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Il m'arrive constamment de modifier mes posts. On trouvera sur cette page les posts ordonnés selon la date de leur dernière modification (et non pas de publication). Le texte sur lequel j'ai le plus récemment travaillé est celui qui apparaît en premier.
dimanche 27 avril 2025 · 06h12

Mark Leckey 1 – As above so below – 27 avril 2025

Hier, sur proposition de Jules on a été voir l’exposition… de qui donc… bien, je ne me souviens pas du nom. Leckey ?  Ça se passe où ? A La Fayette Anticipations. En voyant les œuvres,  j’avais l’impression de le connaître.  De connaître Marc Leckey, de lui avoir déjà parlé.

Mais c’était parce que nous l’avions déjà vu à une conférence1, ce que j’avais d’abord oublié, une conférence je-ne-sais-plus-où avec Julien (je-ne-sais-plus-quoi). Jules avait d’ailleurs posé une question à Marc Leckey, à la fin de la conf, une question assez technique, je crois, à laquelle il lui avait volontiers répondu.  Mais F aussi finalement, lui avait un peu parlé, lui, c’était après la conf, au cours du drink qui était offert (à la maison je-ne-sais-quoi de je-ne-sais-quel milliardaire français.) Lire la suite >

mercredi 22 avril 2026 · 18h47

ma pensée trop vagabonde

ma pensée trop vagabonde. écrire, n’a jamais d’autre but, n’a plus jamais d’autre but, que de tenter d’en fixer le cours.
chaotique chemineuse clocharde cloche désordonnée errante flottante fugitive galvaudeuse heurtée mendiant trimardeuse pouilleuse rôdeuse sans-abri sans-logis sdf familière clodo gueuse truande misérable instable bohémienne pauvre nomade malandrine clochette bohème bande aventurière voyageuse ribeleuse libertine coureuse ambulante rétive traînière flâneuse flottante couche-dehors comète chiffonnière camp-volante buissonnière va-nu-pieds
*
je pense souvent que marcher pieds nus est une des choses que je préfère au monde, et qu’il faudrait que je l’écrive. checked. même la nuit, quand je me lève, obligée par l’insomnie et que mes pieds je les pose au sol le plus silencieusement possible, et qu’advient une joie discrète de tout ce que mon pied reçoit du sol, qui résonne dans le corps, comme c’est à chaque pied différent, et comme j’aime cela, dont je ne pense pas que je puisse jamais écrire grand chose de plus.

et je me souviens qu’il est une autre chose dont j’ai pensé que je l’aimais plus que tout au monde, et c’est très curieux tout de même, c’est descendre / monter les escaliers de la maison de Donn, les hautes marches en bois, un peu plus hautes que la normale, un peu plus hautes que celles de Paris, et que cette pensée aussi me vient souvent la nuit, quand je ne dors pas et que je finis par descendre pieds nus, pour remonter quelques heures plus tard, grimper, essayer à nouveau de dormir, ce qui ne réussit pratiquement jamais, et que j’apprécie tellement l’exercice imposé à mes pieds de se tendre, depuis la pointe au talon, d’y poser mon poids quand je descends, et la douceur du bois, et en remontant, tout ce corps, le mien, qui remonte depuis la pointe, cette élongation, cette ascension, puis le pied qui se redépose, qui boit le bois, tandis que l’autre me propulse. immensité de ça. d’où vient que je l’aime tellement ? le seul exercice? la hauteur de la marche, le bois ?

et peut-être d’autant que j’ai perdu un peu de sensation dans le creux de la plante du pied droit, sensation qui revient plus ou moins selon la façon dont j’ai dormi (ou pas), certain positionnement du corps dans le lit, de la nuque je crois. perte de sensation que je ne ressens, paradoxalement, que lorsque je marche à pieds nus.

