Sans titre
l’école les filles lacan l’impossibilité du fer = le génie

02.08.09

Mme Jenaerts  Jenaerts / S. Jennarts, je crois que c’est plutôt cela, son nom, à la Directrice.

1h50 – je n’arrive pas à dormir.

Jenaerts comme Arzt –> médecin, mot vu en Allemagne sur des façades.

Recherche sur google, c’est Madame Jennaert.

ça se prononçait gêne-art ou encore   je-narre

Lacan/ gêne-art, Lacan / je-narre

Jennaert –> Je venais d’écrire à Jenny /  qui nous avait autrefois expliqué que son nom, ça voulait dire Génie (en grec) / et je n’étais donc pas sûre de la façon dont « Jenny » s’écrivait – et je n’en suis toujours d’ailleurs pas, sûre.

revoilà ma chère lettre G

Lut – G – ar – de

mais pourquoi la trahison des filles le choix du génie

je trahis donc elles complotent

génie je nie  donc parano

lecolelesfilleslacan

alors ,

croire qu’il n’y aurait que le semblant qui permette d’en découdre avec la jouissance?

séances 1 & 2

la semaine dernière, séance 1 :
– Vous trouvez que j’ai l’air soûl?

je reprends la dessus hier, séance 2.

être l’alcool de l’autre. et c’est comme si c’était reparti pour un tour. que je revienne sur ces histoires m’étonne. reparti pour un tour, des accents différents, des échos différents, mais dans ce que je raconte j’entends toute une série de signifiants qui sont toujours présents dans ma vie, délestés aujourd’hui d’une bonne part de leur poids dramatique. il y a rue, fille de rue, mon nom; travail, travail de rue, fille de joie. cette rue où je n’arrive toujours pas à aller aujourd’hui – mais qui encore m’enchante exalte dès que j’y descends. il y a gangster, bandit, mon oncle – cet oncle même, encore, qui régulièrement, ici, aussi, dans les blogs veut revenir -ma « méchanceté »? mon « goût pour la mort »?

je parle de l’inhibition, l’inhibition étendue à toutes choses, tant qu’il ne s’agit pas de l’amour, c’est le mot que j’utilise, qui n’est pas le bon, le bon, c’est celui qui désignerait le « faire l’amour » (voir l’article ici sur la petite cuisinière de freud).

je parle des rendez-vous que je ne sais pas prendre (mais bon sang, tout de même, pourquoi faut-il qu’à tout prix je me maintienne ici, à l’intérieur, qui veux-je incarner à rester enfermée?)

je parle du rêve que je viens de faire, de la présence de ma mère, elle est là, elle vient à ma deuxième séance, tout tourne autour d’elle, la séance tourne à la réunion de travail pour elle. je déclare alors à l’analyste qui reste muet, bienveillant mais muet, que l’analyse ne peut pas reprendre dans ces conditions. je lui en veux qu’il ne la chasse pas (et le chasse lui – qui est une femme, en fait, dans le rêve – une de celles avec qui je travaille).

(il y avait un numéro de quarto très bien sur la solitude des femmes, faudrait que je le retrouve.)

– Vous trouvez que j’ai l’air soûl ?

Reprend là-dessus.  Resserre un peu les cuisses, saisit les doigts de la main droite dans la main gauche, les yeux baissent. Être l’alcool de l’autre, lui manquer. C’est donc reparti pour un tour ( s’étonne). Des mots qui lui viennent, n’entend que ceux qui reviennent. Rue, fille de rue, son nom. Travail, travail de rue, fille de joie. Rue où elle tarde encore à aller aujourd’hui, qui  l’enchante dès qu’elle y descend. La lu. La lu. Grande lumière, foison. Redresser la tête, pénombre. Est-ce qu’elle récite, quel crédit lui sera-t-il accordé ?  L’histoire maintenant :  le bandit ( il fait une remarque sur ce mot, le corrige[1]),  le gangster, son oncle, « fou »  ( sa « méchanceté » ? son « goût pour la mort » ?)  Pour finir sur  l’inhibition, l’inhibition étendue à toutes choses tant qu’il ne s’agit pas de l’amour, le mot qu’elle utilise, qui n’est pas le bon, le bon serait celui qui désignerait le « faire l’amour » (sans mot dire d’ailleurs de l’amour qu’elle ne fait pas).  Oh Freud et ta cuisinière.  Combien vers toi monteraient de prières ménagères.

En ayant fini, s’éloignant d’une flaque de silence, elle parle du rêve fait la veille, trop plein de la présence de sa mère. Qui vient à cette deuxième séance, l’accapare, la transforme en réunion de travail pour elle, la mère. Virginie déclare alors à l’analyste, resté muet, bienveillant mais muet, que l’analyse ne peut reprendre en ces conditions. Qu’elle lui en veut qu’il ne la chasse pas, ne chasse pas sa mère, le chasse alors lui – qui est une femme en fait, dans le rêve, une des femmes avec qui elle travaille, psychanalyste également.

À Louise, elle avait dit :  «  Je m’aime prisonnière », ainsi qu’elle se l’était formulé le jour où elle s’était aperçue qu’elle ressortait régulièrement ce volume de la bibliothèque, « La prisonnière » de Proust. Elle lui avait ajouté : «  Et Guy est un excellent gardien. Un excellent protecteur. » « Protecteur », le mot pouvait bien être un peu dérangeant.

( L’homme que son oncle avait tué était un « proxénète », un ami à lui qu’il s’était mis à soupçonner de vouloir  « mettre à la rue » (« protéger », « soutenir »), une femme, « sa petite rose des champs », dont il était platoniquement amoureux.)

