Sans titre

il y a que j’aime assez faire secrète-être,  8° cours de jacques-alain miller………

« L’éternité vient dans le temps, l’immensité dans la mesure, le créateur dans la créature… l’infigurable dans la figure, l’inénarrable dans le récit, l’ineffable dans la parole, l’incirconscriptible dans le lieu, l’invisible dans la vision, l’inaudible dans le son… »

perdre

Si l’objet anal est corrélé au narcissisme, c’est aussi que la tendance à détruire, corrélée à sa défense, produit la tendance à retenir, à garder, à conserver. Et c’est là une fonction du narcissisme : ça conserve. L’objet anal, c’est aussi pour Freud qui le tient des obsédés : les enfants, le pénis, l’argent. Toute chose à garder ou à détruire, à perdre plutôt.
Ici, le texte complet : Les objets de l’obsessionnel, conférence de Philippe La Sagna

// un objet anal, trois objets anaux ? // mon sac,
des feuilles de brouillon, un  cours de miller

alors ,

croire qu’il n’y aurait que le semblant qui permette d’en découdre avec la jouissance?

l’oublié 2

Donc, c’est curieux.

Parce que c’était réel, parce que c’était peut-être sexuel, parce que ça m’aurait  donné du plaisir, je l’ai oublié.

Et parce que je l’ai oublié – la pose, le mouvement, le geste, la posture – , je ne peux plus rien faire, je n’ai plus de jugement, je suis obligée de me greffer à une autre (homosexuelle), je dois passer à l’arrière plan, je dois faire la doublure.

Après quoi?

Une psychanalyste raconte une fable (Christiane??) en passant par des loges (loges de coulisses? maçonniques?), des loges où elle se loge, qui ont chacune leur décor. La fable se termine sur moi et Laure Naveau.

J’avais lu un texte récemment de Laure Naveau (que je ne suis pa sarrivée à retrouver), où elle parlait de textes, de thèmes qui avaient également été importants pour moi (péché de la tristesse, Spinoza, Nietzche…) Je m’étais demander si ce n’était pas plutôt chez elle, comme analyste, que je devais aller?

Christiane Alberti? Comme Alberti? Qui écrivit Vies de peintres? Vies des meilleurs peintres… Ah non, ça n’est pas Alberti, c’est Vasari. Alberti, c’est la perspective. La vie d’Alberti est racontée dans le livre de Vasari.  Il a inventé la perspective géométrique et a  écrit un traité sur la peinture ( Della pittura).

Bon.

last sentence

of the dream:

can i have une petite salade de tomates fraîches et une (soupe?) de po-man à partir de po-man?

Mercredi 4 janvier

CBD, 4 gouttes hier; quand j’ai regardé l’heure au réveil, il était 08h01. Ce soir, j’essaie de passer à 3 gouttes.

F est toujours au lit, dort. Cela veut dire qu’il n’ira pas au travail aujourd’hui, contrairement à ce qu’il avait dit hier et avant-hier. Ce n’est pas aujourd’hui que j’aurai ma journée seule, ce sera demain, où je ne serai pas seule puisque vient la femme de ménage, M.

Cette nuit, rêve, peu de souvenirs. D’abord au premier jour d’un week-end des Journées de l’École de la Cause freudienne.

Quelqu’un, je crois, est amoureux de moi. Pas d’autre souvenir. Si ce n’est peut-être celui d’être habillée.

2ème jour, le matin, avant d’y aller, dans un grand espace clair, une maison à étages (maison de mon frère, JP ?) .Un homme va être amoureux de moi, on  me le dit, va m’aimer, je vais le rencontrer. Il y a mes frères, enfants, il y a Jean-Claude, on s’apprête. Ma mère aussi. Je crois qu’elle dit qu’elle va m’accompagner. On se dispute, une dispute terrible, qui fait un trou, au moins dans mon souvenir. Je continue à m’apprêter, vêtements, maquillage, ça traîne, c’est difficile. Il y a des contraintes au niveau des vêtements. Je crains qu’ on arrive en retard.  A un moment, je suis prête,  J-C dit qu’il n’est pas pressé. Il dit qu’il pourrait travailler encore à un travail qu’il a à faire, qu’il devra faire le soir  et  que ça  lui prendra trop de temps parce qu’il a des problèmes avec les titres, en Word, le traitement de texte, avec la hiérarchisation des titres. Il n’y arrive pas. Je dis que je pourrais lui montrer. Il y a un doute sur la possibilité qu’il comprenne ce que je lui montre, que ça lui facilite le travail.

Je crois que nous partons. 

Nous arrivons aux Journées.

Grand espace clair, hall. 

Ma mère arrive.

Mais elle ne vient que pour dire qu’elle ne viendra pas, qu’elle ne m’accompagnera pas. Il y a quelque chose de très triste (à mourir).

Je disparais. Non : elle disparaît. Je me réveille.

08:50,décidément, tout le monde dort.

Je vais me faire encore un café.

Je suis dans la grande salle rideaux rouges encore tirés couchée sur le canapé avec la couverture.

Hier soir, pensais à J-C, me disais que devais lui envoyer ce que hier finalement envoyé à D et G. Et me disais, je crois, que n’aurais jamais dû quitter l’ECF, ou que je n’aurais jamais dû renoncer à être psychanalyste. Qu’il y avait un avant et après ce moment là. Après qui avait mené à la conscience d’être folle, d’être psychotique. À cet « être avec ma mère ». « Être en ma mère. »

Au réveil, je pensais à sa mort, je crois. À la façon qu’elle avait eu de faire tout ce qu’il fallait, de tellement bien s’occuper de tout. La mère exemplaire qu’elle avait été.

Maintenant qu’elle va mourir, sa présence ne m’angoisse plus. A un moment dans l’analyse, je suis arrivée à ce point d’intraitable : l’angoisse d’elle. Enfin, je dis ça. Mais qu’est-ce que j’en sais.

C’est sa parole qui m’a manquée. Celle de ma tante est venue soulager cela. 

