jeudi 2 février 2006 · 09h10

faire n’importe quoi, jouir

mais que cela soit : conforme à l’impossible
~ à la croisée du désir et de la jouissance ~

Le discours capitaliste moderne n’a rien à voir avec ce que notre gauchisme sexuel d’antan appelait la morale bourgeoise. Son impératif catégorique en matière d’éthique est : Jouis!
Philippe De Georges, Ethique et pulsion

Fais n’importe quoi. Point. Sans conditions. Fais absolument n’importe quoi. [1]
Thierry de Duve, Au nom de l’art,  “Fais n’importe quoi”, p. 129

 

  • Impératif catégorique (capitaliste, selon Philippe De Georges) : Jouis !
  • Impératif catégorique (de l’art moderne, selon Thierry de Duve, et en réponse au capitalisme) : Fais n’importe quoi !

Puis, pp. 133-134 :

Il y va, disais-je il y a un instant, de l’universalité de la loi, de l’universalité de l’art, de l’universalité de l’impératif catégorique “fais n’importe quoi”.
[…]
Il est entendu également que l’impératif catégorique kantien n’énonce aucun contenu de la loi, mais qu’il prescrit la conformité de la maxime à l’universalité d’une loi en général. Comme le dit Jean-Luc Nancy : “La loi prescrit de légiférer selon la forme de la loi, c’est-à-dire selon la forme universelle. Mais – ajoute-t-il – l’universalité n’est pas donnée” (( Jean-Luc Nancy, L’impératif catégorique, Flammarion, Paris, 1983, p. 24 )) . Si, comme je le soutiens, “fais n’importe quoi” est bien un impératif catégorique, alors il faut aller plus loin et dire que l’universel est impossible, ou que l’impossible est aujourd’hui la modalité de l’universel. La phrase “fais n’importe quoi” ne donne pas le contenu de la loi, seulement le contenu de la maxime. Et encore ce contenu est-il quelconque et ne devient-il déterminé que par l’action qui met la maxime en pratique. Cela ne prescrit qu’une forme conforme à l’universel dans les conditions radicales et finales de la finitude. Et cela signifie : conforme à l’impossible. [...]  Lire la suite >

mardi 2 mai 2006 · 08h22

in the morning

// 2 mai 2006, 8 heures 22

/ j’aurai commencé la journée avec des harengs sauce moutarde de chez Ikéa / j’aurai également commencé la journée avec une douche prise / j’aurai commencé la journée comme une vraie travailleuse — aujourd’hui, c’est 5 heures que je dois faire. j’ai dimanche fait mon planning du mois, c’est presque enthousiasmant : si ça marchait / je n’ai pas casé, nulle part, l’écriture. travail, uniquement travail, 5 heures par jour, week-end non-compris.

hier encore une fois, j’ai regardé la télévision. qu’on veuille tenir cet aveu pour un mea culpa. il y a eu alexandre le bienheureux, dont j’avais gardé un souvenir d’enfance assez joyeux, qui a été déçu – légèrement.  on voit quelques minutes du film et du haut de toute son expérience, on sait à quoi on a affaire, on n’est pas libre de continuer à regarder ou pas ;  en ce qui me concerne : contrainte je suis de continuer à regarder des conneries. surtout des conneries. ensuite, un film de mocky, avec bourvil, un drôle de paroissien, c’est ça? je ne sais plus. [...]  Lire la suite >

vendredi 11 septembre 2009 · 10h04

et voilà qu’arrive Bentham et son « jouer à la punaise vaut bien lire de la poésie si la quantité de plaisir est la même

eva hesse contingence
eva hesse : contingence

« et voilà qu’arrive Bentham et son ‘jouer à la punaise vaut bien lire de la poésie si la quantité de plaisir est la même’

qu’est-ce qui dans cette phrase de Bentham choque Freud ?

ce n’est pas qu’il soit question de plaisir, de jouissance qui pose problème, c’est
l’élision de la qualité.

peut-on faire l’économie de la qualité?

qu’est-ce que la qualité?

quel est le rapport de
la jouissance et
de la quantité,
du nombre,
du chiffre.

// dira-t-on
la jouissance est chiffrage
le désir
déchiffrage. //

(quand Jules
fait son
« exposition » dans
mon
bureau.
s’assoit à côté de son « œuvre » qu’il nous a invitées à regarder, contempler.
il nous interroge:
alors, quel est le chiffre
où est le chiffre
vous le voyez? c’est quoi
le chiffre?
(ici, c’est probablement une interprétation qui est demandée. au moins, cette demande, je l’ai entendue.)) [...]  Lire la suite >

jeudi 16 septembre 2010 · 14h28

addiction

réponses (rapides) à MHB :

 1 quelles sont les conséquences symptomatiques de cette montée au zénith du surmoi et de cette chute de l’Idéal  dans le traitement du Réel? –> les addictions diverses et variées

2 quelles modifications entraînent-elles dans la cure et la théorie analytiques sur le statut de l’inconscient par exemple? –> heureusement l’inconscient aussi est addictif

3 quelles forces mobiliser dans ce nouvel ordre symbolique contre les forces obscures du surmoi?
–> repartir à zéro (et s’en trouver soulagé), témoigner de la présence réelle de l’inconscient, pointer son goût du jeu, écouter, travailler à la formalisation du symptôme, dénoncer tant que possible les dénis scientifiques [...]  Lire la suite >

mardi 5 avril 2011 · 10h59

du temps gelé, de la guerre, du point g
— (de la lecture, de ma mère)

Il y a deux jours, je rêve d’un amoncellement, d’un empilement vertical de « caddies » au dessus duquel je vais me percher, me réfugier, extrême précarité, je tente de diriger les mouvements des caddies, qui sont vifs, accélérés, imprévisibles, avec mon corps.

