dimanche 1 janvier 2023 · 18h27

Les poètes du spleen, Élisabeth Rallo-Ditche
— Valse mélancolique et langoureux vertige

Leopardi, Baudelaire et Pessoa accordent beaucoup d’importance aux impressions acoustiques, Leopardi et Pessoa plus encore que Baudelaire, qui est un « voyeur- voyant » et un poète proche de la peinture. Mais ses impressions auditives sont fondamentales, en ce qu’elles se réfèrent, comme pour les autres, à des sons particuliers, à une musique souvent populaire, à une musique chantée, et à des souvenirs musicaux le plus souvent revécus sous le signe de la perte. De plus, les effets de ces musiques et de l’émotion qu’elles suscitent sont voisins, comme on le verra. Le vers de Baudelaire « Valse mélancolique et langoureux vertige ! », dans Harmonie du soir, associe quatre éléments que l’on voudrait étudier chez les « poètes du spleen ».

lundi 2 janvier 2023 · 18h19

Lundi 2 janvier 2023

réveil

6h50 CBD, 4 hier soir. Quand j’en prends plus, c’est que je crains quelque chose. Prévenir que guérir.

Vais me recoucher bientôt.

Prends café et porridge. Bu eau (vichy célestins). Avec les excès, pourtant légers, champagne, chips, chocolats, problèmes estomac. Que soigne avec eau bicarbonatée. prescrite par médecin pour calculs que soigne mal, c’est-à-dire ne bois pas.

hier, 1er jan

Hier, 1er janvier, anniv Jules! Rien écrit, mais fait la vaisselle au lever puis sortie chercher tarte rue des Martyrs. A midi, bu soupe cause estomac. Après-midi, relu article sur poésie et sons, et impressions sonores, chez Beaudelaire, Leopardi et Pessoa (incroyable, suis arrivée à me souvenir des 3 noms). Relu pour en parler à D et G. Écrit brouillon mais pas encore envoyé. On a donné les cadeaux aussi à J. A midi et au soir ! Il était content, très. La veille, avec F, avions été acheté à APC les sneakers qu’il nous avait signalées. La balade avait été amusante. Il ne s’y attendait pas tout à fait, je crois, à les recevoir. Je ne sais pas si quelque chose l’a mis de très bonne humeur. Il ne nous dit pas-tout. Son réveillon aussi, avec ses amis s’était bien passé. Après le RV raté avec J2. Au soir a demandé à lire (!). C’est le monde à l’envers. L’enfant qui encourage ses parents à lire. S’est installé au salon pour ça. J’ai repris, du coup, mon livre sur Broodthaers et Mallarmé. Et le renoncement à la chanson, à la rime. ( F dit que tout le monde dit tout le temps « du coup ».)

mallarmé-broo

Marcel Broodthaers - Moule, Muse, Méduse, Jean-Philippe Antoine, Presses du réel

L’article sur les impressions sonores s’achevait sur la chanson dans la poésie. Et le livre démarre sur Mallarmé et la perte du chant. C’est le point qui m’intéresse. La cheville. Broodthaers dit que Mallarmé a alors ouvert le poème à l’espace. Dans la perte de la rime et de ses calculs, l’ouverture à l’espace (de la page) et au hasard. Fallait-il comme l’a fait Broodthaers alors renoncer au livre. Je ne conteste évidemment pas ce choix. Sa motivation m’intéresse. Broodthaers est un lecteur sérieux.

Le livre ? Je ne me souviens plus du titre… Il est fait d’une suite de 3 mots, je crois, séparés par des virgules. Le premier, c’est Muse. Quels peuvent être les 2 autres… J’ai pris le livre dans la chambre hier soir. Sa jolie couverture noire et blanche. Comme un ruban de dentelle dessiné, qui évoque aussi le circuit de train, la traverse. Muse et moule. Et quoi d’autre? Méduse. Marcel Broodthaers – Moule, Muse, Méduse, par Jean-Philippe Antoine aux Presses du réel.

Je vais retourner me coucher.

Je ne pensais pas écrire.

J’écris pour travailler ma mémoire. La mémoire des mots, de l’utilisation du langage. Dont je commence à perdre aussi la grammaire, l’orthographe.

Demain, analyste.

mardi 3 janvier 2023 · 16h13

La voix de ma tante

Aujourd’hui, j’ai compris combien c’est ta voix qui me manque
Ce dont vois-tu je ne me doutais même pas
C’était tous les ans la même chose, à cette époque de l’année, de la grande fête
Je me trouvais soudain plus seule encore qu’à l’habitude
Des jours durant, agitée, abattue
Malgré moi plongée et replongée dans un passé
Dont l’éclat me revenait par bribes
Celui des papiers brillants
Surtout celui de ta voix riant
Qui s’élançait dans l’escalier traversait la maison envoyait ses ordres s’adressait aux uns et autres et lançait un maelstrom d’activités pour préparer la fête

Des jours et des jours durant, année après année, les mêmes gestes répétés

Et je pouvais te suivre, en silence, partout avec toi accomplir. J’avais ma place dans le monde. Il m’était demandé et je pouvais répondre et je riais aussi sous tes regards discrètement tendres 
Est-ce qu’aujourd’hui encore dans l’amour j’attends cette voix sans peur qui prend si largement l’espace et me l’ouvre
On pourrait bien le croire quand l’angoisse referme sur moi son couvercle, à force de silences prolongés
Il est rude de ne plus t’entendre. Ma tante. Et depuis que j’ai compris cela, c’est moi qui donne de la voix, je la donne, tu vois, comme toi, vaillamment, je la lance, j’y mets comme toi autant de gaieté possible. Et je repense à toi.
C’est comme de retrouver jambes, corps, vie.
A cette époque de l’année.

