jeudi 9 mai 2002 · 16h44

le salaire de l’horreur / off cause

L’impasse au travail a parfois le visage du rapport que fantasme le sujet à celui qui le met au travail. Le rapport fantasmatique. C’est l’Autre qui veut, que je travaille. Il en jouit, que je me meure au travail. Je me meurs, je me tue au travail. Meurs, tue-toi. Pour quelle gloire de l’Autre ? Quelle gloire, ou seule subsistance ? Nourris-toi des sueurs de mon labeur. Nourris-toi et tais-toi, nourris-toi, et étrangle-toi, que je n’entende plus que ta voix.

Mon patron. Ah, mon patron. Ma patronne. Mon chef, mon supérieur. Cette engeance. Qui ne rêve de rien d’autre que de me foutre dehors, sauf que c’est moi qui rêve, ces cauchemars. J’ai rêvé cette nuit que mon patron me foutait à la porte. Pas une seconde sans que je redoute cet instant. Où je serai saquée. L’horreur. C’est pourquoi je travaille, je travaille, je travaille, je ne compte pas mes heures, ni mes heures, ni le fruit de ma peur. Mon salaire. Je ne facture pas. Je paie et j’ai honte. [...]  Lire la suite >

samedi 2 avril 2005 · 09h33

le goût de la castration

Comment donnerai-je à  mon enfant le « goût de la castration». Si la castration se situe du côté de l’histoire, du tranchant de la date, de la coupure dans le temps. Du côté de la parole, du renoncement à une vérité toute, à une identification ultime, définitive. Comment la rendre suffisamment séduisante qu’il ait le goût la force de sortir du tout à la consommation immédiate, du tout à  l’immédiateté, l’instant ? Il faudrait pour cela que j’aie pour moi-même mieux pu jouir de ces choses que je voudrais lui donner à  mon tour, après qu’elles m’aient été donné par mes parents – l’art, la culture, le goût de la lecture, de la science, du savoir. Que j’apprenne à en jouir plus surtout qu’elles se dégagent de leur vêture d’idéal, à  moins qu’il ne s’agisse de ne plus les prendre comme les moyens du maître, l’instrument qui l’installe, l’établit. Que je puisse apprendre à  me réjouir de la relativité propre à n’importe quel savoir et que mon désir de certitude s’en tienne à  celle-là . Que ce ne soit plus mon être que j’aie à défendre quand la parole je veux prendre, que j’apprenne le courage de défendre ce dont je veux parler. Que je n’aille plus à  vouloir me confondre avec ce dont je voudrais parler. Que j’ose séparer ces choses de moi pour apprendre à elles les défendre et à en apprendre le partage. Comment sortir du silence ? De mon silence et pourquoi m’y contiens-je ? Silence mien depuis l’enfance. Silence de ma mère. Pour partie, silence d’hystérique gardé sur l’inestimable valeur de ce que je vaux comme petit a, comme innommable, comme femme. Et pourquoi faut-il que ça soit si difficile de faire exister ça et malgré tout prendre part au commerce des hommes. Comment cette chose peut-elle être si forte qu’elle me tienne absolument à  l’écart de la culture, si je considère que la culture commence du moment où un discours s’organise et s’adresse. C’est que je m’y veux toute à  cet endroit, toute à cet objet, par où d’ailleurs je le trahis, parce qu’il n’existe qu’en reste, nulle part incarné, d’une division que ma parole, la mienne, seule peut opérer.