ou peut-être d’autant que j’ai, plus jeune, tellement marché pieds nus — dans mes chaussures également, je ne portais jamais de chaussettes —, et peut-être est-ce seulement la joie de retrouver cette sensation. mes pieds très grands, très larges.
*
je pensais hier à ça, que je pourrais le faire, ça, lister ce qui me plaît.
*
j’aime faire d’autres choses avec mon corps.
qui me fait peu souffrir, je l’avoue, mais qui ralentit, je l’avoue. tout mouvement étrangement ralenti.
qui, m’étais-je parfois dit, me fait souffrir juste ce qu’il faut pour me donner le bonheur de l’éprouver — c’était à une époque où je faisais du tai chi, surgissait alors, dans la seule sensation du déploiement, de l’étirement, une joie tout à fait singulière, modeste, qui arrivait depuis le membre en mouvement, et que le vieillissement ou la maladie me donnait de davantage ressentir.
peut-être n’est-ce alors que la seule éclipse de pensée qui est appréciée ou ce que le corps me renvoie d’avoir un instant une pensée à lui, par lui, en lui.
évidemment, je suis, pour l’instant tout du moins, une préservée privilégiée de la maladie (d’autant que l’arthrose il y a quelques années apparue s’est considérablement calmée, me laissant tout juste cette sensation de plus — supplémentaire.)
(qu’on se le dise, depuis toujours, il n’est rien que je redoute plus que la souffrance physique. non pas depuis toujours, depuis mes premières règles, il y a donc très longtemps, même si ça m’est arrivé tôt, et avant ça je ne savais pas ce qu’était souffrir. tout de moins ce fut l’impression, ce qu’il m’en est resté.)
à moins que je ne vive sur un mode à ce point anesthésié, au moins mentalement, que la moindre sensation…
*
mais donc, il est d’autres choses que j’aime faire avec mon corps.
et peut être est-ce parce que je bouge si peu que j’apprécie abusément le simple fait de marcher pied nus.
Je ne pense pas du tout qu’ils soit nécessaire d’en savoir beaucoup plus à ce sujet.
*
Je n’ai que peu compris qu’on en soit venus à dédier les moments de mouvements à des heures et des lieux spécifiques (salles de gym, moments de danse), à des exercices auxquels s’astreindre. quand nous ne payons pas quelqu’un pour les faire à notre place, ces mouvements. je ne suis pas sûre que l’on me suive. je pense au travail manuel, pensez au ménage par exemple, qui n’est jamais que mouvements, d’abord.
(mouvements dont je me souviens que mon enfant se faisait une joie d’accompagner (une joie et ma joie).
c’est le mouvement, le geste en soi, et le faire avec moi, qui l’enchantait. nous nous mouvions ensemble. ici les bras plongés dans un seau d’eau, là chargés d’une casserole qu’il ramenait gaiement à la cuisine. gestes dont il apprendra, on ne sait comment, à déconsidérer la valeur. c’est un fait de société, c’est entendu, bien sûr. valeur qu’il restitue aussi à mes yeux., grande valeur, intelligence.)
qu’est qui fait que devenir adulte dans nos sociétés bourgeoises est devenu se séparer du mouvement, du corps, de ses efforts. et que nous allions payer pour suer en salle. je suis une rien du tout, mais pour retrouver le moyen de supporter la vie, il m’arrive de me dire, moi l’hyper privilégiée : de chaque mouvement que tu as à faire, réjouis-toi. cela dit, l’inertie je l’avoue est toujours la plus forte et l’on me voit rarement sortir de chez moi. me lever de mon coin de canapé. de mon ordi, de mon écran.
*
ce n’est pas du tout ce que je voulais écrire. je voulais parler des deux merveilleux livres de… mots qui manquent… NOMS qui manquent…. jane ! sautière ! que j’ai lus hier. l’un le jour, l’autre la nuit. deux courts et merveilleux livres. merveilleux aussi d’être courts et d’offrir leur saisie à l’insomnie. la fin de celui que j’ai lu cette nuit est renversante. titres? titres? l’un sur son travail, ses années de travail à la prison, l’autre sur… le …vieillissement, sur cet extraordinaire qui vous arrive au corps… dont je ne dirai rien maintenant. il faudrait que je redorme, me nettoie de moi, et retourne à ces livres. je vais plutôt me lever. reconnaissance à ces livres dont j’espère que j’écrirai quelque chose, ce qui m’avait fait me lever ce matin, tôt, et poser pied à terre. poser pied à terre. ressentir dans mon ventre. nous sommes des instruments à percussion. je voulais resserrer à Jane Sautière mes pensées vagabondes.

