mardi 21 juin 2005 · 17h15

télévision

au passage
hier je lis
un optimiste
qui pense croit que
bientôt la télé
ça sera
fini
qu’elle aura tellement détruit
ses spectateurs
qu’ils ne spectateront plus

(je n’y
crois pas
je pense qu’elle détruit qu’elle mine
mais surtout
qu’elle satisfait
et forge à sa
satisfaction.

je me demande: là dedans aussi, c’est la pulsion qui
maîtresse règne
je me demande comment quel
fonctionnement
quel fonctionnement eu égard à ce qu’en ont élaboré freud
et puis lacan
et puis il y a miller
qui résume en disant
la pulsion c’est ce qui [...]  Lire la suite >

vendredi 1 juillet 2005 · 17h11

ce qui ne cesse (pas de s’écrire) et cyberculture

la « cyberculture » fonctionne sur un mode pulsionnel, où « ça ne cesse pas de s’écrire », à l’instar de l’inconscient qui ne calcule ni ne juge et qui ignore le temps. « ça jouit et ça sait rien », cette démultiplication de sens perdus, qui vont à la dérive, ne saurait recouvrir l’absence de sens du sens.

ce qui se trouve nié, dans cette éternisation, c’est le réel. la prolifération des écrits sur internet, témoigne de cette volonté de croire que le symbolique recouvrira, à force d’approximations, totalement le réel. alors que de celui du corps, de la mort et du sexe, elle ne veut rien savoir. ce réel-là exige le passage à la limite, exige qu’un saut par-dessus le vide soit fait. le symptôme ne cesse de refaire ce saut. et s’il ne cesse, de parler à l’encan, c’est qu’il lui faudrait, pour cesser, que sa cause soit entendue. que vienne à se savoir sa cause, sa raison d’être. ce à quoi il a affaire. il lui faudrait la présence de l’autre (« ce mystère de la présence »). il lui faut la rencontre. [...]  Lire la suite >

dimanche 3 juillet 2005 · 14h53

hors-la-loi, l’amour et … cyberculture

enfin, vu qu’on a eu la bonté de me répondre, malgré la honte donc, j’ai continué :

bien le bonjour,

si je suis intervenue, c’est qu’il y a quelques jours, j’ai commencé de lire un livre sur internet. chaque fois que je voulais avancer, il fallait que je clique sur une flèche qui allait vers la droite. si d’aventure, j’avais voulu revenir en arrière, je pouvais cliquer sur une flèche qui allait vers la gauche. c’est là que je me suis rendu compte que le livre me manquait, que sa « totalité » me manquait – qu’il me manquait le « un » du livre. que j’aurais eu envie de pouvoir lire quelques mots des dernières pages, quelques bribes au milieu, décider de le reprendre depuis le début. m’installer pour ça dans un canapé ou sur mon lit. ma frustration s’est plus moins vaguement formulée en ces termes : internet me force à avancer de proche en proche, dans un processus métonymique, sans que je puisse véritablement savoir quelque chose de la totalité de l’objet que j’investis (délocalisation, etc.) – et j’ai arrêté ma lecture. je suis passée à autre chose. donc, effectivement, à ce niveau-là, la « totalisation » manque, fait défaut. « totalisation » qui s’est peut-être vue remplacée par ce qu’on désigne sous le terme de « globalisation ». qui est un terme très flou, qui semble devoir pouvoir « tout » englober. là on retrouve le « tout » et c’est un « tout » illimité. à mon avis le plus totalitaire qui soit. le livre qui me manquait, c’est celui auquel sa chair aurait donné une forme d’indépendance par rapport à ce tout-flou. là où il y a le corps,   y a d’l’un » (comme disait l’autre). et la métaphore, c’est ce dont elle s’occupe. qu’on ne veuille plus de l’identité, c’est une chose, il n’empêche, que « lom », c’est c’est celui « cahun un corps et nan-na Kun ».