Liens : Titi

mardi 3 janvier 2023 · 18h28

Mardi 3 janvier 23
— fâchée

4 gouttes hier. Réveillée vers 6 h, OK. Avais pris aussi psylo, parce que m’étais énervée stupidement contre moi-même. Avais travaillé longtemps au calendrier des  divers évènements liés à l’inscription de J dans une école d’art, pour finalement m’apercevoir que m’étais trompée dans les dates. Je me suis mise à râler exagérément, F était dans le canapé, mais je crains que J également ne m’aie entendue… Le problème c’est que dès que je râle, je m’en veux de râler, je m’en veux de me mettre en colère et de l’exprimer, et à la colère s’ajoute une angoisse sourde. C’est de F que je tenais à être entendue. Ce n’est qu’après que je me suis dit que J aussi m’avait peut-être entendue. Il faisait de la peinture. Est-ce que sa porte était ouverte ? Quelle idiote! Je suis sortie finalement, faire des courses pour le dîner et acheter une cigarette.

Je ne me fâche alors, comme hier, j’en suis sûre, que pour passer un mauvais moment. Que pour m’enfoncer dans cette fâcherie. Dans cette haine de moi, et faire peser ça sur le monde, et m’en vouloir. C’est ça qui me prend. Vouloir m’en vouloir. A quoi, je cède.

Ah oui, aussi : pendant toute la journée, j’avais pensé à un mail que je voulais finir et envoyer à D et G, le mail sur la poésie, et je ne l’avais pas fait. Aussi marmonnais-je que j’aurais eu autre chose à faire. Je m’en voulais de n’avoir pas fait ce qui me paraît fondamentalement important et je m’en voulais de faire état de ce « sacrifice » aux autres, de le faire retomber sur eux. Le sacrifice de mon temps consacré aux études de J plutôt que la lettre. Quelle injustice! Alors que le « sacrifice » est beaucoup plus facile à faire. Mais j’étais si inquiète par la lettre non-écrite.

9h23

J, je ne sais pas si tu m’as entendue hier râler parce que je m’étais trompée dans le calendrier, j’avais mis des dates de l’an dernier. Je n’aurais pas dû m’énerver autant. Mais tout va parfois trop vite. Je m’en voulais surtout de n’avoir pas terminé d’écrire un mail à D et G. Ce que j’ai fait alors. On remet parfois de faire des trucs….

Donc, pour les classes préparatoires,  jusqu’à présent on n’a que les dates de l’ABA (Ateliers BA de Paris). Pour le reste faut continuer à surveiller…

Bisous

Donc, je viens d’envoyer ça. Est-ce que ça suffit ?

J’avais alors fumé un peu. Ce qui avait entraîné un étourdissement incroyable. Et m’étais calmée.

Pas envoyé le mail à D et G. Envie pourtant de les voir. Mais.

15:27

Lost

Le seul moment où j’arrive à démarrer quelque chose : le matin au réveil. Après…

mercredi 4 janvier 2023 · 08h25

Mercredi 4 janvier
— rêve : la mémoire s'efface sous le capot de l'ordinateur

CBD, 4 gouttes hier; quand j’ai regardé l’heure au réveil, il était 08h01. Ce soir, j’essaie de passer à 3 gouttes.

F est toujours au lit, dort. Cela veut dire qu’il n’ira pas au travail aujourd’hui, contrairement à ce qu’il avait dit hier et avant-hier. Ce n’est pas aujourd’hui que j’aurai ma journée seule, ce sera demain, où je ne serai pas seule puisque vient la femme de ménage, M.

Cette nuit, rêve, peu de souvenirs.

D’abord, au premier jour d’un week-end des Journées de l’École de la Cause freudienne.
Quelqu’un, je crois, est amoureux de moi. Pas d’autre souvenir. Si ce n’est peut-être celui d’être habillée.

