un père à faire

rêvé il y a deux nuits que mon père n’était pas mon père.

je rencontre mon « vrai » père. lui parlant de mon père (du vrai dans la « réalité »), je dis « mon père » et m’en excuse auprès de lui : c’est lui qui toute ma vie a fait pour moi office de père, qui a été un père pour moi, non pas celui qui aujourd’hui se présente comme étant mon père. il ne m’en veut pas, il sait que mon père, qui s’avère donc n’être pas mon père, est mort.

ce nouveau père est physiquement assez massif. plutôt muet. il ressemble à  un personnage du téléfilm dont j’avais vu la veille la fin où il s’avérait être un homme d’affaires, plutôt que l’agrégé de lettres qu’on avait essayé de le faire passer. qu’il fût un homme d’affaires, tout de suite je le pense un peu mafieux, véreux, pas clair.

dans la réalité, j’ai sur mon père un travail à  faire, pour mon père. c’est à  ce travail que je suis coincée. ce travail. qui m’angoisse.

ce père qu’éventuellement mon rêve désidéalise. « d’affaires » plutôt que « de lettres ». et dès lors « moins clair ».

je n’en sais rien.

pour faire ce travail il vaut mieux être « d’affaires », plutôt que « de lettres ». plutôt être soi-même d’affaire (femme d’a), plutôt que de lettres (comme le vrai père). d’où l’angoisse. et le changement de père.

le père à  faire. à  faire le père.

(l’angoisse, la mauvaise humeur vient de là : quand il s’agit de prendre une place à  lui réservée jusque là . un « faire comme », voire un « faire mieux » que le père (souvenir de la mauvaise humeur de freud sur l’acropole, liée à  la culpabilité qui l’envahit d’être arrivé si loin, d’avoir accompli son rêve d’enfant (celui de voyager) et de se trouver maintenant face à  qq chose, l’acropole, que son père, vague petit homme d’affaire, n’aurait pas même rêvé de voir, faute de culture. enfin, je ne suis pas sûre que son père fût homme d’affaire, disons homme de petit métier.))

évidemment,comme à  chaque fois, j’accuse l’autre de m’empêcher de faire ce que j’ai à  faire.

je veux dire que dans la réalité il y a « ce père à faire », l’angoisse, je rumine; j’ai mes humeurs, et j’accuse f de m’empêcher.

les orphelins remplaçables.

et puis il y a quelques jours rêvé que j’étais orpheline. non, pas moi, une petite fille. c’était un peu moche car les adultes pouvaient choisir les enfants. pour passer l’après-midi par exemple ou plus longtemps, à leur convenance. puis les ramener. en reprendre un, en changer si l’enfant qu’ils avaient choisi avait été un peu difficile, ne leur convenait pas.  et je me demandais ce que ça leur apportait,  aux orphelins. une petite fille de dos, avec de longs cheveux blonds, très raides, coupé cut, très droits, dans l’obscurité, devant une porte vitrée.

j’ai terminé la lecture de 1666, et ça me met de mauvaise humeur.

qui regarde quel corps quel objet de quelle collection. quel glaçon reste dans les verres vides et quel verre solitaire.

 

ne me quitte pas mais

8h40, je ne vais sans doute pas tarder à me recoucher.

Rêve cette nuit.

Avec Roger (à la place de Frédéric) dans sous-sol rue Waelhem. Roger s’enferme dans pièce avant (qui ressemble aussi à cave rue Tiberghien) . Ne me quitte pas mais ne veut pas de moi tout le temps près de lui. Fait des choses, est très actif. Moi, j’attends dans pièce à côté. Lui, de temps en temps vient près de moi, puis retourne dans sa pièce. Sommes avec Francis, ami de JP, homosexuel, très joli garçon. Reste parfois près de moi, parfois près de Roger. Ma famille et Jules ne sont pas loin de moi, mais sont entre-eux, comme si je n’étais pas là. Sont comme assis sur une dune. Je regarde Jule, comme si je ne le connaissais pas, dans cette terrible séparation qui est la mienne quand je suis (très) en colère. Je ne comprends pas le comportement de Roger. C’est probablement ce qui me met en colère. Il n’a pas dit qu’on se quittait, mais. Je voudrais partir et le rendre jaloux. J’imagine partir et aller au cinéma. Qu’il ait le temps de s’inquiéter.

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Ce que je ne comprends pas, c’est que cela m’apparaisse en rêve et en ce moment et comme si je ne le savais pas, comme pour me l’apprendre que la cause de ma grande colère, c’est la séparation, que la séparation me sépare. Mais quelle séparation, et pourquoi au sous-sol, et pourquoi avec Roger, et pourquoi ce souvenir de la cave de la rue Tiberghien. Que la séparation me précipite dans un détachement mortifère, létal. Où tout paraît juste. Où les sentiments sont ce qu’il sont, sans atours, sans apprêts.  Où tout paraît si juste, que c’est d’une force implacable : je – ne tiens – à rien.  Comme si le rêve me racontait cette histoire-là, inconsciente, me faisait la leçon. Comme si donc, c’était ce qui se rejouait en ce moment.

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Je trouve des bottes qui étaient à Annick et qui sont à moi maintenant. Je les mets. Ce sont des cuissardes. Je les fais remonter jusqu’aux genoux puis les rabaisse. Je marche devant Roger.

