je veux commencer en évoquant le vide, le manque qu'il ne s'agirait plus de chercher à recouvrir ou à combler mais bien au contraire de découvrir, d'élargir je parlerais d'une faille qui ne se laisse pas facilement apercevoir qui se camoufle je dis qu'il s'agit de de la traquer de la pelleter de l'épousseter partout où elle se dissimule se dissémine de ramener son sable en un seul endroit, et des matières accumulées entassées soigneusement détourer l'espace — pour alors se tourner vers vous, genoux enfoncés dans le sable, un petit signe de la tête —, et présenter son vide au jour une faille non universelle, personnelle dont la particularité même la constitue une faille…
je veux commencer en évoquant le vide, le manque
ma pensée trop vagabonde
ma pensée trop vagabonde. écrire, n’a jamais d’autre but, n’a plus jamais d’autre but, que de tenter d’en fixer le cours. chaotique chemineuse clocharde cloche désordonnée errante flottante fugitive galvaudeuse heurtée mendiant trimardeuse pouilleuse rôdeuse sans-abri sans-logis sdf familière clodo gueuse truande misérable instable bohémienne pauvre nomade malandrine clochette bohème bande aventurière voyageuse ribeleuse libertine coureuse ambulante rétive traînière flâneuse flottante couche-dehors comète chiffonnière camp-volante buissonnière va-nu-pieds * pieds nus je pense parfois que marcher pieds nus est une des choses que je préfère au monde, et qu'il faudrait que je l'écrive. checked. même la nuit, quand je me lève, obligée par l'insomnie et que mes pieds je les pose au sol le plus silencieusement…
et t’écris pour te dire : ta concentration, préserve la comme ton bien le plus précieux (non-envoyé)
une amie à moi qui est bipolaire s’inquiétait pour moi à la lecture d’un de mes textes où elle avait sans doute reconnu l’un ou l’autre de ses symptômes et me disais : tu es bipolaire*et en en parlant ce matin à frédéric, il m’apparaissait plus clairement combien certains symptômes, comme celui de la tachypsychie (accélération des pensées qui peut aller jusqu’à la perte de la capacité de penser : aucune phrase ne se terminant plus jamais, chacune chevauchant l’autre et l’empêchant de se terminer**) à laquelle je suis toujours un peu confrontée et qu’effectivement je tente de juguler par l’écriture et qui est aussi un symptôme maniaque, que mes travaux divers, mes activités d’écriture…
broder avec christine jeanney
https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-simple Je lis cette note de Christine Jeanney sur la broderie, qu'elle-même pratique avec beaucoup d'humour, de liberté, de fraîcheur et la pointe d'ingénuité qui va bien. Au départ de la pratique d'une artiste femme qui a brodé ses résultats médicaux — les images d'un scanner médical —, Christine réfléchit à l'élargissement des sujets classiques de la broderie, à tout ce qui "peut faire sujet", rendant compte de l'exercice de liberté qu'elle y a trouvé, de la subversion au coeur de la reprise de cette pratique ancestrale par des artistes femmes au début du siècle dernier. Pratique qui contribua largement à amenuiser la frontière entre beaux-arts et arts appliqués et par où s'évanouissait la frontière…
à Christine J – sur l’éparpillement encore
je suis éparpillée. j'en souffre. c'est peut-être mon souci principal. y a la guerre, le réchauffement climatique, l'IA, les ultra riches; le racisme, l'extrême droite, etc., mon souci c'est l'éparpillement... je ne tiens aucun choix, aucune décision, ne mène aucun projet jusqu'au bout. je parle ici de projets d'écriture. quelque soit mon enthousiasme, tout me tombe des mains, j'oublie. je passe à autre chose. je multiplie les notes et les blocs notes, les fichiers ouverts, les sites internet, les pseudos. je surfe. constante dans l'inconstance depuis si longtemps, je ne vois guère d'autre choix possible que de renoncer totalement à écrire. mais, non, je n'y parviens pas non plus. écrire reste le moyen le plus sûr…