Au deuxième jour, au matin, avant d’y aller, dans un grand espace clair, une maison à étages (maison de mon frère, JP ?) .
Un homme va être amoureux de moi, on  me le dit, va m’aimer, je vais le rencontrer.
Il y a mes frères, enfants, il y a Jean-Claude, on s’apprête. Ma mère aussi. Je crois qu’elle dit qu’elle va m’accompagner. On se dispute, une dispute terrible, qui fait un trou, au moins dans mon souvenir. Je continue à m’apprêter, vêtements, maquillage, ça traîne, c’est difficile. Il y a des contraintes au niveau des vêtements. Je crains qu’on arrive en retard.  A un moment, je suis prête,  mais J-C dit qu’il n’est pas pressé. Il dit qu’il pourrait travailler encore avant de partir à quelque chose auquel il devra sinon travailler au soir, en revenant, alors que ça lui prendra trop de temps, parce qu’il a des problèmes avec les titres, en Word, le traitement de texte, avec la hiérarchisation des titres. Il n’y arrive pas. Je dis que je pourrais lui montrer. Il y a un doute sur la possibilité qu’il comprenne ce que je lui montre et que ça lui facilite le travail.

Je crois que nous partons. 

Nous arrivons aux Journées.

Grand espace clair, hall. 

Ma mère arrive.

Mais elle ne vient que pour dire qu’elle ne viendra pas, qu’elle ne m’accompagnera pas. Il y a quelque chose de très triste (à mourir).

Je disparais. Non : elle disparaît. Je me réveille.

08:50, décidément, tout le monde dort.
Je vais me faire encore un café.
Je suis dans la grande salle rideaux rouges encore tirés couchée sur le canapé avec la couverture.

Hier soir, pensais à J-C, me disais que devais lui envoyer ce que hier finalement envoyé à D et G. Et me disais que n’aurais jamais dû quitter l’ECF ou que je n’aurais pas dû renoncer à être psychanalyste. Ou jemesurais ce que j’avais alors perdu. Qu’il y avait un avant et après ce moment là. Après qui avait mené à la conscience d’être folle, d’être psychotique. À cet « être avec ma mère ». « Être en ma mère. »

Au réveil, je pensais à sa mort, je crois. À la façon qu’elle avait eu de faire tout ce qu’il fallait, de tellement bien s’occuper de tout. La mère exemplaire qu’elle avait été.
Maintenant qu’elle va mourir, sa présence ne m’angoisse plus. Pas parce qu’elle va mourir, mais parce qu’elle a tellement changé. Elle n’est plus du tout capable de faire pour nous ce qu’elle faisait et donc elle ne déplore plus du tout de mal le faire. A un moment dans l’analyse, je suis arrivée à ce point d’intraitable : l’angoisse d’elle. Enfin, je dis ça. Mais qu’est-ce que j’en sais.

C’est sa parole qui m’a manquée. Celle de ma tante est venue soulager cela. 

J’ai ce sentiment que ce serait ça, que ça pourrait être ça, de ce côté-là, l’objet perdu dans la mélancolie, la parole de ma mère, sa parole manquante. Son silence.

14:16

Fait une soupe au (non pas potimarron, c’est pas si rond, c’est plus oblong, avec un petit cul, il est vrai, plus rond, ça a une jolie couleur d’œuf, ça se pèle, la chair est orangée, il y a des (autre mot qui manque) (pépins ? Non) dans le petit cul rond, que certains sèchent et mangent). Et une salade de chicons (endive) + pomme + huile de noix +
(je passe à la ligne pour mettre un blanc, à cause du temps d’hésitation) vinaigre de cidre +cumin + pincée de sel + poivre + grains de fenouil.
Abécédaire. À O, l’oubli des mots.

G nous écrit qu’elle ne souhaite plus faire le cartel, quel dommage. Écrire à J-C.

Je ne sais plus ce que j’étais venue écrire ici.

F joue. Il a fait les lessives.

jeudi 5 janvier 2023 · 08h17

Jeudi 5 janvier 2023
— (le numéraire)

3 gouttes hier, et dormi plutôt tard, sans interruption. 

G écrit hier qu’elle n’a plus envie de faire le cartel. Il faut que j’appelle. Mais. Il faut que je trouve le moyen de travailler malgré tout sur ce sujet, de la poésie. 

Écrire à J-C ? Blog ? Commencer par pure et simple (re-) lecture du livre de Jean-Philippe Antoine ? Marcel Broodthaers- Moule, Muse, Méduse? 

Il est difficile, mais passionnant. 

Qu’est-ce que Mallarmé appelle « le numéraire »? Quel dictionnaire consulter ? De l’époque peut-être ? Quelle est son époque ? 1842-1898.

Littré 

numéraire (nu-mé-rê-r’) adj. 

  • 1 Qui sert à compter. C’est le seul moyen de fixer quelques points dans l’immensité de l’espace, et de placer un certain nombre de pierres numéraires sur la route éternelle du temps, Buffon, Époq. nat. Œuv. t. XII, p. 2. 
    Terme de marine. Se dit des signaux qui indiquent un chiffre, un numéro d’ordre. 
  • 2Particulièrement.Ayant valeur légale, en parlant des espèces qui ont cours. 800 livres, ce qui revenait à près de 146 000 livres numéraires de nos jours, Voltaire, Mœurs, 58. La paye du soldat est restée au même taux qu’elle était il y a deux cents ans : on donne cinq sous numéraires au fantassin, comme on les donnait du temps de Henri IV, Voltaire, Louis XIV, 30. 
  • 3 S. m. Argent monnayé. Il m’a payé moitié en numéraire, moitié en billets de banque. 
    Le numéraire fictif, les billets, le papier. L’expérience nous montre partout la nécessité du numéraire réel pour soutenir le numéraire fictif, Mirabeau, Collection, t. II, p. 399. 
  • 4Terme d’antiquité romaine. Le numéraire, officier chargé de tenir les comptes, comptable. 

