samedi 9 janvier 2021 · 09h31

Fr…éronique

Chère Hélène Parker,

Je vous demande de ne plus attendre de moi que j’écrive. De me laisser libre de ça. Je n’arrive pas à le formuler, mais autant cela m’a surprise, cela m’a fait plaisir, cela a été important que vous appréciez ce que j’écrivais, autant, ça ne peut pas devenir impératif (je veux dire que j’ai alors pensé que vous attendriez que j’écrive, que vous seriez déçue si je ne le faisais pas).

Je n’osais pas vous le dire, car j’ai aimé votre appréciation. Vous êtes devenue celle qui a aimé ce que j’écrivais. Ce qui me lie à vous d’une façon très spéciale, car vous avez pu reconnaître quelque chose qui ne l’espérait pas, modifiant l’estime que j’ai de moi, l’améliorant. [...]  Lire la suite >

mercredi 28 juillet 2021 · 15h55

timidité – comment je suis devenue seule – qu’est-ce que tu fais dans la vie?

on a été invités. 
j’espère qu’on répondra oui. bien sûr, j’y suis pour quelque chose, dans cette réponse. je puis y être pour quelque chose. or je ne sais ce qui de moi n’ira pas dans le sens de cette invitation, voire travaillera contre. 
je ne pense d’ailleurs  pas qu’il y ait moyen d’en savoir plus. 
d’en savoir plus sur ce qui  veut et ce qui ne veut pas. sur tout l’en même temps. 
« Points de fixation, ce titre est emprunté à Freud. C’est ainsi, en effet, qu’il désignait un arrêt de la pulsion en un ou plusieurs points du développement de la libido. Jacques-Alain Miller – dans son cours du 30 mars 2011 – fait équivaloir ce point de fixation freudien à la conjonction lacanienne du Un et de la jouissanceYad’lun, du Un de la jouissance qui ne laisse pas aller à la métamorphose, au déplacement, qui revient toujours à la même place, reste fixé en un point. » 
https://www.ecf-echoppe.com/produit/points-de-fixation/
point de fixation : je suis toute seule à la cour de récréation.  [...]  Lire la suite >

vendredi 17 septembre 2021 · 11h07

jeudi 16 sept. – rêve :: 2 + 1 chiens

…rêve du jeudi 16

j’ai deux chiens identiques, je les reçois. deux jeunes chiens noirs et maigres, au poil ras. ils courent dans tous les sens.
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j’ai un grand chien, plutôt grand et blanc, au poil long. je le promène, je fais des activités avec lui.
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à un moment, des laisses sont mises.
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je me souviens avec effroi des jeunes chiens noirs, oubliés, disparus. ils doivent être attachés quelque part. je les retrouve, debout, immobiles, côte à côte dans un  carton que j’ouvre, ils sont liés, j’ôte leur laisse, leurs liens, qui sont des sortes de bandages sur les yeux,  fermés, que je détache. ils gardent les yeux fermés, collés. c’est affreux en fait, ils sont dans un sale état. je suis très triste.
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le gros chien blanc est toujours là. ils sont trois chiens. je crois que j’ai le sentiment que je ne dois plus l’oublier. [...]  Lire la suite >

