mardi 6 septembre 2016 · 09h33

lettre sans réponse

Comment j’ai écrit beaucoup de lettres, comment on m’a rarement répondu, comment j’ai de moins en moins écrit de lettres, comment, je n’ai plus écrit de lettres, comment il n’est rien au monde qui ne me soit plus douloureux qu’une lettre sans réponse. Mais aussi, comment mes amours ont toutes commencé sous les auspices des lettres.

J’avais écrit cette lettre à M, rencontrée au stage de tai chi, début juillet. Je l’ai écrite en plein mois d’août, à une époque où il faisait chaud, où j’étais en plein dans mon obsession du foie et de l’horloge biologique chinoise, mais aussi en pleine énergie, enthousiasme, dans le brûlure de l’été. Je faisais du tai chi dehors, au soleil, en différents endroits du jardin, je pratiquais les 108 dont je voulais finir de mémoriser les 2 premières parties apprises cette année, je travaillais également au jardin, un peu n’importe comment, avec des outils contondants que nous venions d’acheter. Je sciais des branches, je taillais des bosquets énormes où il m’est arrivée de me fondre en short, à plaisir, pour y traquer, scier l’arbre qui s’y était invité et pensait pouvoir continuer à longtemps pousser tranquille et échapper à ma fougue –  tel ce pauvre noisetier poussé dans le laurier. Depuis que je le pratique, de façon tout à fait amatrice, le jardinage me paraît à la racine même de la civilisation, ça coupe, ça trace, ça fauche. Dans le corps à corps, la joie et la cruauté. Au moins en été. [...]  Lire la suite >

vendredi 9 septembre 2016 · 09h09

point d’acné

vendredi 9.9, 9:9

Après une nuit d’insomnie, dont tout en moi rebute à dire quoi que ce soit.

Je ne pense pas que je puisse poursuivre la tenue de ce blog.

Ce que je peux dire, extraire de mes angoisses de la nuit et qui paraîtra dérisoire. Un premier bouton d’acné sur le menton et des points noirs sur le nez viennent d’apparaître sur le visage de J, le lendemain de son entrée au collège. Je n’ai pas tout de suite voulu le croire, j’ai consulté le grand internet, il semble que ce soit bien cela, qu’il s’agisse d’acné. A laquelle s’est encore (en corps) ajouté hier un orgelet à l’œil droit. [...]  Lire la suite >

dimanche 11 septembre 2016 · 08h24

les frigos – une question d’espace et de mouvement

08:24

[Réveillé à 6h30, hier déjà, net progrès. 6h30, heures des poumons.]

Pour  le moment, je suis très triste mais ce n’est peut être qu’une question d’espace et de mouvements. Qu’il me manque, qu’il nous manque,  l’espace et les mouvements. 

Nous étions l’autre jour chez Darty, à l’étage des frigos, et moi qui allais si mal, au bout d’un moment, j’ai senti que j’allais beaucoup mieux, que j’étais même joyeuse, oui, que nous étions tous passés joyeux. Mais, ce qui nous plaisait, peut-être, je le réalise maintenant, ce n’était pas tant d’acheter ensemble, l’acte consommatoire, que de circuler ensemble d’un frigo à l’autre en nous amusant à les commenter, en les ouvrant joyeusement, et que cela se passe dans un espace très grand, très haut de plafond, une vieille bâtisse peinte en blanc, où nous pouvions nous déployer, glisser,  tandis que nos paroles écoulaient des commentaires légers, nous offrant pour un court instant (de réaliser son but, à la parole et) d’atteindre un certain accord sur l’objet, en l’occurrence, le frigo. Lequel n’avait que très peu d’importance, au moins dans sa fonction première, même si, à la réflexion, leur taille, généreuse, légèrement supérieure à la nôtre, posés qu’ils étaient, alignés sur une surélévation du sol, leur ample largeur, la douceur de leurs courbes, en faisaient des objets rassurants. Et sans d’ailleurs que nous nous payions l’illusion de pouvoir acquérir ce caractère, tant l’espace confiné de notre propre cuisine en aurait, je le crains, plutôt fait ressortir l’aspect morbide,  dès que nous l’y aurions coincé. Eh quoi, pas de nouveau frigo, alors.  [...]  Lire la suite >

mardi 13 septembre 2016 · 15h34

treize-09

lien : https://www.disparates.org/iota/2009/treize/

    
              anniversaire

 

(pour info)

 

