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Il m'arrive constamment de modifier mes posts. On trouvera sur cette page les posts ordonnés selon la date de leur dernière modification (et non pas de publication). Le texte sur lequel j'ai le plus récemment travaillé est celui qui apparaît en premier.
lundi 12 mai 2014 · 16h20

flamme éternelle – les images

"ICI ON PEUT ENTRETENIR LA FLAMME. VENEZ ET PARLEZ, ON VOUS RÉPONDRA "

 

 

 

Quand on arrivé, c’était comme ça, tu vois, . Ah oui, nous avons rencontré Meda. Elle s’en allait. Elle nous a dit qu’ils avaient déjà beaucoup parlé. Et nous avions convenus de nous revoir là. Nous voyions les gens qui parlaient, assis autour de la flamme, avec ce grand panneau au-dessus d’eux, sur lequel il était écrit « ICI ON PEUT ENTRETENIR LA FLAMME. VENEZ ET PARLEZ, ON VOUS RÉPONDRA « , et c’était signé Jean-Luc Nancy (que j’aime bcp, et que F n’aime pas). Mais nous ne sommes pas restés là, nous étions trop curieux du reste. Ensuite, nous [...]  Lire la suite >

vendredi 16 mai 2014 · 11h43

Didi-Huberman, ses Histoires de fantômes lors de la conférence

et l’incessance,

Didi-Huberman, ses Histoires de fantômes lors de la conférence :

que m’y a-t-il plu ? (en vérité, le travail, le travail et sa lenteur, le travail et sa démesure)  la question de la méthode, l’Atlas Mnemosyme comme méthode, instrument de pensée. de par sa matérialité, la place qu’il prend dans le monde; son existence matérielle ( vs l’immatérialité de mes « matériaux » sur l’internet). cette existence appréhendable directement par les sens, dans leur multiplicité – les yeux, bien sûr, la vue, mais le toucher aussi, la main, l’odorat peut-être, etc.
matérialité qui aura la vertu d’imposer la coupure, la découpe (de limiter l’infinitude…). [...]  Lire la suite >

vendredi 22 mai 2026 · 07h44

sans titre, dans la maison de ma mère

comme elle était hier, quand je l’ai laissée

vendredi 22 mai

maintenant, le jour, alors que passe dans la rue le camion de la voirie. le jour et la joie. de mes plus grandes joies : voir. qui est toujours une surprise. et l’être avec ma mère.

hier… après un long moment d’écriture, le mot à A, je veux nettoyer la cage d’escalier de la maison de ma mère, je veux ça et tellement d’autres choses en même temps, mais ça, avec le beau temps qui arrive de toutes parts, les fenêtres à l’avant, à l’arrière, je prépare un seau, un torchon (=une serpillère), en même temps que je mets au four les méchantes brochettes achetées la veille, etc. etc. je passe, pas tout dire. vient le moment de désorientation. comme si souvent quand je suis ici : qu’est-ce que je dois faire, qu’est-ce que j’aurai oublié de faire, qu’est-ce que je dois me mettre à faire, qu’est-ce que je ne fais pas? la tentative de faire une liste. le désagrément du passage à l’improviste de X et comment j’ai dû me dérober à ses bras, le souvenir de ça, anguille. gentillesse de J, mon fils.

marcher vers la clinique, en retard. elle y est arrivée il y a deux jours, pneumonie par inhalation avec inflammation sévère. c’est la deuxième, la première en octobre. je la trouve avec un tuyau de sang qui lui rentre dans le bras, perfusion le mot tranquille. des traces de sang sous le nez. je lui donne et elle aime la pâtisserie achetée, 6 euros, au rez-de-chaussée de l’hôpital, un tiramisu blanc, mais la vue du sang, sa très apparente fatigue m’inquiètent et je dois chercher quelqu’un qui m’explique.
une transfusion d’hémoglobine, un manque de … globules rouges (est-ce possible?)
la doctoresse me dit qu’elle était dénutrie, qu’elle ne pourrait pas guérir. et que ça allait aller mieux, maintenant.
— donc, une semaine d’antibiotiques, et je la renvoie à la maison de retraite.
— et elle, et… sa vie n’est pas en danger?
— elle est très vieille, me répond-elle.
elle est très vieille.
je ne sais pas comment dire ça à mes frères.