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Et pourquoi ces bottes d’Annick, Annick dont j’ai pensé (un jour, à la lecture d’un séminaire de lacan, de pages sur la névrose idéale obsessionnelle) que c’était elle, mon idéal, mon idéal, inatteignable.  Ces bottes qu’elle a et que je n’aurai jamais. De même que je ne trouverai pas, jamais, chaussure à mon pied. Mais pourquoi des cuissardes ?  Rien ne pourra jamais détrôner Annick de cette place. Et, je serai toujours toujours celle qui ne sera pas ça. Je ne vois pas d’autre possibilité de me définir qu’en non-ça. En non-elle. Secrètement au monde non-elle. Je suis non-Annick. Annick a une définition, je n’ai que celle de son négatif.  Et j’ai la chance qu’elle soit mon amie. Je suis en complète humilité par rapport à ça. Et je sais qu’elle l’a parfois ressenti, que ça l’a parfois agacée.

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Quelque chose me dit que Roger ne me quitte pas, mais je n’arrive pas à accepter les distances, la liberté qu’il prend.

/;/’*

Me fait penser au fait qu’hier cuiller suis allée à premiers tests d’inscription à un cours de secrétariat qui, si je les réussissais, auraient pour conséquence que je ne pourrai plus aller chercher Jules à l’école et que je ne pourrai plus l’aider à faire ses devoirs. Je ne pourrai plus non plus le conduire à l’école le matin.

Je m’inquiétais donc. De la distance que je prenais.
Me demandais si c’était bien. Si je ne l’abandonnais pas. Trouvais que ce n’était pas bien. Mais pourquoi la présence de Francis (ami homosexuel), dans le rêve. Poser la question c’est y répondre. Ne plus vivre cet amour de double, d’homosexuel. (pourtant, il m’est arrivé de penser que ma colère, était ce qu’il y avait de plus juste, chez moi (quand bien même)).

Mais en fait, je ne saurai jamais si c’est bien ou pas, pour Jules, puisque je ne serai plus là. C’est une séparation. Et tout ce qu’ elle comporte de perte.

Éventuellement ça dirait : tu vois ça comme une séparation. C’en est une. Mais, ça n’est pas la fin de l’amour. C’est pour que chacun puisse faire ce qu’il a à faire. / mais si il n’y arrivait pas, pas sans moi, et comment puis-je faire pour être sûre de ne pas l’empêcher d’y arriver, sans moi. Comment lui dire tu peux le faire sans moi, et l’accepter.

//ň

Aussi, Jules hier exprimait le sentiment d’avoir trop à faire, alors que ce n’était sans doute pas trop. J’en étais étonnée. Il était profondément dégoûté d’avoir autant de devoirs. Alors qu’il n’y en avait pas beaucoup. C’est ce que je ressens moi aussi, souvent. Ce trop. Alors que je n’ai sans doute probablement pas trop à faire, j’éprouve le sentiment épuisant d’avoir beaucoup infiniment trop à faire. Et ce trop n’ est sans doute jamais que l’opposé de rien. Plus que rien = trop. > rien = trop. Autre que rien = trop. Et autre que rien = voulu par l’Autre. Et rien = voulu par soi. Mais pourquoi un tel besoin de vacance, d’absence. De rien à faire. Un besoin hors du commun.

Et rien = voulu par soi ou = non-voulu par l’Autre. L’insupportable de la demande de l’Autre.

//

Pourquoi est-ce qu’il faut maintenant que je me recouche ? Alors que je ferais mieux de me lever, laver.

Bon, tant pis. Je peux me l’accorder. Mais pourquoi me sens-je si vite débordée ?

où un rêve me force à me souvenir d’un autre rêve (viscéral)
dimanche 22 mai

rêve hier

marrant, m’y souvenais d’un rêve que j’avais déjà fait, me rappelais d’un rêve oublié, m’en rappelais donc, avec toutes les  virgules lacunes qui y attiennent.
plusieurs personnes
2 hommes, 2 femmes ?
font, faisons des choses (plus interdites qu’interdites, le plus interdit de l’interdit) (j’ai mis entre parenthèses, parce que pas sûre que ce soit ça) .
j’accepte de le faire
je suis couchée sur le dos.
me vois comme ça, je veux dire la caméra est là, la caméra du rêve, mais placée de façon à ce que je ne voie pas vois pas ce qui se passe dans mon ventre. je ne vois pas de mon point de vue, de mon point de vue dans le rêve, où je suis couchée sur le dos, car si je voyais de mon point de vue, d’où je suis dans le rêve, de comment je suis, je verrais tout. or, c’est très important que je ne voie pas tout, que je ne voie d’ailleurs rien du tout. je suis couchée sur le dos, sur une table d’opération, et mon ventre est ouvert, et les autres, et c’est ça la chose plus qu’interdite, les autres jouent avec tous les organes de mon intérieur, à pleines mains, ils y vont, et ça, c’est censé leur, et me procurer du plaisir, de la jouissance. personne ne fait ça, et personne ne peut faire ça, et personne ne connaît ça, mais nous sommes une petite bande qui… moi, c’est la première fois. donc, je ne vois pas ce qui se passe, parce que la caméra est placée sous la table d’opération, du côté de ma tête, je pourrais voir ma tête, mais c’est tout. donc,  c’est très viscéral, et c’est tout ce qu’il y a de possible à en dire. si c’est ce n’est qu’il y a une chose que je ne veux pas, je n’ose pas faire, mais je ne sais plus  très bien ce que c’est , mais que les autres font, moi, je suis novice, c’est ça, novice au fond. ils sont plusieurs, occupés dans mes tripes, eh bien, c’est possible, que ce qu’ils aimeraient, ce qui serait encore mieux pour eux, et qu’ils se font entre eux, c’est, faire des choses sexuelles, dans mon corps ouvert, ha ha. mais je ne veux pas.
voilà, c’est le rêve dont je me rappelais dans mon rêve, mais le rêve lui-même, celui où je me souvenais, je ne m’en souviens plus,
marrant.
(non relu) (parce que c’était vraiment insupportable pour moi d’écrire ces choses, ça l’est devenu, parce que je ne sais plus du tout quoi faire, de mon analyse)