ÉTYMOLOGIE Lat. numerarius, de numerus, nombre.

« Le papier-monnaie est signe d’or ou signe de monnaie. Le rapport qui existe entre lui et les marchandises consiste tout simplement en ceci, que les mêmes quantités d’or qui sont exprimées idéalement dans leurs prix sont représentées symboliquement par lui. Le papier-monnaie n’est donc signe de valeur qu’autant qu’il représente des quantités d’or qui, comme toutes les autres quantités de marchandises, sont aussi des quantités de valeur. 
On demandera peut-être pourquoi l’or peut être remplacé par des choses sans valeur, par de simples signes. Mais il n’est ainsi remplaçable qu’autant qu’il fonctionne exclusivement comme numéraire ou instrument de circulation. Le caractère exclusif de cette fonction ne se réalise pas, il est vrai, pour les monnaies d’or ou d’argent prises à part, quoiqu’il se manifeste dans le fait que des espèces usées continuent néanmoins à circuler. Chaque pièce d’or n’est simplement instrument de circulation qu’autant qu’elle circule. » (Marx, [1867] 1985, p. 105) 

« Dès lors, l’argent est lui-même marchandise, une chose qui peut tomber sous les mains de qui que ce soit. La puissance sociale devient ainsi puissance privée des particuliers. Ainsi la société antique le dénonce-t-elle comme l’argent subversif, comme le dissolvant le plus actif de son organisation économique et de ses mœurs populaires. » (Marx, [1867] 1985, p. 106 et 107) 

Marx Karl, Le Capital, livre I, Sections 1 à 4 (1867), trad. J. Roy, Paris, Flammarion, coll. » Champs », 1985. 

Voir aussi Mallarmé entre les arts de Jean-Nicolas Illouz 

 

18:21 Fume à la fenêtre  

19:32 Je deviens désagréable quand je ne sais plus quoi faire. 

jeudi 5 janvier 2023 · 09h54

parataxe

Je découvre, via un article de E. Beaulieu, Une sirène de polis / Mallarmé, à propos d’un livre de Jacques Rancière, La politique de la sirène, dont je me dirais bien que je le lirais, si j’avais la moindre confiance en moi et si je ne craignais qu’une fois de plus, passionnée par mon sujet, je n’achète un livre que j’abandonne rapidement, prise par tout aussi passionnément par un autre sujet, je découvre donc la notion de « parataxe », dont je ne sais d’où elle vient, dont je me dis que je pourrais m’inspirer pour le blog :

La parataxe (du grec ancien παράταξις / parátaxis, « action de ranger une armée en bataille ») est un mode de construction par juxtaposition de phrases ou de mots dans lequel aucun mot de liaison n’explicite les rapports syntaxiques de subordination ou de coordination qu’entretiennent les phrases ou les mots.

Ce que je saisis ici rapidement (trop) de ce terme, parataxe, lié à une vision de la page mallarméenne ouverte à l’espace, au sens advenant de la simple juxtaposition d’éléments, sans chercher à forcer leur rapprochement, par l’équilibrage des espaces, du vide les séparant, laissant respirer ce vide, le faisant advenir comme lieu de circulation, où trouve à s’exprimer ce qui manque au sens, c’est ce que j’ai loupé dans mes mises en page et dans l’élaboration de mon objet blog.

Mallarmé ne témoignerait pas d’une crise spirituelle, mais d’un état de l’histoire des nouages esthétiques et politiques à l’époque du triomphe de ce que l’on appelle encore « littérature ». Il rendrait compte, entre autres, d’une disparition sans précédent : « La crise anecdotique du vénérable alexandrin renvoie à l’évanouissement plus sérieux de ce ciel des Idées. » Mallarmé creuse le vers à même ce vide laissé par la chute de l’Ancien Régime, où régnait le Maître des phrases se déroulant en hiérarchie syntaxique et en alexandrins réguliers, à l’inverse de la combinatoire du Coup de dés, d’où le maître est absent, car il « est allé puiser des pleurs au Styx ». Ainsi, l’interrègne mallarméen, ce que Rancière appelle ailleurs «La révolution littéraire », a fait en sorte que la «parataxe des coordinations démocratiques succède à la syntaxe des subordinations monarchiques» (Les noms de l’histoire. Seuil). Comme le disait Joubert (écrivain du livre impossible ayant précédé Mallarmé d’un demi-siècle) : « La monarchie est poétique » (Carnets I, Gallimard) — d’où l’on pourrait déduire que la démocratie serait non seulement parataxique, mais aussi prosaïque. Privé de la juste mesure du mètre / maître, le poète mallarméen tente en conséquence de mettre en forme « Le seul objet dont le néant s’honore », le poème, à l’âge de la prose. (…)