donc, voilà, c’est ce que je voulais dénoncer dans ce que j’appelle processus de métonymisation, qui peut lui aussi croire à un « tout» dire possible, un « tout dire » qui se perd dans une infinitisation. infinitisation qui rappelle éventuellement l’espace, que découvre lacan dans encore, de la jouissance féminine – l’espace, infinitésimal, de la tortue, qui n’atteindra jamais la fin de la course. espace de la jouissance féminine qui, lui aussi, se localise ailleurs que dans le corps, se « délocalise ». bon, très bien. sans que je sois sûre que cet rapprochement tienne le coup d’une analyse plus poussée, j’ajoute quand même que cette jouissance peut être ravageante. c’est pour ça que je me suis souvenue de je ne sais plus quel livre de duras où la femme demande à l’homme qu’il lui dise, crie son nom, « Aurelia Steiner ». est-ce que c’est ça , c’est bien elle, « Aurelia Steiner » ? de nom, aussi, au départ, on n’en n’a qu’un. ce nom, non plus, on ne l’assume plus. et je suis bien placée pour en parler.

par ailleurs, en tout cas, c’est ce qu’on dit : au plus ça va, au plus les gens écrivent, au moins ils lisent. de plus en plus attachés à leur symptôme, ils ont perçu la valeur de vérité de la fiction de leur fantasme et ne veulent plus cesser de le déballer. c’est la faute aux analystes. on leur a dit  « causez, causez, dites n’importe quoi, il en sortira toujours quelque chose… » et les voilà pris dans une jouissance dont ils ne peuvent plus sortir, les voilà a-parolés. que ça soit sur les ondes ou derrière un écran. prisonniers d’une vérité qu’ils font sourde reine, qui les dépasse, qu’ils ne sauraient avoir de cesse de ramener à la « normalité». je dis « ils », je dis « on », je dis « les gens», c’est des trucs à quoi je crois, et dans ce « ils», dans ce « on », dans « ces gens », je m’y inclus.

là, il faudrait que je conclue, que je fasse vite, parce que j’ai déjà été suffisamment longue. je m’étale. je n’ai, pour ma part, sur internet, fait aucune rencontre, si ce n’est celle de l’homme pour qui j’ai quitté mon pays ma ville (relocalisation) et dont je tiens l’enfant qu’il m’a donné sur les genoux au moment où je vous écris.

quant à ces commentaires auxquels nous nous livrons pour le moment, c’est vrai qu’ils me permettent de mettre certaines idées au clair. cela arrive donc quelquefois. je vous remercie pour cela. je n’en suis néanmoins pas coutumière, des commentaires, et pour ce que j’en observe, je constate que souvent, ils servent à mettre des petits mondes d’accord, à constituer de petites communautés, de petites tribus qui vivent entre eux, qui s’entretiennent, cultivent leurs liens, soignent leur audience, surveillent leur audimat, perdent tout sens critique, pensent en terme de hits. qui se rapprochent d’aller vers le tous pareils, le prochain, le même, la norme.

alors que le symptôme, comme l’amour, est hors-la-loi.

si vous m’avez lue jusqu’ici, je vous en remercie. je n’aime pas beaucoup le ton que j’adopte. qui vaut peut-être mieux que de ne rien dire. et dont je ne crois pas qu’il soit le mien. en tout cas, internet permet ça, de sans lancer sans trop réfléchir. moi non plus, je ne crois vous avoir répondu. et je m’en excuse.

dimanche 6 novembre 2005 · 14h58

Freud, Heidegger, notre histoire, par Jean-Luc Nancy

Point de vue

Freud, Heidegger, notre histoire, par Jean-Luc Nancy

LE MONDE | 03.11.05 | 12h57  •  Mis à jour le 03.11.05 | 12h57

Point de vue

Je lis le journal

TO BE OR | 04.11.05 | 12h57  •  Mis à jour le 06.11.05 | 13h09

 

Lorsque les houles médiatiques se calment, le temps vient de poser les questions sérieuses. Heidegger et Freud : pourquoi l’un et l’autre subissent-ils régulièrement le retour d’opérations de dénonciation et de démolition ? Que les pensées de notre héritage soient soumises à relecture, à discussion, à critique et à transformation, c’est la moindre des choses. C’est la vie et le travail de l’esprit, c’est sa praxis.