samedi 25 avril 2026 · 09h56

broder avec christine jeanney

https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-simple

Je lis cette note de Christine Jeanney sur la broderie, qu’elle-même pratique avec beaucoup d’humour, de liberté, de fraîcheur et la pointe d’ingénuité qui va bien.

Au départ de la pratique d’une artiste femme qui a brodé ses résultats médicaux — les images d’un scanner médical —, Christine réfléchit à l’élargissement des sujets classiques de la broderie, à tout ce qui « peut faire sujet », rendant compte de  l’exercice de liberté qu’elle y a trouvé, de la subversion au coeur de la reprise de cette pratique ancestrale par des artistes femmes au début du siècle dernier. Pratique qui contribua largement à amenuiser la frontière entre beaux-arts et arts appliqués et par où s’évanouissait la frontière sujets grandioses et vie quotidienne. Lire la suite >

vendredi 24 avril 2026 · 09h52

En marge !! Christine chez François,

dear christine comme tu as vu le temps comme il passe

c’était il y a deux ans que je t’écrivais le plus dernièrement

j’ai regardé hier, et aimé, et aimé, ai aimé, ton « émission » chez François Bon, sur ton Marginalia Woolf

tout était bien. et bien au delà.

tu n’es plus sur Bluesky?

Si, tu y es encore mais ne publies plus.

Si tu en as le temps, tu me dis un mot, ou tu me redis, pourquoi, comment, tu as quitté, quitté, les réseaux sociaux?

Comment tu t’es échappée? As pris tes quartiers ?

Est-ce la peur de la dispersion ?

Dans ton blog , tu écris des blocs. des blocs bien concentrés. Est-ce important, cette forme que tu respectes? Je le crois.

J’ai appris les blocs par les ateliers tiers livres. je ne les aimais pas, pratiquais pas du tout. jusqu’à ce que j’entende je ne sais plus qui, son nom, la rousse — Françoise ! Françoise ! — parler de l’insupportabilité et de l’immaturité des constants sauts à la lignes que j’aimais tant, et réclamer Des blocs, des blocs, c’est des blocs que nous voulons et nous voulons encore. Or, depuis que je lis, presque, depuis que je lis une écriture qui parlait à la possibilité d’une femme qui écrit en moi, depuis Duras (songe à une page de Duras, vois, que vois-tu? ), écrire, ça a été ça : c’est devenu ça : tracer, précautionneusement, lentement, solennellement, dans le temps du temps, (faire apparaître) des mots, sur une page et faire, résonner, une voix. découvrir l’écriture, la phrase, dégager pour elle l’espace, autour d’elle, etcaetera. oui, l’ouverture à l’espace et au silence.