Dans le maniement mimétique de cette « doublure du sensible » qu’est le poème, Mallarmé se distingue nettement du courant que l’on a appelé « l’art pour l’art » : « Rien à voir en somme avec l’art pour l’art non plus qu’avec l’enfoncement dans quelque nuit du langage. Aucun esthétisme. Mais une esthétique, au sens où l’esthétique est non point la « théorie de l’art » mais la pensée de la configuration du sensible qui instaure une communauté. » Or, « l’idée de la communauté, c’est l’idée du lien. Lien se dit dans la philologie romantique religion ». Loin d’un retour rêvé à la religion naturelle (comme Chateaubriand et Hugo en ont caressé l’idée), Mallarmé invente plutôt le rêve moderne de « la « religion » de l’artifice : l’institution d’artefacts et de rituels qui transfèrent à la communauté […] le mystère » de la poésie. Distincte de la musique (de Wagner en particulier) ou de la peinture (du clinquant symboliste à la Gustave Moreau), mais suggérée par les arabesques analphabètes de la danseuse, la religion poétique à laquelle songe Mallarmé serait celle de la littérature elle-même, qui aurait à faire sa preuve, à rencontre du régime précédent (…)

https://id.erudit.org/iderudit/16914ac

Il me semble que je ne suis pas arrivée à inventer mon objet parataxique ou que j’ai été aspirée, étouffée par lui. Ce que je ressens dans mes lectures autour de Mallarmé et de Broodthaers, dans l’abandon même par Broodthaers du livre, pourrait être lié à ce qui s’est ouvert pour moi dans l’espace de la page Web et qui m’a, je crois, permis d’écrire. Or l’espace même qui s’ouvrait, qui pour moi était le lieu où faire apparaître le texte, le donner à l’image, je parle ici de ce que j’ai fait au début, dans 2balles.cc, avec Frédéric, j’ai, petit à petit, et difficilement été amenée à m’en éloigner parce qu’il me confrontait à quelque chose de l’ordre de l’image impossible pour moi. Comme si j’avais voulu m’y construire une image, dans l’objet Web, dans la page Web, le site Web, le blog, et que j’avais été rattrapée par ce symptôme de l’impossible image (qui ne pouvait là non plus trouver à s’incarner). J’ai donc, petit à petit, cherché à restreindre ma liberté, en essayant d’aller vers des formats qui devinrent le plus standard possible, tout en souffrant. J’ai voulu retourner dans le cadre, la convention. Car il me semble bien que l’objet que je rencontrais, que j’essayais de faire vivre, d’animer, trouvait ses prolongations bien au-delà du cadre. Cherchant à le limiter dorénavant, je n’en continuais pas moins à travailler sur écran, lequel reste le lieu de l’image, lequel transforme tout en image. Cela dit, aujourd’hui, travailler l’image sur écran, avec l’apparition des téléphones, avec la multiplicité des formats d’écran, rend ce travail de plus en plus difficile, voire impossible. Il me semble devenu difficile de rendre compte de la profondeur de l’objet Web, de l’objet du blog, d’un blog, quand il est pris dans le minuscule écran d’un téléphone qui, je crois, tendra toujours à linéariser tout récit. Ce qui rend une fois de plus le livre attractif pour moi, la forme livre.

vendredi 6 janvier 2023 · 08h15

Vendredi 6 janvier

 8:15 

Couchée tête qui tourne. J’avais fumé donc pris hier 5 ou 6 gouttes de CBD + HTC, mal m’en a pris parce qu à 4 heures  quand je me suis levée (pour faire pipi) j’avais la tête qui tournait, j’ai dû m’accrocher aux murs. Et quand je me suis plus tard réveillée vers 8, je ressentais vraiment une immense lourdeur. Qui m’a poussée à prendre 2 immenses bols de Ricoré et 2 petits pains, un avec de la confiture et un avec du choco. 

9:41 

L’addiction au téléphone.  

samedi 7 janvier 2023 · 15h43

Samedi 7 janvier 2023

15h43 

3 gouttes hier. 
Mauvaise nuit.  
Ne sais quel découragement me tombe dessus. 
Pourquoi se lever, s’habiller ? 
Pourquoi, comment ?  
Pour quoi faire ? 

Lu toute la matinée un livre qui m’a été offert et qui ne me plaît pas. Ecrit par une psychanalyste. Ce qui aura probablement poussé Adèle à me l’offrir. Mais qu’est-ce qu’elle peut bien lui trouver à cet auteure. Je ne vois pas. Ou je vois. Et suis un peu effrayée. Mais il n’y a pas de quoi. Je sais que nous sommes différentes. 

Et encore une psychanalyste psychotique, une. 

Comme quoi… 

Il n’y a que moi que ça a arretée.

