samedi 2 avril 2005 · 09h33

le goût de la castration

Comment donnerai-je à  mon enfant le « goût de la castration». Si la castration se situe du côté de l’histoire, du tranchant de la date, de la coupure dans le temps. Du côté de la parole, du renoncement à une vérité toute, à une identification ultime, définitive. Comment la rendre suffisamment séduisante qu’il ait le goût la force de sortir du tout à la consommation immédiate, du tout à  l’immédiateté, l’instant ? Il faudrait pour cela que j’aie pour moi-même mieux pu jouir de ces choses que je voudrais lui donner à  mon tour, après qu’elles m’aient été donné par mes parents – l’art, la culture, le goût de la lecture, de la science, du savoir. Que j’apprenne à en jouir plus surtout qu’elles se dégagent de leur vêture d’idéal, à  moins qu’il ne s’agisse de ne plus les prendre comme les moyens du maître, l’instrument qui l’installe, l’établit. Que je puisse apprendre à  me réjouir de la relativité propre à n’importe quel savoir et que mon désir de certitude s’en tienne à  celle-là . Que ce ne soit plus mon être que j’aie à défendre quand la parole je veux prendre, que j’apprenne le courage de défendre ce dont je veux parler. Que je n’aille plus à  vouloir me confondre avec ce dont je voudrais parler. Que j’ose séparer ces choses de moi pour apprendre à elles les défendre et à en apprendre le partage. Comment sortir du silence ? De mon silence et pourquoi m’y contiens-je ? Silence mien depuis l’enfance. Silence de ma mère. Pour partie, silence d’hystérique gardé sur l’inestimable valeur de ce que je vaux comme petit a, comme innommable, comme femme. Et pourquoi faut-il que ça soit si difficile de faire exister ça et malgré tout prendre part au commerce des hommes. Comment cette chose peut-elle être si forte qu’elle me tienne absolument à  l’écart de la culture, si je considère que la culture commence du moment où un discours s’organise et s’adresse. C’est que je m’y veux toute à  cet endroit, toute à cet objet, par où d’ailleurs je le trahis, parce qu’il n’existe qu’en reste, nulle part incarné, d’une division que ma parole, la mienne, seule peut opérer. [...]  Lire la suite >

vendredi 16 décembre 2005 · 11h41

À  barcelone

hôtel

des cauchemars, toutes les nuits. dans un lit immense.

dans la chambre, de moi des images toutes trop différentes. celle de la salle de bain tout à  fait acceptable (mais je suppose que c’est comme dans les miroirs de magasins de vêtements, ils y accrochent des miroirs flatteurs et quand vous rentrez chez vous, vous vous rendez compte de l’immense erreur que vous venez de commettre), et puis l’image dans le miroir de la penderie : abomination.

le vieillissement : ça a commencé. c’est là .

j’aurai remarqué ça, comment les miroirs s’apprivoisent, mais c’est lentement, se font à  vous, à  l’image que d’eux vous attendez. ne me regarder que dans ceux qui me connaissent. dans le même esprit je me serai quelquefois demandée si je devais calculer le degré d’amitié que l’on m’on porte à  la joliesse des photos que l’on prend de moi (( ex.: d’une certaine k., j’ai compris vu jusqu’à  quel point elle ne m’aimait pas en voyant les photos qu’elle avait prises de moi. d’une autre annick j’aurai vu qu’elle m’aimait. ou encore qu’elle m’aimait comme je m’aime. qu’elle veuille m’aimer comme je voudrais m’aimer. qu’elle aie de moi la même image idéale. celle qui me rassurerait. )) . dans le même esprit : au monde rien qui soit moins fiable que mon image. peut-être rien qui ne me perturbe plus. [...]  Lire la suite >

mardi 21 février 2006 · 12h36

(éthique de la pulsion, suite)

il y a quelques temps, j’ai commencé à me demander pourquoi lacan parlait de rejoindre la pulsion (a parlé, à un moment de son enseignement, de rejoindre la pulsion, après la traversée du fantasme – je pense au Séminaire XI, Les 4 concepts fondamentaux de la psychanalyse), quand on voit les dégâts qu’elle peut faire.

et je commence à me dire que ça doit avoir à voir avec ce que la pulsion sait de l’objet, son vide, et avec son mode, sa façon de désidéalisation. avec le fait qu’elle fonctionne dans le non-sens. alors que ça commençait à l’intéresser, lui, lacan, de sortir du sens. (cependant qu’en sortir, vouloir ça, volontairement y aller vers le non-sens, ça n’est pas très facile. dans la mesure même où il n’est pas facile de sortir du fantasme, là où l’on nage en plein dedans, en plein sens, où justement le sens se fixe, se fige.) [...]  Lire la suite >

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