jeudi 2 octobre 2014 · 10h52

2 octobre 2014

Et pourtant je ne peux qu’adorer cette loyauté, cet héroïsme qui nous dit : tant que nous produirons, sans cesse, des souffrances absolument inutiles, abominables; tant que nous saurons que, chaque seconde qui passe, quelqu’un, homme ou animal, se fait torturer, assassiner, tabasser, mutiler, violer, exproprier de son être; alors la prétention de quelqu’un à écrire, penser, créer sans faire cas de cette souffrance surnuméraire est nulle et non avenue.

vendredi 3 octobre 2014 · 13h04

Artistes sans œuvres de Jean-Yves Jouannais,
— I would prefer not to

On trouvera ici des extraits du livre de J-Y Jouannais (les italiques [entre crochets, souvent]  indiquent mes propres annotations) que je note au fil de ma lecture, pour m'en souvenir.  Les numéros que l'on rencontre çà et là correspondent aux numéros de page.  Il arrive aussi que je me renseigne sur internet à propos des personnes ou des textes cités et que j'inclue ici ce que je découvre. Artistes sans œuvres 1. Publier ou non son cerveau « L’homme parfait est sans moi, l’homme inspiré est sans œuvre, l’homme saint ne laisse pas de nom. »  —Tchouang-Tseu p. 9 "Pendant un siècle, les Wittgenstein ont produit des armes et des machines, puis, pour couronner le tout,…

lundi 6 octobre 2014 · 14h51

addict est le nom de symptôme de la jouissance

Lacan annonçait en 1946 une montée en force du surmoi, que plus tard dans son enseignement il définira, en le différenciant de l’Idéal du moi, par l’impératif de jouissance : «Jouis». La généralisation du terme «addiction» est le symptôme qui réalise l’accomplissement de cette montée. Addict est donc le nom de symptôme de la jouissance, et le succès du terme rend manifeste le triomphe de cette dernière sur le désir, enraciné qu’il est dans une division du sujet que, précisément, l’addiction à quelque substance que ce soit fait s’évanouir. Ledit «manque» est, lui, d’un tout autre ordre que le désir. Il relève de la volonté, entendez la volonté de jouissance que Sade mit en scène. L’Expérience…

mercredi 8 octobre 2014 · 17h04

Frédéric Lordon – La révolution n’est pas un pique-nique

[e t Frédéric Lordon (( Frédéric Lordon est Directeur de recherche au CNRS, économiste passé chez les philosophes. Développe un programme de recherche spinoziste en économie politique et en sciences sociales. A récemment publié Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique, 2010), D'un retournement l'autre, comédie sérieuse sur la crise financière (Seuil, 2011) et La société des affects (Seuil, 2013)  )) de sous-titrer son exposé :"Analytique du dégrisement" --- Or ça, je ne lui trouve rien de dégrisant à son analyse : que du contraire : pour ma part ça m'a bien COMPLÈTEMENT grisée...] j'ai trouvé là, http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-revolution-n-est-pas-un-pique-153918 , le texte complet.  Notes : penser la révolution sans se raconter des histoires, partir d'une étroite ligne…

jeudi 9 octobre 2014 · 19h47

le saisissement moelleux des corps

ce... « saisissement moelleux des corps » de Frédéric Lordon, comme il dit bien comment le capitalisme nous fait jouir . consommer est jouissance ( ça dé-pense , ça jouit) . nous cantonne au régime du chacun pour soi . et nos désirs se réduisent à ce que nous dictent nos addictions - l'addiction qui concerne la jouissance possible, celle du besoin rassasié (ce besoin que Lacan oppose au désir) . le capitalisme joue de ça, produire un discours qui nous autorise=pousse à jouir en dépit du désir (parce que le désir lui n'a rien à voir avec ça, le désir ne veut pas jouir . ) capitalisme appareille nos corps aux objets qu'il produit…

vendredi 17 octobre 2014 · 11h45

dans l’éclipse du croire

L'ironie, que lui opposer sinon une forme du croire. Et la certitude. Or, la certitude n'est pas communicable. N'est pas un sentiment sur lequel on peut compter, est capricieuse. Les conditions de son apparition ne sont pas connues. En son absence, la croyance peut faire fonction. Emportant le doute avec elle. La certitude ne se révèlera jamais plus longtemps qu'un moment (dans un déchirement). Elle fonde l'acte de l'artiste. A l'occasion, fond sur le regardeur. L'ironiste, lui, connaît bien la certitude mais ne supporte pas les semblants du croire. La certitude n'est pas loin d'offrir les caractères de l'hallucination. Du croire, aujourd'hui, Dieu ne s'offre plus comme garant de la certitude.