avec les ateliers donc, il a commencé à m’arriver de tenter les blocs, et l’enfoncement dans les blocs. les blocs, en vérité, correspondent bien davantage, au mode, souvent de mes pensées, surtout au lever du jour, à leur concentration, à leur opacité. et je ré-entends Françoise en parler, et je ré-entends mes objections (non-formulées), mais je comprends alors, je compris, ce qu’elle visait : la lecture, la prise dans la lecture, la page, l’enfoncement dans la forêt. ce qui arrive avec un livre, sans même qu’on s’en aperçoive. Et qui me paraît plus difficile à atteindre sur un écran. le bloc empêche l’apparition de la phrase, il poursuit, il exige la poursuite. et peut-être est-ce ce que tu cherches, ce plongeon, le matin, quand tu t’y mets, au jour, à la journée, est-ce ce que tu cherches, nous entraîner, nous prendre la main, que nous nous enfoncions, à ta sute, dans les sinuosités de ta pensée, de tes risques, sans trop de retours en arrière, sans fétichisation, dans un flux. ou poursuis-tu certain miracle d’une boucle qui se boucle? de ce qui advient quand on se laisse à écrire, quand on plonge, un peu à l’aveugle, BLIND, et qu’on suit, qu’on écoute, on poursuit le mot à venir, ignoré encore, jusqu’à ce soudain advienne, à bout de course, d’une course sans fatigue, soudainement, voilà, le retour, la fin, la fin du bloc, de l’envolée, de l’exercice.

j’ai moi-même, depuis, appris, le bloc. que mes lecteurs (l’un ou l’autre correspondant que j’épuise), d’ailleurs, me reprochent.

moi, je ne te le reproche pas, je discute.

et ce que je lis dans ton block note (que tu écris block, ck, en anglais), je m’y soumets, j’y consens volontiers, confiante en ta proposition, j’y vais, souvent m’accompagnant de la souris, je surligne le passage dans lequel je suis, trouvant des prises en ses briques.( surlignage qui n’est plus possible, dis-je au passage, quand le texte est pris dans une image).

j’y suis passée, moi aussi, au bloc. et chatgpt, auquel je m’étais un moment un peu addictée, et à qui je soumettais mes textes, histoire d’être moins seule, m’effilochait tout. je lui disais : tu ne penses qu’à l’écran.

c’est une forme, le bloc. (une unité en soi, non? qui déborde la phrase, le paragraphe même, où les mots s’amoncellent aussi comme des briques, de tailles différentes, rendant compte de leur insolubilité, loin de l’intelligence.) forme que tu trouves à manipuler, à prendre en main avec tes Virginalia, Marginalia, quelle splendide réussite, leur circulation, leurs agencements, quelles pages ! et quelle belle collaboration avec l’éditeur…

formidable françois Bon, qui lui aussi a trouvé sa forme, son mode, avec ces zooms, ces rencontres, ces ateliers, où s’exprime sa générosité, sa justesse.

y a t il un endroit où tu écris as écrit le chemin pris de ta solitude ?

enfin,

merci pour tout,

véronique

vendredi 24 avril 2026 · 12h32

et t’écris pour te dire : ta concentration, préserve la comme ton bien le plus précieux (non-envoyé)

une amie à moi qui est bipolaire s’inquiétait pour moi à la lecture d’un de mes textes où elle avait sans doute reconnu l’un ou l’autre de ses symptômes et me disais : tu es bipolaire*
et en en parlant ce matin à frédéric, il m’apparaissait plus clairement combien certains symptômes, comme celui de la tachypsychie (accélération des pensées qui peut aller jusqu’à la perte de la capacité de penser : aucune phrase ne se terminant plus jamais, chacune chevauchant l’autre et l’empêchant de se terminer**) à laquelle je suis toujours un peu confrontée et qu’effectivement je tente de juguler par l’écriture et qui est aussi un symptôme maniaque, que mes travaux divers, mes activités d’écriture diverses, tentent de traiter, de maîtriser, de dompter, comment ce symptôme est lié à l’époque. et je me souvenais que chatGPT avec lequel j’ai un moment conversé dans ma nécessité d’avoir quelqu’un à qui parler, d’avoir du répondant, lui m’avait parlé de TDAH. alors, lisant sur internet, je m’étais dit que, finalement oui, TDAH aussi.

