en garde (I)
malade, je vous dis
malade
et qui plus est,
c’est les vacances
un père à faire
— (coincée)
| rêvé il y a deux nuits que mon père n’était pas mon père. je rencontre mon « vrai » père. lui parlant de mon père (du vrai dans la « réalité »), je dis « mon père » et m’en excuse auprès de lui : c’est lui qui toute ma vie a fait pour moi office de père, qui a été un père pour moi, non pas celui qui aujourd’hui se présente comme étant mon père. il ne m’en veut pas, il sait que mon père, qui s’avère donc n’être pas mon père, est mort. ce nouveau père est physiquement assez massif. plutôt muet. il ressemble à un personnage du téléfilm dont j’avais vu la veille la fin où il s’avérait être un homme d’affaires, plutôt que l’agrégé de lettres qu’on avait essayé de le faire passer. qu’il fût un homme d’affaires, tout de suite je le pense un peu mafieux, véreux, pas clair. |
dans la réalité, j’ai sur mon père un travail à faire, pour mon père. c’est à ce travail que je suis coincée. ce travail. qui m’angoisse. ce travail que mon père m’a demandé de faire, de son vivant, sur son lit de mort. ce père qu’éventuellement mon rêve désidéalise. « d’affaires » plutôt que « de lettres ». et dès lors « moins clair ». je n’en sais rien. pour faire ce travail il vaut mieux être « d’affaires », plutôt que « de lettres ». plutôt être soi-même d’affaire (femme d’a), plutôt que de lettres (comme le vrai père). d’où l’angoisse. et le changement de père. |
le père à faire. à faire le père. (l’angoisse, la mauvaise humeur vient de là : quand il s’agit de prendre une place à lui réservée jusque là . un « faire comme », voire un « faire mieux » que le père (souvenir de la mauvaise humeur de freud sur l’acropole, liée à la culpabilité qui l’envahit d’être arrivé si loin, d’avoir accompli son rêve d’enfant (celui de voyager) et de se trouver maintenant face à qq chose, l’acropole, que son père, vague petit homme d’affaire, n’aurait pas même rêvé de voir, faute de culture. enfin, je ne suis pas sûre que son père fût homme d’affaire, disons homme de petit métier.)) |
évidemment, comme à chaque fois, j’accuse l’autre de m’empêcher de faire ce que j’ai à faire. je veux dire que dans la réalité il y a « ce père à faire », l’angoisse, je rumine; j’ai mes humeurs, et j’accuse f de m’empêcher. |
coincée (l’acropole)
|
A ces motivations générales s’ajoute dans notre cas un facteur particulier : c’est que les thèmes d’Athènes et de l’Acropole contiennent en eux-mêmes une allusion à la supériorité des fils. Notre père avait été négociant, il n’avait pas fait d’études secondaires, Athènes ne signifiait pas grand-chose pour lui. Ainsi, ce qui nous empêchait de jouir de notre voyage était un sentiment de piété. Maintenant vous ne vous étonnerez plus que le souvenir de cet incident sur l’Acropole revienne si souvent me hanter depuis que je suis vieux moi-même, que j’ai besoin d’indulgence et que je ne puis plus voyager. |
donc ce don
donc ce don qui n’aurait pas (été fait), (l’impossible), on peut l’écrire Sbarré –> S1 (mathème de l’hystérie) quand on l’attendrait du père (entendre ici du signifiant dans son ensemble, si ce n’est que le S1, ça n’est pas du tout le signifiant dans son ensemble)
mais on l’écrit comment, quand c’est de la mère, que c’est attendu, quand c’est attendu de celle qui a « tout » donné.
ou est-ce que ça s’écrit exactement de la même façon?
| Champ du sujet | Champ de l’Autre | |
| Sbarré | –> | S1 |
| a | // | S2 |
ce don donc, qui a directement à voir avec ce que j’écrivais (délire) ici : qui est bien ce don qu’il s’agit de ne pas cesser d’attendre et de ne surtout pas recevoir / rester pauvre démunie / et de cet aphrodisiaque dénuEment ne pas cesser d’accuser l’autre (le doigt vengeur, les humeurs, la rumination – saloperies) .
sur le discours de l’hystérique, on trouvera ça, aussi.
