jeudi 9 mai 2002 · 16h44

le salaire de l’horreur / off cause

L’impasse au travail a parfois le visage du rapport que fantasme le sujet à celui qui le met au travail. Le rapport fantasmatique. C’est l’Autre qui veut, que je travaille. Il en jouit, que je me meure au travail. Je me meurs, je me tue au travail. Meurs, tue-toi. Pour quelle gloire de l’Autre ? Quelle gloire, ou seule subsistance ? Nourris-toi des sueurs de mon labeur. Nourris-toi et tais-toi, nourris-toi, et étrangle-toi, que je n’entende plus que ta voix. Mon patron. Ah, mon patron. Ma patronne. Mon chef, mon supérieur. Cette engeance. Qui ne rêve de rien d’autre que de me foutre dehors, sauf que c’est moi qui rêve, ces cauchemars. J’ai rêvé cette…

mardi 31 janvier 2006 · 12h12

mot d’ordre : travail

Obéisseuse   cela dit, si j’en crois ce qui me réveille la nuit, je ne ferais fondamentalement pas la différence entre écrire et n’importe quoi d’autre. et ce qui me réveille la nuit, ça n’est pas tant le désir d’écrire que le travail, que mon travail, celui auquel je travaille trop, qui n’a d’autre raison que de me nourrir et dont je ne suis pas particulièrement fière. celui que je fais à défaut d’arriver à en faire un autre (inhibition). pourtant, c’est lui, qui me réveille. lui, bien plutôt que l’écriture qui sur une échelle de valeur de l’idéal vaudrait pourtant mieux. pourquoi donc ce travail auquel je ne tiens pas, me réveille-t-il, la nuit.…

vendredi 15 octobre 2010 · 13h45

sur la honte, l’aristocratie et le signifiant-maître

la question que je viens de me poser sur la "noblesse de l'inconscient" me conduit à ce texte  : Une certaine forme de honte a donc disparu : la honte qui était liée à l’honneur, à la pudeur, mais aussi à tout un monde de dignité, de noblesse, voire d’aristocratie. Dans le nouveau monde qui s’ouvre, il n’est plus question de sacrifier sa vie pour l’honneur ni de « mourir de honte». Jacques-Alain Miller interprète ce changement comme l’abandon d’un au-delà de la vie qui réduit celle-ci au « primum vivere», à la vie « pure et simple ». Une vie humaine dont le sujet ne serait mais plus marqué par un blason, un signifiant-maître, ni par un rapport à…

mercredi 20 octobre 2010 · 22h59

/ lettre pour la mort /

ceci, encore, C'est pourquoi Lacan présente, au début de cette leçon, le terme heideggérien de l'être-pour-la-mort comme «la carte de visite par quoi un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant». Il donne à ce S1 la valeur de la carte de visite, qui est «l'être-pour-la-mort». Extrait de "Note sur la honte", Jacques-Alain Miller (5 juin 2002)        

jeudi 21 octobre 2010 · 00h24

«Le secret du désir est le secret de toute noblesse»

Lancé dans cette voie, je donnerai toute sa valeur à ce que Lacan dit au passage de son texte sur Gide, que «s'intéresser à sa singularité, c'est la chance de l'aristocratie». Voilà un terme que nous n'avons pas coutume de faire résonner et qui pourtant s'impose lorsqu'on reprend la position de Lacan devant ce fait de civilisation qu'a été Vincennes. Tout indique que ce qu'il a rencontré là, il l'a classé dans le registre de l'ignoble, et qu'il a eu, devant cette émergence d'un lieu où la honte avait disparu, une réaction aristocrate. Cette aristocratie est pour lui justifiée parce que le désir a partie liée avec le signifiant-maître, c'est-à-dire avec la noblesse. Ce pourquoi…

jeudi 21 octobre 2010 · 12h32

Je me disais : «Honneur, honneur, où dit-il cela?»

