mardi 7 juillet 2009 · 08h43

(où il est question de l’abjection)

la journée d’hier s’est extrêmement bien terminée (une fois que j’ai eu fini d’écrire ici, et que je sois allée à mon rendez-vous psy).

réveillée ce matin en sursaut à quatre heures et demi en pensant à « l’abject ».  à « l’abjection » dont parle miller   dans son dernier cours de cette année, comme d’un concept auquel lacan tenait particulièrement. à cette lecture je m’étais demandée où se se situerait l’abject dans ma vie, où je situerais l’abject dans ma vie…

« Jadis, c’était en 1966, je lui disais, ayant sous les yeux et compulsant les épreuves, comme on dit, de ses Ecrits, qu’il aurait fallu faire un « Index des concepts » de son enseignement. Il me répondit : « Faites le ! » […] Il me le laissa faire à mon gré et ne me fit qu’une seule recommandation : ‘Ça doit commencer par le mot abjection’. […] Lacan voulait que ce soit l’alpha sinon l’oméga de son enseignement. […] dans la mesure où le psychanalyste, pour ou contre Lacan, est, par lui, assigné à la position de l’objet dit petit a, et cet objet, comme il lui est arrivé de le dire plus tard, est aussi bien un abjet. D’une façon générale, la jouissance a ses racines, plonge dans l’abjection. Quels sont les antonymes de ce mot? La dignité. L’honneur. […] Dans l’expérience analytique, ce qui concerne le plus intime de la jouissance prend toujours la forme de l’aveu de ce qui mérite d’attirer mépris, opprobre, comme l’indique le dictionnaire, l’abjection étant l’extrême degré de l’abaissement. Le sujet du signifiant, celui de la parole, n’y touche, ne consent à s’avouer son rapport avec qu’en témoignant que la répulsion accompagne, est inséparable de l’attirance invincible qu’il éprouve dans ce rapport. » Jacques-Alain Miller, cours du 10 juin 2009 [...]  Lire la suite >

samedi 1 août 2009 · 18h04

L’école, les filles, Lacan // le rêve

18h04

Malheureusement premier août 2009. Rentrés hier de Berlin.

Rêve de cette nuit  :

L’action se tient à l’École des Dames de Marie. Ma classe fomente un complot contre Lacan. Je ne sais plus exactement sous quelle forme. Peut-être s’agit-il d’un écrit. Lacan est le fondateur de l’école, qui n’est pas une école de psychanalyse mais l’école d’enseignement secondaire, 1« Humanités » en Belgique, à cette époque. qu’elle était. Les filles sont très remontées contre Lacan. Ma mère est des leurs ! Elles  me tancent, me prennent à partie parce que je ne suis pas d’accord avec elles. Une autre femme est de mon côté, mais qui se tient à l’écart. Je leur demande : [...]  Lire la suite >

Notes en bas de page

  • 1
    « Humanités » en Belgique, à cette époque.
mercredi 19 décembre 2012 · 09h19

Une vie de dissimulation

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Me demande si tout le monde dissimule autant que moi,  si c’est normal ?

C’est d’avoir écrit ce mail l’autre soir à ma mère qui m’a menée à cette constatation.

Ma vie n’est au fond que honte et dissimulation. Après avoir écrit ce mail, et envoyé, après avoir éteint la lumière et m’être couchée sur le côté, j’ai pensé à autre chose, m’est venu autre chose, mais je ne sais plus quoi. J’y réalisais probablement la jouir que devait être la mienne à retenir ces aveux. Je fais de la « rétention » d’aveux. Et que là se situe la jouissance. Non, dans l’aveu même – ainsi qu’il en est dans Dostoïevski (( quand il en est ainsi dans ses livres, ses livres passant aux aveux, retenus jusqu’à leur écriture, peut-être. )) pensais-je en pensant à moi et ma mère, mais dans sa rétention. Et, si cela était pris dans une logique obsessionnelle, l’aveu étant par moi supposé l’objet de la demande de l’autre . Que l’Autre attend-il, veut-il ? L’aveu. il veut l’aveu. Que dit Lacan de l’aveu ? Le pire.. L’aveu….