16h19 

La vérité c’est que je vois des psychotiques partout

Suis dans même état qu’il y a 30 ans. J’étais jeune alors. Mais déjà j’avais ces moments où je n’arrivais plus à m’habiller me laver me coiffer  

J’ai dit à F que je n’allais pas bien mais je n’obtiens pas le résultat escompté…..  

mardi 10 janvier 2023 · 12h39

Mardi dix janvier 2023

Peut-être ne suis-je jamais sortie du giron familial. Peut-être ne suis-je jamais sortie dans le monde faute de trouver comment m’y représenter. Je n’y suis jamais allée seule. Il m’a toujours fallu un autre, pour me représenter, derrière qui m’abriter. Un homme, une femme, un enfant… Je vis dans le régime du « pas sans ». « Pas sans ma mère », « Pas sans un homme ». Ça n’est pas une question de…  (mot qui manque)
Quels sont les signifiants du féminisme? Je me pose la question là, à l’instant, parce que le mot qui me manque appartient à la sphère du féminisme, que je ne connais pas du tout…

Ce n’est pas une question de…

Jours derniers, les plus grandes difficultés, j’ai pendant 2 jours maté des séries, une série, ses deux saisons.

Patriarcat, ce n’est pas une question de patriarcat. Ce n’est pas le patriarcat qui a fait que je…

Et je ne suis pas artiste, parce que je ne peux renoncer à rien, je ne supporte de mettre de filtre à rien, nulle part je ne vois rien qui pourrait venir représenter quelque chose de ce que je vis 

L’écriture ne pourrait avoir pour moi d’autre sens que celui de me sauver.

(Je ne fais que me répéter.)

mercredi 11 janvier 2023 · 08h53

mercredi 11 janvier 2023
— « Il y a deux façons chez nous de devenir chamane : soit par la lignée, soit en ayant traversé des maladies ou des accidents »

Sept heures du mat, ou par là. Hier quatre gouttes. Levée à cause de trop de mots dans la tête, difficile à décrire, pas vraiment angoissant, mais ennuyant. Ça a commencé par « fracassemeurs » (mauvaises pensées, mots qui se répètent tel que « haine » ou « meurs » ou « tu es morte ») auxquelles j’opposais pensées « bonnes », puis ça s’est mélangé à des phrases ou des mots interrompus ou par des mots inexistants, des syllabes sans sens, le tout répété, martelé. Encore une fois sans angoisse, sans sentiment de malheur, mais j’ai préféré me lever.

Rêve cette nuit : rêvé de Vlady ! de Vlady et de sa femme, Michèle.

Ils venaient, ils devaient donner un stage. Il fallait tendre ses mains, Vlady passaient entre les participants et il s’est arrêté à moi, j’étais étonnée, il me disait que mes mains étaient pleines de chi et j’étais choisie.

C’est le premier jour, c’est une séance de chi, en fait nous sommes couchés sur le dos, nous dormons je crois, mais nous ne dormons pas, et je sens des choses dans mon ventre, et je sens la lumière environnante, nous devons être à l’extérieur, il y a du soleil, nous sommes dans la nature, couchés sur l’herbe, à l’ombre d’arbres, et je m’étonne, mais nous traversons une sorte de nuit, dont nous sortons, c’est la fin du premier jour, Quelque chose s’est transvasé de Vlady à moi. Vlady est très fatigué.

Soit on fait du tai chi tout de suite, soit on attend le lendemain.

Il y a quelque  chose qui empêche d’arriver au lendemain. Quelque chose chez Vlady, sa fatigue.

Hier, vu encore un épisode avec F de cette série coréenne sur Netflix, Somebody, où l’un des personnages est une chamane. Après l’épisode j’ai fait une recherche Google sur le chamanisme en Corée, je ne sais pas vraiment pourquoi, parce que j’avais envie d’en savoir plus, j’ai d’abord surtout regardé les résultats images, et j’ai bien  vu des photos avec des chamanes dont les costumes, blancs, ressemblaient à ceux de la série. J’ai appris qu’en Corée c’était surtout des chamanes femmes. Ensuite,  j’ai lu un article du Monde, « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les chamanes« , dans lequel il est question du chamanisme dans les différentes parties du monde. Il est un endroit, je ne sais plus où, où l’on devient chamane après être passé par des épreuves, maladie ou autres. Et j’avais pensé que peut-être, si j’avais vécu dans ce pays, je serais devenue chamane. Le chamane est celui qui fait la liaison avec les esprits de la nature ou des morts. Dans la série, c’est un « colonel » qui communique avec la chamane. Qui lui communique ses pouvoirs. Avant de m’endormir, j’avais essayé d’imaginer m’ouvrir à ce qu’il pourrait y avoir d' »autre » en moi et autour de moi et au-delà, de me rendre disponible au plus étranger, peut-être d’ouvrir mes perceptions à la maladie comme à ce qui me serait de plus étranger, m’ouvrir à ce qui vivrait selon de toutes autres lois. Tenter d’ouvrir mes perceptions à ce que je ne saurais absolument pas.  Je n’ai rien senti, je crois, mais je me suis vraiment endormie en réfléchissant à cela, en me demandant comment penser ce qui vous serait à la fois le plus personnel et le plus absolument étranger.  Et voilà  que je fais ce rêve-là !