14:16

Fait une soupe au (non pas potimarron, c’est pas si rond, c’est plus oblong, avec un petit cul, il est vrai, plus rond, ça a une jolie couleur d’œuf, ça se pèle, la chair est orangée, il y a des (autre mot qui manque) (pépins ? Non) dans le petit cul rond, que certains sèchent et mangent). Et une salade de chicons (endive) + pomme + huile de noix +

(je passe à la ligne pour mettre un blanc, à cause du temps d’hésitation) vinaigre de cidre +cumin + pincée de sel + poivre + grains de fenouil.

Abécédaire. À O, l’oubli des mots.

G ne souhaite plus faire le cartel, quel dommage. Écrire à J-C.

Je ne sais plus ce que j’étais venue écrire ici.

F joue. Il a fait les lessives.

ma mère, mon père, carla, sarkozy et moi (pouvoir et souplesse)
rêvé de sarkozy (lendemain de notre voyage à bruxelles où étions allés visiter ma mère, hospitalisée).

« il venait,
il disait qu’il aimait beethoven
et l’art classique,
qu’il voulait réinstaurer tout ça,
ou qu’il avait voulu, qu’il n’aimait que ça.

nous, étions plusieurs, comme un groupe de vacances ou d’école. il y avait des enfants. je ne sais pas s’il était encore président. il était séduit par moi, enfin donnait cette impression. à cause du côté allemand, je crois que je pensais. il essayait de s’insérer dans notre groupe. voulait nous insuffler la croyance en un leader.

nous n’osions pas vraiment lui dire que nous n’aimions pas du tout ça. frédéric était là aussi. il voyait cela.

plus tard, carla bruni, elle a eu son enfant. finalement, il la vire. elle s’en va en femme de ménage, toute courbée, à nettoyer le sol, sur fond de nombreuses autres femmes, toutes courbées comme elle (glaneuses, millet). ambiance sombre, elle, silhouette noire, les autres plus grises.

Eugène-Eloi Commessy, dit Charles Commessy (1856-1941), Les Glaneuses, Exposition du Photo club de Paris, 1895

on dit alors que la femme, allemande, d’un ministre a  été « sacrifiée », chargée de le séduire (pour pouvoir le manipuler?), et y avait réussi, qu’il était fou d’elle (j’imagine une espèce d’énorme femme, façon walkyrie (ma tante qui ote sa perruque, me montre son crâne rasé, pour me montrer sa nature sauvage, forte, passionnée, walkyrienne… )) (cela, pensai-je,  pour que je ne doive pas penser que c’est pour moi qu’il chasse carla bruni, car je me pose cette question dans le rêve). »

avant que carla bruni ne soit chassée, nous étions tout de même arrivés à piéger le président en truquant un concert qu’il voulait donner, en jouant autre chose, et avec d’autres instruments, que ce qu’il voulait jouer (beethoven), dans une grande cour devant son palais (versailles).

~~

la veille en m’endormant  lu phrases sur le pouvoir et la souplesse (dans le traité sur le vide parfait).

par après, après le rêve, eu ma tante au téléphone, si germanophile, qui me demande tout de suite si jules est un « muller », s’il est blond, s’il a les yeux clairs… eh bien, non, non, non…

 

je crois que je fais ces rêves pour me rendre compte de ma part, de la part que j’ai eu dans ce que j’ai cru avoir été préférée par mon père à ma mère. ce rêve-ci et celui du fil de fer. je crois que je fais ces rêves pour me rendre compte de ma jalousie vis-à-vis d’elle, de ce que j’ai voulu, moi, m’interposer. je crois que ce fais ces rêves pour me rendre compte de ce que représente la figure, une figure paternelle pour moi, de mon attrait pour une figure du pouvoir.

je suis contente d’avoir fait ce rêve. je veux tellement que mon angoisse en présence de ma mère s’atténue. Je ne sais si s’y révèle une possible culpabilité vis-à-vis d’elle.

c’est vrai que mon corps, ma possible germanitude m’a toujours effrayée, dégoûtée. c’est vrai que ma mère est fine et brune, aussi fine et brune que j’ai été grande, et le suis toujours, grande et forte disait-on, et voluptueuse.

mon père, qui reprochait à ma mère sa maigreur, en tant que modèle de peinture…

[ source de l’image : http://apparences.revues.org/1052?&id=1052 ]

 

ne me quitte pas mais

8h40, je ne vais sans doute pas tarder à me recoucher.

Rêve cette nuit.

Avec Roger (à la place de Frédéric) dans sous-sol rue Waelhem. Roger s’enferme dans pièce avant (qui ressemble aussi à cave rue Tiberghien) . Ne me quitte pas mais ne veut pas de moi tout le temps près de lui. Fait des choses, est très actif. Moi, j’attends dans pièce à côté. Lui, de temps en temps vient près de moi, puis retourne dans sa pièce. Sommes avec Francis, ami de JP, homosexuel, très joli garçon. Reste parfois près de moi, parfois près de Roger. Ma famille et Jules ne sont pas loin de moi, mais sont entre-eux, comme si je n’étais pas là. Sont comme assis sur une dune. Je regarde Jule, comme si je ne le connaissais pas, dans cette terrible séparation qui est la mienne quand je suis (très) en colère. Je ne comprends pas le comportement de Roger. C’est probablement ce qui me met en colère. Il n’a pas dit qu’on se quittait, mais. Je voudrais partir et le rendre jaloux. J’imagine partir et aller au cinéma. Qu’il ait le temps de s’inquiéter.

//

Ce que je ne comprends pas, c’est que cela m’apparaisse en rêve et en ce moment et comme si je ne le savais pas, comme pour me l’apprendre que la cause de ma grande colère, c’est la séparation, que la séparation me sépare. Mais quelle séparation, et pourquoi au sous-sol, et pourquoi avec Roger, et pourquoi ce souvenir de la cave de la rue Tiberghien. Que la séparation me précipite dans un détachement mortifère, létal. Où tout paraît juste. Où les sentiments sont ce qu’il sont, sans atours, sans apprêts.  Où tout paraît si juste, que c’est d’une force implacable : je – ne tiens – à rien.  Comme si le rêve me racontait cette histoire-là, inconsciente, me faisait la leçon. Comme si donc, c’était ce qui se rejouait en ce moment.