Quels sont les mots mis entre guillemets.

 ( Théorie : Fantasmatiquement, dans la relation proxénète/prostituée quelque chose s’arrange pour les femmes. Quelque chose se voit fixé, rentre dans le commerce des hommes. Le rapport sexuel, cet impossible, cesse de ne plus s’écrire, il a un prix, il passe à la marchandise. Ce qui manquait à la valeur ( l’inestimable secret) la retrouve, s’en soulage, tandis qu’à sa vérité d’objet, d’objet perdu, vient se substituer la valeur de déchet, d’être-pour-le-déchet, de toute marchandise. )



[1]     De quoi s’agit-il quand il fait cela, que fait-il ? qu’il écoute ? qu’il connaît le sens des mots, que les mots ont un sens, que du dictionnaire le sens des mots ne feraient pas de tort aux histoires qu’elle raconte ?

Sans titre

i should never have stopped dancing
said she to herself

Donn

« comme si je pouvais commencer à avoir un corps, recommencer à avoir un corps », je me répétais tout le temps ces mots.

j’aime le dehors – le dehors de Donn, j’aime le vent – ou l’air – j’aime ce que j’y vois – je ne sais pas que j’y aime, j’aime les arbres la distance la lumière l’espace l’air – je ne sais pas ce que j’aime à donn mais j’y suis ravie, vérit…

donn, c’est un ravissement pour moi

peut-être parce qu’échappe au regard, alors plus besoin d’être (bonne image) mais possibilité d’avoir (un corps) – l’isolement de donn – clôture – ouvert et clos. entre-soi et dehors – le délice de pouvoir passer de dehors à dedans de dedans à dehors sans (autre formalité)  – sortir par la fenêtre, être sous les arbres – au soleil, dans l’ombre – les odeurs – l’air – l’espace

voir

à perte de vue

pas un endroit où je ne sois bien à Donn, pas un moment – je

cette impression d’avoir ce que je n’aurais jamais rêvé d’avoir – que je n’ai jamais eu.

 

ouvrir les yeux, l’enchantement, devenu visible l’espace pris dans la lumière. la j. même du regard – où qu’il se pose dans l’espace, surprise et enchantement.

Donn juillet 2005 

vendredi

Jour anniversaire de la naissance de mon père. Ne m’en rends compte que maintenant, comme vérifie la date pour la noter. Suis au jardin. Près de la piscine, avec le chat. Revenons du cimetière, l’enfant et moi, où avons cherché la tombe de son oncle, du frère de son père, sans la trouver.

Chaud, beau.  L’homme est à Paris pour mes papiers, si gentiment parti à Paris pour s’occuper de mes papiers. L’enfant est à l’intérieur, permission de jouer à la Wii pendant une demi-heure, devais trouver moment pour écrire ( pas sûre que l’homme apprécierait que l’enfant soit laissé seul dans la maison).

Cette nuit rêve dont me souviens à peine, où il était question de mon premier psychanalyste et de l’École de psychanalyse.  Comme s’il fallait tout de même retourner à ça, ce premier transfert, cette première analyse. Et dans la foulée, dans le lever, comme malgré moi, une décision qui se prend, un décollement qui s’opère. De par le rêve, un détachement de ces personnes qui comptaient tellement pour moi. Elles tombent, retombent doucement. S’évanouissent. Dans la chaleur, la douceur de Donn.

Du rêve, quelques souvenirs.

Était-ce une fête, organisée par moi ? Je suis dans la salle de jeu de la rue Tiberghien (maison de l’enfance).

Quelqu’un meurt.

On ne sait pas qui. D’après ma réaction, je dois croire un moment qu’il s’agit de YNG. « Tout de même,  dis-je au grand psychanalyste, c’est le grand Dispariteur !  Un homme qui…  » Ceci,  cela… je ne sais plus de quels prodiges je le vante, mais je termine par ce mot : « Fou ».   « Ah bon! s’il est fou, alors là… – Mais vous savez, il a bien connu Duras,  je rétorque. – Ah! Alors, il n’était pas fou »,  en déduit, péremptoire, le grand psychanalyste.

Fête. Circulation dans les étages.

Je « tombe » sur la bouche du grand psychanalyste. Voudrais m’excuser, mais il m’embrasse. Ne sais pas si c’est agréable.  Un peu l’impression d’embrasser un cadavre.

Quelque part, le cadavre de Lacan.

Le grand psychanalyste va partir.

Dans l’entrebâillement d’une porte, il se modifie physiquement. Devient massif, ressemble à Dominique Strauss-Kahn ( DSK )!

Se met à saigner abondamment du nez, ou de la bouche, du nez plutôt, à flots, assez horrible. Doit s’allonger. Il faut que je trouve où l’allonger. Puis, faudrait également que nous sortions, mais ne veux pas sortir avec seule serviette de bain autour de corps. Le grand psychanalyste pense que je vais pouvoir rapidement (ha ha ha) me trouver un vêtement (beau, très beau) et m’habiller. Suis donc inquiète (non, je n’ai jamais été rapide pour m’habiller). Dois porter le grand psychanalyste,  trouver un endroit où l’allonger. Et puis trouver de quoi m’habiller. Les gens pensent, disent que je n’ai qu’à (y a qu’à) l’amener dans ma chambre (ancienne chambre d’enfant sous les combles), j’y trouverai à m’habiller, je pourrai l’allonger, et on pourra faire le genre de choses qu’éventuellement deux personnes de sexe opposés font dans un lit.

Cadavre vivant de Lacan, quelque part, vertical.

On finit par arriver à sortir. Sommes dans la rue. Ne sais pas comment me suis habillée.

