jeudi 13 mai 2021 · 05h48

à Hélène Parker – c’est que je ne n’arrive plus à tenir aucun fil

Outrée, jeudi 13 mai, 5h48

Hélène Parker, 

Si je n’arrive plus à vous écrire c’est que je ne n’arrive plus à tenir aucun fil. 
Il faut que je trouve le moyen d’écrire plus vite ou plus régulièrement, systématiquement. 
Je suis à nouveau confrontée à des problèmes de sommeil. 
Je vais essayer de terminer les lettres commencées et de vous les envoyer. 

Nous vivons à une époque qui incite à l’éparpillement, à la « dispersion mentale » – plus rien n’accroche, plus rien ne fait butée.
Pour cela les réseaux sociaux sont une plaie. 
C’est pourquoi je me suis désinscrite de Facebook, d’Instagram.
Il reste Twitter, où je prends des nouvelles d’Anton. 
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jeudi 13 mai 2021 · 12h01

à Hélène Parker – vouloir l’aveu

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samedi 15 mai 2021 · 06h06

à Hélène Parker – je ne vous ai toujours pas envoyé l’autre lettre,

Donn, samedi 15 mai 2021 à 06:10

je ne vous ai toujours pas envoyé l’autre lettre, sur le tai chi. et puis celle sur le rêve de la villa, le trajet consacré à me battre pour ne pas rencontrer la (jalousie) de celle dont je suis l’autre femme.

c’est que j’ai passé un jour ou deux à essayer de capter ce qu’arrive à saisir Eric Laurent d’une identification à la Chose dans la mélancolie, au travers du Fort-Da (dans « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar? 47, 1988.). cela me devient de plus en plus énigmatique, j’ai beau scruter ces quelques paragraphes, m’attendant à un éclair, je n’y arrive pas, je ne comprends pas et je m’en veux.  [...]  Lire la suite >

lundi 24 mai 2021 · 12h01

à h. parker :: la sphère

chère Hélène Parker bonjour,

sur twitter je tombe sur ce bout de phrase : the body is submitted to the deadly effects of the signifier

le corps est soumis aux effets mortels/mortifères/létaux du signifiant.

et je me dis que l’expérience que j’en acquiers, avec le tai chi, est tout autre.

je ne m’explique pas le chi (1) et les effets de chi.

je tente de me les expliquer.

ainsi l’autre jour, au cours du vendredi, nous nous appliquions à dessiner/forger une sphère dans le ventre, une sphère dont le centre soit le tantien (2), le centre du corps. 

ce jour-là, Pierre dit que l’on retrouve alors la sphère, qu’il y aurait une sphère primitive perdue au fil de l’avancée en âge, perdue par nos apprentissages, nos modes de vie, notre civilisation. (bon, un autre jour, il dira que le tantien n’existe pas. il est tenté je crois de formaliser ceci : que ce que l’on trouve en tai chi, on le retrouve. que cela a été, puis a été perdu. et il s’étonne que l’on doive à ce point travailler pour retrouver quelque chose qui est là, qui a déjà été là.) je ne crois personnellement pas qu’il y ait jamais eu cette sphère-là, cette sphère si précisément et géométriquement construite. (mais je crois qu’il y a de la sphère », c’est-à-dire que notre corps en sait un bout, la connaît à sa façon; la sphère et sa perfection, si le trait qui s’en trace est symbolique, si elle s’écrit mathématiquement, le lieu qu’elle ouvre est hautement imaginaire, non?  qui toujours renvoie à une conception de l’univers, à une conception de soi infime grain de sable face à l’immémorial mouvement des astres. forme première qui n’a pas attendu pas la main de l’homme pour exister, la sphère ne manque pas : soleil, lune, oeil, poing, noix – ventre. autant de sphères qui en nous résonnent.) et donc, plutôt j’imagine que ce qui se retrouve, se rejoue, au travers de ce dessin en trois dimensions exécuté à l’intérieur du corps, c’est moins la sphère, que quelque chose de l’ordre de la rencontre du corps et du langage (elle primitive pour le coup, la rencontre). quelque chose de l’ordre du marquage est retrouvé, célébré, agi, dont les effets dans le corps sont directement guettés, cherchés, accueillis, voulus pour eux-mêmes. jouis. consciemment[...]  Lire la suite >

lundi 28 juin 2021 · 13h45

être le jardin, être la maison

Paris, lundi 28 juin, matin, rentrés hier, dimanche, de Donn, découvert inondation dans le dressing (important dégât des eaux).

de la nuit de vendredi, si importante, je ne sais si j’arriverai à écrire encore quelque chose.

nuit de vendredi 25 à samedi 26

m’étais réveillée très tôt. 3 heures, je crois. mal aux dents, aux oreilles. (avais mangé beaucoup de sucre, je ne peux pas.)

j’écris ce qui me revient, peu : ce sentiment d’être dans les limites du jardin, d’être le jardin.

et alors, au sortir de la nuit, cette impression de savoir.
de savoir quelque chose, d’avoir compris, de mon fonctionnement.  [...]  Lire la suite >

lundi 19 juillet 2021 · 14h43

lun. 19 juillet – A Hélène Parker :: Le voici, le blog

Tours, lundi 19 juillet, 13:42
Chère Hélène Parker,
Voilà l’adresse du dernier article que j’ai publié, un cauchemar. et voici l’adresse du blog, que vous m’aviez demandée, pour le moment intitulé L’illisible.
Je vais, maintenant que je vous l’ai envoyé, m’empresser d’en changer « l’habillage ».
C’est une des contraintes liées pour moi au blog : je ne peux pas ne pas en modifier l’apparence à intervalles réguliers. Comme si l’habillage en modifierait la lisibilité. 
Il s’agit cette fois d’un blog WordPress, hébergé sur la plateforme de WordPress, la formule gratuite. La raison de ce choix est que cela limite notablement les possibilités de modification de l’habillage et des fonctionnalités du blog. Je m’en tiens au fil des lettres, je m’y contrains, je renonce à faire image, à tomber dans le trou de l’image impossible. Je m’en tiens à la possibilité d’une voix.
Pouvez-vous prendre cela comme un bloc-notes, comme un fourre-tout, du vaste brouillon. Comme un pare-au-pire. Dont j’espère un jour parvenir à tirer du lisible. 
Je veux aussi y témoigner de la psychanalyse,
Bien à vous,
Blanche Demy

NB : La sorte de réduction à laquelle l’écriture de ce blog m’avait amenée, qui m’était devenue insupportable, j’essaie maintenant de l’étoffer par des éléments du jour, des éléments qui ne soient plus seulement extraits de mes angoisses nocturnes. Je sais pertinemment que je ne fais pas de la littérature.  [...]  Lire la suite >

vendredi 3 septembre 2021 · 11h01

BXL, ven. 3 sept – ne vois-tu pas que je brûle

Jeudi 2, suite du rêve raconté plus tôt, dans le train vers Bruxelles, 10h30

Dans la même chambre : de ma cousine S. Ai-je pensé à elle récemment? Peut-être hier. Pourquoi? Lui parler du psoriasis de mon frère. Toutes ces maladies auto-immunes qui se multiplient dans la famille. Elle-même gravement atteinte. Côté de mon père, donc, plutôt. Pourquoi ne l’ai-je pas appelée, ma cousine, manque de temps, toujours. Un coup de fil : briser dans l’habitude, dans le train-train.

Sylvie, dans l’enfance, dite « garçon manqué » et moi très petite fille (et comment j’y tenais à mes tresses, à mes jupes). [...]  Lire la suite >

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