On le trouve par exemple d'emblée lorsqu'il fait le compte rendu d'un de ses derniers Séminaires, «... ou pire» : «D'autres s'... oupirent. Je mets à ne pas le faire mon honneur. » Ce mot «honneur» consonne avec toute cette configuration que j'ai dessinée. Ce n'est pas seulement l'honneur de Lacan Jacques puisqu'il ajoute : «Il s'agit du sens d'une pratique qui est la psychanalyse.» Le sens de cette pratique n'est pas pensable sans l'honneur, n'est pas pensable si ne fonctionne pas l'envers de la psychanalyse qui est le discours du maître et le signifiant-maître qui est installé à sa place. Pour le faire recracher au sujet, il faut d'abord qu'il en ait été marqué.…

jeudi 21 octobre 2010 · 12h42

«Le blason que le feu d’une rencontre a imprimé sur le sujet»

Lacan n'ayant pas encore élaboré dans son formalisme ce signifiant-maître, l'appelle, dans son texte sur Gide, «le blason» du sujet, terme qui est bien là pour résonner avec celui d'honneur : «Le blason que le feu d'une rencontre a imprimé sur le sujet». Il dit aussi : «Le sceau n'est pas seulement une empreinte mais un hiéroglyphe», etc. Chacun de ces termes pourrait être étudié dans sa valeur propre. L'empreinte est simplement une marque naturelle, le hiéroglyphe on le déchiffre, mais il souligne que, dans tous les cas, c'est un signifiant, et son sens est de n'en pas avoir. On peut anticiper que cette marque singulière est ce qu'il appellera plus tard le signifiant-maître qui…

dimanche 7 novembre 2010 · 20h33

stigma

L'image - le distinct L'image est toujours sacrée, si l'on tient à employer ce terme qui prête à confusion (mais que j'emploierai tout d'abord, provisoirement, comme un terme régulateur pour mettre la pensée en marche). Le sens de "sacré" ne cesse en effet d'être confondu avec celui de "religieux". Mais la religion est l'observance d'un rite qui forme et qui maintient un lien (avec les autres ou avec soi-même, avec la nature ou avec une surnature). La religion n'est pas, de soi, ordonnée au sacré. (Elle ne l'est pas non plus à la foi, qui est encore une autre catégorie.) Le sacré, quant à lui, signifie le séparé, le mis à l'écart, le retranché. En…

jeudi 18 novembre 2010 · 12h52

Note sur la honte

1. Honte et culpabilité «Mourir de honte» est le signifiant par lequel Lacan entamait sa dernière leçon du Séminaire L'envers de la psychanalyse: «Il faut le dire, mourir de honte est un effet rarement obtenu.» Ce terme de honte ne se rencontre pas là par hasard pour donner un point de départ, puisque Lacan va clore cette leçon ainsi «S'il y a à votre présence ici, si nombreux, des raisons un peu moins qu'ignobles, c'est qu'il m'arrive de vous faire honte. » Éric Laurent a fait un exposé particulièrement stimulant [1], se demandant s'il appartient bien au psychanalyste d'en rajouter sur cette honte, et s'il ne prendrait pas par là la relève du moraliste. Ce…

lundi 14 janvier 2013 · 14h31

La grand’route et le signifiant « être père » (extraits)

  "La route, voilà un signifiant qui mérite d'être pris comme tel - la route, la grand-route sur laquelle vous roulez avec vos divers ustensiles de locomotion, la route qui va par exemple de Mantes à Rouen. Je ne dis pas Paris, qui est un cas particulier. L'existence d'une grand-route entre Mantes et Rouen est un fait qui à soi tout seul s'offre à la méditation du chercheur. Supposons que - comme il arrive dans le sud de l'Angleterre, où vous n'avez ces grand-routes que d'une façon excessivement parcimonieuse - vous ayez à passer, pour aller de Mantes à Rouen, par une série de petites routes, comme celle qui va de Mantes à Vernon, puis…

vendredi 12 décembre 2014 · 14h20

Variations sur Deux notes, Philippe Cullard

Exposé à Strasbourg le 7 mars 1999, à la Journée d'étude Metz-Nancy-Strasbourg, "L'enfant, l'adolescent et l'agressivité". La partition de la symptomatologie infantile que Lacan expose, en quelques lignes denses, dans ses "Deux notes" (( Lacan (J.), "Deux notes sur l'enfant", Ornicar?, n° 37, Paris, Navarin éditeur, 1986, p. 13-14. ))  remises à Jenny Aubry, peut en imposer, à une première lecture - parfois retenue dans notre communauté - pour une correspondance avec la dichotomie classique névrose-psychose. Cependant, dans le commentaire de Jacques-Alain Miller intitulé "L'enfant et l'objet" (( Miller (J.A.), "L'enfant et l'objet ", Colloque EEP à Lausanne, 1er et 2 juin 1996,  La petite girafe, 18, Institut du champ freudien, décembre 2003, p. 7. ))…

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