lundi 20 octobre 2014 · 12h34

Quelqu’un a voulu (que je sois sans culotte)

Rêve. Recommence à travailler à Emak. Tout est à l'extérieur. B s'occupe beaucoup de moi. Très gentiment. Très, très gentiment. Il me semble que ma mère  est là aussi, gentille aussi. B glisse sa main sous ma jupe ou dans le tuyau de mon pantalon. Je crains qu'il ne sente que je n'ai pas de culotte et que ça ne lui donne de mauvaises indications sur moi. C'est quelqu'un d'autre qui avait voulu cela, que je n'aie pas de culotte. Que j'aie une jupe ou porte une robe et sois sans culotte. J'ai eu un autre rêve où il y avait ça. Et avant ça, un autre rêve encore. Quelqu'un avait voulu que je n'aie…

jeudi 23 octobre 2014 · 10h57

Plus rien ne s’oppose à la nuit

Récemment bouleversée par lecture de Plus rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Probablement parce que s'y nouent suicide et écriture. DdV décidé d'écrire ce livre peu après le suicide de sa mère. Elle aurait préféré ne pas (not to), elle aurait de loin préféré ne pas le faire mais elle ne peut faire autrement, elle n'a pas le choix. Elle décide donc d'écrire la vie de sa mère, de tenter de tracer ce qui la menée au suicide. De tenter d'écrire cette vie. (le suicide souvent m'a paru inéluctable.)

samedi 25 octobre 2014 · 12h53

Mehdi Belhaj Kacem et la théorie du complot

extraits: que la thématique du complot se confond peut-être bien avec la littérature elle-même... identité du littéraire moderne et de la persécution... théorie oblique du complot la question de la phrase... je suis obsédé par cette question de la phrase. et plus exactement à ce qu'à mes risques et périls j''appellerais les phrases héroïques... questionnement sur l'héroïsme venu à la lecture de Philippe Lacoue-Labarthe... espèce d'antonin artaud de l'université  ... héroïsme qui est celui de baudelaire ou de benjamin ... "qu'on peut soutenir que la littérature moderne ne naît non pas avec le roman mais avec l'auto-biographie... " la question autobiographique s'est mêlée à un délire du complot ... héroïsme moderne ... lien entre héroïsme…

dimanche 26 octobre 2014 · 18h24

Re: livres du moment / Artistes sans oeuvres et Rien ne s’oppose à la nuit

j'ai terminé, il y a quelques temps, la lecture de jean-yves jouannais, Artistes sans œuvres, aussitôt reprise pour ne pas le perdre de suite, ce livre que j'avais aimé. je l'ai perdu quand même, je suis faite de sable. cette nuit j'ai pensé, parce que je pense à n'importe quoi, pendant que dorine faisait voyage en ritaline, que le livre aurait aussi bien pu s'appeler Artistes sans noms, puisque c'est d'eux aussi bien qu'il est question dans ce livre, des noms que ne se font pas toujours les artistes. livre qui m'a soutenue le temps de sa lecture, car il absout, ou le tente, tant de l’œuvre que du nom. c'est-à-dire de l'absence d’œuvre que…

lundi 27 octobre 2014 · 13h49

malade de pensée / l’impression est toujours forte

Malade de pensée. Cherche en ce moment à quoi me raccrocher. L'impression que me font mes lectures (( aussi bien que les conférences que j'écoute, dont je poste les vidéos ici. ))  est toujours forte. Mais je ne sais que faire de cette force ni ce qu'elle signifie. De quoi s'agit-il de quoi s'agit-il ? Que fais-je ? Peut-être cherchai-je seulement à me raccrocher au monde. S'il me fallait parler / témoigner de ce qui M'affecte Torture Le plus Il s'agirait probablement de mes pensées Elles qui me sont le plus familières Elles qui sont la matière de mon malheur Lequel ne doit pas être si grand dira-t-on dès lors C'est que j'y suis enfermée…

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