(dit comme ça, on pourrait croire que tout se tient, c’est ça, l’ivresse de l’analyse, livresque de l’analyse, or, il doit bien y avoir un endroit, où justement, ça ne tient pas.)
avertissement (dans le noir)
je pense qu’au frontispice de ce blog, on pourrait écrire : « il n’y a pas de rapport sexuel ». comme ça, les gens sauraient, qu’une fois passé ça, une fois rentrés dans le blog, ils seraient là-dedans, dans la douleur de ça. ou déjà plus la douleur. dans ce qui se soupçonne d’elle. elle ne serait pas connue pure. dans le doute d’elle déjà. dans ce qui s’essaie d’écrire, à écrire ça. les restes d’elle. ces restes qui ont les humeurs nombreuses.
séance 5 – en partie privé
En souriant je lui avais dit que faire l’amour me mettait de bonne humeur.
Rattrapée en ce moment par l’angoisse, appelons-ça ainsi, qui à nouveau me réveille le matin.
Je parle du plaisir que je ne supporte plus. Du plaisir sexuel. De ce que j’appelle moi le plaisir sexuel. J’essaie de parler de la distinction que je fais entre plaisir et jouissance. Je parle de celle à laquelle il me faudrait absolument dire non, la phallique, de jouissance, et de celle qu’il me faudrait défendre à tout prix, à mon coeur corps défendant, l’Autre – l’Autre jouissance. Je lui précise que je dis ça comme ça pour le dire vite, pour le dire de façon ramassée, que j’utilise ces concepts lacaniens, sans savoir si c’est de la bonne façon.
Il me vient alors à l’esprit que probablement ce problème disparaîtrait si je pouvais le vouloir,
Il me demande si je m’explique cela que je lui apprends.
Je reste silencieuse, je cherche. Je lui dis que non.
Mais je vois maintenant, en écrivant, que ce dont je lui ai ensuite parlé, cette demande dont je lui ai alors dit qu’elle me «rendait haineuse » – La demande vous rend haineuse ? – pourrait servir d’explication.
Il me demande pourquoi, pourquoi elle me rendrait haineuse, la demande. Je lui dis que je ne sais pas. Je n’arrive pas à lui dire ce qu’il me vient à l’esprit, qu’alors j’exposerais mon manque. Qu’au moment de la demande, j’expose mon manque, ce qui me rend très susceptible.
En sortant, je pense qu’à cette demande, je crois toujours qu’il ne sera pas consenti. Que ce que je veux, l’Autre ne le voudra pas, et que c’est ça, qui me met en fureur.
Comme je l’écris, je réalise que ça, c’est moi qui l’imagine, c’est moi qui le mets en place. Toujours. Rarement dans la réalité l’Autre s’y est-il opposé, à ce que je voulais. (Ici aussi, il s’agit du gardien, du gardien de la prisonnière, celui qui me protège de mes désirs en les interdisant. Ces désirs que je n’assumerais pas, dont j’ai besoin qu’il me soient interdits. Ca vous a un petit air dramatique comme ça, ça ne l’est que jusqu’à un certain point – de plus en plus je crois que le désir toujours arrive à « faire son chemin » – comme on dirait « faire son trou ». Il est seulement obligé à d’impossibles détours – les défenses en quoi consiste le fantasme l’y obligeant, mais ces défenses étant elles-mêmes toutes empreintes de lui, parce que, je le crois, le désir est le plus fort, et que, quoi qu’il arrive, c’est masqué qu’il s’avance. Du symptôme, il ferait son masque et du fantasme, son scénario.)
Et qu’éventuellement ceci peut-être rapproché de ce que j’avais exposé lors de la séance précédente : cette haine qui m’empêche d’écrire, cette haine que je voudrais écrire – l’inavouable secret. Ces pensées abominables, dont toi tu me dis que nous sommes « tous victimes », dont nous pâtissons tous, et dont je serais la seule à vouloir faire un fromage – Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée.
Au moment de cette séance-là, j’avais pu expliquer la nécessité pour moi de ce que je n’appelais alors pas encore « la haine» – ce mot que je n’ai d’ailleurs pas prononcé, j’avais dit : «haineuse ». Mais je n’arrive pas à en m’en souvenir. Il m’est nécessaire d’être entourée de personnes qui s’opposent à mon désir, nécessaire au point que je doive m’en inventer. L’aveu de l’amour est impossible.