On peut supposer que JL Nancy se réfère, entre autres, au bouquin, torchon, récemment publié sur Freud, mais vaut-il la peine de le mentionner ici.

 

 

Mais, avec Heidegger et Freud, il s’agit d’autre chose, comme on le voit bien. On ne les discute pas, on les voue aux gémonies. On veut nous exorciser de leur présence pernicieuse. Le rectorat nazi de l’un et l’extraterritorialité de l’autre (ni proprement médecin, ni
psychologue, ni philosophe) sont des motifs très propres aux exécutions sommaires. D’un côté l’infamie politique, de l’autre l’irrespect du protocole positiviste suffisent à mettre en place un a priori de discrédit. A l’abri de ce discrédit, et sans plus d’examen ni de réflexion, on s’acharne sur eux.

« on les voue aux gémonies« , « on s’acharne sur eux« , oui, pas seulement sur Freud, sur Lacan aussi, et la sur psychanalyse dans son ensemble.

 

 

Qu’y a-t-il donc de commun entre Heidegger et Freud qui pourrait expliquer l’analogie de ces acharnements compulsifs ? Les deux cas sont entièrement différents, cela va de soi. Ils sont même aux antipodes l’un de l’autre si l’on
s’en tient au plus visible, au plus manifeste de leurs figures
respectives, tant politiques qu’intellectuelles. Il n’en existe pas
moins entre eux un point de contact, sinon de convergence.

Ce point consiste dans une perception qu’on ne peut dire commune, mais concomitante de l’interruption des visions ou des significations du monde. La question dite « de l’être » d’un côté, celle nommée de « l’inconscient » de l’autre ont une espèce d’asymptote commune : le « sens » n’est plus disponible, ni donné, ni constructible ou projetable, ni par déchiffrement ni par encodage du monde, ni par lutte ni par partage. Le « sens »– de l’homme, de l’histoire, de la culture – n’est plus en acte ni en puissance. Lorsque cette perception s’est
imposée à Freud comme à Heidegger, une continuité s’est interrompue.

Notre tradition a vu s’ouvrir ­ ou a ouvert elle-même ­ un fossé entre elle et son passé, même le plus récent, tout autant qu’entre elle et son avenir. Autour de la première guerre mondiale, et à travers, s’est jouée une déposition générale des représentations et des significations. S’est alors ouvert un suspens de sens ou de monde tel
que l’histoire occidentale n’en avait pas connu – depuis la fin de Rome – ou bien depuis la veille du premier monde grec.

Ca, c’est la partie qui éveille mon intérêt. Ce dont Lacan parle en termes de « disparition, dissolution du Nom-du-Père« . Ce qu’il m’a semblé rencontrer, entre autres, quand j’ai commencé d’écrire ici. Ce pourquoi j’en appelais à la coupure, la coupure alors comme Nom-du-Père, coupure,  interruption dans le flot des significations, le flot, le flux, le flou métonymique ai-je pu dire des significations, l’une ne venant plus que s’ajouter à l’autre, s’enfiler derrière l’autre, dans la présence toujours, est-ce que vous le sentez que je vous parle des blogs, de cette façon dont tous les jours on vient ajouter une petite pierre, et que malgré ces ajouts quotidiens, quelque chose de l’ordre de « l’étincelle du sens » n’apparaît pas. Dans la mesure où, comme le montre Lacan dans le Séminaire V, il n’y a que la métaphore qui opère ce qu’il appelle le « pas-de-sens », qui fasse le saut du sens, soit à l’origine d’un sens nouveau, qui fût à proprement parler créative.