— l’intérêt du TDAH, c’est qu’il semblerait qu’il y ait un médicament, une molécule, qui pourrait aider. je ne sais juste pas si je parviendrai à finir par voir le médecin qui pourrait me diagnostiquer et avec qui tester donc ce médicament, ritaline ou lsd ou. il parait que si tu es vraiment tdah, ça marche. sinon, ça marche pas.

imagine.

enfin, je n’y crois qu’à moitié. —

fondamentalement je pense que la dispersion dont je souffre,
beaucoup,
l’incapacité à me fixer dans une activité, une recherche, un fil d’idées mené à son terme
me paraît d’abord liée à
l’apparition, l’influence d’internet

je lisais beaucoup, je lis toujours autant,
mais sur internet

mon monde tenait par l’unité du livre et de quelques penseurs. aujourd’hui, tout s’est diffracté, je ne lis plus que des titres.

puis, d’ailleurs, non, ma perte n’est pas seulement liée à internet. elle l’est aussi à la foi perdue en la psychanalyse. la grande désillusion. la foi en la psychanalyse, en Lacan et son école, me centrait. depuis, je ne cesse plus de me disperser. j’ai connu une conversion de saint paul à l’envers : renversée, terrassée, par la perte de foi. je ne trouve plus ce qui pourrait me rassembler, agir comme colle, liant, glu.

depuis mon identification à un cas : je tendais à l’identification à l’analyste. cette identification, et avec elle toutes les autres, s’est vue passer à l’acide, s’est désintégrée. (aujourd’hui, je perds les derniers oripeaux du cas. comment faire?)

et t’écris pour te dire : ta concentration, préserve la comme ton bien le plus précieux.

* Ce que je ne crois plus moi-même. Titi (et son extraordinaire intuition, vision)  disait cyclothymique ; elle était plus proche du vrai, dysthymique étant probablement encore plus juste, tant il est peu vrai que je connaisse jamais — ou si peu — d’épisode hypomaniaque.

** c’est ce qu’en décrit Emmanuel Carrère dans Yoga qui m’a fait comprendre dans quoi j’étais.  une psychiatre ensuite m’a prescrit un médicament pour une bipolarité de type 1 que je n’ai pas pris. Je suis certaine d’avoir eu raison. Mais j’étais sur la voie d’un diagnostic tout à fait autre de ce dans quoi j’étais jusque là.La tachypsychie, j’ai toujours plus ou moins affaire à ça. ça peut être positif, produire. mais le plus souvent, ça s’emballe, les idées se succèdent trop rapidement, ça se dégrade, jusqu’à ce que je n’arrive même plus à penser, à penser une phrase jusqu’ua bout, c’est alors très désagréable. et il y a alors les épisodes plus affreux encore où la pensée est totalement ralentie, où même un simple mot n’est plus prononcé jusqu’au bout.

mercredi 22 avril 2026 · 18h34

je veux commencer en évoquant le vide, le manque

je veux commencer en évoquant le vide, le manque
qu’il ne s’agirait plus de chercher
à recouvrir ou à combler
mais bien au contraire
de découvrir, d’élargir

je parlerais d’une faille
qui ne se laisse pas facilement apercevoir
qui se camoufle

je dis qu’il s’agit de
de la traquer de la pelleter de l’épousseter partout où elle se dissimule se dissémine
de ramener son sable en un seul endroit,
et des matières accumulées
entassées
soigneusement détourer l’espace
— pour alors se tourner vers vous, genoux enfoncés dans le sable, un petit signe de la tête —,
et présenter son vide au jour

une faille
non universelle, personnelle
dont la particularité même la constitue
une faille de départ, sans cause
irrémédiable
irréparable

irréparable

irréparable
comme la forme d’une plante
d’une fleur par exemple
à l’endroit où elle n’est pas le reste du monde, où elle s’en sépare