 

des suites (et son double)

« Je cherche une double lettre. Je ne sais plus très bien pourquoi, comment, je me dis, il faut chercher la double lettre. A cause du double L de mon nom. Ma mère disait ” Double L, E, R.” Double L. Il faut chercher 2 N. »

double L, double meurtre

la jeune femme du rêve

la jeune femme du rêve, de quel rêve, ben de cuilà, Parodontologie à l’agence yves

bon, ça serait moi. avec ma mentalité de serve, servante, secrétaire… elle est malade. ben oui, bien fait pour elle, moi aussi moi non plus plus pour longtemps. on pensait que c’était ma copine. tu parles d’une copine (une conne oui). il va y avoir une explosion auprès d’elle (ben oui, c’est ma couronne, chuis au château avec ma couronne explosée, danger dans g, dent j’ai. ( frédéric va venir me chercher. sortir de g. )

Me réveille, vois film qui est en fait une émission radio, où je vois la lecture d’un livre,

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Avant ça rêve avec analyste YD.
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I. Je vois ce que j’entends

Me réveille,  vois film qui est en fait émission radio, où je vois la lecture d’un livre,  qui est un classique, un chef d’œuvre, dont j’ai retenu que c’était « Don Quichotte » mais ce n’est pas ça,  quelque chose comme ça,  je suis émerveillée, au-delà du dicible,  transportée,  cela apparaît devant mes yeux,  le personnage bouge,  évolue,  jusqu’à ce que je me rende compte que le personnage  évolue dans mon propre appartement !  Le truc est le suivant : dans le film,  l’image du film,  seul le corps du héros est opaque,  le reste de l’image est transparente ! j’ai donc l’impression que le film,  le personnage du film évolue dans mon appartement qu’il peut voir et dont il prend connaissance, circulant partout.  Cela me rend si extraordinairement heureuse que je stoppe l’émission pensant la reprendre plus tard,  désireuse de jouir un moment tranquillement de l’état dans lequel je suis. 

II. Je lèche ce que je vois et qui est beau

Ensuite.  C’est assez difficile à décrire, ça rebute plutôt à l’être. Je vois,  je vois un détail de quelque chose et cela me met dans dans un état de félicité absolue  qui, pour le traduire, m’amène à lécher ce que je vois,  qui est un tout petit objet, un mini meuble,  avec un tiroir,  rouge,  dont la beauté, j’en suis consciente, ne tient qu’à ce moment précis de lever du jour,  de lumière qui vient.

Je suis physiquement très excitée, j’épile d’une main rapide les derniers poils qui me restent au niveau du sexe sur lequel je pose ma main-coquillage.  Cette idée de lécher ce que je vois me paraît si adéquate que je me mets à lécher d’autres endroits,  commençant à voir les poussières, me découvrant  capable de les aspirer,  découvrant une nouvelle manière de faire le ménage,  plus naturelle,  jusqu’à ce que j’aspire de petits insectes,  ce qui ne me convient au fond pas,  je cesse alors et passe à une activité de nettoyage à proprement parler. 

Je ne sais plus alors vraiment comment ça se passe.  L’activité se transforme en danse et je sais que cette danse je vais pouvoir la reproduire,  même si cette quasi certitude s’assortit de la pensée fugace que je ferais tout de même mieux de l’écrire – or je sais, je sens, que je connais son départ,  son motif,  que je ne pourrai donc pas oublier  – mais,  tout en en formant l’idée,  cela à lieu,  je commence à  montrer,  à faire une démonstration de ma danse à un metteur en scène,  sachant que dubitatif d’abord il finira par accepter,  par se rendre à l’exceptionnelle beauté de ce qu’il voit,  et acceptera de le produire en spectacle sur plusieurs représentations,  dont je décide de ne rien dire à F., quitte à  prétexter d’un voyage à Bruxelles pour voir ma mère que j’aurai mise dans le coup pour couvrir mon secret.  Je poursuis ma danse,  nue,  dans un état de grand bonheur. 

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 Écrit au réveil,  très tardif,   dans le noir, sur mon Galaxy Note II. 

Éléments de la veille 

enfermée dans la chambre (venue aux faits)

samedi 12 mai 12:57

rêve de cette nuit. ma mère à la clinique. on découvre qu’elle est très malade. qu’elle a un cancer, je ne sais plus de quoi, des poumons peut-être, enfin, ça reste vague. on lui dit qu’elle doit se reposer. on lui dit qu’elle doit se faire aider. je suis là, on me fait comprendre que je dois l’aider, absolument. je vais de mon côté à un hôpital. je suis malade aussi. on me met des pansements. beaucoup. je vais voir ma mère, je lui dis que je suis très malade. moi aussi, très malade. je lui dis « mais tu sais, c’est vrai, je suis très malade. » elle n’a pas l’air de me prendre au sérieux. nous sommes à l’hôpital. je crois qu’elle est en soins intensifs. on la traite comme si elle était très malade. qu’elle pourrait mourir. je me retrouve à l’école des dames de marie, où j’ai fait mes humanités. je crois que je suis sur une sorte de chaise roulante. j’explique que je suis très malade, je découvre mes plaies. ma chair est à vif.