Déjà, qu’il choisisse de parler de « pas-de-sens » pour dire le sens justement, on a le sentiment de rejoindre ce dont nous parle Jean-Luc Nancy ici, quelque chose qu’il m’est difficile de concevoir. Je le sens bien, que je m’essouffle à courir après le sens. Ce sens qu’il n’y aurait pas qu’il n’y aurait plus. Après lequel il n’y aurait plus de sens de courir? (Ce sens qui ne prend son sens que du non-sens même, mais c’est insupportable ce genre de phrase, à force. Ce non-sens auquel on voudrait échapper à tout prix.).

 

Si donc dans un premier temps Lacan aura délinéé la fonction du Nom-du-Père, il sera ensuite revenu sur elle pour promouvoir sa seule fonction d’usage : le Nom-du-Père  : s’en passer, s’en servir. Il fait retour sur le sens également, en dénonce la vacuité la vanité la « jouï-sens ». La chose se ramenant finalement à ça: rien n’échappe à la jouissance, rien qu’elle ne récupère. Et l’avancée de Miller, Jacques-Alain, selon moi, ça sera: si l’on n’y échappe pas, à cette jouissance, comment faire pour en pâtir moins, voire n’en pâtir plus, voire en jouir plus, puisqu’aussi bien elle reste le plus réel. L’éthique selon Lacan : connais ton désir, passe alors à : et penche-toi sur tes « modes de jouissance » (auxquels de toute façon tu ne saurais déroger : apprivoise-les).

Donc, la métaphore, elle qui arrête le sens : s’en servir, à la condition de pouvoir s’en passer. S’en servir, l’utiliser, en connaissance de cause, c’est-à-dire, sachant sa valence de « comme si », de semblant. Sans y croire. Mais elle reste nécessaire si l’on veut faire le moindre « pas », le moindre retour en arrière, retour sur l’arrière, retour sur l’écoulement. Si l’on veut faire autre chose qu’avancer (je pense : avancer à l’aveugle, avancer sourd et muet, avancer, à l’instar de la pulsion, sans queue ni tête, dans la seule propulsion).

Nous sommes toujours dans ce suspens. Pour le pire et pour le meilleur. Le meilleur est que nous sommes avertis des impasses ou des mensonges du « sens », de toute espèce d’accomplissement ou de promesse de sens. Le pire est que notre monde devient capable de n’importe quoi dans la
mesure où il n’a rien d’autre pour se comprendre lui-même que l’équivalence générale – c’est-à-dire l’argent – combinée avec les finalités autoreproductrices – c’est-à-dire la technique : en bref tout se vaut et rien ne mène à rien.

Cette question de l’équivalence générale, équivalence généralisée, tout vaut tout, rien ne vaut rien, depuis longtemps me rappelle le mathème de l’obsessionnel, où les objets ne sont justement ramenés considérés que dans cette équivalence, l’un pouvant sans problème remplacer l’autre. Toujours dans le Séminaire V, Lacan développe l’idée, la montre sur le graphe, que l’obsessionnel, au fond, ce à quoi il n’a pas accès, ce qui le fait tourner en rond dans la partie inférieure du graphe, au niveau des besoins, ceux-là qui peuvent être satisfaits, ne supporte pas la confrontation à l’Autre barré, à grand S de grand A barré. C’est parce qu’il ne supporte pas que le sens soit troué, et c’est ce que notre époque non plus ne supporte, – où il s’avère que c’est justement le trou dans l’Autre qui fera la valeur, la valeur autre, non-équivalente, ce trou de pas de sens -, que l’obsessionnel s’en tient obstinément à des objets interchangeables entre eux, des objets, dont la valeur sera accordée par leur prix, ces fameuses marchandises.

A l’obsessionnel donc la pute, c’est bien connu. Et à l’horizon, intouchable intouchée irréelle la dame, la mère vierge, la toute puissante, à laquelle il ne manque rien. Je dis ici que l’époque s’obsessionnalise.