//

Je trouve des bottes qui étaient à Annick et qui sont à moi maintenant. Je les mets. Ce sont des cuissardes. Je les fais remonter jusqu’aux genoux puis les rabaisse. Je marche devant Roger.

//

Et pourquoi ces bottes d’Annick, Annick dont j’ai pensé (un jour, à la lecture d’un séminaire de lacan, de pages sur la névrose idéale obsessionnelle) que c’était elle, mon idéal, mon idéal, inatteignable.  Ces bottes qu’elle a et que je n’aurai jamais. De même que je ne trouverai pas, jamais, chaussure à mon pied. Mais pourquoi des cuissardes ?  Rien ne pourra jamais détrôner Annick de cette place. Et, je serai toujours toujours celle qui ne sera pas ça. Je ne vois pas d’autre possibilité de me définir qu’en non-ça. En non-elle. Secrètement au monde non-elle. Je suis non-Annick. Annick a une définition, je n’ai que celle de son négatif.  Et j’ai la chance qu’elle soit mon amie. Je suis en complète humilité par rapport à ça. Et je sais qu’elle l’a parfois ressenti, que ça l’a parfois agacée.

//

Quelque chose me dit que Roger ne me quitte pas, mais je n’arrive pas à accepter les distances, la liberté qu’il prend.

/;/’*

Me fait penser au fait qu’hier cuiller suis allée à premiers tests d’inscription à un cours de secrétariat qui, si je les réussissais, auraient pour conséquence que je ne pourrai plus aller chercher Jules à l’école et que je ne pourrai plus l’aider à faire ses devoirs. Je ne pourrai plus non plus le conduire à l’école le matin.

Je m’inquiétais donc. De la distance que je prenais.
Me demandais si c’était bien. Si je ne l’abandonnais pas. Trouvais que ce n’était pas bien. Mais pourquoi la présence de Francis (ami homosexuel), dans le rêve. Poser la question c’est y répondre. Ne plus vivre cet amour de double, d’homosexuel. (pourtant, il m’est arrivé de penser que ma colère, était ce qu’il y avait de plus juste, chez moi (quand bien même)).

Mais en fait, je ne saurai jamais si c’est bien ou pas, pour Jules, puisque je ne serai plus là. C’est une séparation. Et tout ce qu’ elle comporte de perte.

Éventuellement ça dirait : tu vois ça comme une séparation. C’en est une. Mais, ça n’est pas la fin de l’amour. C’est pour que chacun puisse faire ce qu’il a à faire. / mais si il n’y arrivait pas, pas sans moi, et comment puis-je faire pour être sûre de ne pas l’empêcher d’y arriver, sans moi. Comment lui dire tu peux le faire sans moi, et l’accepter.

//ň

Aussi, Jules hier exprimait le sentiment d’avoir trop à faire, alors que ce n’était sans doute pas trop. J’en étais étonnée. Il était profondément dégoûté d’avoir autant de devoirs. Alors qu’il n’y en avait pas beaucoup. C’est ce que je ressens moi aussi, souvent. Ce trop. Alors que je n’ai sans doute probablement pas trop à faire, j’éprouve le sentiment épuisant d’avoir beaucoup infiniment trop à faire. Et ce trop n’ est sans doute jamais que l’opposé de rien. Plus que rien = trop. > rien = trop. Autre que rien = trop. Et autre que rien = voulu par l’Autre. Et rien = voulu par soi. Mais pourquoi un tel besoin de vacance, d’absence. De rien à faire. Un besoin hors du commun.

Et rien = voulu par soi ou = non-voulu par l’Autre. L’insupportable de la demande de l’Autre.

//

Pourquoi est-ce qu’il faut maintenant que je me recouche ? Alors que je ferais mieux de me lever, laver.

Bon, tant pis. Je peux me l’accorder. Mais pourquoi me sens-je si vite débordée ?

Sans titre

un beau carré je voudrais. un peu long. juste sous les épaules. et puis, aussi, blonde.

des noms et des noms propres

C’est que les noms m’importent. Ils m’importent en particulier à propos des Juifs. A la différence de millions de gens sur la surface de la Terre, je ne crois pas que les Juifs soient une race; je ne crois même pas que par des voies culturelles, ils aient acquis des caractères qui les feraient se ressembler entre eux (au sens où nous disons, en conversation, que les Français sont ceci, les Allemands sont cela, etc). Les Juifs, c’est un nom.
[…]
Soit donc la proposition : le propre de la politique issue de la Révolution française, c’est de ne pas poser la question des noms.
[…]
le nom de Juif est d’abord un nom proféré en première personne;
[…]
La plupart des noms d’une langue sont des noms de 3e personne. Ils se reconnaissent à ceci qu’ils peuvent s’employer de manière prédicative, dans la mesure exacte où ils s’analysent comme un paquet de prédicats. En revanche, insulter quelqu’un, le traiter de salaud, ce n’est pas lui attribuer un prédicat, ce n’est même pas le faire entrer dans une classe : les salauds sont ceux qu’on traite de salauds (où l’on retrouve Sartre); la circularité est ici structurante. La phrase apparemment prédicative « Untel est un salaud »n’est pas vraiment prédicative; elle est la transposition en 3e personne d’une insulte de 2e personne. Quant à l’aveu « Je suis un salaud », il intériorise une insulte, qu’elle ait été proférée ou pas.
En tant que Juif est un nom de personne, les Juifs sont ceux qui disent d’eux-mêmes « je suis Juif ». Mais ce propos, là encore, n’est qu’apparemment prédicatif. Le pseudo-prédicat est une réitération du sujet. C’est une manière de dire « je ». On est plus près de la proclamation performative, au sens de Benveniste, que du jugement d’attribution. L’insulte de 2e personne, « sale Juif », vient en second temps; c’est de fait une convocation requérant le sujet de dire de lui-même « je suis Juif », mais non pas sur le mode de la proclamation performative; bien plutôt sur le mode de l’aveu. La phrase de 3e personne « Untel est Juif » est transposition d’un énoncé de 1e personne ou de 2e personne, suivant les circonstances.
[…]
Si profondément que je m’inscrive en 1e personne dans mon nom propre, ce nom m’a été donné.