A la fin du premier jour, Vlady est comme bloqué. Et je me souviens que dans l’article, il est expliqué que lorsqu’une maladie ou une douleur se manifeste, il peut s’agir  d’un pouvoir qui est bloqué, et qui lorsqu’il est débloqué, lorsqu’il n’est plus empêché, devient le pouvoir du chamane. C’est comme si à cet endroit-là du rêve, Vlady était atteint par « ma propre maladie »… Enfin, c’est ce que j’avais pensé, que ma maladie pourrait être l’expression d’un pouvoir contraint. Ce n’est pas que j’y croie, à ce pouvoir, mais je pensais que dans d’autres civilisations, d’autres cultures, cette maladie pourrait être perçue autrement. C’est tout de même bien ce que je veux chercher à montrer, démontrer, dire. Jusqu’à quel point notre monde ne tolère absolument pas la folie (que par ailleurs il ne cesse de provoquer (et comment) ) et jusqu’à quel point cette folie n’est pas « calculée », ne peut absolument pas s’inscrire dans l’actuel projet de société du monde contemporain, celui du travail obligatoire, du progrès, de la science, et de la morale. Comment faire place à la contradiction, à l’antinomique, à l’anti-dialectique, à « l’en même temps » m’étais-je demandée dans la journée, sans arriver à le formuler. Que faire de ce qui « ne calcule ni ne juge », comment faire place dans la conscience à ce qui s’oppose à la conscience, à ce qui fonctionne selon d’autres lois ? Le tai chi, tel que je l’ai pratiqué y pense, va vers ça.

Je retrouverai l’article.

Extraits :

« Il y a deux façons chez nous de devenir chamane : soit par la lignée, soit en ayant traversé des maladies ou des accidents », explique Eirik Myraugh, lui-même noaidi, terme qui désigne la fonction de chamane chez les Samis. Ce dernier peuple autochtone d’Europe du Nord est encore en partie nomade éleveur de rennes, mais bien ancré aussi dans la modernité scandinave.

Le chamane est un intermédiaire entre le monde visible et les mondes invisibles, décrits différemment selon les cultures, mais avec de nombreux points communs. Ces espaces sont accessibles par un élargissement de l’état de conscience, plus ou moins profond selon les régions du monde et les pratiques, qui permet de percevoir à travers un ou plusieurs sens ce que nous traduisons par « esprits » ou par « énergie », et d’entretenir une relation privilégiée avec ces dimensions.

 

 

jeudi 12 janvier 2023 · 06h51

jeudi 12 janvier 2023
— fracassemeurs + Rachel

Il est 6h51, j’ai pris une Ricoré et un bout de… (mot qui manque) 

J’ai regardé des trucs sur Instagram. Quelques beaux trucs, de jeunes, des jeunes qui se connaissent, qui sont amis, qui font des trucs ensemble, qui se dessinent, se photographient… Il y a quelqu’un qui raconte ses rêves en dessin, c’est vraiment joli. Ça donne envie de savoir dessiner. Je crois que j’aurais pu avoir des amis comme ça. Ça me rend un peu aigrie, ou triste, un peu, en même temps ça me réconforte, le spectacle de ces amis, de savoir que ça existe.  

Réveil avant 6h. Pensées…  Inquiète à cause de ce dont on parle trop, la retraite. Hier, J : toi tu ne travailles pas, tu n’auras pas de retraite, tu n’auras rien. Chaque fois, quand je pense à ce genre de choses, je pense suicide, le moment venu. Je ne vois pas comment faire face à ça. 

Cellequina Pasdenom 

Selkina Padenon 

Alors, les pensées étaient particulièrement violentes. Au réveil, les fracassemeurs. Il y avait la pensée de la chute aussi. Et puis les pensées à Rachel, les pensées de vengeance, que je n’appliquerai jamais. La dénonciation ou le mail collectif. Raconter ce qui s’est passé. Tout ce que j’ai perdu. La possibilité aussi d’avoir un métier. Puisque c’est ce à quoi je travaillais. Est-ce que ça s’apparente à de la paranoïa ? Je ne sais pas. Je n’invente rien, ça a eu lieu, les événements. Non, mais, l’entretien de l’aigreur, de la revanche, la personnification de l’ennemi. Quand est-ce que je retourne à ça ? Quand est-ce que j’ai besoin de retourner à ça? Quelle est la fonction de la paranoïa? A quoi me sert-elle ? Quand dois-je y avoir recours ?Elle a abusé. Mais elle était folle, elle est devenue folle. C’est ce que je crois, qu’elle allait très mal. C’est pour ça que je n’ai pas dénoncé. Et puis, je songe à tout ce qu’elle m’a appris. Puis à tout ce qu’elle s’est retenue d’enseigner. Au manque de reconnaissance. À sa jalousie même. À ses abus de pouvoir. À ce qu’elle a pu raconter aux autres. Au désespoir où elle m’a mise. Je n’ai rien dénoncé. J’ai dû abandonner la formation d’enseignante. Tout ça pour quoi ? Pour avoir raconté un souvenir d’enfance. Un terrible souvenir d’enfance. Alors en vrai, je lui souhaite du mal. Et à tous les élèves qui n’ont pas pris contact avec moi. Qui ne ce sont pas souciées de moi. Ni d’A. 