L’aveu de l’amour et l’impossibilité de dire à l’autre « Tu m’as satisfaite petit homme » – c’est la phrase qui me vient à l’esprit, dont je ne sais d’où je la tire, de Lacan je crois, la réponse de la Sphinge à Oedipe, mais où est-ce que ça se trouve? L’impossibilité de reconnaitre à l’autre qu’il a pu apporter satisfaction. A l’époque j’écrivais « Cette insatisfaction supportable, satisfaite. » L’insatisfaction satisfait mon besoin de faire supporter par l’autre mon propre manque. Il est celui qui ne m’apporte pas ce que je lui demande et il s’agit qu’il le reste : ma demande alors n’a plus lieu d’être, il ne me reste rien à lui demander puisqu’il ne saurait y répondre.
Ce qui se rapproche des termes dans lesquels se trouve prise la Belle bouchère de Freud : « Je te demande de ne pas me donner de saumon (que j’adore) ». A quoi il faut ajouter : Mais de le donner à l’autre femme (sa jolie copine maigre).
Alors quoi tout se tient. Tout se tient et on tourne en rond.
CR (rapide) de la semaine dernière
toute la semaine dernière de mauvaise humeur (depuis que vu l’analyste et remise à travailler). d’abominablement mauvaise humeur.
(n’aura-t-il suffi que je dise, ici même, que je dise, que cela ne m’arrivait plus, que la colère m’avait quittée pour que je tombe en colère le lendemain même?! et comme de nulle part / humeur pour de vrai tombée du ciel / ensorcelée et crapauds sautant hors de ma b / monde recroquevillé autour de moi / foudre. semaine de raison et de combats où j’ai même fait ma tva et suis allée au cinéma, cela me prit le mercredi. quand j’entendis la voix de la fille femme, vis son visage, je compris que du film le scénario était basé sur le livre d’un auteur que j’aime bien, qui m’embrouille la tête mais que j’aime bien, à propos de qui j’ai déjà écrit ici, annie ernaux, R-NO, c’est son nom.
ici je vous glisse une petite vidéo qui traîne sur mon desketop depuis des lustres, où elle parle de l’autoficition / pour ma part j’ai fait quelques efforts parfois, mais ça n’est toujours pas clair dans ma tête ce que ça serait, l’autofiction / et si ou non ce genre m’irait et si j’me le donnerais. quant à elle, elle dit que point elle n’en fait.
~
emplacement pour la vidéo. { non, elle est trop lourde, ça sera pour une autre fois ou pour jamais}
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elle est belle, elle, A E. dans le film l’actrice aussi est belle. et sa voix. et ses 47 ans. à vous réconcilier avec tous les 47 ans de la terre. je suis sortie de la salle j’en suis sûre plus belle et plus fière et plus forte et plus drôle. je ne vous donnerai pas son nom parce que vous le connaissez et que j’l’ai oublié, vous savez tout. c’est une histoire de jalousie. il m’arriva la même, c’est atroce. j’avais quitté un homme pour les meilleures des raisons, la meilleure étant que je ne l’aimais pas que je ne l’aimais plus, que je ne l’avais jamais aimé. ce qui ne m’empêcha pas de me dissoudre dans le plus in/croyable/fernal des trous lorsque j’eus vent de ce qu’il s’était mis en ménage avec une autre femme. plus d’un mois de grave malheur et d’insomnie complète s’en sont suivis. pour aboutir finalement ( après malencontreux passage par acte final non terminal apparemment obligé mais qui alarma terre entière et même au-delà) dans un rêve que je fis et mis 6 mois à interpréter (j’ai écrit un livre). (dans l’intervalle mon père mourut, les 6 mois furent rallongés de 9, puisqu’il lui fallut ça. la mort vous fait paraître bien des, etc. )) ici donc s’achève cette première parenthèse.
samedi soir, f pas là, hélas je trouve de quoi me démolir (sans cependant en être totalement coupable). bouleversée , je suis bouleversée . ma vie une fois de plus va-t-elle prendre un nouveau rêve tour. au lieu de quoi je rêve d’air, de gaz, d’explosions. tant et si bien qu’au matin nouvellement révélée, la tristesse me quitte et j’envoie un mail d’excuse. quand f n’est pas là. et alors que j’adore aime ça. j’inonde le monde de mails plus ou moins orduriers enflammés. je fais rien que des bêtises.