*

 » […] deux dimensions qui ne sont raccordées que par un hiatus. Une dimension où le sujet, comme dit Lacan, dans son avant-dernier écrit, Joyce le Symptôme, où le sujet vit de l’être, et il équivoque avec « vide l’être » : il vit de l’être et en même temps il le vide, il est promis au vidage, et nous l’accompagnons dans ce vidage. Mais il y a une autre dimension.

Celle où il a un corps.

Et, il faut en passer par la différence de l’être et de l’existence pour donner sa valeur à la différence de l’être et de l’avoir. L’avoir, l’avoir un corps est du côté de l’existence. C’est un avoir qui ne se marque qu’à partir du vide du sujet. Et c’est pourquoi, quand il a au fond abandonné le terme de sujet, de sujet de la parole essentiellement, Lacan a forgé celui de parlêtre. Il a dégagé ici la racine de ce qu’il appelait le sujet comme manque-à-être : marquer par le terme de parlêtre que ce sujet n’a d’être que ce qui tient à la parole – mais qu’il ne peut se poser comme tel, au moins est-ce ce qu’il a impliqué , qu’à partir du corps, de son « A UN CORPS ».

Qu’est-ce qu’il fait de ce corps qu’il a? Ce corps est essentiellement marqué par le symptôme. Et c’est en cela que le symptôme peut être défini comme un événement de corps, ça suppose que ce corps est marqué par le signifiant. Par le signifiant, c’est-à-dire quoi? Par la parole en tant qu’elle s’est inscrite, en tant qu’elle peut être représentée par une lettre. Et c’est cette inscription qui mérite d’être qualifiée de l’inconscient freudien. Et tout ceci, je vous le ferais remarquer, procède précisément de la jaculation Y a d’l’Un.

Y a de l’Un, veut dire : il y a du symptôme.

Au-delà du désêtre, il reste l’événement de corps. »

Jacques-Alain Miller, cours du 3 mai 2011 (L’Un)

*

Éléments pour une interprétation

Bien. Noter d’abord qu’il y a trois lettres, même si on ne sait qu’en faire. 3 lettres, différentes à chaque fois, 3 acronymes ou sigles :  les trois lettres de DSK, celles du grand dispariteur, YNG, celles enfin du diminutif du grand psychanalyste. Je garde donc dans un coin de ma tête : 3 lettres.

Ensuite, « DSK ». Pourquoi faut-il que le grand psychanalyste se transforme en DSK ? Avant toute chose, je précise qu’au moment du rêve « l’affaire DSK » n’a pas éclaté. Il n’est encore que Directeur Général du FMI.

Je songe qu’il pourrait s’agir de la déesse K : la DS K, la « Madame K » de la Dora de Freud, celle à cause de qui elle gifle Monsieur K quand il lui dit, pensant la rassurer, que son épouse, Mme K, n’est rien pour lui. Alors qu’elle, Dora, c’est elle, qu’elle aime,  Madame K. Et si elle peut accepter quelques avances de Monsieur K, il ne s’agira pas qu’elle le laisse la diffamer, qu’il la dise « rien ». Le grand psychanalyste est-il ma déesse K? Ou la psychanalyse est-elle ma déesse K ?

Dans DSK, j’entends « ESK ». J’entends ESK, parce que depuis longtemps cet ESK me poursuit. Comment le dire ? Cet ESK, je l’entends quelquefois résonner, toquer et retoquer doucement dans ma tête, sans que j’aie encore pu déterminer à quel moment cela arrive, pour finir par se coupler à « lié » et faire « ESC à lier ».  Est-ce K lié? Est-ce lié à Mme K ? Est-ce cas lié? Est-ce lié au cas, au cas analytique ? Est-ce lié au « fou à lier » ? Je ne le sais pas et ne le saurai peut-être jamais.  Je note ici qu’il m’arrive également d’avoir le vertige dans les escaliers, à quoi également, je repense à chaque fois que « ESK » vient résonner dans ma tête. Et puis, last but not least, il y a aussi l’escabeau de mon seigneur Lacan, celui du saint homme Joyce :

Ce que fait le f…toir dit épistémique quand il se met à bousculer le monde, c’est de faire passer l’être avant l’avoir, alors que le vrai, c’est que LOM a, au principe. Pourquoi ? ça se sent, et une fois senti, ça se démontre.

Il a (même son corps) du fait qu’il appartient en même temps à trois… appelons ça, ordres. En témoigne le fait qu’il jaspine pour s’affairer de la sphère dont se faire un escabeau.

Je dis ça pour m’en faire un, et justement d’y faire déchoir la sphère, jusqu’ici indétrônable dans son suprême d’escabeau. Ce pourquoi je démontre que l’S.K.beau est premier parce qu’il préside à la production de sphère. L’S.K.beau c’est ce que conditionne chez l’homme le fait qu’il vit de l’être (= qu’il vide l’être) autant qu’il a – son corps : il ne l’a d’ailleurs qu’à partir de là.

Lire Lacan, avoir lu Lacan. Par endroits n’y rien comprendre, n’y avoir rien compris. Pourtant retenir, n’oublier pas, ce qui m’est arrivé avec cet « S.K.beau ». L’avoir lu quinze ans plus tôt et c’est resté. Mon « esc à lier » lui est antérieur.  Il vient d’avant, d’une sorte de nuit des temps. Mais bien sûr, il se peut que ce soit lui qui ait capté, retenu l’S.K.beau de Lacan, par association d’énigmes consonantes.