Rêve d’il y a plusieurs nuits. Irène me propose que nous vivions ensemble. Elle me fait visiter un appartement qui doit lui appartenir, très grand, très beau, mais tout y est très ancien, vieux, poussiéreux, sombre. L’appartement est si grand que je lui demande ce que nous ferions si nous entrions en froid, avions un petit problème, parce qu’il serait facile que nous vivions chacune dans un coin de l’appartement, sans nous rencontrer jamais, et que je redoute cela, de longues bouderies. Je lui reparle de cela par deux fois. Elle ne me répond pas. Elle a l’air désireuse de vivre avec moi. Me fait ensuite visiter un autre appartement, moins grand, plus vide, plus ancien encore, me semble-t-il, avec une sorte d’odeur de moisi. Je l’interroge sur les chambres. elle me montre la sienne, puis apparaît la mienne. Je lui parle de Jules, je lui dis que je ne peux pas me séparer de lui. Je lui demande si elle me fera payer plus cher parce que je suis avec Jules, parce qu’il y a une personne en plus. Je m’aperçois qu’il y a un petit lit pour Jules dans ma chambre. Je lui dis que je ne veux pas ça, que Jules dorme ma chambre. Une petite chambre pour lui apparaît.

A quoi sert de raconter des rêves, si on a aucune idée de la façon dont les interpréter. J’ai dû faire ce dernier rêve mercredi, juste avant la séance de jeudi. J’ai la nausée, une terrible nausée, il faut que j’arrête d’écrire.

13 :21. Nausée. Je préfère écrire à la main plutôt qu’à l’ordinateur. Je me suis enfermée dans la chambre, couchée sur le lit. Je passe beaucoup de temps sur le lit en ce moment, peut-être cela correspond-il aux heures que je passais devant la télé quand nous en avions une, avant qu’elle ne cesse de fonctionner en décembre de cette année. A la place, je rêve ou je lis – ou je dors. Et je préfère le lit, la chambre au salon. J’aime beaucoup cet endroit – qui n’est pourtant pas très bien aménagé. J’aime la lumière et les arbres devant la fenêtre. Jules ne s’apercevra pas de mon absence, Stan, son frère, son grand frère, son demi-frère, le fils de Frédéric, est là – et Jules l’aime énormément. Ce que je voudrais, c’est poser ma tête sur l’oreiller et fermer les yeux. Je suis ici à écrire pour dire que lors de la dernière séance, j’ai raconté ce qui m’était arrivé. Je ne suis d’ailleurs ici, à écrire, que pour raconter ce qui s’est passé en séance. Je vais fermer les yeux deux minutes.
Fermer les yeux, c’est proprement délicieux.
Heureusement qu’il fait plus froid ces jours-ci, c’est moins confortable, à moins que je ne me glisse sous la couette. C’est que je suis un peu inquiète d’être si encline à me coucher. (Les maisons du rêve avec Irène sont des maisons de « grand-mère », abandonnées. Je préfère la première, malgré sa taille, sa grande taille, à la deuxième, vraiment trop vieille.) Je m’émerveille de ces phrases qui me viennent, de leur déroulement, de leurs virgules, du mot qui suit. Finalement, le point, et je ferme les yeux. tout ça pour. tout ça pour ne pas. Ne pas. Je lève les yeux, le vert de l’arbre, le soleil qui joue dans ses feuilles, ce vert dont Walser R. s’émerveille dans le livre que je lis en ce moment. Ce n’est pas que du vert que je m’émerveille – l’arbre devant la fenêtre est jeune encore et sa taille s’ajuste parfaitement dans l’encadrement de la fenêtre, le vent faisant jouer son corps mince. Il ne me semble pas avoir jamais été d’humeur aussi « contemplative » que ces jours-ci. enfin, je rêve beaucoup aussi, je rêvasse. D’une incroyable paresse. Tout de même, je m’étonne (tout ça pour ne pas), je m’étonnais hier, regardant l’arbre bouger, couchée sur ce même lit, sur le dos plutôt, face à lui, et ressentant ses mouvements dans mon corps-même, immobile, versée, déversée. « Les faits. » Les suivants : l’âge ? 16, 17 ? Les nuits, une boîte de nuit, où j’allais seule, le Richard, depuis le jour de mes seize ans. Je dansais, je dansais, je ne buvais, pas d’alcool. « Les faits. » J’ai moi-même souvent dit que je couchais avec tout le monde, n’importe qui, un jour dans la rue, me suis-je souvenue hier, à cette époque. Assez souvent pour que je le croie je l’ai dit – parce que de souvenirs, je n’en ai pas tant. Assez joué. Silence jusqu’à ce que. Silence ! Deux hommes, 2 jeunes hommes, deux amis, un blond, un brun. toujours au bar. Jeunes et beaux. Leurs deux amies, blondes, très minces, leurs pantalons serrés, chaussures pointues, coiffures « lionnes » (tout ça, pas dit, en séance). Silence. Silence (mais le soleil dans l’arbre, c’est important). Je ne sais pas, plus du tout, comment je suis arrivée dans l’appartement de l’un d’entre eux, le blond. Un très grand appartement, « moderne », en banlieue me semble-t-il, car c’était loin de la ville, du centre-ville. Loin. dans la chambre, nous avons fait l’amour, je ne me souviens plus de son nom, puis il est parti, me laissant seule, là. J’étais au lit, dans le lit, quand le deuxième est arrivé, son copain, le brun. Il s’est couché dans le lit, c’était la nuit, m’a parlé, le lit était très grand, m’a demandé qui j’étais, si je connaissais son copain depuis longtemps. J’ai répondu que non, que cela datait du soir même. Son comportement a alors changé, comme sis ma réponse l’y autorisait. Il m’a fait l’amour. m’a retournée sur le ventre. M’a enculée. Ce que je n’ai pas pu raconter en séance. Est-ce que j’ai crié de douleur. J’ai eu mal. ensuite m’a fait lever. M’a dit de partir, de m’en aller. (C’est incroyable comme les mots se suivent, s’enchaînent). Dans le hall, comme il s’apprêtait à fermer la porte, je lui ai demandé de l’argent, pour prendre un taxi, je lui ai dit que je n’en avais pas. Je ne savais pas où j’étais. Il m’a ri au nez, m’a dit : « Quoi, moi, qui fais travailler des filles, alors qu’il y a en ce moment-même des filles qui travaillent pour moi, toi, tu me demandes de l’argent !!! » et il a fermé la porte. Je suis rentrée en stop. J’étais silencieuse, dans une voiture, la nuit. Je veux dire qu’une sorte d’énorme silence m’a prise, m’a entonnée.
Tiens, plus de papier.
Pourquoi est-ce que quelques jours plus tard, je suis retournée à cette boîte. Pourquoi est-ce que je me suis approchée du garçon au bar, comment, le blond, lui ai-je laissé me dire, d’un ton moquer que je lui avais filé je ne sais quelle maladie « honteuse ». « Tu veux la voir, ma bite, viens, viens voir, tu veux voir dans quel état tu l’as mise ? ». Je me suis éloignée, comment ai-je fait ? Qu’ai-je dit ? en montant les escaliers pour sortir, un jeune qui les connaissait m’a rejointe, m’a dit, mais vraiment gentiment, m’a demandé « pourquoi je faisais ça ». M’a dit que je ne devais plus le faire. Je l’ai écoutée. Les arbres. Il y a beaucoup de vent. Et là-bas, derrière, le ciel. Un bout de ciel.
Tu vois, je ne sais pas pourquoi pendant des nuits, et des nuits, j’ai repensé à ce qui s’était passé. Et c’est vrai, c’était comme de tomber dans un trou. Jamais je n’avais raconté cette histoire. Je n’aurais jamais cru que je le puisse. l’écrire non plus.

