mardi 25 mai 2010 · 18h03

mais qui, est l’amant de ma mère qui a tué mon père

 

Mon père m’est apparu. Le spectre de mon père. Son blanc spectre. M’a dit vivre un enfer. Cela m’est pénible à raconter. Purgatoire. Il me demande de le venger. Il me dit avoir été assassiné. Dans la fleur de ses péchés. Non pas de sa jeunesse, de ses péchés. C’est pourquoi il doit souffrir, souffre encore,  après la mort. Il a été tué par l’amant de ma mère. Il me demande de tuer cet amant. Je ne sais de quels péchés il me parle, qui, à l’heure qu’il est, m’inquiètent plus que son meurtre. Car
je ne connais pas d’amant à ma mère.

 

Je la connais douce et calme. Je la connais très angoissante, et plus encore depuis la mort de mon père. Il me semble que si elle avait un amant, angoissante elle le serait moins. Elle me pétrifie. Je pense maintenant à elle comme si elle avait tué mon père, or, ce n’est pas ça que le spectre, blanc, m’a dit. Le spectre m’a parlé de l’amant de ma mère. Je ne lui en connais pas, tout se bloque, dans mon esprit. [...]  Lire la suite >

samedi 24 août 2013 · 19h29

Prit alors la parole une petit fille qui m’est très chère, avancée en robe blanche dans le cercle formé à la tombée du jour, joliette blanche fait un pas vers le feu central.

Ça aurait pu être un petit garçon, dont vous imaginez déjà les culottes courtes puisque nous sommes à l’été, petit garçon, enfant de la petite fille en d’autres époques. Ou encore, car, voyons qui le sait qui parle, ou ce qui parle, l’un de ces hommes plus si jeunes, pieds et torse nu, grand maigre encore chat, cheveux délavés, appartenant probablement au groupe de ceux qui aiment également les congénères de même sexe. Il ou elle, vieux ou enfançonne, différemment chacun, dit :

Le désir, ce mot que les hommes avait inventé pour mettre en boîte un peu de la matière, qui d’ailleurs y résistait, se rebellait, s’en réchappait, le laissant exsangue, jusqu’à ce que son utilisateur, l’utilisateur de ce mot, arrive à en récupérer une nouvelle part, s’en qu’il en sût rien, presque toujours autre, de cette chose dont les hommes n’avaient aucune idée de ce qu’elle était , si étrangère à l’essence des mots, toujours et partout une, mais dans l’immensité, si peu propre à être nommée que sa matière pouvait servir à remplir beaucoup d’autres mots, dans des proportions plus ou moins moindres, leur apportant toujours une teinte différente, de la plus souhaitée à la plus effroyable. [...]  Lire la suite >

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