(rien de spécial aujourd’hui, n’est arrivé. c’est fini. (ne me dis pas que tu es un treize septembre.) c’est arrivé pendant la nuit. est-ce arrivé pendant la nuit du 12 au 13, cela je ne le sais plus. et à quelle heure? cela je ne l’ai jamais su. je dis cela juste parce que moi je me réveille toujours à 4 heures. ça peut-être à cause du foie, je l’apprends maintenant, mais ça pourrait être à cause d’autres choses encore. il est beaucoup question de 4 dans ce blog, et même de double 4. et ma mère, elle-même, se réveillait, autrefois, tous les jours à 4 heures. j’avais écrit, je ne me souviens plus du texte, mais j’entends encore la voix, ma voix, dire : « elle se réveille tous les jours à 4 heures, à 4 heures et à 4 heures. » Ça doit être dans le texte Vincent (que je n’ai jamais fini de publier sur le blog), à propos de ma mère, dont j’écrivais qu’elle se réveillait la nuit, toutes les nuits, à l’heure où mon oncle avait pris coutume de venir sonner, soûl, à notre porte, tambouriner, et ça, à partir du moment où il est sorti de prison. Je raconte ça juste pour la petite histoire. Maintenant, c’est moi qui me réveille à 4 heures. Ca peut n’avoir aucun rapport. Et elle, ne se souvient plus, que vaguement, qu’autrefois, elle se réveillait tous jours, toutes les nuits, à 4 heures, à 4 heures et à 4 heures. [...]  Lire la suite >

mardi 20 septembre 2016 · 11h13

Concernant l’athéisme,
— Pendant ce temps sur Stromboli

 

Concernant l’athéisme, il me semble pour ma part fondamentalement mieux intégré qu’on ne le dit. Le capitalisme mondial (qui en est né) en offre d’ailleurs un visage,  particulier sans doute,  mais particulièrement bien répandu.  Dieu est mort, tout s’achète. Il n’y a plus rien demander à personne,  tout s’acquiert. Et voici viendre les communautés du self-service. Cependant si Agamben considère  l’argent  comme  la nouvelle religion,  c’en est bien sûr une forme larvée. La religion traditionnelle offrait du tiers, les actuelles offrent de l’un (aussi bien des uns-corps à sacrifier).  La mort de Dieu, l’effondrement qui s’en est suivi des valeurs et de la loi,  ça a  aussi été la mise en flottement du sujet et du langage dont Dieu était le garant. Nous sommes devenus des objets de la science, nouvelle garante absolue et universelle qui évacue sans remords de l’homme la question du sujet,  sa condition d’être parlant,  sa conscience et son inconscience. L’objet idéal de la science étant tout de même le cadavre (qui ne cesse d’ailleurs d’offrir des preuves de sa perspicacité – voire les travaux de la police scientifique dans les séries où c’est le travail des médecins légistes qui finit toujours par offrir le fin mot de l’affaire).  Aussi, entre parenthèses, nous voyons-nous chaque jours dépossédés de nos corps.
Les religions actuelles ont toutes peu ou prou intégré cela.  Et toutes peu ou prou tentent à leur façon de ré-humaniser la condition faite à l’humain par la science et le capitalisme.
//Aujourd’hui, je pense qu’il y a deux terrains de lois possibles : celles du corps et celles du langage. Et d’innombrables terrains pour l’absolument hors-la-loi : le corps et le langage la, où ils se rencontrent.  //
Il y aurait beaucoup à dire encore, sans doute, mais j’ai été assez longue et lourde comme ça. J’arrête. Donc oui, je suis d’accord, l’athéisme pourrait bien être la question à reprendre.  [...]  Lire la suite >

