J’ai une assez longue analyse derrière moi, et elle se poursuit.
J’ai eu la chance de trouver sur ma route récemment un groupe de l’ACF, Escapades, mis en place par G. C. J’ai été invitée à y participer, et ma foi, j’y trouve beaucoup de bonheur. Je connaissais un peu les personnes qui en forme le noyau de base pour les avoir rencontrées sur Twitter, l’année où Miller nous y a invités. Je me suis occupée de mettre en place un blog qui reprend quelques un de nos mails, puisque ce groupe est basé sur des rencontres, des visites, des spectacles, autour desquels des mails s’échangent. C’est moi également qui avais l’année dernière repris sur un blog, un autre blog, le cours de Jacques-Alain Miller.
Récemment également l’école s’est confrontée à des événements d’une actualité brûlante, Syrie, Libye, BHL, Rafah Nached, et cela ne peut se faire, on le voit, on l’a vu, sans qu’elle ne ne taise cette autre terrible guerre, Israël-Palestine, sans qu’elle ne se souvienne de 40-45 et de l’holocauste, sans qu’elle n’arrive à éviter la question de antisémitisme. Je le dis brièvement, de mon point de vue. je me suis dit : peut-être qu’il n’y a pas moyen de se faire une opinion sur l’actualité sans une remise à plat, sans une confrontation à ces questions-là.
Un mot sur ma guerre.
Elle a sa lettre dans le prénom de ma mère, lut gar de : Lutgarde : l’art de lire G. l’art de lire le point G.
Une mémoire, celle de mon père, qu’il rappelait jour après jour. Sa façon a lui d’aller vers l’autre, de le rencontrer, de sympathiser : lui parler de la guerre. Les gens se rencontrent dans la guerre, dans la conversation autour de la guerre, c’est comme un feu, trouble. Très peu dans sa peinture. Un soldat, peut-être, un tank. Il était jeune. Ils ont caché une famille de juifs. Et c’est le père, Sterling, qui a initié mon père à la peinture. Au départ d’images que mon père lui ramenait. Notre nom était allemand. Mon oncle fou. Ma tante se coupe les tresses à l’entrée des troupes allemandes dans Bruxelles.
Ma guerre pourtant manque absolument d’histoire, ou l’a arrêtée. 40. 14. Deux dates. Comme je m’en suis aperçue à la lecture d’un texte de R. Warschawsky, quand je l’ai traduite de l’anglais pour un numéro de la revue Quarto. 40-45, 14-18, les seules dates que je retienne. L’une, son double. L’une, sa répétition.
Double L de mon nom. L-L. Plus tard, double i. Miller. Müller. à une lettre près, un i, un u, un point, deux points, un tréma.
Un réveil, l’autre nuit : muller et muller. S1 et S2, l’holophrase. Son nom, de mon père. Le mien. Le même, mais comment séparer le même.
J’ai le projet d’écrire un livre sur lui. Jacques Muller, une vie à l’œuvre.
Je me suis mise en tête de donner un nom à mon père. En manque-t-il. Sans quoi, je ne peux en avoir un. C’est assez logique, non.
[...]
Ma guerre
Sam 31 décembre 22 – rêve : la mémoire s’efface sous le capot de l’ordinateur
9h38. 5 gouttes hier de CBD. Réveillée vers 6 h puis rendormie sans m’être levée. Dans la chambre, dans le noir, F éveillé aussi, Ricoré sur la table de nuit. Je n’aurais pas dû passer ce croissant au micro-ondes. Lettres blanches sur écran noir du téléphone. 31 décembre, 15 degrés.
Plus tôt, rêvé que mon téléphone était cassé. Je crois. A ma mère aussi. Tout s’y effaçait. Ça avait lieu. Ça se passait sous l’écran éteint. Et puis peut-être mon ordinateur, toute la mémoire effacée. Il fallait l’allumer pour le savoir. Nous étions à Emakina. Il y avait quelqu’un, une femme, une spécialiste, jeune, qui peut-être pourrait faire quelque chose. Qui avait peut-être exprimé qu’elle voudrait bien faire quelque chose. Il fallait attirer son attention. Elle était occupée. De nombreuses personnes s’adressaient à elle. Nous étions debout, circulions entre les tables éparse d’une grande salle aux murs de briques peints en blanc, où la lumière extérieure parvient par de grandes fenêtres industrielles donnant sur un jardin ou la campagne, évoquant le laboratoire de la rue Waelhem. Je dois parvenir attirer cette femme à mon ordinateur. [...] Lire la suite >
Lundi 2 janvier 2023 – anniv Jules, mallarmé/brood

il fait noir encore et la photo est floue. floue peut-être à cause justement de l’obscurité qui règne. mais il fait plus noir que la lumière rouge des rideaux ne peut le laisser croire. elle trahit l’illumination orangée des lampadaires dans la rue. parfois, je prends du temps pour obtenir une photo qui se rapproche de ce que je vois. ce jour-là, pas. tous les jours, tous les matins, toutes les nuits, quand je me réveille, je viens m’asseoir là. souvent, je photographie. je cherche à photographier. le sol est jonché des papiers cadeaux de Jules, dont c’était l’anniversaire hier. il y a Chester, extraordinaire compagnon d’insomnie.
réveil ultramatinal, comme d’hab. je me souviens de la veille, comme d’hab. anniv de Jules! douceur de la journée. soirée studieuse, comme j’aime, lecture à 3, au salon, dans les restes des fêtes, les guirlandes, les bougies, la nappe salie, les papiers cadeaux qui traînent…
réveil
6h50 – CBD, 4 gouttes hier soir. Quand j’en prends plus, c’est que je crains quelque chose. Prévenir que guérir. Vais me recoucher bientôt. Prends café et porridge. Bu eau (Vichy Célestins). Avec les excès, pourtant légers, champagne, chips, chocolats, problèmes estomac. (« Avec les excès, pourtant légers » : comment j’aime ces phrases stéréotypées, pourquoi ça m’amuse autant ;)) Excès que soigne avec eau bicarbonatée, prescrite par médecin pour calculs que soigne mal, c’est-à-dire ne bois pas. Bois, Véronique, bois. [...] Lire la suite >
La disparate
par Jacques-Alain Miller, Quarto, n° 57, 1995, p. 24-29.