A quoi les machines également contribuent, qui nous mènent à penser le monde, – ces écrits qui ont lieu ici, dont on nous bassine les oreilles, dont on s’esbaudit -, en termes que par facilité je me contenterai de qualifier de binaires : les machines, je parle de l’ordinateur,   nous donne à nous penser comme elles : doués d’une mémoire où tout s’écrit en 0 et en 1. Où les choses se deletent les bins se trashent et les mots de passe des programmes se crackent. Ordonnancement à tout crin tout va, où moi aussi je trouve à m’appareiller.

Freud et Heidegger ont eu de cette métamorphose une perception aiguë, bouleversée, sans concession.
Ils ont pensé le déplacement : pour l’un, du lieu et de l’enjeu du sens (« l’être ») ; pour l’autre, de son émetteur récepteur (« l’inconscient »). Ni « l’être » ni « l’inconscient » ne sont de nouveaux objets dont l’effectivité serait à vérifier. Ce sont des noms – provisoires, même douteux – qui auront été mis au travail pour nous faire penser la mutation du monde.

   

Les limites et les fourvoiements de l’un et de
l’autre penseur – la tentation de la régénération pour l’un, celle de la scientificité pour l’autre, et, pour les deux, celle d’une efficience– étaient inhérentes aux conditions que leur faisait leur temps, et que presque tous partageaient alors, y compris, bien entendu, les « révolutionnaires ». Depuis ce temps – bientôt un siècle – , leurs pensées ont d’elles-mêmes engendré le travail de leur propre dépassement, critique, déconstruction. Nous n’avons pas fini de comprendre ni l’irruption de ces pensées ni leurs insuffisances et leurs risques, car nous n’en avons pas fini avec la transformation du monde. Et nous n’en finirons pas nous-mêmes, ni nos enfants. Mais nous devons d’autant plus, en toutes nos pensées, penser aussi cela : qu’une mutation est en cours pour laquelle, par définition, nulle forme n’est donnée, ni « nature » ni « histoire », ni « homme » ni « Dieu », ni « machine » ni « vivant ». Les énervés crient au nihilisme : ce qu’ils nomment ainsi porte en réalité le savoir et la responsabilité de ce fait que rien ne nous est donné, sinon d’ouvrir les yeux et de tendre l’oreille.

Rien ne nous est plus donné… Peut-être. Je suis souvent dans un incroyable sentiment de recevoir. Un recevoir dans le voir, oui, dans l’entendre, oui, un voir un entendre ce qui au voir et à l’entendre justement manque, et qui n’est pas monnayable.

 

Ils n’ont en vérité qu’un souci : ignorer notre condition présente et renouer avec le temps où conceptions, représentations et valeurs étaient disponibles. Le sachant ou non, ils se comportent comme s’ils étaient en mesure de savoir à quoi Heidegger et Freud ont dérogé et qu’ils n’auraient jamais dû méconnaître.

   

Sans doute eût-il été préférable que la pensée de l’être et celle de l’inconscient se gardent plus pures et plus assurées, plus décentes et plus secourables aussi. Mais penser ainsi revient à croire que l’histoire aurait pu s’arranger autrement. De même certains Français du XIXe siècle auraient voulu que le gaulois fût reconnu comme langue première de l’homme. C’est de la même inspiration : celle d’un déni de l’histoire et de la vérité.

 

 

Jean-Luc Nancy est philosophe.


Véronique M.

par Jean-Luc Nancy
Article paru dans l’édition du 04.11.05
par Véronique M.
Blog mis en ligne le 06.11.05
jeudi 10 novembre 2005 · 11h55

terrors of tinseltown

{

à  quoi je tends ce que je cherche
avec ces histoires de méta
(phores)
méto(nymies)
je ne __
je n’en.

seulement que ces métaphores métonymies
et ce que j’en ai lu
essentiellement ce que j’en ai lu
– d’ailleurs

ce qu’à  propos d’elles, méta_ méto_, j’ai (lu)
se trouve s’appliquer
à  ce que je
vis
observe. (la ville.)

le sens celui qui était servi par le nom-du-père,
et de façon univoque,
le mal est le mal le bien est le bien,
son déclin quant à moi je le situe, je ne trouve
à le situer qu’à  ce moment de l’histoire où dieu meurt.

