y avait eu ce drame des toiles aussi. il me devenait, il est devenu, de plus en plus impératif que je règle ce problème d’angoisse quand je suis avec elle, ce trou où je bascule et cette rage qui me prend, cette rage, colère, haine.

à quoi l’attribuais-je cette angoisse? mais bien plus à un trop grand amour de moi pour ma mère, quelque chose que je voulais rapprocher de ce que lacan avance de l‘angoisse qui surgit quand l’objet cause du désir se rapproche trop, l’objet réel. faut-il que je vérifie les termes de cela, dans le séminaire sur l’angoisse? et je voyais la mère bien plutôt comme le premier objet d’amour, remplacé ensuite par le père (à un moment de « déception »? à quel moment Freud lui situe-t-il cela? ) et donc que mon père réapparaisse et que reviennent des termes (phalliques, de pouvoir) de mon amour pour lui, de mon identification à lui, m’étonnaient et m’intriguaient. comme si cela n’avait pas été analysé de fond en comble. et si cela revenait, les termes de ce retour pouvaient-ils différer? [...]  Lire la suite >

vendredi 17 mai 2013 · 10h59

le trou dans le cv

Confusément réveillée ce matin dans le souvenir du principe de réalité. Très simplement venu là comme s’il ne m’avait jamais quittée. Son concept. Allons, me dis-je, vraiment de ma vie n’ai-je rien fait d’autre que de m’inquiéter de la postérité, n’aurais-je travaillé, voulu œuvrer,  que dans l’appréhension que tout ce que j’ai vécu, in fine si attachant, soit oublié, disparaisse ? Une fois remise de cet instant-de-voir, ce propos supportait  d’être nuancé et repartais-je à la recherche des grandes raisons de ma vie.

Le principe de réalité n’est-il pas cela qui régit nos vies, à quoi je n’ai jamais su me plier, auquel j’ai cherché par tous les moyens d’échapper ? Ce qui pourrait expliquer que mon expérience soit si difficilement transmissible,  que je doive rester muette et l’inconfort de ça, basée qu’elle est sur une insoumission forcée au principe de réalité. Ne devrais-je enseigner à l’enfant sa dure existence, y a-t-il lieu de le mettre en garde, rien ne sert-il de l’effrayer ? Comment lui donner des armes dont je ne dispose pas ? A moins que je ne trouve le moyen de le lui présenter d’une façon non-effrayante , quand il m’aura toujours plongée dans une angoisse à laquelle je n’ai pu que me soumettre mais qui m’a donné l’imagination nécessaire pour le contourner. Et comment le justifier, ce contournement du principe de réalité, quand il est peut-être à la base de  toute éducation. – Qui es-tu ? – Celle-là qui n’a rien, qui reçoit.- Cela n’est pas conforme au principe de réalité !- Mais le contourne. Et me serai-je obstinée, par mon travail, lecture, écriture, analyse, à trouver les mots qui donnent meilleure figure à cette non-conformité. Je ne suis pas une rebelle. L’eussé-je été, j’aurais pu revendiquer ma différence. Publiquement, il m’a fallu m’en défendre. [...]  Lire la suite >

mercredi 26 juin 2013 · 17h08

Quelle croyance pour l’inconscient?

la troupe d’un autre monde (rêve du 21 au 22 juin)

« A la piscine avec de nombreux amis, des hommes, que je trouve assez séduisants et c’est réciproque. Je nage sous l’eau. Beaucoup de monde. Arrivée d’une drôle de troupe, tribu, qui vit sous une large tente hexagonale, une yourte. Ils s’installent dans le fond de la piscine, ils sont à l’abri de l’eau et continuent de vivre normalement, interdisant l’accès de la tente aux nageurs. Ils prennent beaucoup de place.

– Au réveil, certains indices de la suite du rêve me donneront l’impression qu’il s’agit avec cette troupe de l’inconscient et de ses habitants. – [...]  Lire la suite >

dimanche 17 novembre 2013 · 19h13

Sans titre

Quant à l’orgasme, il a un rapport essentiel avec la fonction que nous définissons comme la chute du plus réel du sujet. (…) Combien de fois vous aura-t-il été dit qu’un sujet aura eu, je ne dis pas forcément son premier, mais un de ses premiers orgasmes, au moment où il fallait prendre en toute hâte la copie d’une composition ou d’un dessin qu’il fallait rapidement termine ? Et puis, on ramasse quoi ? Son œuvre, ce sur quoi il était essentiellement attendu. Quelque chose est à arracher de lui. C’est le ramassage des copies. À ce moment-là, il éjacule. Il éjacule au sommet de l’angoisse.
JL, Le séminaire, Livre X, L’Angoisse, p. 198. [...]  Lire la suite >