Réflexions sur une lecture. Seconde partie Théorie du nom juif par Jean-Claude Milner

pas top, des règles de la circulation et de la jouissance des biens matériels

L’OMS a défini la santé mentale comme l’absence de trouble. Le DSM qui permet la mondialisation du traitement hygiéniste des masses humaines décline quatre catégories de troubles de la conduite : conduite agressive, fraude et vol, violation des règles établies, destruction des biens matériels. Avec cette définition du trouble, la santé mentale devient le respect des règles établies de la circulation et de la jouissance des biens matériels. Ces catégories sont celles des experts français lorsque, à l’occasion, ils publient un rapport sur la santé de l’enfant et de l’adolescent. L’utilisation de la génétique y fait sa triste réapparition : des populations dites à risque montreraient une « susceptibilité génétique » au TOP (Trouble Oppositionnel de Provocation). S’y ajoute le formatage rééducatif qui aujourd’hui inclut l’utilisation d’images de synthèse.
Pascal Pernot, Lettre ouverte à Sigmund Freud, La lettre mensuelle 249

lettres du vent

Ceci n’est pas une nouvelle note.

Wacjzman s’est trompé. 1

L’intime, le privé qui passe au public, ce n’est pas le droit d’avoir une vie privée qu’un artiste exerce : c’est la fin de l’intime.  La fin du privé. L’annulation. C’est aller loger l’Autre, celui qui n’existe pas, et parce que cette inexistence est intenable, quelque part dans le public. Quelque part au-delà. Au-delà de la réalité immédiate, au delà du partenaire amoureux – puisque l’intime concerne le moment du sujet où il est sexué.

Trop de voiles levés sur la vie privée, pour élever une scène publique,  en constitue un déni  ( et que cette scène à l’occasion révèle quelque fantasme ne fait qu’apporter de l’eau au moulin. Lequel n’a qu’une envie :  tourner, pas faire du pain).

Spectacle.

Pendant ce temps la belle meunière dort. (Dort,  rêve de mordre). Et son moulin va trop vite.

Notes:
  1. Si je me souviens bien de l’article que j’ai quelque par cité, et largement, dans ce blog, « Les frontières de l’intime ». Et si je me souviens mal, c’est pas grave. Tant il est vrai qu’il me plaît d’affirmer que Wajczman, Gérard, a tort. []

la politique du symptôme, la politique de l’autruche

« Cet engagement-là relève d’une décision politique, non pas de la politique du symptôme qui est la politique de l’autruche : avoir pris acte d’un réel, mais en même temps refuser d’en tirer les conséquences. Et, en particulier, croire qu’il y en a un, au moins un, qui le fera pour nous. La politique du symptôme – politique du pire parce que c’est celle du père – comporte la croyance à l’Autre : qu’il soit gentil ou méchant, détesté, ignoré ou aimé, est secondaire au regard du fait de le faire consister. L’affect – colère, tristesse, etc., naît en ce point-là où l’Autre se remet à exister. Le trop dont on pâtit – le pathos -, c’est le moment où au lieu de consentir à lâcher sur la jouissance, le sujet préfère faire consister l’Autre et se faire croire qu’il existe. Un nouveau tour est alors nécessaire pour cesser d’y croire, et retrouver la voie du partenaire inhumain – partenaire symptôme des uns et partenaire ravage des autres – plutôt que la voix d’un Autre qui intime l’ordre de jouir du silence de la pulsion de mort. »
Agnès Afflalo, Journal des Journées n° 58

Sans titre

Je ne suis ni de droite ni de gauche. Mes parents étaient catholiques,  ma rencontre de la psychanalyse m’a permis de m’éloigner du sacrifice de moi-même que leur catholicisme exigeait de moi.  C’est ce qui me reste de catholique qui me situe aujourd’hui politiquement à gauche. À certains égards viscéralement, passionnément. Quand cela n’a rien de politique, mais répond de ce qui reste de la façon dont j’ai été dressée au sacrifice.  Lequel fabrique encore aujourd’hui,  par en dessous,  le levain de ma  jouissance. Pour moi cela ne relève pas de la politique mais de l’inconscient. La psychanalyse lacanienne m’a appris à me défier du sacrifice. Du sacrifice, du don de soi, de l’oblativité, de la bonté, de l’amour.

Sans titre

Le monde n’a jamais beaucoup existé pour moi,  le monde au sens de Lagandré, celle dont la conscience aiguë fait la passion politique, autrui bien davantage. L’humain. J’y tiens encore beaucoup. Et de cette façon, séparée de son environnement,  de l’organisation de son environnement. Cet attachement, cet intérêt primordial me viennent-ils également de la religion,  du catholicisme ? Pour partie,  oui. L’intérêt pour l’amour,  la passion,  le lien. Cela tient-il au fait que je sois une femme,  tient-il à mon hystérie (que je ne souhaite pas du tout renier,  mais vers laquelle bien plutôt retourner)?
C’est une chose que je dois encore préciser ici,  la façon dont le monde existe,  pour Cédric Lagandré. Pour peut-être m’en rapprocher. Toujours dans ce souci d’éclaircir mon rapport au politique. Quand bien même il ne s’agirait jamais que de chercher à justifier mon désintérêt,  mon égoïsme.
Mais, nous avons en commun, Lagandré et moi, que nous croyons au lien, à sa fragilité, à sa mise en danger,  sa perte, aujourd’hui.
La lecture de Lagandré a refait exister le monde pour moi,  voire même m’a ouverte,  initiée à son concept,  du fait de sa propre précision conceptuelle.