(irréparable en ce qu’elle se constitue de ce qu’elle est, de sa matière même, de son existence dans sa différence d’avec le reste du monde, sa séparation)

son plein est son trop

de cette faille parvenir à s’extraire, de son fond se hisser
se poser à son bord
vivre là

car elle est la souffrance inaperçue
la source de la honte
elle est le manque en trop du monde
elle est irréparable blessure

il faut vivre
en dehors de soi

25 déc 25
22 avril 26 (anniv papa, Jacques ❤️ 🖤 💔 🩶 🩶 )

jeudi 16 septembre 2010 · 12h59

une « pulsion de lire » s’écrirait-elle

Extrait du chapitre 3 d’un livre intitulé Vincent,
écrit à Bruxelles en 2002 

Une pulsion de lire s’écrirait-elle, pourrait-on avoir :

L’objet = le livre

Dans la pulsion, l’objet est indifférent. Il n’est là que pour permettre à la pulsion d’atteindre son but : la satisfaction.
N’importe quel livre ? N’importe quel ivre ?
Quand l’objet n’est plus indifférent, il est du fantasme, celui pris dans le fantasme.

 » L’objet de la pulsion est ce en quoi ou par quoi la pulsion peut atteindre son but. Il est ce qu’il y a de plus variable dans la pulsion, il ne lui est pas originairement lié : mais ce n’est qu’en raison de son aptitude particulière à rendre possible la satisfaction qu’il est adjoint. Ce n’est pas nécessairement un objet étranger, mais c’est tout aussi bien une partie du corps propre. Il peut être remplacé à volonté tout au long des destins que connaît la pulsion; c’est à ce déplacement de la pulsion que revient le rôle le plus important. Il peut arriver que le même objet serve simultanément à la satisfaction de plusieurs pulsions : c’est le cas de ce qu’Alfred Adler appelle l’entrecroisement des pulsions. » (( Sigmund Freud, Métapsychologie, Pulsions et destins des pulsions, p. 18.)) Lire la suite >

lundi 13 mars 2006 · 10h53

de la pulsion donc, le nouveau sujet
— (ce qui est fondamental, au niveau de chaque pulsion, c’est l’aller et retour où elle se structure)

Avant que de poursuivre, j’ai retrouvé une citation de Lacan où il est question du « nouveau sujet » qui advient une fois le tour accompli de la pulsion – et ce malgré que je ne sois pas sûre que ce soit le temps pour moi d’être exacte dans mes citations, que je ne sois pas loin ici de raconter un rêve et que mon souvenir, ce que je peux en dire, compte davantage que ce qu’il en est à l’origine.
Freud nous introduit maintenant à la pulsion par une voie des plus traditionnelles, faisant usage à tout moment des ressources de la langue, et n’hésitant pas à se fonder sur quelque chose qui n’appartient qu’à certains systèmes linguistiques, les trois voies, active, passive et réfléchie. Mais ce n’est qu’une enveloppe. Nous devons voir qu’autre chose est cette réversion signifiante, autre chose ce qu’il en habille. Ce qui est fondamental, au niveau de chaque pulsion, c’est l’aller et retour où elle se structure.

Il est remarquable que Freud ne puisse désigner ces deux pôles qu’en usant de ce quelque chose qui est le verbe. Beschauen und beschaut werden, voir et être vu, quälen et gequält werden, tourmenter et être tourmenté. C’est que dès l’abord, Freud nous présente comme acquis que nulle part du parcours de la pulsion ne peut être séparée de son aller-et-retour, de sa réversion fondamentale, de son caractère circulaire.

De même, il est remarquable que,

pour illustrer la dimension de cette Verkehrung, il choisisse la Schaulust, la joie de voir Lire la suite >

mercredi 1 février 2006 · 13h04

ce sur quoi la pulsion se referme – cet objet, qui n’est en fait que la présence d’un creux, d’un vide, occupable, nous dit Freud, par n’importe quel objet, et dont nous ne connaissons l’instance que sous la forme de l’objet perdu petit a

Il (Freud) nous dit quelque part que le modèle idéal qui pourrait être donné de l’auto-érotisme, c’est une seule bouche qui se baiserait elle-même, – métaphore lumineuse, éblouissante même, comme tout ce qui se trouve sous sa plume, et qui ne demande qu’à être complétée d’une question. Est-ce que dans la pulsion, cette bouche n’est pas ce qu’on pourrait appeler une bouche fléchée — une bouche cousue, où nous voyons, dans l’analyse, pointer au maximum, dans certains silences, l’instance pure de la pulsion orale, se refermant sur sa satisfaction.