mardi 13 mai 2014 · 09h34

flamme éternelle, parenthèse (prolégomènes sur le désir)

enchantée donc l’autre jour par soirée passée avec Dominique au Palais de Tokyo, une conférence avec Didi-Huberman (par ailleurs annoncée entrée libre sur papier et sur le site, sans qu’il soit fait mention qu’elle était conditionnée par l’achat d’une entrée pour l’exposition (10 euros (qui deviendraient zéro si je m’inscrivais comme demandeuse d’emploi)).) Arrivées tard, nous n’avons pas eu le temps de voir l’expo avant la conf, tandis qu’après, comme j’eus l’idée qu’il fallait que nous nous posions d’abord un petit peu, rapidement, avec une petite bière, pour pouvoir la visiter ensuite – avant la fermeture des lieux, à minuit, la petite bière est rapidement devenue 4 ou  5  – moyennant quoi nous sommes évidemment sorties sans avoir vu l’expo, mais à l’heure prévue, de la fermeture, après minuit, où je me suis alors engouffrée, j’ose le dire: voracement, dans un taxi qui passait, après de trop courtes mais chaleureuses dans leurs intentions, embrassades avec Dominique dans la nuit, sous une fine pluie, directement en bas des marches du Palais. J’y étais, il faut le dire, également arrivée en taxi, dans un état d’angoisse assez remarquablement avancé, mais qui depuis a totalement disparu. Le désir, dirais-je, m’en est revenu, de par cette conférence, ainsi que la joyeuse alcoolisation qui s’ensuivit. Ce que la visite du lendemain à l’exposition de Thomas Hirshhorn, gratuite elle, mais où je suis allée – accompagnée cette fois de Frédéric et de Jules – après que nous ayons vu l’exposition Didi-Huberman, pour laquelle j’aurai donc repayé une entrée, n’a fait qu’amplifier, à un très haut point, au point que je puis craindre maintenant sa perte, du désir la perte, car il est parti dans des hauteurs, dont je sais me connaissant, qu’il me sera préoccupant d’avoir à dévaler forcément la pente dans l’autre sens, ma faible constitution dés(l)irante peu à même d’entretenir les feux de sa fièvre, rapidement que je suis rattrapée par mon coutumier sentiment d’impuissance à transformer en l’acte qu’il contient tout désir qui y tend. [...]  Lire la suite >

vendredi 12 décembre 2014 · 14h20

Variations sur Deux notes, Philippe Cullard

Jacques Muller, Mère et enfant, 1971

Exposé à Strasbourg le 7 mars 1999, à la Journée d’étude Metz-Nancy-Strasbourg, « L’enfant, l’adolescent et l’agressivité ».

La partition de la symptomatologie infantile que Lacan expose, en quelques lignes denses, dans ses « Deux notes » (( Lacan (J.), « Deux notes sur l’enfant », Ornicar?, n° 37, Paris, Navarin éditeur, 1986, p. 13-14. ))  remises à Jenny Aubry, peut en imposer, à une première lecture – parfois retenue dans notre communauté – pour une correspondance avec la dichotomie classique névrose-psychose.

Cependant, dans le commentaire de Jacques-Alain Miller intitulé « L’enfant et l’objet » (( Miller (J.A.), « L’enfant et l’objet « , Colloque EEP à Lausanne, 1er et 2 juin 1996,  La petite girafe, 18, Institut du champ freudien, décembre 2003, p. 7. )) , cette division de Lacan en, d’une part, symptôme relevant du couple des parents, et d’autre part, symptôme du ressort de la relation prévalente mère-enfant, n’est clairement plus référable à cette opposition simple de structure. Ce commentaire constitue, au surplus, une synthèse lumineuse de l’enseignement de Lacan et balise, de façon tout à fait renouvelée, le champ clinique et théorique de l’enfant dans la psychanalyse, non sans empiéter largement sur celui de cet enfant vieilli qu’est l’adulte. Plus qu’un pont, il établit même une continuité. [...]  Lire la suite >

vendredi 8 janvier 2016 · 11h27

musique (comme tu veux)