lundi 14 novembre 2022 · 19h33

une force

il y a en moi une force qui me pousse à ne pas faire ce que je dois, et qui a dominé toute me vie, à ne pas faire ce que je dois et à me haïr. à me haïr et à me supprimer.
(tentative d’articulation : je ne fais pas ce que je dois pour pouvoir me haïr)
c’est la force la plus insidieuse qui soit, la plus dissimulée.
je ne pense pas qu’elle s’exerce chez les autres de la même façon, ni qu’elle se soit exercée également en moi tout au long de ma vie. elle m’a cependant toujours rattrapée.
je pense que je peux exprimer ceci à l’âge que j’ai, à 59 ans (je pense que cette force-même s’y oppose, et que je suis en cette période en position de force vis-à-vis d’elle. )
tout au long de ma vie, je me serai battue pour mettre en place des stratagèmes divers et variés pour la contrer.
ces stratagèmes n’obéissent à rien de connu (de l’ordre de l’ordre, de la morale ou de la discipline). me semble-t-il. (en fait, je ne sais pas grand chose d’eux, je constate que je suis actuellement arrivée à une forme d’équilibre, de balance.)
quand sa menace se fait trop forte, souvent, me semble-t-il, j’écris. en dernier recours. car écrire entraîne une satisfaction de moi-même que je ne peux pas longtemps maintenir. que mon besoin de haine de moi vient rapidement contrecarrer.
(tout cela aujourd’hui, je le connais. j’écris, je ne pourrai pas écrire longtemps, il va falloir que j’oublie, que j’arrête, je ne vais pas rester dans ce confort, d’être celle qui écrit, je dois juste attendre le moment où,je pourrai y retourner. il n’y a là derrière rien d’autre que cette force d’inertie qui… ne veut pas que je puisse m’identifier à quoi que ce soit. c’est pourquoi aujourd’hui, il est temps que j’arrive à tracer les contours, même en creux, d’une identification, de ce que j’appelle une identification, c »est-à-dire quelque chose de l’ordre d’une forme, même en creux, car, à force de me fréquenter, je peux dire que je le sens finalement : il y en a une, de forme, identifiable.)
je voudrais aussi pouvoir l’écrire d’une écriture qui apprenne à faire place à la légèreté, je tiens à dédramatiser ce qui a pourtant toutes les allures d’un drame.
l’écriture n’est pas le seul stratagème, il y en a d’autres.
ce dont je parle, cette force de la haine de soi, de la haine de moi, des haïsseurs de soi, il m’est arrivé de l’attribuer à une maladie, celle répondant au doux nom de mélancolie.
ce nom est-il nécessaire, cette classification?
ce diagnostic.
ce diagnostic m’a emmenée à pouvoir écrire ce que j’écris ici. il n’a pas expliqué. il ne m’a pas expliqué.
par sa prise en compte d’une mortelle haine de soi, faisant partie de son pathologie, qu’il tirait enfin  dans la lumière. [...]  Lire la suite >

dimanche 22 janvier 2023 · 07h05

dimanche 22 janvier

Lit. Ah, il est 7 heures du mat, j’ouvre un œil et le téléphone, j’écris le fracassemeur du moment: Tu te hais, tu te hais, tu te hais… À quoi je rétorque : Mais pourquoi ? Pourquoi ? Si seulement tu m’expliquais ça. Évidemment, pas de réponse.

Je me lève. Ricoré, salon noir. Dommage qu’il ne le soit pas davantage. La lumière orange qui filtre de la rue est regrettable.

Difficile passage chez le coiffeur hier, et retour à la maison. 

Tellement intimidée sur place. Les lumières si fortes. Le jeune coiffeur très charmant, gentil. Et l’horreur de me voir dans le grand miroir si éclairé. Je vois tout de suite que je n’aurais pas dû mettre de la couleur sur mes yeux. Dès qu’il s’éloigne un moment, le coiffeur, j’essaie d’en enlever. Quand, je parle, je vois mes dents, c’est effrayant. Tout ce qui est affreux dans ce visage. Il me sourit tout le temps. Après que je lui aie parlé de tout ce dont je pourrais vouloir tenter comme coiffure, il se taira. C’est moi qui ajouterai encore l’une ou l’autre bêtise.

Beaucoup de lumières dans le salon, sommes entourés à gauche et à droite par 2 autres coiffeureuses, chacun.e très animé.e, bavard.e, qui discutent avec leurs clients respectifs de films, de séries. À gauche elle raconte les scènes, à droite il les mime, les rejoue, en anglais même, coiffant, face au miroir.  À un moment mon coiffeur se mêle à sa conversation de droite. À un moment, je me demande s’il ne  faudrait plus de miroirs à la maison, pour surveiller, maîtriser, cette image. Enfin je ne vois pas où, comment.

7h33. Je n’ai pas la moindre envie de regarder raconter tout ça.

Nous sourions doucement le coiffeur et moi. Je renonce à rien dire. A un moment, j’ai cherché le titre de la série que nous regardions hier. Rien, je ne m’en souvenais pas. Je ne sais même pas si c’est japonais ou coréen. Je sais que c’est trop violent, que je n’ai pas envie de regarder, mais que J insiste, il dit que c’est pas drôle quand je ne suis pas là. Ils ont envie de regarder cette série. C’est la deuxième saison. Deuxième épisode de la deuxième saison. Tout de suite, j’ai dit non. Mais bon, ils ont insisté. Ca se passe dans une ville, immense et vide. Qui n’est plus qu’un immense terrain de jeu. À mort. Les jeux sont cruels. On ne sait d’où les joueurs sont observés. Quand ils perdent, quelque chose leur tombe dessus, du ciel, les transperce. Je me souviens de tout ça maintenant, mais hier, plus rien. Seulement j’aurais pu dire que ça faisait trop peur. Alice in Borderland. Voilà, ça me revient. Vérification sur Google : c’est japonais. Survival, science fiction, thriller, drame. Le héros (ils écrivent Arisu dans les sous-titres, mais c’est Alice, à cause de le la prononciation des Japonais ) était un amateur de jeux vidéos.

