Plus rien à ménager, c’est dire sa liberté. Mais elle n’est pas sans désir puisque Dieu désire en elle et à travers elle. La manière dont le désir de Dieu la meut, n’est pas sans évoquer la manière dont le désir inconscient se manifeste, court-circuitant la réflexion, voire même la conscience. Il faut se laisser aller à ce qui vous pousse, ou vous meut. Le premier mouvement de l’âme transformée est de Dieu, c’est le bon. On a pu parler, à son propos, de somnambulisme divin, par exemple dans son rapport à l’écriture, où c’est Dieu qui écrit à travers elle. La belle indifférence de Mme GuyonCatherine MillotDans Insistance 2012/1 (n° 7), pages 89 à 97https://www.cairn.info/revue-insistance-2012-1-page-89.htm
«Une telle âme ne peut rien désirer, ni rien craindre, elle ne soucie ni d’honneur, ni de bien, ni de vie, ainsi n’a-t-elle plus rien à ménager.»
jeudi 8 juillet, 11h54 :: dégoût (le monde réduit à un diagnostic)
nuits d'insomnies se succèdent. c'est l'écriture sur le blog qui devient trop difficile. qui provoque en moi du dégoût. dégoût de la situation, de cette maladie, de ce que je décris. dégoût et crainte aussi.sur le blog, j'ai ajouté une page qui liste tous les billets du mois de juin dans l'ordre chronologique. je voulais voir comment ça se lisait (je projette de faire ça pour tous les mois)1. cette relecture de textes écrits pour la plupart dans l'urgence, la nuit, s'est avérée pénible. je ne cesse de trouver à corriger, à ré-écrire, à supprimer. éventuellement je m'aperçois que je me suis répétée, que deux jours à la suite j'ai redit la même chose, avec…
C’est de la sculpture, je crois, que m’est venue cette habitude de ne penser que sur le moment,
C'est de la sculpture, je crois, que m'est venue cette habitude de ne penser que sur le moment, car j'avais pris l'habitude de ne penser qu'avec les mains et qu'à l'instant d'en faire usage. De la pratique intermittente de la sculpture, j'ai conservé aussi l'habitude du plaisir auquel j'étais par nature predisposée : mes yeux avaient tellement manié la forme des choses que j'en avais appris de mieux en mieux le plaisir, en m'y enracinant. Je pouvais, sans recourir à plus que je n'étais, je pouvais profiter de tout. Exactement comme hier devant la table de mon petit-déjeuner, je n'avais besoin pour former des boulettes de pain, que de la surface de mes doigts et…
Je me levai enfin de ma table, cette femme.
Moi seule saurai si cette faille fut nécessaire. Je me levai enfin de ma table, cette femme. Ne pas avoir ce jour-là de domestique allait m'autoriser à une occupation à mon goût : faire du rangement. J'ai toujours aimé ranger. Je suppose que c'est là mon unique vacation véritable. En mettant de l'ordre dans les choses, je crée et comprends en même temps. Mais comme je me suis peu à peu enrichie en plaçant assez bien mon argent, je m'en suis retrouvée empêchée d'exercer cette vocation : pour peu que je n'eusse pas appartenu par la culture et l'argent à la classe à laquelle j'appartiens, j'aurais normalement dû avoir un emploi de femme de ménage…
Clarice Lispector, La passion selon G. H.
livre de toute beauté, qui vous annihile comme il se doit. sur la folie, qui en restitue la cruauté et la joie, l'aridité, la sueur, donne à en entr'apercevoir l' universelle vérité, celle à laquelle il est tellement impossible de renoncer.
vendredi 16 juillet :: sur les noms propres dans les magasins de disque
19h21. un verre en terrasse pendant qu'ils magasins de disque. ils toujours des heures magasins de disques. magasins de disque, ça ne veut rien dire pour moi. que des noms, des noms, des noms. je l'ai vu en rentrant dans le magasin, tous ces vinyls affichés qui recouvraient le mur, ces belles pochettes, ne signifient rien pour moi. que des noms, des noms de groupes, de musiciens. jamais arrivée à. il y en aurait des choses à dire. alors, cette fois je suis sortie. j'ai dit je vais boire un verre à côté et me voilà. voilà là. tout ce qui de la culture tient aux noms. aux noms propres. et la façon dont je…
sam 17 juillet :: une invitation facebookienne (I)
J'ai bien peine à m'intéresser au monde tel qu'il s'exhibe dans les médias et je n'en recueille que très rarement d'autres échos. À peine je sais où est la Colombie. Tant de coordonnées m'échappent. Il me semble que le temps et l'espace errent en moi entre zéro et l'infini sans transition. Tous les jours, je perds un peu la parole et me bats pour trouver les moyens de construire un monde à ma taille où je ne finisse pas de perdre la raison : repérer, chérir, accorder, relier, tenter, de relier, entre eux, l'un ou l'autre propos qui garde à l'extérieur (entendez de votre côté, du côté des autres) quelques résonances. Je teste des formules, des formulations. […]
dim 18 juillet :: une invitation facebookienne (II)