il faut que j’apprenne à me créer mon espace, il faut que je l’accepte, il faut que je cesse d’être de nulle part, il faut que je me fasse ma place. c’est comme pour la musique. cela fait des années que je n’écoute plus « ma musique ». que je n’écoute plus que la musique de f., la musique de l’autre. ma musique, si je la choisis, si je fais cela, crée un espace qui devient le mien. il faut que je cesse d’attendre tout de l’autre. pourquoi dis-je cela. ce n’est pas de ça qu’il s’agit. je n’attends pas toute la musique de f. je n’ose pas faire exister ma musique. le faire, mettre de la musique en sa présence m’angoisse. cette manifestation de ce que je veux m’angoisse. de ce que j’aime, de ce que je suis. est-ce que je dirais que là aussi, j’ai peur de ne pas être aimée, écoutée, acceptée? c’est étrange. de la même façon que je ne supporte pas bien de choisir le film qu’on regardera. je supporte de faire un choix parmi ce que frédéric propose, mais pas d’avancer mes propres choix. pourquoi est-ce que je n’ai pas avancé plus? comment ai-je pu n’avancer que si peu? il y a cette lâcheté, je ne vois pas comment l’appeler autrement, par rapport à mon propre désir. cette lâcheté morale qui me caractérise. 

(que ta volonté soit faite. je n’ose pas imposer ma volonté. ça n’est pas comme ça partout. je crois pouvoir avoir des aspects tyranniques.) 

j’affiche ici les posts du blog qui contiennent le mot « lâcheté ». le résultat n’est pas très intéressant, sauf peut-être les deux textes d’analystes, Laurent et Marret-Maleval, mon premier texte, sur l’absence de nom, celui sur l’aveu peut-être aussi… mais il me semble que j’y fais un raccourci, un saut, qui ne couvre pas le gap entre la déliaison au nom et la volonté de l’aveu. j’ai eu un éclair, quelque chose m’est apparu.
l’enjeu pour moi, au départ du texte d’Eric Laurent, c’est : lâcheté d’un névrosé ou psychose. quand le diagnostic de psychose est apparu, cela est effleuré dans le texte ci-dessous où je parle de ma rencontre du texte d’Emmanuel Carrère, de sa révélation, je me suis sentie soulagée fondamentalement de l’accusation de lâcheté).
(la question qui me reste – juste à quel point je peux, je dois, je devrais me faire violence.)

extrait de « vouloir l’aveu« 

en attente d’un nom. quel nom me fait trou au cœur. quel nom me manque. que fais-je en cette absence. quel nom puis-je endosser, en quel nom écrire? comment rapprocher ce que j’écris de ma personne, de mon nom (impossible).  cela qui n’est possible que dans une lettre (au bas de laquelle j’écris mon nom).

(ce pourquoi j’écris beaucoup de lettres. ce pourquoi je suis tentée d’écrire beaucoup de lettres. est-ce pourquoi elles sont si souvent d’amour sont si souvent d’adieu. elles seules, le lieu de désir, de l’amour, de mort, etc. )

je me dis que je dois retourner à tenter de penser la lâcheté de ça : je n’assume pas ce que je suis, pense. je me dis ça, ces jours-ci. pourquoi ne pas plutôt penser en terme de lâcheté, en termes de lâcheté morale… plutôt que de psychose, de mélancolie ou de Dieu sait quel « rejet de l’inconscient »(2) :

« Il nous faut distinguer, à partir de Télévisionentre la clinique de la lâcheté morale et celle du rejet de l’inconscient. Il s’agit dans le premier cas d’un sujet défini à partir de la structure du langage, la clef en est le désir. Dans le second cas, le rejet de l’inconscient nous renvoie à un autre registre, celui où la  jouissance mortifère se noue à la naissance du symbole. »
Éric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar?47

et c’est là qu’il m’est apparu que je n’aurai jamais rien d’autre à écrire qui ne soit au bord de l’aveu.

(qu’il y s’agit moins de lâcheté morale que d’un vouloir de rachat moral. qui écarte tout le reste?)

toujours au bord de l’aveu. quoi que j’écrive, de cet ordre-là. ce grand désir toujours, qu’on en vienne là, aux faits, à la faute. le souvenir remonté de dostoïevski. l’enthousiasme de ma mère pour dostoïevski, ses grandes scènes d’aveux. je  veux l’aveu. faut du crime, faut que ça saigne pour que ça signe, même faut que ça s’enseigne, le reste balayé, inexistant. comme s’il n’y aurait jamais rien d’autre à écrire : ma faute.  celle reprise à mon compte dont ma mère n’a eu de cesse de s’accuser.