Frédéric Lordon – La révolution n’est pas un pique-nique

[e t Frédéric Lordon1 de sous-titrer son exposé : »Analytique du dégrisement » — Or ça, je ne lui trouve rien de dégrisant à son analyse : que du contraire : pour ma part ça m’a bien COMPLÈTEMENT grisée…]

j’ai trouvé là, http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-revolution-n-est-pas-un-pique-153918 , le texte complet.

 Notes :

Notes:
  1. Frédéric Lordon est Directeur de recherche au CNRS, économiste passé chez les philosophes. Développe un programme de recherche spinoziste en économie politique et en sciences sociales. A récemment publié Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique, 2010), D’un retournement l’autre, comédie sérieuse sur la crise financière (Seuil, 2011) et La société des affects (Seuil, 2013)   []

le saisissement moelleux des corps

Bz0GsPZCUAAlAX2ce… « saisissement moelleux des corps » de Frédéric Lordon, comme il dit bien comment le capitalisme nous fait jouir . consommer est jouissance ( ça -pense , ça jouit) . nous cantonne au régime du chacun pour soi . et nos désirs se réduisent à ce que nous dictent nos addictions – l’addiction qui concerne la jouissance possible, celle du besoin rassasié (ce besoin que Lacan oppose au désir) . le capitalisme joue de ça, produire un discours qui nous autorise=pousse à jouir en dépit du désir (parce que le désir lui n’a rien à voir avec ça, le désir ne veut pas jouir . )

capitalisme appareille nos corps aux objets qu’il produit (autan tde machines gadgets à jouir) .

>nos corps bien a p p a reillés

apparentés à des machines, et que fait une machine d’autre que
ron ronner

machines nos corps ron-ronnent

machine n’a d’autre cause que sa fonction

.

.

(puis, oui, je crois que la petite communauté est aujourd’hui plus à même de soigner/ panser le désir ( (aussi par l’amour) (car l’amour est ce qui fait que la jouissance condescend au désir))

à une plus grande échelle / la ville ses anonymes/ la jouissance ne peut se réguler que par le droit (et la police) : c’est cap au pire on le voit

l’heure est au dire et à l’entendre, ce qui se bruisse. c’est pourquoi il faut prendre l’addiction comme symptôme

Variations sur Deux notes, Philippe Cullard

Jacques Muller, Mère et enfant, 1971Exposé à Strasbourg le 7 mars 1999, à la Journée d’étude Metz-Nancy-Strasbourg, « L’enfant, l’adolescent et l’agressivité ».

La partition de la symptomatologie infantile que Lacan expose, en quelques lignes denses, dans ses « Deux notes »1  remises à Jenny Aubry, peut en imposer, à une première lecture – parfois retenue dans notre communauté – pour une correspondance avec la dichotomie classique névrose-psychose.

Cependant, dans le commentaire de Jacques-Alain Miller intitulé « L’enfant et l’objet »2 , cette division de Lacan en, d’une part, symptôme relevant du couple des parents, et d’autre part, symptôme du ressort de la relation prévalente mère-enfant, n’est clairement plus référable à cette opposition simple de structure. Ce commentaire constitue, au surplus, une synthèse lumineuse de l’enseignement de Lacan et balise, de façon tout à fait renouvelée, le champ clinique et théorique de l’enfant dans la psychanalyse, non sans empiéter largement sur celui de cet enfant vieilli qu’est l’adulte. Plus qu’un pont, il établit même une continuité.

 

Avant d’illustrer cette thèse d’un cas, il importe de rapporter brièvement l’essentiel de ces deux textes complémentaires.

Les « Deux notes  » qu’il convient de lire, comme l’a montré Jacques-Alain Miller, en inversant l’ordre initial de leur parution s’ouvrent sur un constat dont Lacan prend acte: « L’échec des utopies communautaires. »

Ouverture politique, donc, et évocation probable, non seulement du mouvement contestataire de mai 1968 – puisque ce court manuscrit est daté de 1969 -, mais aussi de ces expériences qui ont jalonné le milieu de notre XXème siècle, qui visaient toutes, peu ou prou, à l’avènement d’un enfant libre, sinon d’un homme nouveau, en se passant des fonctions du père et de la mère, en tant qu’elles impliquent « la relation à un désir qui ne soit pas anonyme (1) », c’est-à-dire  » particularisé ».

De cet « irréductible » « résidu » (1) que constitue cette famille nucléaireseule apte à  » la transmission » de la sociabilité -(1), Lacan déduit une alternative simple quant au symptôme que peut présenter l’enfant issu du « conjungo ».

Soit, « le symptôme peut représenter la vérité du couple familial ». « C’est le cas le plus complexe, précise Lacan, mais le plus ouvert à nos interventions (1) « . Soit, et c’est le thème que Lacan développe le plus, « le symptôme qui vient à dominer  » – ce qui en suppose au moins un autre mineur – « ressortit à la subjectivité de la mère« , et c’est alors  » directement comme corrélatif d’un fantasme que l’enfant est intéressé ». « Il devient l’objet de la mère et n’a plus de fonction que de révéler la vérité de cet objet « , c’est dire qu’il « réalise l’objet a dans le fantasme (1) « . Le développement accordé à ce thème constitue sans doute une indication, tant d’une avancée théorique, que de la prise en compte d’une clinique nouvelle, contemporaine du « déclin de l' »imago » paternelle  » et de la prolifération des objets.

En résumé, « vérité du couple familial «  et « identification à l’idéal du moi » pour le premier thème, S1 ;  » vérité de l’objet a dans le fantasme de la mère  » et, quant au mécanisme, « réalisation« , le terme est souligné par Lacan, pour le second, S2.