Cet empilement de « cas »  (les « cas » de « caddies ») désignant pour moi le « K » du « K-rante » (40) du 40-45 / date de la guerre / à laquelle je dis, à la suite de ma lecture de R. Warshasky,  que « mon temps s’est figé« .

Date à laquelle, depuis laquelle, l’histoire ne peut pas se faire. Qui ne s’intègre pas à la suite des nombres à laquelle pourtant elle appartient. 1Cela, je l’avais autrefois dit à mon analyste, le premier, qui l’avait balayé: « Mais non, … » [...]  Lire la suite >

Notes en bas de page

  • 1
    Cela, je l’avais autrefois dit à mon analyste, le premier, qui l’avait balayé: « Mais non, … »
samedi 6 août 2011 · 10h41

C’est ce qu’on découvre, c’est ce qui se dénude dans l’addiction, dans le «un verre de plus» …

L’addiction, c’est la racine du symptôme, qui est fait de la réitération inextinguible du même Un. C’est le même, c’est-à-dire précisément ça ne s’additionne pas. On n’a jamais le « j’ai bu trois verres donc c’est assez », on boit toujours le même verre une fois de plus. C’est ça la racine même du symptôme. C’est en ce sens que Lacan a pu dire qu’un symptôme c’est un et cætera. C’est-à-dire le retour du même événement. On peut faire beaucoup de choses avec la réitération du même. Précisément on peut dire que le symptôme est en ce sens comme un objet fractal, parce que l’objet fractal montre que la réitération du même par les applications successives vous donne les formes les plus extravagantes et même on a pu dire les plus complexes que le discours mathématique peut offrir. [...]  Lire la suite >

samedi 24 mars 2012 · 10h10

« laisse tomber l’essentiel » (citation)

Jules a des difficultés avec les jeux et la télé. Enfin pas lui, moi. Moi, je lui fais des problèmes avec ça. Ça m’inquiète qu’il ait tout le temps envie de ça, que ça soit « tout le temps dans sa tête » comme il dit. Je ne sais pas comment réagir.

Quelle serait la meilleure manière d’accueillir cette première manifestation d’addiction?

Je refuse, j’interromps. Nous refusons, nous interrompons. Moi, plus souvent que F. Et nous, moins souvent que nous ne « devrions », crois-je. Et puis aussi, parfois nous disons « OK pour une heure », et nous le laissons plus longtemps que ça, devant son écran (et d’ailleurs, il le sait, bien sûr, qu’il peut compter là-dessus…) Parce qu’au fond ça nous arrange, que pendant ce temps nous avons la paix, nous n’avons pas à nous occuper de lui, et nous pouvons nous-mêmes nous engloutir dans nos écrans. [...]  Lire la suite >

samedi 24 mars 2012 · 11h41

de la nécessité de faire table rase

Puisque évidemment il y a addiction et addiction. Et que ce serait très intéressant de faire passer à l’addiction tout ce qui pour nous est important. Se servir de l’addiction pour jouer un tour à l’inhibition.

Pressentez-vous, comme moi, qu’il pourrait y avoir un lien entre addiction et  « nécessité » – « ce qui ne cesse pas de s’écrire »?

Amener l’addiction ( jouissance de l’un, du one more) au service du désir (absence de l’autre, nevermore)

Le lien entre l’addiction à l’internet, aux ordinateurs, aux écrans, et « ce qui ne cesse pas de s’écrire »: [...]  Lire la suite >

lundi 6 octobre 2014 · 14h51

addict est le nom de symptôme de la jouissance

Lacan annonçait en 1946 une montée en force du surmoi, que plus tard dans son enseignement il définira, en le différenciant de l’Idéal du moi, par l’impératif de jouissance : «Jouis». La généralisation du terme «addiction» est le symptôme qui réalise l’accomplissement de cette montée. Addict est donc le nom de symptôme de la jouissance, et le succès du terme rend manifeste le triomphe de cette dernière sur le désir, enraciné qu’il est dans une division du sujet que, précisément, l’addiction à quelque substance que ce soit fait s’évanouir. Ledit «manque» est, lui, d’un tout autre ordre que le désir. Il relève de la volonté, entendez la volonté de jouissance que Sade mit en scène. [...]  Lire la suite >

vendredi 6 janvier 2023 · 08h15

Vendredi 6 janvier

 8:15 

Couchée tête qui tourne. J’avais fumé donc pris hier 5 ou 6 gouttes de CBD + HTC, mal m’en a pris parce qu à 4 heures  quand je me suis levée (pour faire pipi) j’avais la tête qui tournait, j’ai dû m’accrocher aux murs. Et quand je me suis plus tard réveillée vers 8, je ressentais vraiment une immense lourdeur. Qui m’a poussée à prendre 2 immenses bols de Ricoré et 2 petits pains, un avec de la confiture et un avec du choco. 

9:41 

L’addiction au téléphone.  

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