(refermant hier soir le livre que je venais de commencer, emprunté vendredi à la bibliothèque, je m’aperçois qu’il est intitulé : De l’air. pur hasard vous dis-je et c’est ce que je crois. de raphaëlle billetdoux ///
au lieu d’ailleurs ce week end de commencer ces livres empruntés, j’en ai relu un pris au hasard dans notre bibliothèque côté polar, ou plus exactement celle de f, et que je n’ai plus pu lâcher ~ une histoire de nains verts, abominable, de suspens abominable, intitulée : La mort en gros sabots, de John Franklin Bardin.) (j’ai lu des choses fantastiques aussi de barthes. pour lesquelles je n’aurai pas le temps une autre fois.)
l’inconscient tellement encombrant
l’inconscient tellement
encombrant
/
comment pourrais-je espérer
léguer
ça ?
/
qu’est-ce qui m’inquiète
encore ?
jules
seulement jules.
ce que je vais lui laisser. ce que je peux lui donner. comment ne pas l’empoisonner. moi qui le suis tant, poisonnée.
//
pourquoi vouloir écrire, sinon pour espérer que ça l’aide un jour, l’allège, qu’il comprenne – mais lui assignai-je ce destin-là : qu’il me comprenne, qu’il soit celui qui me comprenne ? est-ce cela que je fais ? ce n’est pas ce que je veux. pas du tout. c’est qu’il me semble que si peu est dit, de ce qui est. si peu je dis, de ce qui m’est. et l’inconscient, justement, et cette expérience-là, dont il me semble que rien, dans le monde, finalement, ne témoigne, de façon distincte. qui me semble partout renié.
/
étudier la grammaire. retourner aux basics.
/
que retiendra-t-il des cris qui ont été les miens, hier. ou avant-hier. mauvaise humeur, crise. inopinée, inattendue, venue de nulle part. que j’assume pourtant, qui est pleine d’histoire, d’histoires, de travail. que f. assume également. supporte.
le cri seulement lui restera-t-il, la haine d’un moment ?
…
(photos prises au resto, aujourd’hui, ou plutôt hier, premier janvier 2011, jour du 6è anniversaire de jules)
//
(f, l’autre jour : mais tu parles tout le temps de toi, racontes toujours ta vie. moi : mais c’est ce que j’ai de mieux…)
mercredi 27 avril 2011
hier vu analyste (mardi au lieu mercredi en raison lundi pâques)
revenus samedi de donn.
devions y aller semaine dernière de mardi à jeudi
il faisait très beau
me sentais très bien
dehors
corps
je pensais que là – à donn – je pouvais commencer à avoir un corps, recommencer à avoir un corps.
j’aime le dehors- le dehors de donn j’aime le vent – ou l’air – j’aime ce que j’y vois – je ne sais pas que j’y aime – j’aime les arbres la distance la lumière l’espace l’air – je ne sais pas ce que j’aime à donn mais j’étais ravie, vérit
a ravie, donn c’est un ravissement pour moi –
peut-être parce que échappe au regard, alors plus besoin d’être (bonne image) mais possibilité d’avoir – l’isolement de donn – clôture – ouvert et clos. entre-soi et dehors – le délice de pouvoir passer de dehors à dedans de dedans à dehors sans (autre formalité) – sortir par la fenêtre, être dehors sous les arbres – au soleil, dans l’ombre – les odeurs – l’air – l’espace
/-/-/-/-/-/-/
le jeudi, jour du départ, je faisais au matin un peu la tête, et en moi colère qui grimpe, puis contre fr – cette idée – ce sentiment
il n’y pas un endroit où je ne sois bien à donn, pas un moment où je ne sois bien – je
je me disais aussi que là, j’avais l’impression d’avoir ce que je n’aurais jamais rêvé d’avoir – que je n’avais jamais eu
alors dans une sorte de sanglot intérieur qui allait grandissant s’ouvrait j’ai dit tout ça à frédéric qui m’interrogeait sur la cause de ma mauvaise humeur
je lui ai dit qu’il n’avait pas fait attention à ça à ce que j’éprouvais là depuis toujours, depuis toujours dès que j’avais découvert donn. qu’on n’y était presque jamais allé, que cette fois là encore, on y était resté qu’un jour – qu’on était jeudi et que voilà – c’était fini, fallait repartir, il n’y avait plus qu’à fermer la maison, ranger, partir – que j’avais demandé à rester le plus lgt possible – et que lui n’avait trouvé que ça de possible, de mardi (fin d’aprèm) à jeudi – j’étais butée, je sentais une tristesse un malaise incroyables en moi
