Il arrive souvent que des choses me bouleversent, sans que je ne m'en rende nécessairement compte. Si ce bouleversement se prolonge, se renforce - de façon dramatique -, sur plusieurs jours, je peux alors éventuellement l'interroger, éventuellement poser un lien avec ce qui l'a causé. Mais, il s'agit alors d'une interrogation consciente, et donc teintée d'une sorte de doute. ( Je ne pense pas qu'il y ait en moi d'autre lieu pour la certitude que l'inconscient. Or mon lien à l'inconscient serait si serré, que je ne pourrais m'empêcher d'attendre, sans concession, que la conscience m'offre cette même sorte de certitude. Ce qui est à proprement parler impossible.) Aussi, n'arrive-t-il (pratiquement) jamais que j'en parle,…
l’oublieuse (ô solitude)
à Hélène Parker – vouloir l’aveu
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à Hélène Parker – je ne vous ai toujours pas envoyé l’autre lettre,
Donn, samedi 15 mai 2021 à 06:10 je ne vous ai toujours pas envoyé l'autre lettre, sur le tai chi. et puis celle sur le rêve de la villa, le trajet consacré à me battre pour ne pas rencontrer la (jalousie) de celle dont je suis l'autre femme. c'est que j'ai passé un jour ou deux à essayer de capter ce qu'arrive à saisir Eric Laurent d'une identification à la Chose dans la mélancolie, au travers du Fort-Da (dans "Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale", Ornicar? 47, 1988.). cela me devient de plus en plus énigmatique, j'ai beau scruter ces quelques paragraphes, m'attendant à un éclair, je n'y arrive pas, je ne comprends pas et je…
Catherine Millot – L’appel du vide… (extrait d’Abîmes ordinaires)
ici, les photos de ces pages d'Abîmes intérieurs ordinaires de Catherine Millot, qui m'ont tenue en haleine, que je n'ai cessé de me remémorer, de vouloir retrouver, qu'il me faut interroger encore, aimer encore, vouloir encore ; les photos faute d'avoir le temps de les recopier, ce que je ferai plus tard... il était venu à mon secours en répondant que je pratiquais l'otium cum dignitate Le refus du travail relevait du défi mon étrangeté légitime... s'efforcer de se tenir prêt, mais pour qu'elle venue ? Que mon existence pût se résoudre à cette oscillation aussi dérisoire qu'énigmatique, que cette vaine entreprise en constituât peut-être le sens ultime me remplissait parfois de stupeur. être la…
toute-une-à-une-seule chose
il m’apparut au réveil que ma façon d’être toute-une-à-une-seule-chose, tant d'années durant ardemment combattue, tant cela s’apparente à un gouffre, est peut-être le meilleur moyen de lutter contre le sentiment d’errance qui fait le fond de mes jours, de tenir un fil sans le lâcher, d’avancer sur le vide – comme je me réveillai dans l’envie de reprendre ce texte lu hier soir, sur la mélancolie, en lieu et place de quoi, comme j’ouvrais mon téléphone, je publiai les photos de ces pages, merveilleuses, que je relus par le même occasion, de Catherine Millot dans Abîmes ordinaires (et non pas « intérieurs », comme je l’ai certainement noté, et qu’il me faut immédiatement corriger !) à les relire, je compris ce qui m'avait échappé, cette intransitivité…
lundi 7 juin :: je quitte la piscine-millot
lundi 7 juin matinvoilà, c'est fait je me détache, j'oublie, déjà, CM. combien j'ai tenu à elle, le temps de la lire. et là je le sens, je m'éloigne, de plus en plus de son bord.je tenais tant, à la piscine-millot. s'agripper au bord de la piscine. bientôt reprise par.ai-je tout noté, l'important?qu'ai-je dit?heureusement que je sais nager. 16:15dans la rue. je ne m'en sortais plus. je suis sortie, je fume une cigarette payée 80 centimes d'euro. je ne sais pas du tout quoi faire. il fait beau. tout est étonnant,j'aurais presqu'oublié qu'il y avait des masques. je fais le tour de la place immense.plus que quelques rues à parcourir pour rentrer chez moi. je n'ai…
la nature de mon corps
Nathalie est fâchée sur moi et j'en suis fâchée. je tente de me faire excuser en lui disant que je suis bipolaire. je lui parle aussi de ce qui peut s'atteindre dans le corps, du corps, se vivre. j'exige alors d'être ramenée "quelque part". nous partons en taxi. arrivée cage aux ours, explosion. je repars dans ma rue seule et heureuse, avec le taximan.
«Une telle âme ne peut rien désirer, ni rien craindre, elle ne soucie ni d’honneur, ni de bien, ni de vie, ainsi n’a-t-elle plus rien à ménager.»
Plus rien à ménager, c’est dire sa liberté. Mais elle n’est pas sans désir puisque Dieu désire en elle et à travers elle. La manière dont le désir de Dieu la meut, n’est pas sans évoquer la manière dont le désir inconscient se manifeste, court-circuitant la réflexion, voire même la conscience. Il faut se laisser aller à ce qui vous pousse, ou vous meut. Le premier mouvement de l’âme transformée est de Dieu, c’est le bon. On a pu parler, à son propos, de somnambulisme divin, par exemple dans son rapport à l’écriture, où c’est Dieu qui écrit à travers elle. La belle indifférence de Mme GuyonCatherine MillotDans Insistance 2012/1 (n° 7), pages 89 à 97https://www.cairn.info/revue-insistance-2012-1-page-89.htm
La vieillesse lui allait comme un gant.
Souvent quand je parle, je crains le trou qui peut s'ouvrir à n'importe quel moment. Je m'apprête à user d'un mot, autour duquel mon récit s'organise, il est là, attend son tour, et soudain le voilà qui s'éloigne, me faisant face, me regardant, le voilà qui recule, s'éloigne vers le soleil couchant, l'horizon, ses lettres se troublent, son panneau s'efface, il n'est plus là. Et il n'est plus là pour longtemps. Il n'est plus là comme s'il n'avait jamais été. J'ai toujours dû avoir affaire avec ça, probablement. Mais il me semble que ça s'aggrave. J'ai l'impression que je ne devrais pas dire ça. Je le vis comme une tare. Je me dis que je…
Sur Beckett, encore, dans Un peu profond ruisseau de Catherine Millot
« Pendant ces longs mois où j’étais occupée par ma mère, je lisais La cérémonie des adieux de Simone de Beauvoir, et relisais Les derniers jours d’Emmanuel Kant de Thomas De Quincey, qui est le grand chef-d’œuvre du déclin, où l’humour et le tragique se côtoient. Mais c’est surtout Beckett qui m’a retenue, en particulier sa correspondance, dont j’ai passé des mois à lire et relire les quatre volumes, ainsi que sa biographie par James Knowlson. Une vie exemplaire sur la voie de la simplification à laquelle toute vie devrait tendre, me disais-je. Beckett voulut aller par l’écriture dans le sens de la faiblesse et de l’impuissance. Il choisit pour cela d’écrire en français, langue étrangère,…