à  quoi il a mis du temps.

dont la relève fut prise par les règles scientifiques.

comme il commençait son agonie,
faisons-la remonter au 17è s.,
le sujet, lui, naissait

( je pense : donc je suis).

let me tell you about the breath of vinyl. alors ne pointons pas trop vite
du doigt l’individualisme. puisque si vite,
au fur et à  mesure qu’il s’est individualisé, le sujet,

il perdait

la parole

qu’il ne sera resté que
sur le point de prendre,

s’inféodait-il à  la canaille,
ces nouveaux maîtres, qu’il convient d’appeler
par leur nom: capitalistes,
dont la science, en reine, mère, s’est fait la pute.

baby, are you paranoid, lost in the void. are you afraid of yourself. and everyone else. are you afraid to die. are you afraid to get hurt. so what makes you cry. are paranoid, lost in the void. or just destroyed. are you afraid of me. and the things that i said. are you afraid to say something case i walked away. i you afraid of truth. inside of your soul. are you paranoid. or just destroyed.
aucune parole qui (n’) échappe au sexe. qui puisse y échapper. vous les voyez parler à la télé cela vous suffit ils ne parlent pas ils ânonnent
les leçons bien apprises qu’ils vous apprennent à  leur tour maintenant que l’homme est seul à  savoir à  ce qu’il doit faire, il faut bien qu’il se l’entende dire. déclin du nom-du-père, déclin de l’autorité. liberté. liberté. pourvu que nous ignorions que nous logeons l’horreur.
ils ne parlent pas ils ânonnent ils servent
la nouvelle loi, celle qui ne mérite même plus ce nom, humain, de loi, elle qui fut le désir même, qui comprend cela pourquoi antigone est descendu vivante au tombeau, les lois non écrites, l’usage, la coutume, nulle part écrites, mais sur lesquelles on s’accordait, celles du bon sens, qui n’écoutaient que la vie, cela qui de la vie ne rentrait pas dans les petites cases, échappait au décret, restait inévaluable. échappait aux rapports, médicaux ou autres, échappait à  l’image. la loi du capitalisme aussi est virtuelle : elle exclut ce qui du corps échappe à  la science. elle exclut la parole quand celle-ci prend le risque du lapsus. elle réduit le désir au besoin en en préservant la capacité d’insatisfaction. elle coince la jouissance dans la satisfaction de la pulsion. elle éjecte la mort, elle éjecte la filiation, elle éjecte ce qui du sexe n’appartient pas au fantasme masculin, ne se laisse pas cadrer, ne va pas sans dire. tandis que dans l’oubli du temps, faire l’amour c’était le dire.
young flesh city got beautiful skin ne parlent pas, ce sont des images. ce sont des fantômes. ce sont des monstres.
i was the son of a black and white dream. in a technical world. i was a hollywood child.
où tout cela s’aperçoit le mieux, se conçoit le mieux, c’est dans les peintures de la renaissance flamande, avant donc le 17è, c’est l’annonce. c’est l’arrivée des commerçants. c’est l’arrivée des petites gens. c’est l’arrivée des pommes. c’est l’arrivée des natures mortes. des petites fleurs, des plats de poissons. le libéralisme, dieu s’éloigne, l’auteur vient au monde, regardez dürer, son autoportrait. dieu s’éloigne, tout va se mettre à compter. ça se voit plus vite dans la peinture flamande, parce qu’il n’étaient pas catholiques, qu’ils étaient moins idéalistes et que leurs contours géographiques, et politiques, étaient plus labiles. on sort de la grande fable. on sort de la croyance. rien, plus rien qui ne mérite d’être interrogé, observé. on est très vite très loin de la scène de la cita idéale, de ses vastes places vides. de la scène de la mise en scène. vous allez bientôt voir les choses déborder du cadre. dites choses, pensez métonymie. pensez petit a. c’est comme naît la bourgeoisie petite-capitalisante que l’objet va prendre le devant de la scène. objet à  quoi le sujet qui commençait à  peine de s’énoncer va aller à  s’identifier. we only live our live on the super screen. ce n’est pas l’individualisme, le coupable. le coupable c’est ce qui a éjecté ce que les mystères religieux occultaient, mais qui avait le mérite de faire exister cela même qu’il interdisait, le péché, comment ça cloche entre les hommes et les femmes. tous les jours, aujourd’hui la pomme est bouffée avec de la sauce à zéro pourcent de calorie.
we’re turning round and round in the terrors of tinseltown et c’est à  force de ce tout,
où les objets seulement s’additionnent,
s’enfilent,
que l’unité sémantique que formait la phrase a éclaté,
s’est dissoute.
que la phrase est passée au slogan.
que les majuscules se sont perdues.
et c’est à  force de ce tout,
que le rien s’est échappé.
quand le rien est perdu il ne reste plus qu’à s’y identifier. n’allez pas croire que nous en soyons tous à  nous la péter.
plus haut que notre cul.
ils sont nombreux ceux qui se dégoûtent tristes
broken dreams are blown away un corps ne se résume pas