Le rêve aux grand appartement, avec Irène :
Irène est une amie dont je n’ai pas pris l’amitié au sérieux, que j’ai perdue à cause de ça, que j’ai aimée plus que ce que je ne croyais – et pas seulement à cause de sa liaison avec mon frère, comme j’ai pu le croire et si j’en crois les nombreuses fois où je repense à elle. J’ai deux frères, que j’aime beaucoup.
Dans le rêve, l’appartement était très grand, comme j’ai pu écrire que l’appartement des 2 garçons était très grand. Et il est aussi vieux que le leur était moderne, aussi poussiéreux que mon souvenir.
Je ne sais pas pourquoi je m’inquiète que nous puissions y vivre séparés. Amies, mais séparées, vivant ensemble mais séparées, nous boudant. J’ai beaucoup boudé dans mon enfance, trop longuement, et il est arrivé avec Anne, une amie homosexuelle, que nous nous soyons boudées plusieurs mois, alors que nous travaillions l’une à côté de l’autre, que nous soyons parties en vacances ensemble, et que nous nous aimions beaucoup.
Maintenant que j’y pense, les deux amies des deux garçons, toujours habillées, coiffées de la même façon, étaient peut-être jumelles. Je me suis demandée, après, si elles « travaillaient » pour ces hommes.
Ces 4 jeunes gens détonnaient fort dans la boîte de nuit. Ils étaient beaux, différents, arrogants, méprisants. Fascinants.

Le rêve avec ma mère cette nuit :
Je ne vois pas le rapport de ce rêve avec tout ceci. Nous étions malades, ma mère ne faisait pas attention à moi, nous étions malades, elle était malade comme la Desperate Housewive vue la veille à la télévision, malade de trop de travail, malade d’être mère. Dans le rêve, je suis écorchée vive sous les pansements. Peut-être cela a-t-il à voir avec ce que j’ai dit de la façon dont je n’ai plus su comment m’habiller après cet événement, comment je n’ai plus pu sortir, comment j’ai totalement perdu mon image. Mais quel rapport avec ma mère ? Elle y a un cancer des poumons, je crois. C’est son torse qui est atteint, tandis que moi, ça se passe plutôt dans la partie inférieure de mon corps. Mon père est mort des poumons. Ma mère est si malade qu’un médecin ferme la porte de sa chambre. Parce qu’elle va peut-être mourir. L’école où je retourne dans mon rêve date de l’époque visée par le souvenir aux deux garçons. Ma mère m’avait dit que quand elle était jeune, elle avait rêvé d’être torturée, pour l’épreuve de sa foi, et qu’elle était brûlée à petit feu, sur des charbons ardents.