je pense qu’il faut être très fort ici, avec elle, à elle.

voilà, il me revient ce que je dois faire, ou pas, acheter un gobelet avec un bec pour qu’elle puisse boire, est-ce ce que je dois faire?seigneur, c’est pas sûr. non, ce n’est pas à ça que je pensais : est-ce qu’il ne faudrait pas écrire, tout de même, à la maison de repos, pour leur dire. dénutrie ! mais ça ne sert à rien. signaler. donc, que faire? ce gobelet? pour les boissons. ou? trouver de l’épaississant? la veille, je n’ai pas pu lui donner à boire. la pneumonie par inhalation est provoquée parce qu’elle avale de travers, et surtout quand elle boit. un très aimable infirmier me trouve de l’épaississant. faut-il que j’en rachète? la discussion à ce propos avec lui est longue mais non concluante. probablement. noter tout ça sur un bout de papier.

je retourne près d’elle. sa tête de travers sur l’oreiller, je m’assieds très près de son visage, mon visage tout proche du sien, que voit-elle, ses yeux, je lui touche le front, la caresse, le front, la joue, sa peau, elle tend ses doigts vers moi, vers mon visage, touche mon nez, c’est comme rigolo. elle “parle” plus que la veille, beaucoup en flamand. et il y a les mots “fille”, “madame”. elle dit Jean-François, elle indique du doigt : Jean-François était là, Jean-François était là, effectivement, était là quand elle est arrivée. je téléphone à JF, je suis émue, à nouveau l’écrivant. elle parle. j’ai l’idée d’appeler Jean-Pierre, qu’il l’entende. je dis Je vais appeler Jean-Pierre, elle fait un air étonnée, tu crois ? mais, Jean-Pierre n’est pas là, je raccroche, lui envoie un message : tout va bien, qu’il ne panique pas à l’idée que j’ai essayé de le joindre. je dis à maman : il n’est pas là. elle m’émeut. la nourriture arrive. elle mange si facilement, si bien ses tartines que je coupe en petits morceaux. elle est comme un oiseau. la boisson, eh bien ça ne passe pas, ça ne marche pas, je n’arrive pas à la lui donner. je sais qu’elle a soif, elle retient la tasse au risque de la faire renverser, je dois l’empêcher de s’en emparer, c’est désagréable, mais je suis plus forte qu’elle et patiente. j’essaie à la cuiller, ça renverse. après le repas, l’infirmier me ramère… un expresso qu’il a bien épaissi.
le monde est merveilleux.
— un expresso?
— j’ai été le chercher à la machine
— vous ne pensez pas que ça va l’empêcher de dormir?
— mais vous me disiez qu’elle n’avait pas bu, qu’elle voulait boire?
— oui, oui. il me tend le gobelet et me dit que je peux le lui donner à la cuillère. je le remercie vivement.

je trouve comment positionner la table pour qu’elle puisse lire Les exploits de Quick et Flupke tranquille, elle regarde, la fatigue revient.
et je cherche dans ma mémoire à trous les titres des morceaux de musique qu’elle aimait bien que nous écoutions à la maison de repos, et je ne retrouve pas. (maintenant, si je re-parcours les messages à JL, je le retrouverai, parce que je lui en avais parlé, je vais faire ça, dans Messenger.)

je vais me faire un café. et cette liste sur papier et chercher le titre du morceau qu’on écoutait, au piano, Beethoven — ou était-ce Mozart. hier, j’ai retrouvé sa symphonie n° 40, mais rien en fait, aucune réaction — dois-je trouver un casque, pour pouvoir le lui mettre sur la tête? — mais aucune réaction. pas de panique. elle me reconnaît. ça reviendra. je reviens près de son visage, les caresses, elle pose la main sur moi, son doigt sur moi, nez, joue, va à mon front, appuie, fait ce geste, ce petit signe de la croix qu’oma — sa mère — nous faisait avant que nous allions nous coucher, au bisou du soir, ce signe appuyé enfoncé dans la peau, tout petit, avec ces mots que je ne comprenais pas et que je transcris comme je les entendais : “Godzin e gebor”*. ma maman dit un ou deux ou trois mots d’une prière, en flamand. je dis ce que je sais, le Wees gegroet Maria, vol van Genade, de Heer is met U, gezegend zijt gij boven alle vrouwen, en gezegend is de vrucht van u lichaam Jezus… elle ferme les yeux.