(question stupide : s’agit-il de la sienne de faute que je fais mienne, ou s’agit-il de la même faute. s’agit-il de sa folie que je prends à mon compte, de la mienne que je lui attribue, ou sommes nous aussi folles de la même faute l’une que l’autre…)

il y a une faute qu’aucun nom n’assume. c’est d’elle que ce que je veux écrire voudrais prendre la charge.

aucun nom, seulement la chair. Chère Hélène, Chère Véronique,

n’est-ce pas plutôt de la nature de cette faute qu’il faut se rapprocher. de cet objet de l’écriture. dont j’avais cru lire une interprétation possible dans l’écrit d’Éric Laurent cité plus haut sur la mélancolie. la culpabilité endossée du meurtre de la chose par le symbolique. non, c’était plus dramatique encore que ça. il était question d’incarnation. ne s’agissait-il pas d’incarner ce qui restait du meurtre. ou ce meurtre même et ce qu’il tue.

mardi 1 mars 2016 · 15h26

un peu plus vite, peut-être ( et l’objet cruel de l’angoisse)

Donn, au lit, une Q suffisante de degrés, lundi 29 février, 23:16

Je lis.

Daniel Pommereulle Objet Hors saisie (1964) Boite de peinture, lame de rasoir 10X8,5 cm
Daniel Pommereulle
Objet Hors saisie (1964)
Boite de peinture, lame de rasoir
10X8,5 cm

« Le ciel nous tombant sur la tête serait un bonheur. Caractère incompréhensible de Ia superstition gauloise. Quand ça arrive, c’est là, et sans doute n’y a-t-il rien dans tout ce qui arrive ou peut arriver qui soit aussi près de vite ou de rien. Savoir l’éclair garder serait la vraie, l’impossible devise. Art de vivre ennemi de la fiction, du rêve, du vague (rien est à l’opposé de vague).»

« DP ; ou le Dictionnaire Portatif de Daniel Pommereulle » de Jean-Christophe Bailly  IN Ferdinand Gouzon, Daniel Pommereulle –  Huitièmement, qu’est-ce que la cruauté ? Editions Multiple, Paris, 2016,  p. 160.

1er mars, mardi, Donn, 11h00

DP : … vie, vite, vide … l’éclair, le vite, le rien

à quoi je songeais cette nuit, moi qui  suis toujours dans la lenteur (dont l’âme est la lenteur).

… et la cruauté … mais la cruauté et le vite  ….or la cruauté et le vite

et la semaine dernière, avec ma mère, c’était bien ça : la cruauté, le vite. le trop vite. le trop cruel.

je songeais à cet objet de Pommereulle que décrit Ferdinand, cet objet insaisissable (parce que bardé lardé de lames de rasoir)

quel est-il cet objet, que m’apprend-il sur ce que je vis avec elle, ma mère. que me dit-il de l’angoisse,  de l’objet au cœur de l’angoisse, nommé par moi « cruel » (aussi cruel que son nom) (dans la suite probablement de ma lecture du l.  de Ferdinand.)

car je ne sais de quel côté chercher, ou s’il faut laisser tomber. analyser encore,  expliquer encore,  chercher à décrire encore. ou trouver autre chose. trouver à cette angoisse,  à cet insaisissable, une autre assomption, un autre destin,  un autre arrangement que celui des mots.

Pommereulle et sa vitesse : ce n’est pas une tension que je puisse soutenir cependant (moi qui suis lenteur et puissance toujours au bord de la défaillance).

et je songeais cette nuit aux tourments qui étaient les miens quand je suis arrivée à Paris, il y a une quinzaine d’années. qu’un analyste d’ailleurs avait  diagnostiqués, interprétés, nommés, baptisés : « angoisses », me soulageant au moins dans la mesure où je disposais enfin d’un angle, d’un coin par où saisir l’état pitoyable dans lequel j’étais. l’analyste convint également du traitement aux AD (on y revient, on les retrouve), malgré mon désagrément : car,  on le sent,  qu’il y a quelque chose, dans l’angoisse, quelque chose qui détient, qui attient à ce à quoi l’on tient plus qu’à n’importe quoi d’autre. (MY PRECIOUS,  murmure-t-on d’une voix assoiffée.) enfin, l’analyste sut me convaincre que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. qu’il serait encore possible de travailler là-dessus malgré l’apaisement apporté par les antidépresseurs.

je ne dirais pas cependant qu’aujourd’hui je retrouve l’angoisse, maintenant que j’ai cessé les AD, non, je ne dirais pas cela, car cette angoisse est toujours revenue quand je revoyais ma mère. et je m’en suis cette fois d’ailleurs plutôt honorablement sortie et plus vite.