Notes:
  1. Lacan (J.), « Deux notes sur l’enfant », Ornicar?, n° 37, Paris, Navarin éditeur, 1986, p. 13-14. []
  2. Miller (J.A.), « L’enfant et l’objet « , Colloque EEP à Lausanne, 1er et 2 juin 1996,  La petite girafe, 18, Institut du champ freudien, décembre 2003, p. 7. []

je suis à la campagne, j’ai mal à la tête, aux dents. je suis au lit. j’ai passé la journée au lit. c’était bien. je vous écris, finalement.

je suis à la campagne, j’ai mal à la tête, aux dents. je suis au lit. j’ai passé la journée au lit. c’était bien. je vous écris, finalement. j’ai besoin de vous, je crois, pour sortir un peu d’une sorte de sentiment d’irréalité. je vous écris pour arriver à m’écrire, bien sûr, quelque chose de  valable, quelque chose qui compte, pour moi. 

la semaine dernière, ou la semaine d’avant, j’avais écrit à mehdi belhaj kacem (suis pas sûre que ça s’écrive comme ça). eh oui. je vous en fais l’aveu. c’est ma midinette-attitude. j’avais fini par écouter son exposé sur le nihilisme que fer qu’élise avait posté ici même et j’avais eu envie de lui parler du mal en psychanalyse.

je vais essayer bientôt d’ entreprendre des études d’assistant social (ou d’éduc spé).

il va y avoir un entretien où je serai interrogée sur mes motivations.

et ça, ça me fait un peu peur, je dois dire. je viens d’être recalée quand j’ai demandé à faire des études de secrétaire, alors, dans le social, keske ça va être.

qui plus est, je sais que la psychanalyse n’est pas bien vue dans ce milieu. j’ai l’impression néanmoins qu’il faut que je sois mieux au clair avec ce que la psychanalyse m’a apporté. que ce serait au départ de ça que je pourrais répondre des choses un peu consistantes quand j’aurai à répondre de ce qui me motive… je ne peux pas aller là avec ma seule force. faut que je mette des mots dessus.

et, la question du mal est celle qui m’a amenée à la psychanalyse.

que faire du mal quand on a cru en dieu et qu’on n’y croit plus ? un nouvel engagement éthique est-il possible ?

Oui, je suis venue à la psychanalyse dans un fort désir d’arriver à trancher dans ces questions du bien et du mal, mais complètement revenue du jugement de dieu. 

et fallait-il que j’apprenne à ne plus pardonner, à ne plus tendre la joue gauche quand on m’avait frappé la droite. 

j’ai senti que la psychanalyse pourrait m’aider à ça, en ne s’en tenant pas à la seule justice des hommes et morale des autres. 

ça a été effectif (même si dulce dira que non). 

mais, ça, ça ne peut m’avancer à rien dans mon entretien.

la question va se poser autour du bien et du mal, c’est sûr, autour de la notion « d’aide » et de « justice (sociale) ». ça, c’est clair. 

la psychanalyse ne croit pas à l’altruisme. pas du tout. et je la suis là dessus. mais pas très clairement. 

par contre, dans le fil de cette réflexion, je me suis rendu compte récemment que j’étais de gauche. foncièrement. maladivement. névrotiquement. ça ne guérira pas. c’est l’irréductible. alors, ça, comment est-ce que je peux arriver à le vendre positivement, dirais-je. 

là, je suis vraiment obligée d’inventer. parce que la psychanalyse n’est pas spécialement de gauche. 

c’est une question de jouissance. ma jouissance ne situe pas du côté du maître (mais bien plutôt du côté de l’esclave, c’est ce que j’avais dit pour justifier de ce que je voulais être secrétaire, mais ça n’a pas du tout eu les résultats escomptés, j’ai intrigué, mais beaucoup trop), ne se situe pas dans le pouvoir, ni, certainement pas dans l’avoir, la possession.

(la faiblesse, j’ai un faible pour la faiblesse, l’absence de maîtrise, la dépossession.)

bon sang, tout ça ne dit toujours pas pourquoi je voudrais devenir assistante sociale.

et répondre que c’est parce que je suis bien obligée d’avoir un métier et de travailler. est-ce que je peux le faire? est-ce que je peux dire ça? c’est bien la vérité, pourtant. et que ça serait le seul métier que je serais capable de faire.

parce que je voudrais travailler dans un domaine où ça aurait un peu de sens. mon dieu mais lequel. lequel. un sens pour lequel je serais prête à me battre. sans pour autant mourir, sans pour autant me sacrifier (sacrifice auquel j’aurai tout lieu de résister, car ma pente est grande, de ce côté-là).

équité, égalité, justice. est-ce que ça a du sens ?

en tout cas l’iniquité, l’inégalité et l’injustice ne font pas jouissance pour moi.

ah, dulce revient, j’entends la voiture. ah, je ne pense pas que je puisse vous envoyer ça.

je crois pouvoir entendre. et je crois être curieuse, de l’autre.

belkacem a raison quand il dit qu’on n’est plus foutu de dire du bien de soi, tellement on se méfie du bien, on en est revenu. et pourtant on y retourne. bon, il dit pas ça, il dit qu’on serait pas capable de se dire de gauche. mais moi, je le suis, capable. je suis de gauche comme personne

mais, mes intentions, celles dont je sais qu’elles sont bonnes, intimement, je n’ai pas envie d’en faire état. un peu de honte toujours les enrobe, un peu de rouge aux joues leur tient chaud.

j’aime à entendre et je suis prête à m’intéresser aux problèmes des autres, parce qu’en vérité, les miens ne me passionnent même plus, voire m’ennuient et/ou m’endorment (c’était pas la voiture de dulce). tandis que j’ai remarqué que les autres, eux, peuvent mettre un peu de piment dans votre vie.

je n’y arriverai pas.

ah, mon mail à MBK, je l’ai publié sur mon blog. parce que bien sûr, j’ai un blog, et que bien sûr j’en ai honte, mais là, là, je me dis que ça suffit, d’avoir honte, toujours, alors, voilà, https://www.disparates.org/iota/2014/le-mal/

et oui, il a trouvé ça « très intéressant », ce que je lui disais.