je reviendrai plus tard, relire. peut-être envoyer à mes frères. ou pas.

je suis dans la maison de ma mère, dans son lit. ma douce alzhei-mère. dans la belle maison de ma mère.

il faut beaucoup boire. les m de mon clavier ne fonctionnent plus. les papiers à réimprimer et à envoyer à la maison de retraite (ou y aller? récupérer un gobelet, l’épaississant, des albums photos, les Quick et Flupke?)

*est-ce god zin je geboren, de dieu tu es née?!

lundi 11 mai 2026 · 05h50

lundi 11 mai 2026 – toute chose écrite est par moi soupçonnée de receler un trésor,

05:50 : Hier, je relis ces Extraits et notes de lecture de l’avant-propos du livre Le discours mélancolique de Marie-Christine Lambotte

Je tombe là-dessus:

Certains de ce qu’elle appelle les « signifiants essentiels de la mélancolie » me sont très familiers, comme par exemple le tout et le rien, le tout ou rien, dont j’ai beaucoup fait état ici. Le destin est de moi une figure moins approchée (si ce n’est peut-être au travers de la lecture du livre d’Imre Kertész, Etre sans destin1, qui m’a tellement frappée), l’avant/l’après n’est pas non plus repéré par moi — cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas —, même si c’est quelque chose que probablement j’espère, j’attends, je convoque, je tente de concevoir, qu’il y ait quelque chose un jour qui puisse faire rupture dans le fleuve morne des jours, de la perpétuelle présence, et qui s’est rarement présenté (…). un événement qui historicise. L’apparent caché, il me semble que je vis tout le temps avec. Si nous parlons de la même chose, elle et moi, Marie-Claude Lambotte et moi-même, l’apparent caché (de l’inconscient) est bien l’objet de ma visée, de mon désir, se trouve derrière toutes les petites réalité de la vie et lui donne tout son prix. Son seul prix. L’insaisissable qui me lie à la vie. (Cela dit, l’ « apparent caché », je ne comprends pas cette nomination, cette appellation et je dois retrouver le livre.) La réalité comme une surface plate : en effet. Où toutes les choses se valent : en effet, depuis le début de l’écriture du blog, j’essaie de trouver ce qui fera qu’une chose vaudra plus qu’une autre. Il y a eu toute cette recherche sur l’indifférence de la pulsion. Il y a ce que mon écriture même révèle, trahit, toute chose est par moi soupçonnée de receler un trésor, cela qui est induit par la psychanalyse, par la supposition de l’inconscient. L’écriture n’est qu’un outil au service du dévoilement de ce trésor. D’où mon trop grand respect pour ce que j’ai écrit, mon incapacité à jeter, à juger de ce que je fais, une confiance trop absolue à ce qui se révèle malgré soit : si cela a été écrit, est-ce qu’il n’y a pas quelque chose à débusquer derrière. Que toutes les choses se valent, pour moi, c’est ça. [...]  Lire la suite >

jeudi 14 mai 2026 · 15h09

This is what you can do when something unexpected happens, give it form, give it language, make it small enough to handle

https://www.instagram.com/p/DYSGAF8gsZ3/?img_index=1

At four o’ clock in the morning, the telephone began to ring patiently. The sound slipped into a dream and waited. On-the eighth ring, the dreamer woke, and for a moment, there was only darkness and the soft ticking of a clock. Then the awareness came-the strange hour, the waiting sound, the sense that something, somewhere, had already gone wrong. The receiver was lifted. A voice spoke. It was careful. Too careful. « There’s been an accident. »

Miles away, beyond the sleeping houses and the empty city, stood a factory. It was a place of ordinary industry: metal breathing steam, machines turning with tireless certainty, people in bright helmets moving through tasks they knew by heart. Pipes ran through it like veins through a great mechanical body. Valves blinked small red lights. Gauges watched with unblinking eyes. And in the hour before dawn, one of those veins gave a shudder. There was a sound-a long, quiet rupture. Gas, pale and ghostlike, slipped into the air. [...]  Lire la suite >

dimanche 3 mai 2026 · 06h43

dimanche 3 mai 2026 – 06:43 – adolescente j’étais réveillée par ma mère qui rangeait la vaisselle