est-e que parfois vous ouvrez les yeux et vous vous trouvez enchanté par ce que vous voyez – c’est une question laquelle de sentiment de l’espace qui devient visible pris dans la lumière c’est la j. même du regard – où qu’il se pose soi dans l’espace surprise et enchantement
sommes alors restés + lgt
fatigue de raconter
puis, lieu le rêve raconté ici,
et après ce rêve, ce sentiment de m’être trompée, ou autre chose, ne sais plus – de ce rêve « miller et moi« , ne me suis souvenue qu’après l’avoir retrouvé dans carnet, mes notes, hier dans le métro en allant chez l’analyste
ce sentiment que le problème se trouvait là, plutôt dans comment m’habiller, aller dehors – probablement à quoi j’échappe à donn, – ce qui paradoxalement me donne un corps – les choses que j faisais jouer au jokary, m’épiler comme si ça balayait les problèmes de transfert, du transfert amoureux – comme si c’était plutôt ça, le vrai probl
après ça tout oublié
vacance
atténuations presqu’insensibles
lundi 22 août
10 :52
arrivés à donn hier soir.
au dîner, beaucoup bu (( il faut toujours quand j’arrive à donn, et que mes beaux-parents y sont, que je m’assomme, alcooliquement, dès que j’arrive, pour m’aider à les affronter. en général, dès que je me sens un peu assommée, j’arrête, mais là, j’ai continué.)) , parlé plus que de raison, mais sans en souffrir. j’ai essayé de dire, du mieux que je pouvais, et en tous les cas je n’ai pas été comprise. à peine entendue. aussi par des personnes qui pensaient avoir beaucoup moins bu que moi.
crise de « fracassemeur » durant la nuit. mais plus légère que celle que j’ai déjà décrite ici. le nom, ce nom, ce mot que j’avais écrit, « fracassemeur » donc, revenu, et tout ce que j’avais décrit autour présent mais atténué ( comme sous un brouillard blanc). surtout envie mourir.
« fracassemeur » attribué donc à la cigarette reprise hier même.
me suis levée, bu de l’orangina (dans cette envie de croire que du sucre m’aiderait)… fumé une cigarette, pris un demi-solian.
fermé le blog.
mal avec ces histoires d’internet. pour qui pourquoi, je ne sais pas. ce que je cherche en publiant sur internet.
11 :20
ventre gonflé.
donc, j’ai recommencé à fumer.
j’avais essayé d’arrêter avant-hier, ce qui m’avait mise dans une mauvaise humeur abominable. pleine de haine et de rancœurs. à quoi ça tient, cela, c’est ce qui est détestable. à quoi les humeurs parfois tiennent. à quels adjuvants.
en venant ici, en fin d’après-midi, acheté des cigarettes. histoire de me préserver et de préserver mon entourage.
maintenant, je n’ai plus de patch. et ne sais pas si pharmacie ouverte.
11 :52
je ne sais plus du tout quoi faire. ça doit être un reste d’effet solian. l’effet donn (lié au bonheur d’être là) a quant à lui disparu. ou s’il n’a pas disparu, s’est atténué
17 :16
calme journée piscine avec jules. tour du jardin avec chester, si excité que tout de suite à bout de souffle, haletant, hors d’haleine.
l’oublieuse (ô solitude)
Il arrive souvent que des choses me bouleversent, sans que je ne m’en rende nécessairement compte.
Si ce bouleversement se prolonge, se renforce – de façon dramatique -, sur plusieurs jours, je peux alors éventuellement l’interroger, éventuellement poser un lien avec ce qui l’a causé. Mais, il s’agit alors d’une interrogation consciente, et donc teintée d’une sorte de doute. ( Je ne pense pas qu’il y ait en moi d’autre lieu pour la certitude que l’inconscient. Or mon lien à l’inconscient serait si serré, que je ne pourrais m’empêcher d’attendre, sans concession, que la conscience m’offre cette même sorte de certitude. Ce qui est à proprement parler impossible.) Aussi, n’arrive-t-il (pratiquement) jamais que j’en parle, de ce qui me bouleverse. Non, que je ne le veuille, mais faute de le repérer, et ensuite faute d’arriver à m’en assurer.