“La sensation”

souvenir m’en est revenu dimanche soir – j’avais passé le week-end à la retranscription du cours de jacques-alain miller. J’étais un peu vidée. Contente, mais dans le doute, comme je peux l’être à chaque fois que j’ai passé « trop » de temps à quelque chose, « trop » de temps à un ordinateur. Je voulais me remettre à la séance du lendemain, retourner, réinvestir ça, l’analyse. J’ai pensé aux derniers mots du dernier cours de Jacques-Alain Miller sur la jouissance féminine. Et au débat lors de la Journée de l’intranquillité (in-tranquillité) du psychanalyste – débat qui n’a d’ailleurs pas vraiment un lieu – entre F.  Hugo Freda et Patricia Bosquin-Caroz.*

Ca m’a ramenée à cette sensation que j’avais décrite à G* (précédent analyste lorsque je suis arrivée à paris), probablement parce que ce que je vivais en analyse à ce moment-là m’y avait ramenée), et sur le bord de laquelle je me sentais arriver. L’analyste m’avait dit « C’est un très exemple, une très belle description de jouissance féminine, ce que dont vous me parlez là ». Je n’avais pas été vraiment convaincue, pensant que la jouissance féminine, c’était ce dont, justement,  on ne pouvait pas parler.

Ce dont il s’agit. Quand j’étais enfant, j’ai beaucoup manqué l’école. Je simulais la maladie en faisant augmenter artificiellement la température du thermomètre. Des otites m’étaient à chaque fois diagnostiquées -et, maintenant que j’y pense des angines (blanches). Je pouvais alors rester à la maison – en général une semaine. J’étais alors autorisée à m’installer, à m’aliter,  dans le lit de mes parents, à la place de ma mère.

Parfois, tout d’un coup, ça venait. Ca s’annonçait par une sorte de sensation de ralentissement du temps. Il me semblait que j’entendais le temps ralentir. Tout me semblait aller plus lentement. Rien ne bougeait dans la chambre, mais le temps même des objets inertes m’apparaissait. je l’entendais, ralenti. Le son de la présence des choses m’apparaissait, lent. Alors, couchée sur le dos, les yeux fermés ou ouverts,  des parties de mon corps s’allongeaient, s’éloignaient de moi, allaient loin, très loin, et gonflaient. La sensation était si curieuse que je me suis souvent risquée à la vérifier, à la tester – me disant qu’elle disparaîtrait alors, mais non, je pouvais, presque à volonté, en faire l’épreuve, sur une partie au choix de mon corps. Mes pensées se poursuivaient, au ralenti, j’observais, j’étais dans l’infini, calme, dans un espace noir et infini.

J’avais demandé à ma mère si elle connaissait ça, elle m’avait répondu que c’était probablement dû à la fièvre. Comme je savais que je n’en n’avais pas, j’en avais conclu qu’elle ne connaissait pas. Lors de la dernière séance, lundi, quand je raconte ça, je me souviens, je me rends compte que j’étais alors dans la chambre de mes parents – au même niveau donc que celui de la chambre, de la pièce blanche dont il était question dans un précédent rêve – blanche, vidée et devant être maintenue vide… pour devenir un cabinet d’analyste.

Comme je racontais cette / la sensation au docteur G, il me dit, lui  « c’est ça, vous êtes une usurpatrice ». Oui, cela fait partie du rapport à ma mère, ce sentiment d’avoir été trop aimée par mon père. Mais, dis-je à l’analyste, ce n’est pas de ça dont je voulais parler. Ce dont je voulais parler c’est, sans être à proprement parler de l’amour, ou n’était-ce pas non plus de ce l’amour que je voulais parler – mais de cette identification, ce collage, cette répétition d’elle. Le mot du docteur G était juste. Je ne trouve pas ma place de penser que je l’usurpe. C’est l’histoire de ma vie. Mais ça n’explique pas l’angoisse qui m’étreint aujourd’hui dès que je suis en présence de ma mère ( ravage?).

Une autre chose m’est revenue – mon père était toujours en vie -, je parlais avec ma mère en voiture, j’étais seule avec elle, elle conduisait, j’étais à ladite place du mort et j’ai pensé  « ça devrait toujours être comme ça » (seule avec ma mère).

* en bref,  j’avais surtout pensé que Hugo Freda parlait en homme, d’une façon un peu guerrière, tandis que la parole de Patricia Bosquin pouvait bien venir « d’ailleurs ». il ne me semblait pas qu’elle doive être attaquée, ce qui n’a d’ailleurs pas été le cas, sur la tranquillité qu’elle avait dite avoir éprouvée à la fin de son analyse, et, de façon plus ou moins claire, s’était alors évoquée à moi, la jouissance féminine, ainsi qu’une capacité d’absence que je dirais féminine. j’avais également pensé à ce que lacan dit de la position d’analyste comme position féminine. l’analyste n’est pas analyste tout le temps, il l’est dans le temps de son acte… il me semble qu’il aurait fallu préciser le moment de ladite intranquillité qui si bien parlait à chacun des analystes qui s’est exprimé. et donc j’aurais finalement plutôt parlé en terme d’a-tranquillité. quoi qu’il en soit, l’intranquilllité m’a parue loin de pouvoir prendre place parmi les concepts (fondamentaux) de la psychanalyse – du moins en l’état des travaux au moment de la journée, pratiquement chacun ayant eu à se référer au dictionnaire pour la trouver, commencer de la cerner.  mais elle est bien affaire d’analyste. (éventuellement quelque chose me semblerait n’avoir pas été dit de la difficulté du métier d’analyste, de la façon dont chacun arrivait à se dépatouiller avec ça – mais peut-être est-ce moi qui me suis montrée, dans mon écoute, à certains endroits, de mauvaise volonté.) (et est-ce qu’il est interdit de parler de la « jouissance de l’analyste »? lui est-il interdit de jouir? ils disent, pourtant, aimer, leur métier). bah….