mercredi 15 juin 2005 · 15h21

sur les traces de la lamelle

aux poignets, mes coupures, aux poignets, dans le creux de mes bras

La libidio est l’organe essentiel à comprendre la nature de la pulsion. Cet organe est irréel. Irréel n’est point imaginaire. L’irréel se définit de s’articuler au réel d’une façon qui nous échappe, et c’est justement ce qui nécessite que sa représentation soit mythique, comme nous la faisons. Mais d’être irréel, cela n’empêche pas un organe de s’incarner.
Je vous en donne tout de suite la matérialisation. Une des formes les plus antiques à incarner, dans le corps, cet organe irréel, c’est le tatouage, la scarification. L’entaille a bel et bien la fonction d’être pour l’Autre, d’y situer le sujet, marquant sa place dans le champ des relations du groupe, entre chacun et tous les autres. Et en même temps, elle a de façon évidente une fonction érotique, que tous ceux qui en ont approché la réalité ont perçue.
(Jacques Lacan, Le séminaire, Livre XI, p. 187) [...]  Lire la suite >

jeudi 30 juin 2005 · 19h47

doute matinal (et pousse-à-la-mise-en-page)

me suis réveillée
me disant quelle folie
quelle mouche me pique encore
d’avoir (re)fait ce blog

(alors que je ne pense pense pas que cette forme me
convienne

mais pourquoi, alors le fais-je
?
ne cesse de le vouloir
et pourquoi, vouloir en passer par over-blog
espérer que les contraintes qu’il
m’impose (over-blog) m’aideront

et donc aujourd’hui
(je continuerai) à  travailler

à  la

mise en page


mots-clé:
doute, ne cesse, mise en page

doute: la faute à  l’être
ne cesse: le symptôme
mise en page: le fantasme (la mise en livre)

samedi 16 juillet 2005 · 14h22

pour tout vous dire

j’en ai assez je veux d’ire dire d’ici
ce lieu cet endroit

dont l’habillage ne me convient pas
avec l’habillage duquel je n’arrive pas à me mettre d’accord

pour tout ça a toujours été comme ça
pour tout dire – toujours

c’est comme de passerdesheuresdevant son miroir
à essayer mille vêtements parures avec ou sans maquillage et puis les cheveux est-ce que ça ne serait pas mieux
et comme ça n’est jamais ça ça n’est jamais la bonne image
se retrouver après minuit cendrillon jamais partie au bal
nue nue nue sur le lit et dégoûtée

(machines célibataires)

(résister à ça : à se/ce voir image impossible, comment? ici, je parle pour moi veronic, image vraie:impossible: réelle. c’est l’habit ô gaby qui fait semblant d’être (auquel il faut que je me plie). comment?
résister à ça : ici, je parle pour moi. l’ordinateur, le réseau, comme la fabrique d’un nouveau corps (où ça ne cesse pas de s’écrire mais je l’ai déjà dit mais je l’ai déjà dit.) (à la limite, je te dirais, c’est une chance, que même là, je ne sache pas comment m’habiller. à la limite.))
 [...]  Lire la suite >

lundi 18 juillet 2005 · 19h20

dimanche après-midi

Hier, milieu de journée, couchée dans canapé. Je lis le journal, les articles sur lesquels on a attiré mon attention. Je suis fascinée par le papier. Par la mise en page, les colonnes. L’encre. Exaltée. Ce que je lis ne m’a pas l’air neuf. Mais une photo m’émeut plus que de raison. Il devait s’agir du soulagement de me trouver enfin loin d’un écran. Du soulagement, de l’avidité aussi : je n’étais pas sans me demander comment transposer ici cette matière ce papier ce noir ces colonnes. Cette matité. (A tout le moins si ça pouvait servir à ça : faire que le monde devienne merveille du moment où je lève les yeux d’ici.)

dimanche 24 juillet 2005 · 17h24

f o i r a d e

– insomnie , o b s e s s i o n a  l i s a t i o n . hier soir documentaire jean rouch, griaule; 1 phrase dans 1 article sur la boulimie et l’absence de signe du manque dans l’Autre, puis 1 autre "… à nourrir le symptôme, le réel, de sens, on ne fait que lui donner continuité de subsitance"; 1 histoire triste "mon grand appartement", oster christian . dans le noir la nuit, je tente en silence d’aller vers toi . –

Top