vendredi 25 mars 2011 · 22h34

1996, mon père écrit dans un carnet

Fra Filippo Lippi, retable de l'Annonciation, eglise San Lorenzo, Florence

2 février
« Comment figurer cet intervalle, cet « interdire » où s’échangent des paroles, à la mesure de la résonance des souffles et des voix ?»
[…]

Mystère de la figurabilité.
un simple intervalle qui fuit en
profondeur selon l’axe du regard.

la colonne
signe figure, à puissance symbolique
qui baliserait l’entre-deux de l’invisible
et inaudible échange de paroles
entre les acteurs du récit. »

Ces notes* de mon père témoignent de sa lecture d’un article de Louis Marin paru dans La part de l’œil, intitulé «Énoncer une mystérieuse figure », dont il recopie des extraits qu’il émaille de croquis. [...]  Lire la suite >

dimanche 11 septembre 2016 · 08h24

les frigos – une question d’espace et de mouvement

08:24

[Réveillé à 6h30, hier déjà, net progrès. 6h30, heures des poumons.]

Pour  le moment, je suis très triste mais ce n’est peut être qu’une question d’espace et de mouvements. Qu’il me manque, qu’il nous manque,  l’espace et les mouvements. 

Nous étions l’autre jour chez Darty, à l’étage des frigos, et moi qui allais si mal, au bout d’un moment, j’ai senti que j’allais beaucoup mieux, que j’étais même joyeuse, oui, que nous étions tous passés joyeux. Mais, ce qui nous plaisait, peut-être, je le réalise maintenant, ce n’était pas tant d’acheter ensemble, l’acte consommatoire, que de circuler ensemble d’un frigo à l’autre en nous amusant à les commenter, en les ouvrant joyeusement, et que cela se passe dans un espace très grand, très haut de plafond, une vieille bâtisse peinte en blanc, où nous pouvions nous déployer, glisser,  tandis que nos paroles écoulaient des commentaires légers, nous offrant pour un court instant (de réaliser son but, à la parole et) d’atteindre un certain accord sur l’objet, en l’occurrence, le frigo. Lequel n’avait que très peu d’importance, au moins dans sa fonction première, même si, à la réflexion, leur taille, généreuse, légèrement supérieure à la nôtre, posés qu’ils étaient, alignés sur une surélévation du sol, leur ample largeur, la douceur de leurs courbes, en faisaient des objets rassurants. Et sans d’ailleurs que nous nous payions l’illusion de pouvoir acquérir ce caractère, tant l’espace confiné de notre propre cuisine en aurait, je le crains, plutôt fait ressortir l’aspect morbide,  dès que nous l’y aurions coincé. Eh quoi, pas de nouveau frigo, alors.  [...]  Lire la suite >

mercredi 2 juin 2021 · 22h37

Un exercice de lecture

par Esthela Solano*

source: https://www.psychaanalyse.com/pdf/lacan_LECTURES.pdf

Le Séminaire « R.S.I »1, d’une grande complexité, inaugure le passage de l’enseignement de Jacques Lacan à ce que Jacques-Alain Miller a nommé « le tout dernier enseignement».

Quel est l’intérêt de Lacan au moment de ce Séminaire?

Celui de toujours, celui de la pratique analytique, au sens de l’opération analytique. Dans ce Séminaire il se pose à plusieurs reprises la question qui l’a occupé tout au long de son enseignement et qu’il reformule dans la leçon du 14 janvier 1975, de la façon suivante : « Qu’est-ce qu’implique que la psychanalyse opère ? »2.

Cette question, qui concerne l’opération du discours analytique, ne va pas sans comporter un questionnement de l’interprétation analytique s’agissant de savoir ce à quoi l’interprétation doit répondre pour être efficace au niveau de la jouissance du symptôme. À l’horizon de cette question nous trouvons dans ce Séminaire une interrogation sur la passe comme visée ultime de l’analyse, c’est-à-dire le passage de l’analysant à l’analyste. Lacan aborde en effet la passe dans les termes suivants : «cette passe par quoi en somme, ce dont il s’agit, c’est que chacun apporte sa pierre au discours analytique en témoignant de comment on y entre »3. [...]  Lire la suite >

mardi 27 juillet 2021 · 10h23

mar. 27 juillet :: dedans dehors (d’inanité sonore)

Chair, rocaille. Si l'on ne distingue ce qui se dit, un soupir s'entend. Dedans, dehors. Qu'est-ce qui me vaut ce qui s'apparenterait à de la joie. Une joie bien calme, qui ressemble au silence, au recueil. - Ce pays de merde ! Voix reconnue d'un clochard. Et l'absence de soleil.

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