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oblativité dissimulée…

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my life as a to do list



(l’en-faire du devoir)

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le coiffeur, la petite fille, le chat et les pigeons (le rêve)

dimanche matin, métro direction gare d’Austerlitz (pic nic à don. aujourd’hui)

Rêve de cette nuit, du samedi 4 au  dimanche 5

Le voisin d’en face a ouvert un salon de coiffure à côté. Il avait autrefois un établissement en face, je ne sais plus de quoi, mais maintenant il ouvre à côté – a fermé en face.

J’ai un ordinateur. Je suis assise à cet ordinateur grand écran, comme l’ancien. Dans une immense pièce, qui a plutôt quelque chose d’un atelier, qui ressemble un peu à l’entrepôt de houblon à Poperinge.

J’ai un chat. Ce chat s’est fait un copain.

le coiffeur d’à-côté

J’ appelle au téléphone le voisin passé coiffeur pour le féliciter de l’ouverture de son salon de coiffure. Je lui dis que je passerai certainement. Il me dit  « Voulez-vous venir aujourd’hui? » Je dis « Non, non, non, certainement pas aujourd’hui. »

Plus tard,  je le rappelle une deuxième fois. Je ne sais plus pourquoi. En rapport avec l’ordinateur. Il me dit qu’il est très malheureux. ça a un rapport avec sa femme. Je ne vais pas savoir ce qu’il en est. Il ne me dira pas ce qu’il en est.  Mais il me parle.

la petite fille

Vient une petite fille qui a l’air de penser qu’il faut nourrir le chat. Elle n’est pas seule. Je n’y pensais pas. Mais il y a dans sa présence, dans ce qu’elle dit, quelque chose d’intimidant. Je cherche donc de la nourriture. N’en trouve pas.

La petite fille s’apprête à donner à manger elle-même. ça m’embête. Je n’ai pas envie qu’elle se mêle de ça. Ni qu’on pense que je m’occupe mal de mon chat.

Après, je cherche mon chat, et son copain, mais je ne les trouve plus. chats perdus. aussi parce qu’ils sont maintenant très nombreux. très très nombreux. Je me dis que parmi eux je dois arriver à distinguer des bébés chats. sinon, de jeunes chats. je pense que les jeunes chats ne sont pas toujours faciles à distinguer des chats adultes. ils sont un peu plus petits, plus fins. mais je n’en vois aucun.

Les chats se transforment en pigeons.

un chat (S1) – son copain (S2) – des chats (essaim d’S1) qu’une petite fille veut nourrir – des pigeons (viennent remplacer les chats).

Je remarque qu’un certain nombre d’entre eux (+/- 4) portent des gilets sans manche de couleur bleue (indigo) .  un peu à la façon dont les éboueurs ou les « agents » de la ville portent des gilets jaunes. je me dis que cela indique peut-être qu’ils « appartiennent » à quelqu’un, à une société, pour qui ils travaillent.

Deux d’entre eux ensuite deviennent plus grands et sont habillés de la tête aux pieds de vêtements de petite fille. ils ont quelque chose de grotesque, on pourrait vraiment croire que ce sont des humains. « Il ne leur manque que la parole. »

un chat (S1) – son copain (S2) – des chats (essaim d’S1) qu’une petite fille veut nourrir – des pigeons – des travailleurs urbains – 2 petites filles grotesques et muettes.

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– et toi, bois-tu quand tu as soif?

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un beau carré je voudrais. un peu long. juste sous les épaules. et puis, aussi, blonde.

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sur la lenteur

Marie-Monique Morre-Lambelin

jamais on n’ira assez lentement

ni pour les autres, ni pour soi

Alain, à Marie-Monique Morre-Lambelin, mars 1910

éléments d’interprétation : le voisin et le coiffeur


1. élément de la veille1

La veille au soir du rêve comme je pénétrais dans la chambre sombre, j’ai surpris un voisin d’en face,  pas celui que nous avons l’habitude de voir, un autre, que je voyais pour la première fois accoudé sa fenêtre qui fumait et me regardait. Je me lavais les dents. J’ai pensé qu’il avait une vue directe sur le lit. Je me suis plus tard approchée de la fenêtre, et alors qu’il était encore en face de moi, l’air de rien, j’ai tiré les rideaux. J’ai dû plus ou moins consciemment pensé que j’aurais pu lui plaire.


2. dans le rêve : voisin qui était en face ferme et s’installe à côté



2. 1. fermeture de l’eurl

Le voisin qui  autrefois était en face s’établit maintenant à côté, après avoir fermé son premier établissement. dans l’immédiat, ça ne m’évoque rien , sinon, peut-être que j’ai dû moi-même « fermer » mon eurl pour pouvoir l’ouvrir à la nouvelle adresse – suite au déménagement.
voisin = moi ? En tout cas quelque chose se ferme ou est voulu fermé.