3 mai 2026 14 mai 2026 2 499 mots 11–16 minutes

en cours d’écriture

J’abandonne (provisoirement). Je projette de tenter une édition papier qui travaillerait avec les incises, qui ont débordé ce texte de toutes parts et dont je ne sais que faire, toutes parlent du moment dont je voulais parler. Donc, je vois une mise en page à la façon des manuscrits du Moyen-Age. Il faudrait aussi que je travaille à un enregistrement vocal.

06h43. mai 2026. ça faisait longtemps que je n’écrivais plus au matin. l’idée était d’écrire ce qui s’est passé hier, ce que je fais depuis quelques jours maintenant, ce que je fais dans le blog1.  [...]  Lire la suite >

mercredi 13 mai 2026 · 19h29

mercredi 13 mai 2026 – dummy !! la décision qu’il n’y eut pas

j’ai cherché , j’ai retrouvé  et encore retrouvé autre chose , dont j’ai fait une petite plaquette, brochu re leaflet zine chapbook – le premie r de m a vie enti ère pas peu fi ère , mais si non peu fi ère, voilà – ça fait longtemps que j’en rêvais … maintenant, peaufiner , illustrer , du papier et … envoyer …

le hasard veut que sur la dernière photo on distingue l’urgence et la patience de Jean-Philippe Toussaint — alors que ce texte est né d’une proposition de François Bon, une de ses propositions du mardi. il proposait de partir du jour ou du moment où l’on aurait décidé d’écrire. Toussaint s’en souvient très précisément. il y eut un moment. et force m’a été de reconnaître qu’il n’y eut jamais chez moi de pareille décision. mais je ne pus jamais totalement m’empêcher d’écrire.  [...]  Lire la suite >

mardi 12 mai 2026 · 15h32

mardi 12 mai 2026 – pas en mon nom (les identifiants perdus)

j’ai perdu mes identifiants sur ce site : https://pasenmonnom4.wordpress.com

j’ai beaucoup de sites dispersés un peu partout, et de nombreux pseudos. celui-ci était créé d’abord pour redémarrer un blog, relancer une pratique d’écriture publiée, sans le poids de celui-ci, de ce blog-ci, je me suis alors embarquée dans les traductions de Hanan Habashi, qui n’a jamais répondu à ma sollicitation, l’accord demandé à cette traduction, qu’elle n’a peut-être pas reçue, mais, je me suis dit qu’elle avait sans doute fort à faire, et que je devais renoncer. ce fut d’un grand intérêt pour moi.  [...]  Lire la suite >

dimanche 10 mai 2026 · 10h11

dimanche 10 mai 2026 – a week after // les incises et le manque d’un principe d’arrêt

Hippomène et Atalante (v. 1615-1625), de Guido Reni. Dans les Les Métamorphoses d’Ovide, Atalante prend du retard sur Hippomène parce que, curieuse, elle s’attarde à ramasser les pommes d’or qu’il a laissé tomber.
Temps de lecture 7–10 minutes

Une semaine après, j’ouvre l’oeil à 6 heures, et je pense au texte écrit dimanche dernier, il y a une semaine donc et auquel j’ai travaillé hier encore, celui du dimanche 3 mai, presque à la même heure, juste un peu plus tard.

Je l’ai considérablement gonflé jeudi, je crois, à Donn. Sommes rentrés vendredi. Gonflé à partir du court instant où je range la vaisselle, où j’avais rangé quelque couverts ce matin-là. A cet instant revenu où j’ai « cherché ma respiration » (et cet endroit-même si mal écrit et qui donc m’appelle, m’appelle),… S’ensuit une réflexion sur le geste, une emballée, réflexion qui enchaîne lourdement les pensées eues, eues comme seules potentialités, les ramène des limbes où elle flottaient si légères, si distantes. M’enrobant, m’accompagnant doucement. Texte que j’ai encore relire. [...]  Lire la suite >

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