vendredi 23 septembre 2016 · 13h46

tu penses que je peux mettre ça sur stromboli

le problème de la france, c’est qu’elle accorde beaucoup trop d’importance à l’esprit, au discours
et qu’elle a entraîné tout le monde occidental à sa suite
que je commence à me dire
je me demande quand ça a commencé d’ailleurs
est-ce que ce serait pas la faute à jésus des fois
si ça se trouve
non mais
suffit de regarder l’afrique ou l’asie,
ces gens sont autrement raffinés, autrement plus proches de leur corps
évidemment, de point de vue de la puissance, ils sont totalement à la ramasse
je pense donc je suis, franchement, j’en reviens
ts
on voit ce que ça a donné
et puis les français manquent totalement de sens de l’humour
pire que les allemands en fait
les anglais c’est autre chose, ils sont pas totalement bernés par la puissance du verbe et ça les fait marrer.
les français ont l’ironie, ouais. ça ils ont, ils sont forts. mais c’est juste du dépit.
les français sont dépités
je pense donc je suis mais je fous rien. ou alors la révolution, violente.
faudrait qu’ils commencent à faire moins les fiers, à se remettre un peu en cause, eux, et leur foi inaliénable dans le langage, ces purs esprits, qu’ils reviennent un peu sur terre, qu’on rigole
non, c’est tout dans la tête et il faudrait que tout le monde pense comme eux en plus
qu’il y a d’autres moyens de communiquer, d’autres façons d’être intelligent
est-ce que je suis anti-intellectuelle primaire
non, je pense juste qu’il y a d’autres façons de penser qu’avec la pensée
tu peux vomir sur la religion, élise, mais ce en quoi toi tu crois, la france et la grandeur de sa pensée
gentiment dit : ça me fait rigoler un peu [...]  Lire la suite >

samedi 24 septembre 2016 · 09h45

Quelle présence du chi en Europe
— Donn, samedi 24 septembre

Samedi matin. Donn. Réveillée à 8h!

Eau chaude, avoine +lait de soja tiède.

Quelle présence du chi en Europe

Le chi devant être étant universel, je me pose la question de son apparente absence en Europe et dans les pays occidentaux.
Entre-nous, nous sommes probablement conva

Bonjour,
Avez-vous une idée de la raison pour laquelle on ne trouve de connaissances et d’étude du chi

Bonjour,

Le chi en Europe et dans les pays occidentaux n’est pas connu. Mais en a-t-il toujours été ainsi et ne disposerions-nous pas de sources qui attesteraient par le passé de sa présence, ou plus exactement de sa connaissance, de sa reconnaissance, de son utilisation, fût-ce à des fins médicinales.  Je pense par exemple à des danses, à des rites, ou à la connaissance de plantes médicinales, soit à une forme de connaissance du corps lié à un savoir ancestral. [...]  Lire la suite >

lundi 26 septembre 2016 · 19h08

Hier, dimanche, à Donn

Hier, dimanche, à Donn, réveil relativement tôt, vers 6h je crois, sans que j’arrive à me rendormir. Trop de pensées, à me répéter les événements de la veille. Anna et ses filles en visite ici, plus son copain, j’avais bu un peu. Mais, le lit dur était agréable, aussi  la lumière du jour se levant qui filtrait au travers des volets. Beaucoup de taï chi, le jour d’avant également, samedi, dehors.  Grégoire la grenouille a disparu de la piscine. 
Ce matin, Paris, réveil à 5h50, sans que j’arrive à me rendormir. Finalement venue au salon pour relaxation au sol : délice de retrouver mon  corps dès que je me couche sur du dur. 
Bon. Je dois me lever. 
9:15. Confusion. C’est la rentrée de l’école de taï chi. Je me suis inscrite à de nombreux cours. J’espère que je tiendrai le coup. Petite angoisse. J’ai des cours prévus tous les jours, sauf le vendredi et le week-end. 
Hier, lecture d’un article de Federici (oublié son prénom, Silvia ?) sur les femmes au Moyen-âge, passionnant. 
17:10 fatigue et confusion
iplus fatiguée comme ça depuis longtemps. je crois uqe c’est le taï chi fait smaedi, à Donn. et la séance de stretching postural de ce matin. et puis, ce texte de silvia fedrici. je cherche à me procurer le texte. le livre est épuisé semble-t-il. on en trouve un exemplaire cependant à 135 euro sur PriceMinister.
Je me demandais comment le chi, qui est universel, avait pu cependant disparaître d’Europe, tout de moins de sa culture, fort pesante il est vrai. dans un moment d’exaspération à la pensée du rationalisme français,  j’en avais cherché l’une des causes dans le trop grand crédit de par nos contrées accordé au langage, à sa suprématie. crédit
18:51 pourquio faut-il que le tri de papiers soit si ennuyeux, angoissant
19:07 eh bien, une petite cigarette et une bière

lundi 26 septembre 2016 · 19h17

Silvia Federici, Caliban et la sorcière

Caliban et la sorcière : femmes, corps et accumulation primitive

L’histoire, telle qu’elle est enseignée, apprend rarement qu’au Moyen Âge les femmes exerçaient les mêmes métiers que les hommes… Une histoire de pouvoir ? 
 

