lundi 17 mai 2021 · 15h18

Hadewijch et Lacan – ce réel qui est la solitude

"Ce réel qui est manque et jouissance en même temps, substance et absence, sans nom et sans attributs mais réclamé comme un dû et revendiqué comme une créance, tout tissé de contraires comme un souhait dans un rêve, ce réel n'est-ce pas tout simplement la solitude, "la solitude qui découle du rapport qui ne peut s'écrire ? Car la solitude s'écrit, elle est même ce qui s'écrit par excellence, elle est ce qui d'une rupture de l'être laisse trace."Anne Dunand, "Commentaire de Hadewijch  (poème XVIII)", Ornicar ? 47 (citation, Jacques Lacan, Séminaire XX, Encore, p. 109).

jeudi 20 mai 2021 · 06h42

Catherine Millot – L’appel du vide… (extrait d’Abîmes ordinaires)

ici, les photos de ces pages d'Abîmes intérieurs ordinaires de Catherine Millot, qui m'ont tenue en haleine, que je n'ai cessé de me remémorer, de vouloir retrouver, qu'il me faut interroger encore, aimer encore, vouloir encore ; les photos faute d'avoir le temps de les recopier, ce que je ferai plus tard... il était venu à mon secours en répondant que je pratiquais l'otium cum dignitate Le refus du travail relevait du défi mon étrangeté légitime... s'efforcer de se tenir prêt, mais pour qu'elle venue ? Que mon existence pût se résoudre à cette oscillation aussi dérisoire qu'énigmatique, que cette vaine entreprise en constituât peut-être le sens ultime me remplissait parfois de stupeur. être la…

mardi 1 juin 2021 · 05h09

Éric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar? 47

(p. 8) Le sujet et sa cause dans la mélancolie Cliquer pour lire (p.9) (...) "Voici donc liés le moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire." 13 D'une phrase, (...) Lacan donne sa forme au sacrifice primitif dans le fort/da et les jeux d'occultation, qui sont les premiers jeux de l'enfant : "Nous pouvons les concevoir comme exprimant les premières vibrations de cette onde stationnaire de renoncements qui va scander l'histoire du développement psychique".14 (...) Le sacrifice primitif est sacrifice du sujet, c'est le rapport à l'Autre qui est paranoïaque. A cet égard, le suicide mélancolique est le pendant du meurtre immotivé sur le versant paranoïde ; c'est le point…

mercredi 2 juin 2021 · 22h37

Un exercice de lecture

par Esthela Solano* source: https://www.psychaanalyse.com/pdf/lacan_LECTURES.pdf Le Séminaire « R.S.I »1, d’une grande complexité, inaugure le passage de l’enseignement de Jacques Lacan à ce que Jacques-Alain Miller a nommé « le tout dernier enseignement». Quel est l’intérêt de Lacan au moment de ce Séminaire? Celui de toujours, celui de la pratique analytique, au sens de l’opération analytique. Dans ce Séminaire il se pose à plusieurs reprises la question qui l’a occupé tout au long de son enseignement et qu’il reformule dans la leçon du 14 janvier 1975, de la façon suivante : « Qu’est-ce qu’implique que la psychanalyse opère ? »2. Cette question, qui concerne l’opération du discours analytique, ne va pas sans comporter un questionnement…

samedi 5 juin 2021 · 06h28

Yoga, d’Emmanuel Carrère (extraits)

"Tachypsychie C'est un mot que je ne connais pas, "tachypsychie". Je l'ai entendu pour la première fois dans la bouche du premier psychiatre auquel j'ai eu affaire - homme doux et humain, à qui je pense avec gratitude. La tachypsychie, c'est comme la tachychardie, mais pour l'activité mentale. Les pensées sont erratiques, sans suite, stridentes. Elles s'agitent en tous sens, trop vite. Elles tourbillonnent et blessent. Ce sont des vritti, mais des vritti surmultupliés, une tempête de vritti, des vritti sous cocaïne. Cela décrit bien mon état. Moi qui me croyais en si bonne voie pour les domestiquer et atteindre l'état de quiétude et d'émerveillement, je suis la proie de vritti déchaînés. Je leur suis…