*

Et qui meurt? Est-ce le grand dispariteur, est-ce le grand psychanalyste, est-ce le grand Lacan? Qui meurt et quel mort aimai-je? Aimai-je encore aujourd’hui? J’aimais que Lacan fût mort. Je l’ai aimé plus que tout. Jusqu’à ce que je puisse aimer le grand psychanalyste vivant. Et d’une façon plus globale, je ne suis pas sans avoir aimé des psychanalystes.

Mon dernier, en amour, le grand, dans le rêve donc, se met à saigner du nez, à flot. Il est vrai qu’il est un grand enseignant. Que je ne le connais qu’au travers de son enseignement. Depuis, c’est moi qui saigne du nez. Pas du tout à flots, maigrement, mais quotidiennement, jusqu’à l’anémie, tout de même, finalement. Ce désir, d’enseigner.

Mais là, c’est lui qui saigne. Il est DSK, il saigne, je dois le porter. Nous devons nous coucher. Dans ma chambre d’enfante, de jeunette tout là haut. Il me dit de m’habiller, car je ne porte qu’une seule serviette autour du corps, ne se doutant pas des plus grandes difficultés auxquelles il me confronte. Car je n’ai jamais su, comment m’habiller.

Alors qui est-il ce grand psychanalyste qui ressemble à DSK et qui se met à saigner ? Est-il ma madame K ? Ma madone à moi ? Ma « La femme » qui n’existe pas ? Ma psychanalyse ? Il est celui auquel mon transfert s’est fixé. Est-il mon Roméo, mon Don Juan, mon homme à femmes ?

Je peux toujours continuer à poser la question. C’est tout ça qui s’est évaporé avec le rêve. Cela que le rêve a soufflé, magiquement. Me réveillai avec l’impression de m’être trompée. Comment le rêve l’a fait, je ne le sais pas. Ce n’est même pas l’élaboration autour du rêve qui l’a fait, c’est bien le rêve lui-même. Je me suis réveillée différente, et j’ai cherché à me souvenir du rêve…

*

avec une seule serviette autour du corps : alix, sdb, enfance

. comment m’habiller … « N’en restant pas moins que LOM (écrit L.O.M.) ait son corps, à revêtir entre autres soins. »

 

Le premier enseignement repose sur le manque-à-être et sur le désir d’être, et prescrit un certain régime de l’interprétation, disons l’interprétation de reconnaissance. C’est l’interprétation qui reconnaît le désir sous-entendu (…) et il faut dire que chaque fois qu’on s’emploie à interpréter un rêve, en effet on pratique l’interprétation de reconnaissance.

Mais il y a un autre régime de l’interprétation qui porte non sur le désir mais sur la cause du désir, et ça, c’est une interprétation qui traite le désir comme une défense. Qui traite le manque-à-être comme une défense contre ce qui existe.

Et ce qui existe, au contraire du désir qui est manque-à-être, ce qui existe, c’est ce que Freud a abordé par les pulsions et à quoi Lacan a donné le nom de jouissance.

 

en ce moment je pense

aller chez le coiffeur.

Sans titre

– une cigarette

– tête occupée seulement par des listes

– et toujours cette phrase qui résonne : ranger tout de suite.

muller & muller

image

rêve de l’autre jour:
« muller & muller . S1 S2.  l’holophrase!  mais comment séparer ce qui est le même?  »
réveil ce matin :
muller et muller
14 . 18 et 40 . 45
la guerre et la guerre
M . U . double L . E .  R
L . L
comment séparer ce qui est le même
je ne sais pas compter je n’ai pas d’accès à l’histoire
la preuve est là
1 .2 c’est facile
c’est à  trois que les difficultés commencent
l ‘ordinal!

du père le nom est le même, double
le corps non

joie du drame

pour sortir du même il faut et il suffit du zéro : « la place du sujet »
vous le saviez déjà. désir et jouissance s’articulent comme s’articulent ordinal et cardinal.

c’est pas-tout qui est politique

pas-tout est politique (c’est pas-tout qui est politique)
(l’universalisme du tout ne convient à rien)
au politique également il convient un concept incomplet (qu’il s’affiche comme tel, annonce la couleur)

pour ma part, le politique concerne le vivre ensemble, la polis, le comment faire pour vivre-ensemble
et ne saurait se réduire à un moment révolutionnaire qui n’arrivera pas et dont le fantasme emprisonne la pensée et  inhibe l’action.

l’art se coltinerait le même impossible, l’impossible du vivre-ensemble. (il peut ouvrir des moments de possible aussi bien que révéler la cruauté de l’impossible, de même que la part de responsabilité de tout un chacun)

pas-tout est politique

pas-tout est politique (c’est pas-tout qui est politique)
(l’universalisme du tout ne convient à rien / ne convient qu’à rien)
au politique également il convient un concept incomplet (qu’il s’affiche comme tel, annonce la couleur)

pour ma part, le politique concerne le vivre ensemble, la polis, le comment faire pour vivre-ensemble
et ne saurait se réduire à un moment révolutionnaire qui n’arrivera pas et dont le fantasme emprisonne la pensée et  inhibe l’action.

l’art se coltinerait le même impossible, l’impossible du vivre-ensemble. (il peut ouvrir des moments de possible aussi bien que révéler la cruauté de l’impossible, de même que la part de responsabilité de tout un chacun)

~~

alors aussi, et qui touche à la subtilité de ce pas-tout politique, et sur quoi j’espère avoir le temps de revenir :

avec le texte ici : Audre Lorde, The uses of the erotic

et en français :  http://feminism101.blogspot.fr/2007/09/usages-de-lrotique-lrotique-comme.html

sevrage, etc.

morning (not mourning), samedi 8:51, tout le monde dort, dans la pénombre, je tapote sur mon téléphone.

gastro, suite au excès de la veille, de jeudi, m’a fait perdre 2 kilos.