F a acheté des scones, j’aime beaucoup ça — j’adore — j’en mange un morceau.

A un moment la coiffure était finie, les cheveux étaient coupés, ils étaient encore mouillés, nous étions ravis, nous montrions le coiffeur et moi-même des signes de ravissement. Je disais « quel soulagement ». Il disait ça donne un coup de peps. je disais « Quel soulagement, c’est réconfortant, comforting, je me sens moins exposée », mais je ne pense pas qu’il ait tout entendu. Il me demande s’il coupe encore un peu devant et je pense quelque chose comme « Non », il dit qu’on va sécher d’abord, et qu’on verra, il sèche et c’est très bien, c’est très bien, j’en ai une sorte de vertige, mais il dit quand même : « On coupe encore ? » Et je dis, « Bon d’accord, allez y ». Et il coupe, et pour moi, c’est pas bien, il me fait les cheveux hirsutes, mais il a toujours l’air aussi content, alors je ne dis rien. J’ai l’air ahuri de […] dans un film italien de […]… Fellini. Et elle, je ne sais plus, un nez de clown, rouge. Des cheveux très blonds, blancs. Si ce n’est que moi, j’ai bientôt 60 ans. Bah. Je me lève. Je dis « Merci », il dit « Non c’est moi ». Je paie, demande son nom, il est toujours gentil, dit « À bientôt ».

… entre crochets, […], = mot qui manque. J’ai besoin de marquer la présence de ces mots absents.

Dehors, j’ai envie d’un cocktail d’un Spritz, je suis à Bastille, j’aurais peut-être dû, je songe à faire venir F mais il ne viendra pas. On pourrait passer la soirée dehors. Je me dis qu’il faut prendre le métro, que je pourrais lui demander de me rejoindre à Anvers, au square […]… Je pense qu’il ne voudra pas. Ou que j’en parlerai en rentrant. Il fait noir, si je ne suis pas très habillée, je suis maquillée, coiffée, et même si la frange ne me plaisait pas, je dois être un peu bien, j’ai envie de vivre un moment dans cette illusion. Je tourne vers moi la caméra du téléphone en descendant les escaliers du métro, non, c’est une horreur. Arrivée à Gare du Nord, non je ne vais pas à Anvers, au square […], sur la rue […]

Je rentre. Et, F devant jeu. Déjà, le faire sortir de là. Il dit qu’il ne voit pas bien mes cheveux, je ne sais plus ce qu’il me dit, que c’est gonflé, c’est vrai qu’il y a beaucoup de volume, qu’il n’aime pas ça. Je dis que j’ai envie de sortir, F dit que lui non, mais. Je vais à plusieurs reprises me regarder dans le miroir de la salle de bain et directement j’essaie d’arranger. Il y a un produit dans les cheveux, je les mouille. Je regarde s’il y a un film à voir dans le coin, mais rien qui puisse plaire à F. L’envie de sortir me quitte, je suis comme désespérée. F a acheté à manger chez le traiteur de la rue […] J’ai envie de me démaquiller, d’aller au lit. F me demande si je veux sortir, je dis non, non. Je me résigne à passer à table, à manger. Il a gentiment acheté à manger. Il essaie de me parler. Je dis que ça va très mal. Il dit « Je vois ça ». Il essaie de m’interroger. Je cherche à ne pas m’énerver. J’arrive à vaguement dire que je ne supporte pas quand j’ai envie de quelque chose de ne pas y arriver, de renoncer. Ça m’attriste toujours horriblement. Je suis dans cette tristesse-là. Je dois faire l’effort de ne pas retourner ma colère contre lui. Seulement contre moi.