8h04 

Devrais pas, mais vais me recoucher 1 heure.  

J se lève. 

 

8h10 

Au lit, FrM 

« Je me hais Je me hais Je me hais »

Tentative de noter

dimanche 15 janvier 2023 · 07h04

Dimanche 15 janvier

Déjà 07h04. 

07h45. Donc plus d’une demi-heure passée sur les internets. Totalement éloignée de ce que j’aurais pu vouloir écrire. 

Moments durs, hier.

De nouveau travaille sur site de F. Ça m’engloutit. Très difficile d’en sortir. 
Alors sortie. Récupérer lentilles de contact chez l’opticien. Chez Gibert, acheté encres et cahier… Toujours ce rêve de…. Mettre sur papier ?  Souvent l’idée  l’envie de dessiner d’écrire sur papiers ou cartons destinés au rebut à la poubelle. Mais dessiner écrire quoi.  L’envie aussi de reporter sur papier ce que j’ai écrit sur blogs. Mais en le transformant en chose graphique, en l’illibilisant, au mois en partie, en recherche de la matière lettre. En pourvoyant au manque de sens par l’aspect graphique. En offrant à la comprenure mais partiellement. Encres, écritures superposées.  Et puis hier, cette nouvelle idée de recopier au propre des parties du blog, dans cahier à petits carreaux et marge rouge. 

Acheté encres rouges.  

Au retour, vidage avec F du dressing en vue des travaux de réfection de lundi et appart mis dans bordel pas possible. Ça m’a vraiment rendue malade. 

Heureusement F parti soirée. Un instant j’ai eu l’impression que le vide s’ouvrait tout autour de moi. Effet boulot et  bordel des cartons de F. 

Retrouvé calme en faisant vaisselle monstre. 

Après, eh bien encore un peu travaillé sur le site F(!)  

Là, je retourne me coucher. 

lundi 16 janvier 2023 · 07h20

Lundi 16 janvier

7h20

Hier 2 gouttes et demi CBD 20 % Full SpectrumJe veux repasser à 2 .

Je me sens mieux. Plus centrée. Je l’attribue au fait que je suis arrivée à écrire plusieurs jours de suite. 

J’écris maintenant dans One Note, et plus dans Evernote. Dans One note sur téléphone. 

Je commençais à avoir trop de problèmes avec Evernote.  

Je regrette que tout ne soit plus rassemblé en un seul endroit. Tout, les moindres notes. Tout ce qui s’écrit. 

Mais, je devrais m’en réjouir.  

En effet,  cela m’oblige à séparer les notes de journal du reste. Des notes de courses. Ou des notes techniques. Ou des copies d’articles… Pour moi,…, tout ça est de même valeur. 

C’est ce avec quoi je me suis battue pour les blogs. J’y mettais tout, et je pensais que l’utilisation de catégories et de mots clés me permettrait d’extraire à un moment donné telle ou telle partie, et je n’y suis simplement pas arrivée. Idem, l’idée d’un livre, le livre serait extrait de ce tout du blog. Évidemment, en soi, le blog constitue déjà une forme d’extraction. Fait déjà office de « canalisation » non de « localisation de la jouissance » dont j’ai appris la notion samedi : 

Si la jouissance n’est pas localisée, il faut trouver des moyens de le faire. Il y a alors les modalités d’extraction « sauvage » de l’objet, par exemple dans la mutilation, dans le passage à l’acte. Ou les tentatives de créer un objet extrait, de localiser la jouissance : cela va des enfants qui se « branchent » sur des objets ou des machines, aux douleurs bizarres inexpliquées, les pps, les addictions, qui peuvent être – à voir au cas par cas – des modes de localisation. Ou bien sûr, l’usage ou la fabrication d’objets : l’objet lui-même (cahiers, tableaux, vêtement…) ou le fait de le fabriquer (coudre, peindre ou même chanter) peuvent servir à extraire l’objet.  

Pourquoi est-ce que j’écris dans One Note et pas dans un fichier Word. Parce que j’aime écrire sur téléphone. Parce que j’aime écrire dans le noir. Parce qu’un fichier Word trop long deviendrait impossible à utiliser sur téléphone. Parce que l’appli WordPress pour téléphone ne marche malheureusement pas. Sinon, je le ferais là, directement dans le blog et sur téléphone. 

Je pourrais la retester . « Connexion impossible. Nous avons reçu une erreur 403 lors de notre tentative d’accès au point de terminaison xml-rpc du site. l’application en a besoin pour communiquer avec le site. Contactez votre hébergeur pour résoudre ce problème. « 

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