ça m’est déjà arrivé, au tout début du sevrage, dans les premiers jours, cette sorte de gastro. à cause de quoi m’étais mise aux huiles essentielles (cannelle je-ne-sais-quoi, une goutte avec un peu de miel, c’est très fort, hier soir je l’ai diluée dans de l’eau chaude) et au gingembre. j’avais ensuite prolongé ça avec le massala chai et la cuisine indienne.  envie de réconfort. de senteurs, de goûts. envie d’hiver, de senteurs, d’odeurs, de goûts.

à rebours :

hier, vendredi, au lit, à rendre tripes et boyaux.

20160211_233001jeudi, en vrac, la fameuse sortie, le livre de Ferdinand, la soirée chez castel.

Arturo et Manu et me disent qu’ils me lisent, avec plaisir, en ce moment, le blog, la dernière chose au monde à laquelle je m’attendais. je ne sais pas très bien encore comment je vais deal with it, faire avec ça, ce que ça me fait, plaisir, bien sûr, mais c’est plein de questions, c’est tellement strictement utilitaire pour moi, d’écrire, en ce moment. pourtant ça m’encourage, mais à quoi. après tout, je voulais arrêter. bon sang, je ne vois pas ce qu’on peut trouver à tout ça.

krapo, très agréable, he knows everything, mettait des mots sur tout ce que je ressentais, tu as mal partout, tu te sens grippée, tu frissonnes, tu as froid, c’est normal.  très rassurant, finalement, à force d’être avec ça, seule avec ça, le sevrage, on finit par avoir des doutes, on n’est plus sûr de ne pas les inventer, voire de les invoquer, tous ces maux.

20160212_011327 20160212_011332Chez Castel, dans la nuit, sur moi, le regard de quelques femmes très souriantes, mais peut-être l’étais-je également, oui, certainement, en fin de soirée, extrêmement.

de l’un de ces regards, j’ai pensé par après que j’aurais dû le photographier, pour pouvoir l’observer, comprendre, voir encore. plutôt est-ce me rapprocher que j’aurais dû. mais mais j’étais dans ma bulle, et peut-être elle aussi. ça lui est arrivé plusieurs fois, de plus ou moins loin, dans l’obscurité de cette boîte de nuit, son plafond rouge (brillant comme le fond de la gorge d’Irma mais en version joyeuse), elle s’adressait à moi, me faisait des signes, je lui répondais, mettant à mes gestes, à mes mimiques, autant de doutes et de convictions qu’elle, sans que nous ne soyons arrivées, jamais, à aucune conclusion, nos gestes finalement dilués dans les limbes, entreprises par d’autres personnes qui passaient, plus proches. elle vêtue de beige.

2 magnums de vodka, très douce (et qui rendait les gens très souriants).

je me suis rendu compte que j’étais très sourde et que c’était très embêtant, eussé-je voulu parler, je ne l’eusse pu; est-ce que le chi peut soigner ça, est-ce irrémédiable?

une autre jeune femme, fille, m’a, elle, parlé longuement, sans que j’y comprenne rien, si ce n’est qu’elle n’accepta étrangement pas la réponse que je lui fis quand je lui affirmai que je ne faisais rien. trop jeune sans doute. enfin, ne pas la comprendre ne m’empêchait pas, ou au contraire m’obligeait, non pas à la tripoter, le mot serait trop grand, mais à la frôler, flatter, caresser (avec grande légèreté, mais tout de même, je ne devrais pas faire ça, j’ai tendance à faire ça, quand je suis à bout de mots, ce qui m’arrive plus souvent qu’à mon tour). je n’ai pas vu son visage, perçu seulement qu’elle était « jeune et jolie ».

il y en a eu d’autres, trop frôlés. lui, que j’ai agrippé par le tee-shirt, l’attirant vers moi. ou pas trop, au bout du compte. après tout, personne ne ne m’a giflée en retour. je dois faire ça à défaut du lien que j’arrive à établir. d’aussi loin que je me souvienne de moi, j’ai fait ce genre de chose, toucher les gens.

et puis, ils étaient gentils. (à mon sens, exceptionnellement gentils)

bon, c’est pas tout ça, faut qu’on parte. faut que je laisse ce récit là.

Un jour à Donn (avec Pomm) – l’idée est de garder l’ombre de l’oeuvre

Donn, 7 heures 35. Dimanche, chauffage cassé. 7 degrés quand nous sommes arrivés hier, maintenant je ne sais pas.

Après vérification : 14 degrés. Peu.

Glacée la maison dort. J’écris.

Ferdinand, tu écris qu’à un moment Pommereulle adopte une « stratégie de dépouillement« , enfin, ce ne sont pas tes mots, il faudra que je les retrouve… Il se défait de ses œuvres (qu’il n’aime pas appeler comme ça), il les détruits. D’où lui vient, viendrait cette sagesse, ou s’agit-il de  la tienne ? Comment cela s’acquière-t-il ? Ou pas? Puis-je la rejoindre, c’est la question, c’est ma question, pourrais-je, vais-je pouvoir? Et quelle est-elle, d’ailleurs, cette sagesse? Celle dont je manque. Tu peux bien sûr ne pas me répondre, après tout, le texte est là, et se suffit à lui-même. Je relirai tes mots plus tard; là, trop froid, peux pas sortir du lit. Ni allumer la lumière, tout le monde dort.

Je suis sortie. Regardé l’aube un instant, puis relancé le chauffage dans le garage. Plus qu’à attendre.

8h21. Hier, avons pu observer que le chauffage montait à raison d’un degré par demi-heure. C’est assez lent.