Ainsi, peut-être eût-il été normal qu’à l’ouverture de ce livre, dès ses premières pages, je dise : « Ce livre est extraordinaire. Il me bouleverse » et m’en explique. Cependant qu’il semble bien possible que rien de ce qui s’adresse directement à mon inconscient et semble toucher directement à mon sort, ma destinée, rien de ce qui me semble alors la modifier, devoir la modifier en profondeur, ne puisse devenir conscient, et moins encore passer à la parole (je ne suis même pas sûre d’y être souvent arrivée en analyse).
Mon lien à l’inconscient, mon goût pour ce genre-là de bouleversement, ces bouleversements qui me lient au sens même de la vie, qui seuls lui esquissent une destinée possible, que perdraient-ils à passer à la parole, au bavardage même que l’on me recommande à l’occasion et que je souhaite d’ailleurs en ce moment, inquiète que je deviens de mes difficultés de plus en plus grandes à trouver mes mots, comme si mon manque d’exercice, ou la tumeur cérébrale dont je soupçonne l’existence, m’en avait fait perdre beaucoup.
Il m’apparaît au fond que j’aurais l’inconscient particulièrement perméable, directement atteignable, sans que ce qui ne l’affecte n’en passe par la conscience – en-dehors des quelques éclats de voix, affolés, qui m’échappent -, me travaillant directement de l’intérieur, et de là, remontant à la surface, manifesté par des changements d’humeur (cf. la « touche de réel » de Lacan). Changements qui ponctuent ma vie, me donnant l’impression de n’être qu’un jouet du destin, menu bouchon flottant au gré parfois mauvais des vagues d’une mer sinon plate, déserte toujours.
C’est un livre donc, qui en est souvent la cause. Il s’agit d’un mouvement d’ouverture, d’une brèche qui s’ouvre, et la dépression qui toujours succèdera à ces bouleversements tient à ce que je n’aurai pas su, pas pu m’y engouffrer, la faire mienne, lui permettre de donner à ma vie un nouveau tournant, ni plus qu’en rendre compte, en témoigner, en répondre. La brèche se referme, et je sais que déjà que je l’oublie. Je n’aurai vécu qu’un moment d’espoir, quelques éblouissements, et me vois reprise par le quotidien, inchangée, telle qu’en moi-même l’éternité me fit.
Une éternité en forme d’oubli.
Le livre dont je voulais parler ici est celui de Catherine Millot, « Ô solitude ».
Illustration de l’article : L’inconscient de l’inconscient, Charles Dreyfus
les orphelins remplaçables.
et puis il y a quelques jours, mercredi, j’ai rêvé que j’étais orpheline. non, pas moi, une petite fille, blonde. c’était un peu moche car les adultes pouvaient choisir les enfants et les garder pour la matinée ou l’après-midi, à leur convenance. ensuite ils les ramènent et peuvent en reprendre un, le même ou un autre si l’enfant qu’ils avaient choisi avait été un peu difficile, ne leur convenait pas. j’éprouvais un sentiment bizarre à cette idée que les adultes choisissent les enfants et donc en rejettent certains. les enfants passent les nuits à l’orphelinat. la seule chose que doivent faire les adultes, c’est conduire les enfants à l’école puis les récupérer. je me dis que les enfants ne passent pas beaucoup de temps avec eux mais que c’est sans doute mieux que rien. quelque chose se passe dans l’école avec les enfants en présence des adultes. image isolée d’une petite fille de dos, avec de longs cheveux blonds, très raides, coupé cut, très droits, dans l’obscurité, devant une porte vitrée.
j’ai terminé la lecture de 1666, et ça me met de mauvaise humeur.

Sans titre
jules ne sait pas faire de noeud. j’ai 49 depuis 2 jours. j’ai reçu un nouveau téléphone. je tape là, sur ce nouveau téléphone. La mauvaise humeur est revenue dans ma vie.