Il n’y a qu’au travers de l’écriture,  et ce genre d’ecriture-ci,  de petit matin,  de l’entreprise veille et réveil, ainsi que je le disais l’autre jour, que quelque chose de cette dissimulation peut éventuellement transparaitre,  m’apparaisant. Non pas l’objet de ma dissimulation,  occupation de tous mes instants,  mais la dissimulation-même. Dissimulation m’apparaisant sans l’après-coup de son dévoilement.

Une part de la jouissance de l’analyse s’étant située là, le passage aux aveux dans une chambre secrète, et se récupérant aujourd’hui dans cette rétention (finalement perpétuée, si je considère que le secret du cabinet n’est pas….) Hypothèse. (le secret du cabinet n’est qu’un moment de l’avènement de l’aveu.) (l’aveu ne s’y complète pas).(ne s’y accomplit pas, de même qu’il ne s’accomplit pas dans l’écriture- car si je publie ici ces mots, ce qui modifie, je le sais, l’enjeu de l’aveu, il me semble, une fois de plus, que j’y parle de quelqu’un d’autre, ces mots se publiant dans leur nature de fiction, ratant l’enjeu de la honte, la honte à jouir du non-accomplissement de, de l’obéissance à .) (l’enjeu de l’aveu constituant ce qu’il y a à connaître.) (s’il n’y avait d’aveu, il n’y aurait d’Autre, et s’il n’y a d’autres, qu’y a-t-il.)

Comment cela se peut-il,

jeudi 13 mai 2021 · 12h01

à Hélène Parker – vouloir l’aveu

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dimanche 7 avril 2024 · 07h26

le petit tas d’ordure comme motif de l’inavouable
— Autour de Sans valeur de Gaëlle Obiégly que je lisais hier soir encore.

Autour de Sans valeur de Gaëlle Obiégly que je lisais hier soir encore.

Le petit tas d’ordure comme motif de l’inavouable. L’ordure ramenée chez elle, le cœur battant malgré elle. Dont la matière, l’humus plaît à son chat. Qu’elle ne dépiaute, décortique pas tout de suite, qui existe d’abord comme un corps, un corps un, qu’elle observe, qu’elle nomme, même, « Lady », dont elle laisse venir à elle certains éléments, qui paraissent subitement en surgir, peut-être du fait des manipulations du chat. Ensuite, il est vu qu’il s’agit de papiers, de déchets de papiers, qu’il s’agit d’écrits, d’écriture. Il est vu par nous lecteurs. Mais ce pourrait aussi bien avoir été réalisés par la narratrice ou l’autrice, à ce stade-là. Tiens oui, il s’agit d’ordures, je suis amoureuse d’un tas d’ordures, mais il s’agit d’ordures particulières puisqu’il s’agit d’écrits. De choses à lire ou…. pas à lire. Enfin, il est lu ce que ces papiers recèlent d’odieux. [...]  Lire la suite >

mardi 9 avril 2024 · 05h09

Sans valeur

ce que m’apprend ce livre, c’est la nécessité d’avoir une réserve, la nécessité, la possibilité, le moyen. le bénéfice ici à en tirer, je le vois maintenant. je me suis empêchée d’écrire parce que je voulais m’empêcher d’écrire ce qui ne pouvait être lu. j’étais dans une obligation de tout dire, essentiellement motivée par ce qui ne peut l’être, par ce qui doit être caché. je trouve ici la raison, la motivation d’écrire pour soi, d’avoir ses carnets secrets. grâce à cet aveu, cette façon de soulever un coin du tapis, d’entrouvrir le placard, et de dire, ailleurs il y a autre chose, ailleurs il y a pire, cette seule évocation sauve de tous les carnets noirs. et quand ils transparaissent en filigrane, paradoxalement ils délivrent de l’obligation de transparence. par le charme aussi de ce qui se crée, de ce qui s’invente, pour trouver le moyen de dire sans dire, de rester sur le fil de l’aveu tout en maniant des voiles, je retrouve ou reconnais mon goût du secret. c’est comme si vous se trouvait ouverte ou rouverte la possibilité d’un espace à moi. Séparé l’Un et l’Autre. qu’il puisse y avoir un endroit de l’Un sans l’Autre. Puis, de là, un endroit de l’Un à l’Autre. [...]  Lire la suite >

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