Je m’interroge cette année, dans mon cours du département de psychanalyse, sur le mode de jouissance. J’aimerais arriver à en faire une catégorie usuelle dans la psychanalyse, pour autant que le mode de jouissance du sujet ait été prouvé par le psychanalyste, dans l’expérience à laquelle il préside, comme une résistance – en tout cas, c’est cet usage qui me paraît le plus intéressant. Il me semble que lorsque le psychanalyste d’aujourd’hui en parle, c’est communément parce qu’il doute de pouvoir contribuer à ce que ce mode de jouissance change pour le sujet dont il a la charge. L’analyste d’aujourd’hui admet que pour un sujet son mode de jouissance peut s’isoler, mais il n’est pas sûr qu’il puisse se modifier, ou en quel sens il peut se modifier. Je parle là de ce qui me semble être des évidences communes. [...] Lire la suite >
jeu 3 // alzheimer et champignons
Je continue à tester les champignons médicinaux dont j’attends tellement. C’est quelque chose dont j’ai un peu honte, dont je ne parlerai pas beaucoup.
L’autre jour quand je suis arrivée dans la grande salle de la maison de repos, par deux fois ma mère m’a montré sa langue, indiquant qu’elle lui faisait mal et que je découvrais dans un état lamentable. Je crois qu’il s’agit d’une mycose. Un muguet buccal, non? Il m’est arrivé quelquefois d’en avoir. Est-ce lié à Candida Albicans, s’agit-il-il de ce champignon? Il me semble que c’est ce qu’on lit.
En rentrant, je ne sais pas pourquoi, peut-être me souvenais-je de choses par le passé lues, j’ai fait une recherche internet sur…. « alzheimer et mycose » qui a étonnement donné quelques résultats intéressants…
Des recherches ont révélé qu’il y aurait bien un lien entre affection fongique et alzheimer. Cette hypothèse repose sur l’examen de tissus cérébraux de personnes décédées, dont la moitié avaient souffert d’Alzheimer : il s’est avéré que tous les alzheimer recelaient des traces de champignons, que ce soit dans différentes zones du cerveau ou dans les vaisseaux sanguins. Donc, il y a même eu l’idée qu’un antifongique pourrait soigner l’alzheimer.
C’est quelque chose qui m’intéresse, aussi en raison de mes grandes inquiétudes, de mes propres pertes de mémoire, parce que je suis tellement convaincue que je finira moi aussi par l’avoir, l’alzheimer (j’ai tellement embêté un médecin un moment qu’elle a fini par me faire faire un scanner qui s’est avéré tout à fait bon), et que ma vie est toute orientée par ça : comment éviter ce malheur, comment le retarder autant que possible. Les souffrances par où j’ai vu ma mère passer, je ne crois vraiment pas que je puisse le supporter, ni d’ailleurs le faire supporter à mes proches. Mon analyste répond à ces inquiétudes que je ne suis pas mère. Je la regarde alors silencieusement.
(Il y a ce comme ma mère, il y a ce dans la peau de ma mère, il y a ce je suis ma mère. cela existe. il y a la maladie de ma mère, il y a les symptômes que j’ai repris d’elle, tout cela il y a. il y a d’ailleurs, tout au long de ma vie, jusqu’à très récemment, l’obligation où je me suis sentie de combattre à toute forces cette pente, surtout pas comme ma mère, surtout ne pas faire comme ma mère. ma foi, en mes vieux jours, après l’échec d’une vie entière, je peux dire : dans la peau de ma mère, y a des moments c’est doux . Il y a donc ce qui pourrait n’être « que » psychologique, et qui pourrait encore se modifier, bouger, et il y a ce dont j’ai fait l’expérience, de me soigner, à ma façon, cette autre façon d’être malade, sur laquelle je me trouve avoir finalement plus de prise. Car oui, le jour où j’ai pris du CBD, j’ai recommencé à dormir et cela me soigne de faire un régime anti-candida, le fait seulement de faire régime me soigne… Si je vais mal, je suis là, je tombe dans puits sans fonds, me hisser, m’accrocher au cadre d’un régime, me hisser, poser une jambe, puis l’autre, me relever, c’est une façon de retrouver une forme de régulation, de reprendre le contrôle, de m’obséder d’autre chose que de l’inanité absolue de ma vie. Cela seulement, déjà, a ses mérites. Indépendamment des effets indéniables sur ma santé en général. )
Donc, secrètement, je mène mon petit combat. Qui passe par l’attention à la santé de mes intestins, mais aussi de mes dents et de mes gencives, la traque de toute manifestation d’inflammation, quelques précautions avec l’alimentation, l’accumulation de tout un arsenal de poudres et de potions, et la recherche d’un travail d’écriture à mener. Ah, je suis par ailleurs également convaincue que chaque que je fume, cela entraîne insomnies et fracassemeurs. Ce pourquoi j’ai finalement, récemment (enfin), totalement arrêté de fumer (Et si: une séance d’hypnose sur internet aura suffit.)
Mon analyste croit, elle, en l’écriture, point.
Alzheimer : et si une mycose était à l’origine de la maladie ?