tours, dimanche, 9h41cher monsieur, vous voudrez bien m'excuser j'espère pour ce que je vous écrivais hier. je sortais d'heures d'insomnies, stériles, l'angoisse s'épaississait que j'aurai tenté de dissiper en m'adressant, par écrit, à l'un ou à l'autre, c'est tombé sur vous. pour autant que je m'en souvienne, c'est cette phrase de vous qui m'a fait réagir : qu'est-ce que vivre : participer au fait de la cité ( et non pas "simplement vivre"- Walter Benjamin). je m'en serai sentie exclue, de par l'impossibilité où je suis de participer d'aucune façon à la vie de la Cité. et puis... je sortais d'un mois de d'abstinence FB... et me sentais glisser à nouveau dans son étang de…
parenthèse cbd
dimanche 19 juillet, 9h32.de nouveau dormi jusqu'à 9 h.je dors comme ça depuis que j'ai augmenté le nombre de gouttes d'huile de CBD que je prends le soir, ainsi que me l'a conseillé le vendeur à qui j'expliquais que c'était de nouveau moins bien depuis quelques jours : augmentez, de 2,3 gouttes, testez. c'est une huile achetée à Bruxelles, pure, pas un isolat. j'en avais acheté un flacon il y a un mois, que je n'ai pas encore terminé, mais j'en ai racheté un au moment de notre passage. j'ai donc augmenté les doses et effectivement, au plus j'en prends, au plus longtemps je dors. cela faisait des années que je n'avais pas dormi si…
lun. 19 juillet – A Hélène Parker :: le voici, le blog
Donn, lundi 19 juillet 21Chère Hélène Parker,Voilà l'adresse du dernier article que j’ai publié sur le nouveau blog, un cauchemar1. Et voici l'adresse que vous m'aviez demandée, celle du vieux blog, pour l'instant intitulé L'illisible : htttps://disparates.org/iotaJe vais donc, maintenant que je vous l’ai envoyé, m’empresser d'en changer "l’habillage". C’est l'une des plus pénibles contraintes liées pour moi au blog : je ne peux pas ne pas (très régulièrement et de fond en comble) en modifier l’apparence. Comme si l’habillage en modifierait la lisibilité. J'ai tout à fait lié ça à la façon dont je ne peux jamais moi-même m'habiller. Dont je ne sais jamais moi-même comment m'habiller. Raison, d'ailleurs, pour laquelle je ne sors…
mar. 20 juillet – à HP, non-envoyé :: des nouvelles
Bonjour, De nouveau là car hier frère écrit qu'ils testés négatifs, mais qu'Elena malade "genre rhume-grippe très fort". Je dis symptômes Delta. Il oui dit. Sommes à Outrée pour terminer de vider l'appartement de C, vendu. Vider, jeter, ramener à Outrée ou à Tours. Il y a des meubles auxquels je suis très attachée. Je vous ai parlé de cet attachement. Demain vient un commissaire-priseur pour O et C. Il notera l'incommensurable. Édouard fait le fou depuis quelques jours, crispant. Il ne va pas bien. Il ne parle plus que sur un ton impossible à croire. Un ton normal. Cela équivaut chez lui à de l'ironie. Je crois qu'il râle parce qu'il a pris congé…
mar. 27 juillet :: dedans dehors (d’inanité sonore)
Chair, rocaille. Si l'on ne distingue ce qui se dit, un soupir s'entend. Dedans, dehors. Qu'est-ce qui me vaut ce qui s'apparenterait à de la joie. Une joie bien calme, qui ressemble au silence, au recueil. - Ce pays de merde ! Voix reconnue d'un clochard. Et l'absence de soleil.
mar. 27 juillet :: rêve -affublée d’un double
À ce que j'écrivais ce matin, je voudrais rapidement ajouter que je m'étais d'abord réveillée fort prise dans un rêve où j'ai aussi longtemps que possible continuer d'errer, que j'aimais alors qu'il s'agissait d'un cauchemar, dont je ne me souviens d'aucun terme, si ce n'est, peut-être, celui exagéré des silhouettes de ce sculpteur dont le nom me revient : Giacometti. J'étais dans le rêve affublée d'un double, crois-je. Un double masculin dont l'allure évoquait l'un de ses longs marcheurs au corps de terre adoigtement rapprochée (je le dis comme ça me vient). Ce double avait une fonction déterminée liée à ce qu'il ne soit pas sans sens qu'il soit, lui, de sexe masculin. Cette fonction…
timidité – comment je suis devenue seule – qu’est-ce que tu fais dans la vie?
on a été invités. j'espère qu'on répondra oui. bien sûr, j'y suis pour quelque chose, dans cette réponse. je puis y être pour quelque chose. or je ne sais ce qui de moi n'ira pas dans le sens de cette invitation, voire travaillera contre. je ne pense d'ailleurs pas qu'il y ait moyen d'en savoir plus. d'en savoir plus sur ce qui veut et ce qui ne veut pas. sur tout l'en même temps. "Points de fixation, ce titre est emprunté à Freud. C’est ainsi, en effet, qu’il désignait un arrêt de la pulsion en un ou plusieurs points du développement de la libido. Jacques-Alain Miller – dans son cours du 30 mars 2011 – fait équivaloir ce point de fixation freudien…
I write just one or two pages a day, yes, only in the morning, and I never add or take out anything.
"I write just one or two pages a day, yes, only in the morning, and I never add or take out anything. But what is important is that I never have a plan or a story in mind. Each page is revealed to me at the moment I start to write. This is the only way that I can write, for writing is not a job for me, nor an art, but a faith, a sort of a personal religion. To continue writing I don’t need to know where I’m headed, only that I can do it, that I’m the only one who can. This is how I wrote my most important books—Orbitor v. 1-3…