2. 2. à côté vs en face // disparition du regard

en face : On se  voit (nous avons effectivement un voisin en face qui passe beaucoup de temps à sa fenêtre)

à côté : On ne se voit pas, on ne se voit plus. Je ne le vois pas, il ne me voit pas.



2.3. En analyse aussi, on peut passer du face à face (entretiens préliminaires, d’ordinaire) au « sur le côté » = le divan.


2.4. Par ailleurs, la rue disparaît qui nous séparait le voisin et moi,  qu’empruntaient les regards. Le lien se fera maintenant par la voix (téléphone)


3. le coiffeur


3.1. C’est la deuxième fois que je rêve récemment d’un coiffeur. d’un salon de coiffure.


Comme je passais devant chez le coiffeur du coin de la rue le samedi, la veille du rêve2, j’ai pensé à ce à quoi j’avais auparavant pensé, et d’ailleurs noté ici, à propos du premier rêve, qu’il me faudrait aller chez le coiffeur à chaque fois que j’irais en visite quelque part – et même lorsque nous irions chez mes beaux-parents (ce qui n’est pas tellement étonnant finalement, puisque c’est certainement l’une des seules visites que nous rendions couramment… c’est dire!) Or ça donc, nous avions justement à les voir le lendemain, je pensais donc qu’il faudrait que j’y aille chez ce coiffeur devant lequel je passais, mais ne passais pas seule et tirant un caddie plein d’une lessive encore à faire  à la laverie où nous allions, jules et moi, un peu plus bas dans la rue.


Et dans le rêve je me disais « non, non, non, certainement pas aujourd’hui, samedi » et je m’étonnais de ce que le coiffeur me propose de venir alors que nous étions samedi, jour selon moi d’affluence dans les salons. Ensuite j’avais pensé que peut-être, comme c’était son premier jour, l’inauguration, il n’avait pas beaucoup de clients.


3.2. « Le coiffeur est très malheureux.  Je lui dis que je peux l’écouter. Il me parle.  Ça a un rapport avec sa femme. « 

La veille3 dans Lost, un homme marié (Goodwin) dit à une femme qui pleure (Juliet) qu’il est là, qu’il peut l’écouter. La femme de cet homme est son psy, le psy de la femme qui pleure. Ils deviendront amants. La femme qui pleure deviendra l’amante du mari de son psy. L’épisode est intitulé « L’autre femme ».


4. être vu / se faire voir


être vu (passif) –> se faire voir (actif)


être vu : position où je suis quand le voisin est en face.

se faire voir : position où je me mettrais si j’allais chez le coiffeur pour // me faire voir …


Etre vu, passif, on y est pour rien, c’est l’autre qui voit.

Se faire voir, c’est faire ce qu’il faut en sorte qu’on soit vu (de façon à supporter de l’être) – c’est assumer ce désir-là, d’être l’objet du regard. Dans l’être vu, c’est l’autre qui assume, dans le se faire voir, l’autre n’est plus là, on va vers lui.


Donc, quand le coiffeur passe à côté c’est cessé d’être vu (par le voisin d’en face) et chercher (activement) à se faire voir (en se faisant arranger chez le coiffeur, en participant à la fabrique de son image).


Je ne crois pas que ce soit de cela qu’il s’agisse dans la lecture par Lacan de la pulsion freudienne, de la pulsion de voir, du « voir / être vu » à quoi il préfère  la formule, la traduction : « voir / se faire voir ».  je ne pense pas qu’il pense alors à l’implication active du sujet dans la pulsion – enfin si :  » le sujet, il se donne un mal de chien pour chercher à … se faire…  » ( faut que je retrouve la citation exacte. c’est dans le séminaire XI) et moi-même, j’avais déjà noté à l’époque de cette lecture : je supporte d’être lue – d’être l’objet lu – le livre lu // mais je ne fais pas ce qu’il faut pour me « faire lire »


dans les 2 cas
voir/ être vu
voir / se faire voir


la pulsion accomplit son tour complet, le tour de l’objet ; mais dans les exemples que je donne, un désir apparaît, un sujet se détache de son objet. Freud disait : un sujet apparaît, dans la pulsion un nouveau sujet apparaît. ça m’avait beaucoup frappée.


être l’objet du regard

être l’objet de la lecture

l’Autre est là, c’est lui qui regarde, assume le désir, veut voir


se faire (être) l’objet du regard

se faire (être) l’objet de la lecture

l’Autre n’est plus là (voisin d’en face), il faut aller le chercher. il faut chercher à se faire voir, lire de lui. Le désir de l’Autre devient celui de l’un.


on peut noter aussi que l’être est ici « tombé » comme l’a été  la rue / le lieu du regard /


l’être ici se pare (« se parare ») . enfin, c’est ce dont il est question dans cette histoire de voisin et de coiffeur. et encore, le coiffeur est passé à côté, le voisin n’est plus en face, mais moi, je ne suis pas passée chez le coiffeur.


bon, faut que je retrouve mes notes.





Notes:
  1. comment est-ce qu’il les appelle, Freud, encore, ces éléments de la veille?? []
  2. 2è élément de la veille []
  3. 3° élément de la veille. []
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