10 septembre 2010

éléments d’interprétation : le voisin et le coiffeur


1. élément de la veille1

La veille au soir du rêve comme je pénétrais dans la chambre sombre, j’ai surpris un voisin d’en face,  pas celui que nous avons l’habitude de voir, un autre, que je voyais pour la première fois accoudé sa fenêtre qui fumait et me regardait. Je me lavais les dents. J’ai pensé qu’il avait une vue directe sur le lit. Je me suis plus tard approchée de la fenêtre, et alors qu’il était encore en face de moi, l’air de rien, j’ai tiré les rideaux. J’ai dû plus ou moins consciemment pensé que j’aurais pu lui plaire.


2. dans le rêve : voisin qui était en face ferme et s’installe à côté



2. 1. fermeture de l’eurl

Le voisin qui  autrefois était en face s’établit maintenant à côté, après avoir fermé son premier établissement. dans l’immédiat, ça ne m’évoque rien , sinon, peut-être que j’ai dû moi-même « fermer » mon eurl pour pouvoir l’ouvrir à la nouvelle adresse – suite au déménagement.
voisin = moi ? En tout cas quelque chose se ferme ou est voulu fermé.


2. 2. à côté vs en face // disparition du regard

en face : On se  voit (nous avons effectivement un voisin en face qui passe beaucoup de temps à sa fenêtre)

à côté : On ne se voit pas, on ne se voit plus. Je ne le vois pas, il ne me voit pas.



2.3. En analyse aussi, on peut passer du face à face (entretiens préliminaires, d’ordinaire) au « sur le côté » = le divan.


2.4. Par ailleurs, la rue disparaît qui nous séparait le voisin et moi,  qu’empruntaient les regards. Le lien se fera maintenant par la voix (téléphone)


3. le coiffeur


3.1. C’est la deuxième fois que je rêve récemment d’un coiffeur. d’un salon de coiffure.


Comme je passais devant chez le coiffeur du coin de la rue le samedi, la veille du rêve2, j’ai pensé à ce à quoi j’avais auparavant pensé, et d’ailleurs noté ici, à propos du premier rêve, qu’il me faudrait aller chez le coiffeur à chaque fois que j’irais en visite quelque part – et même lorsque nous irions chez mes beaux-parents (ce qui n’est pas tellement étonnant finalement, puisque c’est certainement l’une des seules visites que nous rendions couramment… c’est dire!) Or ça donc, nous avions justement à les voir le lendemain, je pensais donc qu’il faudrait que j’y aille chez ce coiffeur devant lequel je passais, mais ne passais pas seule et tirant un caddie plein d’une lessive encore à faire  à la laverie où nous allions, jules et moi, un peu plus bas dans la rue.


Et dans le rêve je me disais « non, non, non, certainement pas aujourd’hui, samedi » et je m’étonnais de ce que le coiffeur me propose de venir alors que nous étions samedi, jour selon moi d’affluence dans les salons. Ensuite j’avais pensé que peut-être, comme c’était son premier jour, l’inauguration, il n’avait pas beaucoup de clients.


3.2. « Le coiffeur est très malheureux.  Je lui dis que je peux l’écouter. Il me parle.  Ça a un rapport avec sa femme. « 

La veille3 dans Lost, un homme marié (Goodwin) dit à une femme qui pleure (Juliet) qu’il est là, qu’il peut l’écouter. La femme de cet homme est son psy, le psy de la femme qui pleure. Ils deviendront amants. La femme qui pleure deviendra l’amante du mari de son psy. L’épisode est intitulé « L’autre femme ».


4. être vu / se faire voir


être vu (passif) –> se faire voir (actif)


être vu : position où je suis quand le voisin est en face.

se faire voir : position où je me mettrais si j’allais chez le coiffeur pour // me faire voir …


Etre vu, passif, on y est pour rien, c’est l’autre qui voit.

Se faire voir, c’est faire ce qu’il faut en sorte qu’on soit vu (de façon à supporter de l’être) – c’est assumer ce désir-là, d’être l’objet du regard. Dans l’être vu, c’est l’autre qui assume, dans le se faire voir, l’autre n’est plus là, on va vers lui.


Donc, quand le coiffeur passe à côté c’est cessé d’être vu (par le voisin d’en face) et chercher (activement) à se faire voir (en se faisant arranger chez le coiffeur, en participant à la fabrique de son image).


Je ne crois pas que ce soit de cela qu’il s’agisse dans la lecture par Lacan de la pulsion freudienne, de la pulsion de voir, du « voir / être vu » à quoi il préfère  la formule, la traduction : « voir / se faire voir ».  je ne pense pas qu’il pense alors à l’implication active du sujet dans la pulsion – enfin si :  » le sujet, il se donne un mal de chien pour chercher à … se faire…  » ( faut que je retrouve la citation exacte. c’est dans le séminaire XI) et moi-même, j’avais déjà noté à l’époque de cette lecture : je supporte d’être lue – d’être l’objet lu – le livre lu // mais je ne fais pas ce qu’il faut pour me « faire lire »


dans les 2 cas
voir/ être vu
voir / se faire voir


la pulsion accomplit son tour complet, le tour de l’objet ; mais dans les exemples que je donne, un désir apparaît, un sujet se détache de son objet. Freud disait : un sujet apparaît, dans la pulsion un nouveau sujet apparaît. ça m’avait beaucoup frappée.


être l’objet du regard

être l’objet de la lecture

l’Autre est là, c’est lui qui regarde, assume le désir, veut voir


se faire (être) l’objet du regard

se faire (être) l’objet de la lecture

l’Autre n’est plus là (voisin d’en face), il faut aller le chercher. il faut chercher à se faire voir, lire de lui. Le désir de l’Autre devient celui de l’un.


on peut noter aussi que l’être est ici « tombé » comme l’a été  la rue / le lieu du regard /


l’être ici se pare (« se parare ») . enfin, c’est ce dont il est question dans cette histoire de voisin et de coiffeur. et encore, le coiffeur est passé à côté, le voisin n’est plus en face, mais moi, je ne suis pas passée chez le coiffeur.


bon, faut que je retrouve mes notes.





Notes:
  1. comment est-ce qu’il les appelle, Freud, encore, ces éléments de la veille?? []
  2. 2è élément de la veille []
  3. 3° élément de la veille. []
Retrouver les posts du mois de septembre 2010 | catégories : coiffeur fillette chats pigeons | |
Top