à  ce que la science peut en dire

quels que soient ceux qui survivent

en salle de soins intensifs.

are you paranoid.

what are doing i a m talking to you
derrière la métonymie il y a l’objet (la valeur). il n’y a pas de métaphore sans métonymie préalable. derrière dessous la métaphore, il y a le sujet (inconnu). sujet qui n’est rien d’autre qu’une place, place qu’il n’a rien d’autre qu’à  prendre. et la prendre, c’est prendre la parole. aller contre le discours courant, disque courcourant. the world has changed. we saw it all on tv. the world has changed. all our dreams have been rearranged. the world has changed. very strange.dream factoryje suis triste aujourd’hui.
vendredi 18 novembre 2005 · 19h28

corps de fer, armure de pensées

Les corps de fer et les armures de la pensée*

En 1974, Jacques Lacan soulignait, comme un trait de notre époque, la perte de la dimension amoureuse, renvoyant à  la substitution du Nom-du-Père par un ordre « rationalisé, bureaucratisé » supporté par le « être nommé-à quelque chose ». C’est-à -dire que la chute des Noms-du-Père ne produit pas un vide anarchique mais qu’elle restitue un ordre que Lacan « avec des résonances weberiennes » appelle « de fer » , véritable signe d’une « dégénérescence catastrophique ». En effet, le « nommer-à » dans cet ordre de fer est avant tout nominaliste et aspire à un fonctionnalisme radical en tant qu’il méconnaît ou délocalise le réel de l’autre, sa dimension d’objet, de reste incalculable. [...]  Lire la suite >

samedi 19 novembre 2005 · 22h30

ding (une pensée de fer)

et d’ailleurs ne dit-on pas une santé de fer

C’est drôle, pour MIR (http://www.20six.fr/mir-mir) je suis HAMLET – hamlet tobeor etcaetera dessus ça me tombe comme un verdict (entendez interprétation)
je me dis alors relire lacan sur ham est-ce qu’il dit d’ham – qu’il est obsessionnel je ne dis pas autre chose

– j’a vais pensé j’avais bien pensé expliquer m’expliquer, ce nom, de ce blog, to be or, or ça, je n’aurai rien fait d’autre que ça, jusqu’à  présent, que de m’expliquer justifier n’aurai rien pu faire d’autre que d’é taler mon symptôme au grand

 bah

( hamlet alors armure alors de fer avéré – casque) les titres j’y arrive pas je me force m’y force les noms to be or nom d’une aliénation j’ai pensé que ça irait de soi que le blog viendrait à la place du mot des mots qui manque qui manquent et que ce mot ces mots pourrait pourraient ( ) n’importe lequel , lesquels – to be or… or WHATEVER
 [...]  Lire la suite >

jeudi 16 septembre 2010 · 14h28

addiction

réponses (rapides) à MHB :