11h, 19 degrés ! petit déj, nettoyer la cour rapidement. Quelques morceaux de plastique pris dans les buissons. Des feuilles mortes abandonnées.

14h, 22 degrés, paradis !

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16:24, on repart bientôt.

L'idée, dis-tu, est de garder l'ombre de l'œuvre, c'est-à-dire sa présence mentale plutôt que physique. Et puis ne pas participer à la logique de circulation marchande [...] La volonté de garder la réminiscence du geste plutôt que l'objet physique lui-même. Rien à vendre, "l'occasion, unique, de dégager nos sens" (Rimbaud). La production, voilà l'ennemi, quand elle s'attaque à l'intégrité du cheminement de pensée de l'artiste.
L’idée est de garder l’ombre de l’œuvre, c’est-à-dire sa présence mentale plutôt que physique. Et puis ne pas participer à la logique de circulation marchande […] La volonté de garder la réminiscence du geste plutôt que l’objet physique lui-même. Rien à vendre, « l’occasion, unique, de dégager nos sens » (Rimbaud). La production, voilà l’ennemi, quand elle s’attaque à l’intégrité du cheminement de pensée de l’artiste. Daniel Pommereulle, Huitièment, qu’est-ce que la cruauté, Ferdinand Gouzon, Multiple, février  2016.
Je n’interrogerai pas Ferdinand. Les réponses sont dans le livre. Dans l’étonnement même que cause la réponse rencontre avec ce personnage, Daniel Pommereulle. Hors-norme, en effet. Pourquoi tout de suite chercher à comprendre,  et ne pas plutôt accepter d’être touchée par l’étrangeté.

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… que l’Amour est fils de Poros et de Penia

mardi 16 février 2016

taï chi tout à l’heure, à 19 heures. je n’en ai pas fait de toute la semaine dernière, j’allais mal,  il faisait froid, je voulais rester à la maison. il y avait eu le symposium tout le week-end. symposium de taï chi  où, après m’être désistée et n’être pas allée aider le samedi matin à 7 heures, offrant la dégoulinante excuse des mes angoisses,  je m’étais plus tard surprise à me plaindre encore, à S, toujours, et de mon genoux cette fois, ce qui m’a semblé trop, ce qui m’a dévoilé/révélé quelque chose de ma position, posture ( me donner à plaindre). quelles que soient mes difficultés, il faut que je mette un frein à ça (que j’aille voir ailleurs).

(Il y a des jouissances auxquelles il faut résister, comme celle où je suis l’incarnation de Penia, du pur manque; à mon âge, je ne dois plus trop m’attendre à ce que ça puisse encore exercer la moindre séduction,  que du contraire, c’est clair il faut que je résiste au désir de n’être que totalement démunie, ça ne peut que faire peur.  il faut que je passe à une version plus samouraï de moi-même : ne jamais se plaindre, ne jamais se montrer démuni !)

[ sur Poros et Penia,  respectivement père et mère d’Eros: http://auriol.free.fr/psychanalyse/eros.htm – mais j’aimerais retrouver les textes dans Lacan, plutôt :

" ... qui ne sait, depuis que Platon l'a dit, que l'Amour est fils de Poros et de Penia? [...] Si je vous amène à ce propos la formule, que l'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas, il n'y a rien là de forcé, histoire de vous sortir un peu de mes bateaux. Il est évident qu'il s'agit bien de cela, puisque la pauvre Aporia par définition et par structure n'a rien à donner, que son manque, aporia, constitutif. L'expression donner ce qu'on n'a pas se trouve écrite en toutes lettres à l'indice 201a du texte du Banquet, [...] C'est exactement la formule, calquée à propos du discours. Il s'agit là de donner un discours, une explication valable, sans l'avoir. "

20160216_130649

c’est surtout du transfert dont je me méfie. comment appeler ça autrement, comment nommer cela, quand on veut se faire bien voir par la maîtresse et le désespoir où l’on plonge quand la maîtresse ne fait pas attention à vous… la maîtresse ici étant n,  la pauvre…  j’étais tout à fait prête à l’aimer, mais. il ne faut pas. il faut prendre ce qu’il y a à prendre et au moment où on le prend et qui est aussi ce  pour quoi on a payé.  pas plus. patience. maniement du tout et du pas-tout. le tout étant la jouissance, la maman et la dépendance. pas-tout, c’est autre chose. une façon d’être adulte, de supporter l’impatience. se mettre pas-toute au taï chi.

pas-toute malgré qu’on s’y trouve dépendant de personnes qui vous apportent un enseignement. c’est là, que le transfert se noue.  la relation à ces personnes, il faut la travailler,  lui laisser son temps, il n’y a pas de raison qu’elle soit plus simple que n’importe quelle autre, et surtout, refuser de tomber, refuser d’aller plonger dans la dépendance. c’est d’autant plus difficile avec le taï chi que ce qu’on y apprend, approche, paraît vraiment à même de transformer la vie complètement.

dimanche 21 février 2016 – méditation et acquérir un corps, encore

6:20 – aime assez écrire dans le noir sur mon téléphone quand tout le monde dort (même si j’aurais bien dormi encore un peu). beaucoup de rêves, encore. pu acheter hier chez Gibert  Mon cours de cuisine : les basiques indiens (aux éditions Marabout).  par ce livre que me suis initiée à la cuisine indienne, mais dû le rendre à la bibliothèque, where it belonged. or çà, vais donc pouvoir continuer à utiliser les épices que j’ai achetées, même que j’ai encore des étagères à leur construire. pu sans problème m’inscrire et participer aux ateliers de relaxation et de méditation hier (NOT AM I HATED).  