11:50 plongeon rapide dans la baignoire  puis préparer à manger (sa salade de kasha, kale et patates douces). vite.

il y a bien une urgence qu’il faut rejoindre. :-)

jeudi 3 mars 2016 · 15h40

donn, jeudi, 7:46, réveillée par oiseaux

jeudi, 7:46, réveillée par des oiseaux, 17 degrés, j’ai relancé le chauffage.

 

HIER – au réveil, angoisse à propos de ce que j’avais écrit la veille… à propos de l’angoisse justement et ennuyée à l’idée que nous ne soyons pas sortis, ou si peu, que nous n’ayons pas FROPITE-DE-LA-BELLE-NATURE – et les arbres.  aussi ai-je entraîné jules dehors et en avons-nous étreint quelques-uns, d’arbres.  puis, il est rentré, son heure d’écran approchant.1  de mon côté, j’ai prolongé la ballade avec le Ches.

– Fer. et Pomm. , eux peut-être un peu trop confiance en la pensée pour moi. –

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à mon tour rentrée, me suis déplacée dans la cuisine,  manipulé des objets en faisant des pas, à droite, à gauche, en tentant d’être centrée – de me centrer sur mon tantien – dans l’espace restreint de la cuisine. manipulant, maniant les divers éléments préparés la veille en vue de la préparation d’un tofu mariné à la citronnelle auquel je m’essayais. il ne restait qu’à suivre les dernières indications de la recette, c’était peu de choses.       ( et je songeais qu’il faudrait que j’en finisse avec cette série du blog : « Pour en finir avec les antidépresseurs« . et que peut-être, à partir de maintenant ce serait : « FACE A L’ANGOISSE ». ou alors, plus simplement : « L’ANGOISSE ».  or ça, physiquement, à ce stade, cela seulement que j’arrive à en dire, c’est – quasi rien, sinon : Pression au niveau du cerveau, au niveau de la dure mère (la dure mère, ça fait partie des méninges, ça ne s’invente pas).  là, ça grésille, ça chauffe, c’est mon signal d’alerte. voilà, elle est là, l’angoisse, c’est dedans elle que tu es maintenant).

(NOTE: je n’adore pas que ces histoires de chi, d’énergie, soient entrés dans ma vie, seigneur, ça m’embête – après la psychanalyse, ça -, encore un de ces trucs pas présentables, juste bons à provoquer des sourires au coin des lèvres sceptiques.)

ensuite, en vrac: 

après-midi, taï chi dans le salon: 11 et 24. 

après ça, crépettes ( =  pancakes minutes) (toute trace d’angoisse disparue) avec jules.

et, en début de soirée, dans un coin trouvé L’ incorazionone de Poppea,  écouté le premier CD —–  Disprezzata Regina, Disprezzata Regina ——-  ma voix préférée reste celle de Poppée… ah – ce que l’on trouve dans les coins, par ici… c’est très rare, que je mette, «  de la musique à moi », de la musique de mon enfance, de la musique qui : tout de suite : diapason immédiat. me suis assise, ai écouté. j et f étaient là. f, travaillait. j. faisait des légos.

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terminé avec  Les variations Goldberg  en passant rapidement un coup de torchon espagnol sur le carrelage noir et blanc, autour du tapis, entre les pieds des assis, m’astreignant à la plus grande imperfection possible. pour le dire rapidement : bonheur.

soir : Better call Saul, dernier épisode de la dernière saison.

– sinon l’idée de rentrer tête baissée, de front, de face dans le vieillissement,  vaillamment. de plein fouet.
se prendre ça dans la gueule et l’exposer au monde, et que le monde se taise, encaisse : DANS TA FACE

dans ta face
dans ta face au carré, plein soleil, imperfection mortelle

 

Notes:
  1. horaire des vacances et des jours férié : il est autorisé à « faire de l’écran » (télé, ordi, jeu vidéo, etc.) à partir de 11 heures. en théorie, il n’a droit qu’à une heure. []
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