bises, je tiens beaucoup à vous, et le meilleur dans ma vie, dulce et juju mis à part bien entendu, me vient de vous, en ce moment, des trucs ici, même que je sais pas comment vous le rendre :P

posté ça hier sur stromboli (le forum) puis effacé. besoin d’un destinataire pour écrire, celui-là m’avait paru le bon, pour développer ce que j’avais à développer (à la hauteur des enjeux pour moi, à la hauteur où je tiens à hisser ces enjeux, aussi) ensuite, j’ai eu des doutes. je suis bien la seule sur ce forum à y raconter ma vie. et je ne suis pas sûre que cela convienne. c’est que je n’ai que ça, ma vie. est-ce que ce n’est pas un peu pathétique. il faut encore que j’apprenne à écrire sans correspondant. j’étais pourtant très heureuse d’avoir finalement écrit ça hier soir. j’ai pensé que je pourrais profiter d’ici, la campagne, Donn, enfin, toute la journée du lendemain, dimanche, aujourd’hui. puis, petit à petit, cette satisfaction même m’a paru suspecte.  maintenant, il me semble que tout est une fois de plus à recommencer. 

non, décidément, il faudrait que j’apprenne à écrire en me passant de l’autre, à écrire des choses qui comptent autant pour moi que celles que je suis arrivée à écrire ici.

cette peine que l’on me vole

je relis ce texte, qui m’avait tellement énervée hier, et me trouve n’avoir finalement pas grand chose à y redire… pas grand chose, si ce n’est que je ne suis pas française, que le concept de France me passe un peu par-dessus la tête et que je crains que cette remarque sur le Un de l’islam ainsi que cette mention des 3 chevaliers de l’apocalypse, ne participent du discours qui cherche à stigmatiser des populations musulmanes qui le sont déjà suffisamment, quand c’est à elles, que moi je pense aujourd’hui (chacun son histoire, son nom, son trauma). et puis, toujours, chez Milller, ce désir d’aller trouver à l’intérieur de la religion islamique ce qui la prédisposerait au terrorisme, d’inscrire ce drame à l’intérieur d’une guerre de religion ou  d’un choc de civilisation!

Aujourd’hui, même des intellectuels antiracistes se demandent : est-ce qu’il n’y a pas quelque chose dans l’islam qui mène à ce genre de massacres ? Jusqu’ici, cette interrogation était réservée à certains pôles idéologiques : les populistes anti-immigration, la droite identitaire anti-islam et même une frange de la laïcité militante. Maintenant, cette idée est devenue un cliché et ce genre de parole s’est libéré, notamment depuis le débat sur l’identité nationale lancé par Sarkozy.

http://www.mediapart.fr/journal/france/110115/olivier-roy-la-communaute-musulmane-nexiste-pas?page_article=2

concernant la marche des charlies, le million et demi de charlies sur paris, j’avais cru pouvoir attribuer leur nombre, bien plutôt qu’à la peur des « soldats de l’Absolu » ou à l’amour de la liberté, à l’appel du tweet ou du statut facebook, à sa diffusion rhizomatique instantanée, à son effet hypnotique qui laisse chacun qui l’envoie d’abord dans la jouissance de ce qui n’en n’a plus aucune et la perte de tous les inconforts de la conscience, puis dans la retrouvaille d’une communauté (bien plus que d’une unité nationale) enfin possible et sous les feux des projecteurs. (les réseaux sociaux connaissent dorénavant leur pouvoir, celui de capter l’attention des médias et de connaître, le temps d’un rassemblement, éclair de préférence, leur instant-de-gloire.)

on 7th January 2015 political assassins fixed a highly media-visible specimen of mass media.

[…]

the 7th January barbarity crowns the lengthy process of deregulation – indeed the “de-institutionalisation”, individualization and privatisation of the human condition, as well as the perception of public affairs shifting away from the management of established aggregated bodies to the sphere of individual “life politics”. And away from social to  individual responsibility.

In our media-dominated information society people employed in constructing and distributing information moved or have been moved to the centre of the scene on which the drama of human coexistence is staged and seen to be played.

 

nightcallil est vrai que je n’ai pas vite peur, enfin pas ce genre de peur là. et puis, j’étais sur les dents. je lis le Sade d’Annie Lebrun ( Soudain un bloc d’abîme, Sade ) en ce moment et je venais de voir le film Night Call (avec Jake Gyllenhaal génial) sur la saloperie des journalistes et de la télévision. il me semblait que mon émotion, au moment où mon compagnon est venu m’annoncer l’attentat de charlie hebdo, la mort de tous ces dessinateurs, m’avait été ravie dès lors que j’avais allumé la radio pour écouter les news. je me suis sentie complètement brainwashée, je ne savais plus du tout quoi penser, j’étais complètement hérissée contre tout ce que j’entendais…. pareil sur twitter. pure récupération par les politiques et les médias, récupération révoltante, effrayante. et les gens heureux de se trouver des brins d’idées sur quoi se branler ensemble, de la même façon, heureux de faire masse, foule.

j’ai donc soupçonné les Charlie des places publiques de n’être pas vraiment tristes. leur chagrin né seulement de l’émulation des réseaux sociaux, d’un désir de visibilité médiatique, assorti d’un désir de « communauté », d’unité, de rassemblement. (Et je me demandais qui j’étais pour me permettre de penser des choses pareilles et si ce n’était pas moi qui étais sans cœur, complètement insensible). ils étaient tous là, ensemble, si bons, si « innocents », et la télé et le monde les voyaient. voyaient si bien que les politiques ont tôt fait de les rejoindre dans la rue.

mon propre chagrin, ma blessure, m’avaient été ôtés, pris en otage par les discours des médias venus l’oblitérer et auxquels je n’étais pas parvenue à résister.