 

atelier de méditation du 20.2.2016

l’atelier de méditation a eu lieu après une longue séance de relaxation d’une heure et demi. 
tout de suite, me suis demandée comment j’allais tenir assise
n. demande de faire attention aux « sensations » = à ce que l’on ressent dans le corps. 
demande d’en nommer une. 
« désordre »,  je dis, « sensation que ça tourne à l’intérieur, que ça cherche sa place ». 
sensation d’ailleurs assez forte, tout de suite, en même temps que douleurs dans la cuisse gauche m’empêchent de me tenir en tailleur comme j’en ai l’habitude; pour une fois j’allonge mes jambes. 
n. parle, demande de distinguer sensation, émotion et pensée. 
et dit qu’à chaque fois que l’on réussira à distinguer dans quel registre on est, on sera centré. 
peut-être ai-je mal compris. 
suis en fait très vite partie dans la méditation, dans la sensation justement. 
n. parle. 
amène une sorte de relaxation assise, avec redressement de la colonne vertébrale, empilement des vertèbres une à une « dans le liquide chaud ». 
tantien
je ne sais pas comment je tiens assise. je ne comprends pas. 
n. parle de la force et de la sécurité qu’on peut ressentir à ce niveau là, du tantien, dans le bas du ventre, entre les hanches, et je pense que non, aucune force, ou très peu de force ou je ne sais quelle force. 
et quand elle dit que ça gonfle, je me dis non, ça ne gonfle pas, et je sens que ça gonfle
que ça prend de l’extension, dans le ventre. 
alors même que je me dis qu’il n’y a pas de force là, que je n’en ai pas, que j’en manque, qu’il n’y a rien, alors qu’en pensée, je nie ce qu’elle dit, je sens une force dont je pense qu’elle n’est pas la mienne, j’observe que dans mon corps ça se passe exactement comme elle dit. 
après la phase d’expansion du tantien, phase de rétractation.
n. demande de réduire petit à petit la boule, au rythme de la respiration, jusqu’à ce qu’elle devienne tout petite, très dense. 
je l’observe, je le ressens, même si c’est petitement, c’est là, en même temps que je prends conscience de la sensation de vide en moi. et du peu de foi que j’ai en moi. 
donc, il y a une force mais je ne sais pas ce quelle est, ni si c’est la mienne – est-ce qu’il ne s’agit pas essentiellement de la force des gens autour de moi
quand je songe à cela, aux autres, je ressens quelque chose d’encore plus fort, chaud, émouvant. 
 
la méditation commence. 
 
toutes les douleurs ont disparu, mon corps continue son mouvement en spirale de l’intérieur, tantôt plutôt vers la gauche, tantôt vers la droite. je ne sais pas si je ne suis pas parfois vraiment penchée. je ressens beaucoup de choses et, comme pendant la relaxation, je pense aux autres. 
pendant la relaxation, je pensais à F, à son dos.
là, je pense à lui ainsi qu’aux personnes présentes dans la salle. 
la sensation devient alors beaucoup plus forte. de plénitude, de chaleur. c’est agréable en même temps qu’épuisant. une sorte de tension qui vous dépasse, qui vous fait vivre un peu au-delà de vous-même. 
et à nouveau, cette sensation, émouvante, de recevoir, d’acquérir un corps
de temps en temps, je veux penser à ma voisine de droite, je veux être avec elle, la soutenir, parce que j’ai été touchée par ce qu’elle a dit avant qu’on ne commence. qu’elle avait trop de trucs dans sa tête et qu’elle ne pouvait pas ne pas écrire. pendant la relaxation, je l’avais entendue griffonner, j’avais trouvé ça étonnant, intéressant, compliqué, mais je l’avais accepté. là, elle venait d’expliquer que c’était nécessaire pour elle. 
après la méditation, cette jeune fille a dit qu’elle avait eu un « trauma cérébral » (c’est possible ça ?) 
 
après la méditation, beaucoup d’eau à coulé sur mes joues. 
 
Je ne sais pas si j’ai de la force en moi, ni comment cette force peut coïncider/coexister avec le vide. mais j’ai une assez grande capacité à sentir (imaginer ?) la « force » autour de moi, et ça me fait pleurer. 
les pensées disaient : rien. je sentais l’absence et cette absence était comme un manque au creux du ventre. en même temps qu’avec la voix de n., ce dont elle parlait, cela m’arrivait. je ressentais une « présence », quelque chose que je ne peux pas vraiment qualifier de « force », mais c’était agréable, émouvant. 

28.2 (on the road again)

Au fond, il est plus difficile de se laisser aller à sa pente que l’inverse. Cela suppose une traversée de l’existence qui retourne les conditionnements et les envoûtements, pour abolir la séparation avec soi-même. Cela suppose une nécessaire virulence dont le but est de se libérer des entraves. Cela suppose une grand courage.

F. Gouzon, Daniel Pommereulle –  Huitièmement, qu’est-ce que la cruauté? Editions Multiple, Paris, 2016,  p. 133.

semaine bruxelloise

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samedi‎ ‎27‎ ‎février‎ ‎2016 ‎11‎:‎39 – Nous sommes partis.

samedi 27 février, 13:18

#bruxMère _ne serai rien arrivée à écrire de ce qui s’est passé à Bruxelles. un peu regrettable. trop d’angoisse (un moment, ai-je  même pensé : peut-être la source de la haine).

dimanche, Paris, 10h47

#bruxMère _non, ne serai arrivée à rien écrire. ne sais comment guérir cela. mère me plonge dans une angoisse noire.