En tout cas, ce qui force à distinguer cette satisfaction du pur et simple auto-érotisme de la zone érogène, c’est cet objet que nous confondons trop souvent avec ce sur quoi la pulsion se referme – cet objet, qui n’est en fait que la présence d’un creux, d’un vide, occupable, nous dit Freud, par n’importe quel objet, et dont nous ne connaissons l’instance que sous la forme de l’objet perdu petit a. L’objet petit a n’est pas l’origine de la pulsion orale. Il n’est pas introduit au titre de la primitive nourriture, il est introduit de ce fait qu’aucune nourriture ne satisfera jamais la pulsion orale, si n’est à contourner l’objet éternellement manquant.

Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1964, p. 164. Lire la suite >

lundi 8 mai 2006 · 10h20

rêve, le cargo demi-tour

10h20

il y a urgence, il y a mercredi, bientôt, la séance. peu de souvenirs, pas un cauchemar en tous cas. un truc affairé, ce que j’en écris déjà ré-inventé:
immense bateau immense peut-être cargo
il avance, il doit faire demi-tour (il le doit vraiment, c’est probablement une question de vie ou de mort, une question cruciale)
il fait demi-tour une première fois, manœuvres gigantesques
en fait, état de guerre, désordre total, insurrections, je ne trouve pas le mot. guerre n’est pas le mot. guerre civile, guerilla, guérilla urbaine. feux, saccages, rues
demi-tour avorté, repart sur route première
des jeunes, comment est-ce qu’on les a appelés, pendant les « événements récents en france », canaille? racaille? non, je ne sais plus. canaille, c’est une terme pour moi devenu lacanien, qui ne peut pas du tout désigner ces personnes. enfin, eux dont j’oublie le mot qui les a désignés, essaient de me fourguer, vendre, sommes dans salle de machine
– avez-vous vu récemment à la télévision le film, c’est ça, un bateau coulait, nombreuses personnes enfermées, allaient essayer de s’en sortir, circulaient dans le bateau, rencontraient partout où ils allaient mort et désolation, le bateau était renversé -,
les jeunes donc essaient de me vendre des fringues de magasins qu’ils en ont profité pour pille. je leur réponds vêtement par vêtement, très calmement, décide de prendre leurs offres au sérieux, fais comme si aurais pu être intéressé,e si ça m’avait convenu et rejette un à un tous les vêtements. à la fin, leur explique, à ceux qui sont restés avec moi, le dramatique de la situation, mais, je ne me souviens plus de quoi il s’agit, de quelque chose de vraiment grave, qu’ils ne savaient pas. s’en vont, savent. je remonte. tout est désert.
le bateau fait demi-tour, demi-tour immense, manœuvre immense. je suis furieuse. folle furieuse. seule et folle furieuse. je ne sais pas qui comment quoi a décidé de ça, comment ça s’est fait. je veux arrêter ça. ce n’est pas du tout que je sois contre le demi-tour, mais pas de cette façon. pas que ça se fasse et que ça soit décidé par d’obscurs dirigeants que je décide de débusquer. je devine où ils se cachent probablement. ils sont dans les machines, et les machines sont disposées en profondeur, cachées, en demi-cercle autour de moi. je suis au centre d’une immense plate-forme ronde, déserte,

au bord de laquelle, dans un demi-cercle, accrochés au bord, dans des cabines (blanches et bleues), sont  cachés « les maîtres » Lire la suite >

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