Dans les explications sur la mélancolie, il y a quelque chose de ça. A un moment dans l’enfance l’objet d’amour a déçu, et le sujet s’en est détaché, et a « retourné la présence à l’intérieur de soi », la présence, la personne précédemment aimée, est placée à l’intérieur de soi (pas les bons mots), « introjectée », la libido est ramenée à soi, mais à la fois pour aimer et détester. (toujours pas les bons mots, c’est pas clair). Aussi, quand le mélancolique est fâché contre lui-même, n’est-ce pas contre lui-même, mais contre l’autre « qui a déçu ». F, est comme l’image à l’extérieur de cet autre qui a déçu.

Cette déception, curieusement, je m’en souviens, ce moment dans l’enfance, mais pas de son objet. Je me souviens, marchant dans la rue avec mon frère lui avoir demandé « Tu préfères papa ou maman ? » et lui sidéré, me disant qu’il n’avait pas de préférence, et moi dans ma fureur en fait, ma déception, lui disant « Oh non, moi je préfère […] » — m ot qui manque. Longtemps, je me suis souvenue de cette scène, et de l’identité de la personne que je préférais, et donc de celle que je m’étais mise à haïr. Puis, j’ai oublié. Intellectuellement, j’ai tendance à croire qu’il s’agit de ma mère. Mais je n’en sais rien du tout, et surtout, je ne sais plus pourquoi. Ce qui a motivé ce retournement. Cette haine est vraiment refoulée et ça s’est retourné par contre complètement contre moi.

C’est comme si F tenait lieu de cette personne haïe.  [...]  Lire la suite >

mercredi 3 mai 2023 · 13h12

Extraits et notes de lecture de l’avant-propos du livre Le discours mélancolique de Marie-Christine Lambotte

Extraits relevés en cours de lecture

les numéros pages sont indiqués entre parenthèse

(p. 8) un certain type de discours dépressif que nous avons qualifié de « mélancolique » eu égard à son formalisme dépourvu d’affect et de fantaisie, à sa logique toute formelle et à l’impossibilité manifeste de cerner à son propos un quelconque récit

… l’originalité des formes d’organisation par lesquelles le mélancolique utilise son symptôme.

les signifiants essentiels de la mélancolie

Ainsi, comparativement à la dépression que nous considérons comme un état symptomatique transversal qui peut aussi bien concerner les névroses et les psychoses, et à la (p. 9) psychose maniaco-dépressive que nous considérons comme une psychose, nous avons cherché à caractériser plus précisément le discours mélancolique en fonction de ses signifiants essentiels, tels par le « rien » et le « destin » de même qu’en fonction de ses figures récurrentes telles le « tout ou rien« , « l’avant/l’après » et l' »apparent caché« . A considérer cette dernière figure, par exemple, la Vérité ou la vraie réalité serait pour le mélancolique « derrière les choses, là où ça brille » et la réalité quotidienne serait alors destinée à la masquer. Aussi bien est-ce pour cela que cette dernière se présente comme une surface plane, sans aucun relief et où tous les objets seraient subsitutables les uns aux autres et sans plus de valeur les uns que les autres. La réalité remplirait donc une fonction d’écran face cet objet du désir (l’objet petit a) sur lequel Lacan s’interroge relativement au sujet mélancolique et qui semble avoir affaire à cette expression de « suicide de l’objet » qu’il évoque comme hypothèse à la mélancolie dans la dernière leçon du Séminaire VIII : Le transfert. [...]  Lire la suite >

dimanche 20 avril 2025 · 08h02

dimanche 20 avril 25, 06:28 // de la tachypsychie

alors, c’est Pâques

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une phrase avec point au bout, une phrase sans.

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Je dois lutter pour ne pas refaire le thème de iota et le passer en FSE (full site editing)

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je m’étais levée pour boire une Ricoré et retourner me coucher. et retourner me coucher et profiter du lit et dormir et ne plus penser.

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parfois, ne pas dormir et penser est agréable parfois, comme ce matin, pas très. la façon dont mes idées sautent d’un sujet à l’autre, plus ou moins indifféremment, n’est pas très agréable. j’ai appelé ça d’un terme psychiatrique l’autre jour, j’ai oublié lequel. dans le texte moments. il y a des variations, des variabilité dans la vitesse des sauts de l’une à l’autre pensée. quand ça ne va pas trop vite, ça peut être intéressant. ça peut être bien. quand ça traîne et ça se répète, c’est pas terrible non plus. mais ça peut être bien. du moment que quelque chose parvient à s’imprimer ne fût ce qu’un peu, c’est bien. [...]  Lire la suite >

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