#méditation _cette nuit, j’ai voulu m’asseoir sur le lit pour faire une méditation,
ce que j’avais également essayé la nuit d’avant, à Bruxelles encore, pour tenter d’éloigner mes tristes pensées, mais…
trop froid et… ne suis arrivée à RIEN sentir de mon corps…  bien essayé de me raccrocher aux endroits où j’aurais PU AVOIR MAL, or… rien, nulle part, en dehors du froid, qui ne m’inspirait pas.

(me suis souvenue de cette impression déjà ressentie avec la méditation, qu’elle me donne un corps, mais c’est quand je la pratique avec le groupe et N. or cette nuit, pas de N, pas la voix de N.
essai tout de même de retourner vers le souvenir de ce corps, au départ de la douleur, ainsi que N l’avait indiqué
(elle songeait à la douleur due à l’inconfort de la position, de la posture assise, à nécessairement maintenir pour la méditation).
or, pas même de douleur… peut-être juste reconnu le manque
déjà ressenti la dernière fois, au creux du ventre, du ventre bas, sous le nombril ;
étrange.
cependant, cette tentative seule, cet essai seulement, de pratiquer une méditation, je l’ai senti, déjà m’aidait à renoncer aux pensées, constituait une voie possible _______ces pensées : penser à ce qui s’était passé, chercher le moyen de le saisir, le résumer, voire d’en donner la formule. hélas, il me semble que ne pourrai rien en tirer que d’épars, nul enseignement possible, si ce n’est qu’il le faut, pourtant, passer à travers, aller en sa présence, puisque je l’aime, ma mère, et cette nuit, je songeais, effrayée, à sa mort, qui se rapproche. )

(l’autre nuit, à bruxelles, après la tentative de méditation sur le lit, quand je me suis rallongée, j’ai tenté d’aller vers elle, ma mère, qui dormait dans la chambre à côté, d’aller vers elle en pensée, mais en pensée des ondes, en pensée du chi, en pensée sans mots, comme je l’avais fait lors du dernier atelier de méditation… peut bien paraître… extravagant stupide idiot… mais… finalement, diriger vers elle mes pensées, les vidant justement de leurs pensées, de leurs mots, et cherchant à atteindre, rejoindre, ce qui chez elle, au creux de son corps, aussi, est nu de pensées, de mots, n’est peut-être pas si fou; et je puis dire que la seule imagination, représentation, de cet espace, comporte en soi, déjà, de l’apaisement, offre la possibilité de s’éloigner de la passion des mots, de ces mots passionnés de l’angoisse, si proches de l’horreur pure; raison pour laquelle je ne peux les écrire – au mieux, pourrais-je les dire chez un analyste, mais je sais, je sens, que là, je souffrirais alors du vernis de fiction, de semblant, qui immanquablement reviendrait les enduire, loupant ce dont il est question -, car ils sont ensorcelés.
ces mots, dans l’instant où ils  me viennent en pensées (pire: où ils remontent à ma bouche), s’articulent, ces mots agissent, physiquement sur moi, expriment réellement ce qu’ils disent, sans la distance d’ordinaire déplorée, qui sépare un mot de sa signification, dans une cruauté inouïe, que je ne connais heureusement qu’en sa présence, à ma mère. et que je n’écris alors pas, d’une part parce que les écrire serait en ressentir encore la violence, mais également parce que les écrire comporterait une forme d’impudeur, dans la mesure où je les vis d’une façon réelle, dans un en-deçà de la communication (et qu’il me faut pour les communiquer leur trouver le traitement adéquat). cela tient à la cruauté du réel de la présence, une cruauté qui ne trouve que de trop cruels mots pour s’exprimer. (la cruauté (je ne trouve que ce mot, influencée par la lecture encore du Pommereule de Gouzon F), à préciser. à quoi tiendrait la cruauté du réel?)

(( – tu peux me voler ce livre
– pourquoi dis-tu voler, je ne dois pas te le voler. ah mais, tu m’as toujours vécue comme cela, comme une voleuse. tu te souviens, déjà : ces propos que tu rapportais en riant, affolée de ce qui devait t’apparaître comme leur justesse : ma fille est une voleuse, ma fille est une voleuse…
– mais, mais, non, je n’ai pas
– mais si. ah c’est terrible, nous, c’est l’inconscient à ciel ouvert
– mais non, c’est de la comédie
– non, ce n’est pas de la comédie. et si c’est de la comédie, pour toi, alors, arrête, parce que pour moi  ) (or, peut-être qu’elle joue peut-être et que je manque totalement du sens de son humour) (bon sang, c’est moi, qui dois paraître folle, je m’en rends compte…)

cette nuit donc, j’ai pensé tenter une relaxation, couchée, mais chester prenait toute la place dans le lit, à cause de quoi, j’étais toute tordue, ce qui n’est pas ce qu’on cherche, ce qu’on veut. je l’ai soulevé et mis sur ma poitrine, où il a bien voulu rester, où il a même eu l’air content de rester, de s’étendre, et j’ai ainsi profité de sa « douce chaleur » pour me relaxer. il ronronnait, c’était très agréable. nous en avons bien profité. j’ai pu me rendormir, toutes mauvaises pensées disparues.

Partons à Donn, dans le froid, vers le froid. Brux la semaine dernière, glaciale également.

11h17 avons la valise à faire. mais j’ai vraiment envie d’écrire. or, nous avons décidé de partir, donc. ce que je peux (écrire)

#bruxMère
11h23 mère et moi: inconscient à ciel ouvert
acier l’Ouvert (disait Jam)

11h34 excessivement envie de l’accuser
me sur-veille et puis la haine qu’elle a d’elle-même

15h20 me met en fureur

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