samedi 13 août 2011 · 17h42

1. BAPTISTE*

Cette page évoque une exploration intime de la féminité, mêlant images poétiques et réflexions sur l'identité. À travers des métaphores de couloirs et de nature, une femme navigue entre souvenirs et sensations, questionnant son être et son rapport au monde. Le texte jongle avec des symboles comme la fourmi, le vagin et le sang, pour exprimer des thèmes de jouissance, de transformation et de vulnérabilité, tout en oscillant entre émerveillement et angoisse. Une quête de sens et d'émergence dans l'espace qui l'entoure.

mardi 23 avril 2024 · 10h51

Elle me raconte

Elle me raconte. Elle est en face de moi. Elle me raconte. Elle ne me regarde pas. Ses yeux sont baissés, parfois elle les lève, mais c’est très court, c’est un éclair bleu. Cet éclair me touche d’une façon incroyable. Elle me raconte comment elle jouit, comment elle a été sur le point de jouir, comment elle a voulu jouir, comment elle est partie, frustrée, dépitée. Elle avait curieusement commencé en me disant : « Il y a un épisode que je veux te raconter, c’est un épisode… » J’avais trouvé l’expression un peu curieuse. Je l’écoutais me parler en la regardant. Je la regardais comme si elle ne me voyait pas. Je n’arrivais pas à penser. Je me disais seulement : elle va vouloir que je raconte. Elle va s’attendre à ce que je raconte, à mon tour. Et ça, ça m’effrayait. Je me disais : jamais, jamais. Je me demandais s’il fallait que je coupe, que je raccroche, et que non, ce n’était plus possible. J’étais toute ouïe, je l’écoutais, je voulais l’écouter. Toute cette étrangeté. Je me suis dit : est-ce que ça me suffit ? Non. J’aurais voulu tout savoir de ce qui avait conduit à ce qu’elle me racontait. Je me demandais si elle en savait quelque chose. Comment ça se goupillait pour en arriver à ce qu’elle me racontait, et dont elle ne paraissait pas se douter de l’absolue étrangeté pour moi. [...]  Lire la suite >

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