 1 quelles sont les conséquences symptomatiques de cette montée au zénith du surmoi et de cette chute de l’Idéal  dans le traitement du Réel? –> les addictions diverses et variées

2 quelles modifications entraînent-elles dans la cure et la théorie analytiques sur le statut de l’inconscient par exemple? –> heureusement l’inconscient aussi est addictif

3 quelles forces mobiliser dans ce nouvel ordre symbolique contre les forces obscures du surmoi?
–> repartir à zéro (et s’en trouver soulagé), témoigner de la présence réelle de l’inconscient, pointer son goût du jeu, écouter, travailler à la formalisation du symptôme, dénoncer tant que possible les dénis scientifiques [...]  Lire la suite >

lundi 12 janvier 2015 · 15h17

cette peine que l’on me vole

je relis ce texte, qui m’avait tellement énervée hier, et me trouve n’avoir finalement pas grand chose à y redire… pas grand chose, si ce n’est que je ne suis pas française, que le concept de France me passe un peu par-dessus la tête et que je crains que cette remarque sur le Un de l’islam ainsi que cette mention des 3 chevaliers de l’apocalypse, ne participent du discours qui cherche à stigmatiser des populations musulmanes qui le sont déjà suffisamment, quand c’est à elles, que moi je pense aujourd’hui (chacun son histoire, son nom, son trauma). et puis, toujours, chez Milller, ce désir d’aller trouver à l’intérieur de la religion islamique ce qui la prédisposerait au terrorisme, d’inscrire ce drame à l’intérieur d’une guerre de religion ou  d’un choc de civilisation! [...]  Lire la suite >

mardi 20 septembre 2016 · 11h13

Concernant l’athéisme,
— Pendant ce temps sur Stromboli

 

Concernant l’athéisme, il me semble pour ma part fondamentalement mieux intégré qu’on ne le dit. Le capitalisme mondial (qui en est né) en offre d’ailleurs un visage,  particulier sans doute,  mais particulièrement bien répandu.  Dieu est mort, tout s’achète. Il n’y a plus rien demander à personne,  tout s’acquiert. Et voici viendre les communautés du self-service. Cependant si Agamben considère  l’argent  comme  la nouvelle religion,  c’en est bien sûr une forme larvée. La religion traditionnelle offrait du tiers, les actuelles offrent de l’un (aussi bien des uns-corps à sacrifier).  La mort de Dieu, l’effondrement qui s’en est suivi des valeurs et de la loi,  ça a  aussi été la mise en flottement du sujet et du langage dont Dieu était le garant. Nous sommes devenus des objets de la science, nouvelle garante absolue et universelle qui évacue sans remords de l’homme la question du sujet,  sa condition d’être parlant,  sa conscience et son inconscience. L’objet idéal de la science étant tout de même le cadavre (qui ne cesse d’ailleurs d’offrir des preuves de sa perspicacité – voire les travaux de la police scientifique dans les séries où c’est le travail des médecins légistes qui finit toujours par offrir le fin mot de l’affaire).  Aussi, entre parenthèses, nous voyons-nous chaque jours dépossédés de nos corps.
Les religions actuelles ont toutes peu ou prou intégré cela.  Et toutes peu ou prou tentent à leur façon de ré-humaniser la condition faite à l’humain par la science et le capitalisme.
//Aujourd’hui, je pense qu’il y a deux terrains de lois possibles : celles du corps et celles du langage. Et d’innombrables terrains pour l’absolument hors-la-loi : le corps et le langage la, où ils se rencontrent.  //
Il y aurait beaucoup à dire encore, sans doute, mais j’ai été assez longue et lourde comme ça. J’arrête. Donc oui, je suis d’accord, l’athéisme pourrait bien être la question à reprendre.  [...]  Lire la suite >

Top