dimanche 6 juin 2021 · 19h28

DSM, industrie pharmaceutique et bipolarité

j'ai parlé un peu vite et ne retrouve pas ce à quoi je pensais : l'invention d'un trouble par son inscription dans le DSM qui permette la mise sur le marché d'un médicament. s'agissant de la bipolarité à tout le moins, je n'ai pas retrouvé ce que je pensais avoir retenu et je tombe sur cette interview d'un psychiatre qui a travaillé au DSM-4, avant de prendre sa retraite et qui en dit ceci : Le « DSM-IV » a-t-il vraiment stoppé l’inflation diagnostique ?Oui. Nous avons analysé 93 suggestions de changement et n’en avons retenu que trois. Cependant, ces modifications que nous pensions mineures ont eu des conséquences inattendues. Ainsi le trouble bipolaire de type 2, que…

samedi 3 juillet 2021 · 04h24

«Une telle âme ne peut rien désirer, ni rien craindre, elle ne soucie ni d’honneur, ni de bien, ni de vie, ainsi n’a-t-elle plus rien à ménager.»

Plus rien à ménager, c’est dire sa liberté. Mais elle n’est pas sans désir puisque Dieu désire en elle et à travers elle. La manière dont le désir de Dieu la meut, n’est pas sans évoquer la manière dont le désir inconscient se manifeste, court-circuitant la réflexion, voire même la conscience. Il faut se laisser aller à ce qui vous pousse, ou vous meut. Le premier mouvement de l’âme transformée est de Dieu, c’est le bon. On a pu parler, à son propos, de somnambulisme divin, par exemple dans son rapport à l’écriture, où c’est Dieu qui écrit à travers elle. La belle indifférence de Mme GuyonCatherine MillotDans Insistance 2012/1 (n° 7), pages 89 à 97https://www.cairn.info/revue-insistance-2012-1-page-89.htm

mardi 13 juillet 2021 · 07h45

C’est de la sculpture, je crois, que m’est venue cette habitude de ne penser que sur le moment,

C'est de la sculpture, je crois, que m'est venue cette habitude de ne penser que sur le moment, car j'avais pris l'habitude de ne penser qu'avec les mains et qu'à l'instant d'en faire usage. De la pratique intermittente de la sculpture, j'ai conservé aussi l'habitude du plaisir auquel j'étais par nature predisposée : mes yeux avaient tellement manié la forme des choses que j'en avais appris de mieux en mieux le plaisir, en m'y enracinant. Je pouvais, sans recourir à plus que je n'étais, je pouvais profiter de tout. Exactement comme hier devant la table de mon petit-déjeuner, je n'avais besoin pour former des boulettes de pain, que de la surface de mes doigts et…

jeudi 15 juillet 2021 · 10h32

Je me levai enfin de ma table, cette femme.

Moi seule saurai si cette faille fut nécessaire. Je me levai enfin de ma table, cette femme. Ne pas avoir ce jour-là de domestique allait m'autoriser à une occupation à mon goût : faire du rangement. J'ai toujours aimé ranger. Je suppose que c'est là mon unique vacation véritable. En mettant de l'ordre dans les choses, je crée et comprends en même temps. Mais comme je me suis peu à peu enrichie en plaçant assez bien mon argent, je m'en suis retrouvée empêchée d'exercer cette vocation : pour peu que je n'eusse pas appartenu par la culture et l'argent à la classe à laquelle j'appartiens, j'aurais normalement dû avoir un emploi de femme de ménage…

mercredi 28 juillet 2021 · 16h41

I write just one or two pages a day, yes, only in the morning, and I never add or take out anything.

"I write just one or two pages a day, yes, only in the morning, and I never add or take out anything. But what is important is that I never have a plan or a story in mind. Each page is revealed to me at the moment I start to write. This is the only way that I can write, for writing is not a job for me, nor an art, but a faith, a sort of a personal religion. To continue writing I don’t need to know where I’m headed, only that I can do it, that I’m the only one who can. This is how I wrote my most important books—Orbitor v. 1-3…

mercredi 29 septembre 2021 · 17h20

le cas Hélène Rytmann Legotien Althusser – les écrits

Amenée à m'intéresser à Althusser par l'article de J-C Encalado déjà cité ici, "Mélancolie d'Althusser" que l'on trouve sur sur son blog, je m'intéresse maintenant à sa femme, Hélène dont-joublie-lenom, peut-être parce qu'elle a été tuée mais beaucoup plus certainement parce qu'elle est dite atteinte du même mal que son Althusser de mari, et que c'est comme une maladie complètement différente. C'est ça qui m'intéresse. Ce que j'en ai lu, de ses difficultés à elle, sous la plume de Louis le mari, la croisée de leurs destins, leurs chemins si peu parallèles, je lis pour en savoir plus une biographie d'Althusser par Yann Moulier Boutang. J'en apprends en effet, mais j'apprends aussi qu'elle a écrit,…

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