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L’illusion lyrique

par Jacques-Alain Miller

De Paris, ce 11 janvier 2015, matin

Qui l’eût cru ? Qui l’eût dit ? La France debout comme un seul homme, ou une seule femme. La France devenue ou redevenue une. La République, courageuse, intrépide, ayant choisi la résistance. Finis les auto-reproches ! Les Français soudain sortis de leur dépression, de leurs divisions, et même, à en croire un académicien, redevenus « les soldats de l’An II ». Les Français faisant à nouveau l’admiration du monde. Et, dodelinant de la tête, le président Hollande accueillant avec son air de premier communiant le peu d’hommes tenant dans leurs mains les destinées de la planète. Pourquoi se précipiter ainsi à Paris ? On croirait qu’ils viennent s’y ressourcer, y raviver leur pouvoir, le légitimer, le lustrer. Une planète elle-même presque unie, unanime, parcourue d’un même frisson, comme formant une seule foule, en proie à une pandémie émotionnelle sans précédent, sinon peut-être le Jour de la Victoire qui mit fin à la Première Guerre mondiale, la Libération de Paris, le 8 mai 1945.

La France, l’humanité, semblent n’être plus des abstractions, semblent prendre chair, s’incarner sous nos yeux, dans nos cœurs, dans nos corps. Nous aurons donc connu cela, « l’illusion lyrique. » Impossible de s’y retrouver sans Freud et sa Massenpsychologie, ou même sa doctrine de la cure. L’événement fait coupure ; il reconfigure le sujet, ou plutôt le fait émerger sous une forme inédite. Cependant, les Bourses, jusqu’à présent, n’ont pas bougé, à la différence du 11 septembre. Or, c’est là ce qui fait office aujourd’hui d’épreuve du réel. Tant qu’elles n’auront pas enregistré la secousse, on reste dans l’imaginaire.

Tout a été mis en mouvement par trois hommes, pas un de plus, ayant donné leur vie pour le nom du Prophète. Toutefois, pour coiffer cet enthousiasme universel, ce n’est pas son nom, mais celui de Charlie qui surgit à la place. Charlie ! Une feuille hebdomadaire qui, dès avant que sa rédaction ne soit exterminée, était déjà, faute de lecteurs, à l’agonie. Le résidu, le déchet, d’une époque de l’esprit dès longtemps surmontée. C’est là que l’on vérifie ce qu’enseigne la psychanalyse, de la puissance que recèle la fonction du reste. Charlie meurt assassiné le mercredi ; le dimanche, c’est sa résurrection. Sa transformation, sa sublimation, son Aufhebung, en symbole universel. Le nouveau Christ. Ou, pour garder la mesure, le Here Comes Everybody de James Joyce.

On doit cet effet à nos trois djihadistes, ces chevaliers de l’Apocalypse, ces soldats de l’Absolu. Ils auront réussi ceci : effrayer, paniquer, une bonne partie de la planète. Comme l’écrivait hier dans un tweet cette vieille canaille de Murdoch, « Big jihadist danger looming everywhere from Philippines to Africa to Europe to US. » C’est dans le nombre que chacun va abriter sa peur et la sublimer en ardeur. Le nombre est la réponse démocratique à l’Absolu. Fait-il le poids ?

Aucune religion n’a magnifié la transcendance de l’Un, sa séparation, comme l’a fait le discours de Mahomet. Face à l’Absolu, ni le judaïsme, ni le christianisme, ne laissent seule la débilité humaine. Ils offrent au croyant la médiation, le secours, d’un peuple, d’une Eglise, tandis que l’Absolu islamique n’est pas mitigé, reste effréné. C’est le principe de sa splendeur. La certitude est de son côté, alors qu’on dispute de la définition du Juif, que les Eglises protestantes se chamaillent, que le Vatican même est atteint, aux dires du pape d’un « Alzheimer spirituel. » Un autre académicien prescrit à l’Islam de se soumettre à « l’épreuve de la critique » pour gagner sa vraie grandeur. En effet, tout est là. Quand les poules auront des dents…

Lorsque l’on manifeste, comme nous allons faire dans quelques heures, on s’adresse à une puissance qu’il s’agit de fléchir. Les cortèges qui, tout à l’heure, convergeront sur la place de la Nation, ne le savent pas, mais ils se préparent à célébrer le maître de demain. Quel est-il ? « Mais voyons, me dira-t-on, nous venons encenser la République, les Lumières, les Droits de l’Homme, la liberté d’expression » etc, etc. Croyez-vous vraiment, répondrai-je, solidaires de ces « valeurs » M. Poutine, M. Viktor Orban, les Grands de ce monde ? C’est beaucoup plus simple. De valeurs ils n’en ont qu’une : l’ordre public, le maintien de l’ordre. Et là-dessus les peuples s’accordent avec eux. Le lien social, voilà le Souverain Bien. Il n’y en a pas d’autre. On honore les victimes, sans doute. Mais d’abord, et partout, on compte sur la police.

Pauvre Snowden ! Oui, nous voulons être surveillés, écoutés, fliqués, si la vie est à ce prix. Grande ruée vers la servitude volontaire. Que dis-je, volontaire ? Désirée, revendiquée, exigée. A l’horizon, le Léviathan, « Pax et Princeps. » Un moment vint à Rome, notait jadis Ronald Syme, où même les Républicains considérèrent comme un moindre mal « submission to absolute rule. » Houellebecq sur ce point n’a pas tort : la tendance aujourd’hui, contrairement aux apparences, n’est pas à la résistance, mais à la soumission.

( A paraître online sur lepoint.fr)

c’est pas-tout qui est politique

pas-tout est politique (c’est pas-tout qui est politique)
(l’universalisme du tout ne convient à rien)
au politique également il convient un concept incomplet (qu’il s’affiche comme tel, annonce la couleur)

pour ma part, le politique concerne le vivre ensemble, la polis, le comment faire pour vivre-ensemble
et ne saurait se réduire à un moment révolutionnaire qui n’arrivera pas et dont le fantasme emprisonne la pensée et  inhibe l’action.

l’art se coltinerait le même impossible, l’impossible du vivre-ensemble. (il peut ouvrir des moments de possible aussi bien que révéler la cruauté de l’impossible, de même que la part de responsabilité de tout un chacun)

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