Au Moyen Âge, les femmes étaient artisanes, elles avaient leur place dans les corporations. Paysannes, elles produisaient dans les communs une agriculture vivrière. Elles étaient guérisseuses, accouchaient les parturientes et faisaient aussi « passer » les grossesses non désirées. Elles disposaient d’un savoir ancestral transmis de génération en génération. L’histoire omet aussi de rappeler que les paysan-nes d’alors vivaient en lien avec la Nature, instance supérieure à laquelle ils devaient respect et bienveillance.
 
La chasse aux sorcières qui débute alors et persécute les femmes durant deux siècles est historiée comme une période de superstition collective née dans l’Église qui, jetant son dévolu sur les femmes, brûle les impies. Pas si simple.
 

Analyser et comprendre l’histoire capitaliste

L’historienne et féministe Silvia Federici enquête longuement dans une vaste documentation très peu étudiée, avant de poser un tout autre postulat. Elle veut tracer les racines de l’exploitation des femmes dans la société capitaliste et le moment où leur subordination aux hommes est instaurée. Comprendre ce à quoi nous nous confrontons pour trouver des stratégies de lutte et faire en sorte que l’histoire de l’oppression des femmes arrête de se répéter.

À la théorie marxiste qui affirme l’accumulation primitive en tant que précurseure du capitalisme, Silvia Federici pose ladite accumulation comme caractéristique fondamentale d’un système nécessitant un apport permanent de capital exproprié. C’est à l’aune de cette hypothèse qu’elle remonte l’histoire, interpelée par la différence de statut des femmes dans la société féodale du Moyen Âge et celui qui leur est imposé dans les siècles qui s’ensuivent. [...]  Lire la suite >

mardi 27 septembre 2016 · 14h31

Re: Sorcières

ce texte est venu à point comme je me posais des questions sur ce qui avait pu se passer en Europe, à sa suite dans  le monde occidental, pour qu’elle oublie, occulte complètement, ce que l’on continue de trouver dans d’autres cultures. je pense bien sûr au chi, à l’énergie, à ce que je découvre dans le taï chi chuan.

ce qui m’a donc intéressé  dans cette interview, c’est l’idée qu’il y aurait eu, à la sortie du Moyen-âge, une volonté délibérée de séparer l’humain de ses connaissances ancestrales – proximité avec la nature, connaissance de son propre corps,  afin de mettre en place le capitalisme.  et qu’à ce moment-là, ait été établi une  nouvelle répartition des rôles de l’homme et de la femme, en vue d’instaurer le monde du travail que l’on connaît aujourd’hui. avec d’un côté les femmes censées s’occuper, par amour, du ménage et de la mise au monde des bébés, futurs petits travailleurs, et de l’autre, les hommes, travailleurs et salariés. ça, et à côté de ça, le monde de la science qui s’approprie le savoir sur le corps, et qui expulse du savoir tout ce qui ne relève pas du langage : « Les savoirs ancestraux doivent êtres dénigrés : l’État officialise une connaissance qui se théorise, s’étudie, s’écrit. Les femmes qui soignaient doivent être réprimées au profit des pratiques des médecins et de la science officielle qui se déploient. »  Et que la mise en place de la religion ait participé de cet assujettissement au monde du travail, de cette aliénation à la science officielle. « Les croyances impies en les signes de la nature doivent être méprisées, rendues dangereuses : la croyance culpabilisante et asservissante de la religion prend le pas sur l’animisme et les croyances naturalistes. » [...]  Lire la suite >

vendredi 30 septembre 2016 · 14h09

RE: Rembrandt!
— REMBRANDT INTIME - Du 16/09/16 au 23/01/17 - MUSÉE JACQUEMART-ANDRE

Rembrandt, Les Trois Croix, 4° état.
Pointe sèche et burin.
~1653

États des gravures

Ce qui m’a le plus immédiatement frappée, touchée, parlé : les deux états qui sont données à voir de deux gravures, dans l’avant-dernière salle. Celle du Christ présenté au peuple (dont c’est un des premiers états qui était affiché dans la cuisine de mes parents) et celle des Trois croix.

D’abord, l’inexorable et  dramatique réduction à l’essentiel que donnent à voir les deux états du calvaire à trois croix. Avec un dernier état devenu noir, sombre, ravagé, sa pluie de lumière (dans un océan de noirceur ;)).

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