mardi 3 février 2009 · 21h49

2320; je pose les limites

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oui, j’ai beaucoup pleuré. comme espéré. suffoqué, voulu partir.  » mais, laissez-moi un peu de temps », dit-il.

mardi,

il a neigé il ne neige plus.

* 09:05, faire liste
*09:10 laver les cheveux
* 09:19 ouvrir CielCompta
* 09:20 ouvrir Ciel DevisFactures
* 09:22 sortir papier banques,  * 09:24 ouvrir volets
* 09:29  imprimer factures
* 10:03 refaire café, commencer sécher cheveux, remettre pull + crème mains
* 10:13 imprimer états TVA
* 10:17 rassembler papiers, ranger bureau

STOP STOP STOP :
10:21 : se rendre compte que j’ai rendez-vous à 10 heures !!!!!  téléphoner
10:31, me changer mettre une goutte de parfum partir

* 10:45 terminer cheveux

* partir

a.m.:
* tél. JP
* poste, paquets f
* chercher recette
* cuisiner
* 16:15 : allerchercher jules

11:54, être revenue, écrire : les gens ne reculent devant rien en effet, ils écrivent : On avait remarqué que cet artiste ne reculait pas devant l’illimité mais le convoquait dans chaque travail. ah, ça, moi, je pose les limites.

12:08 : écrire : j’ai fait beaucoup en prenant soin de n’obtenir aucun résultat. à quoi ma foi je réussis. rater, je sais faire. tout de même est-ce que je suis si antipathique que cela? les gens de l’X.Y.Z. ne sont pas très polis. cela dit.

12:15 : F. va téléphoner, prendre un médicament pour ma dent, ranger le bureau, merefaire un café, préparer l’après-midi

12:27 sur facebook dans religion j’avais écrit « il y a ce que je veux et ce dont je ne veux pas« . la volonté ne nous doit rien. et a cette cruauté de se suffire à elle-même. il y a trop d’objets sur ce bureau. il fait froid. le chauffage est au maximum. jp m’écrit « baci sorellissima » je réponds :  oui.

13:36 : je diminue le chauffage. les belges, djos, jef / réémerger // oui déjà en belg. on me disait que j’avais un accent étranger… ///

13:42 ouvrir la fenêtre lancer une lessive couleurs fragile boire

13:50 refermer la fenêtre, chercher un disque de janacek Leo Janácek, « Lettres intimes ». Janacek a entendu avant que de voir. voyait le monde avec ses oreilles.

Déesse du Bocq de jef lambeau place van meenen
Déesse du Bocq de Jef Lambeau Place Van Meenen

13:54 enlever mon pull, chercher l’aspirateur. les carnets, l’antiride, le fil dentaire. mètre pliant jaune et noir, cables, écouteurs, pince à manche rouge, téléphone, gratoirs pointe sèche,  gommes, crayons, papier vierge, facture, le papier à recycler. agrafe. mots. je tiens en main un objet dont je n’arrive plus à me souvenir du nom. je le range. les agrafes aussi, l’aiguille, les trombones. l’écharpe, la pierre de la tombe de mon père. l’encre noire. le capuchon du feutre à encre argentée. les ciseaux de la couture de mon poignet. les sculptures d’annick. les ciseaux décapsuleurs. la montre en 2 morceaux. les boucles d’oreilles en argent de ma mère. une poignée de porte de l ‘appartement place van meenen, en cuivre. où déposer la montre que je dois réparer. le coffret à bijoux. place toute indiquée. souvenir de djoss marc jean pierre. feuilles mortes, pétale, poussière. djoss parle qq part de l’imbécilité qu’il y aurait à conclure. où est mon casque. j’attends l’heure du coup de fil à jp. la dia d’un paysage noir près de boubon (niger), un phare de vélo, gaddis william, son livre, un éléphant indien vert. du papier photo. le budget annoté par f. un livre intitulé défense de mourir. j’ai perdu la connexion.  je suspends le calendrier chinois. je récupère la connexion. mandarine et verre d’eau. 14:56

 

 

16:15 : aller chercher jules
chercher recette petit salé lentilles, gouter, cuisiner, la table, se disputer, mettre jules au lit

vendredi 17 avril 2009 · 09h58

rêve : je vais rater un examen parce que je fais trop de mise en page

vendredi 17 janvier 2025. à la recherche de quelque chose qui s’est passé en 2009, je recopie ici un rêve trouvé dans un vieux carnet. la date indiquée est « avril 2009, vendredi ». donc, ce peut être le 3, 10, 17 ou le 24. je le publie au 17. c’est à une période « où je ne fais plus d’internet », où le blog est fermé.

avril 2009 – vendredi

donc « je ne fais plus d’internet ». je n’écris plus de blog.

rêve de cette nuit :

je ne peux pas m’empêcher de retravailler à une mise en page, à un dessin.
me viennent de plus en plus d’idées pour des dessins.
au lieu de ça, je devrais revoir mon examen, l’examen qui va bientôt avoir lieu.
cet examen que j’aurais dû réussir, je sais que je vais mainteant le rater parce que je m’occupe trop de cette mise en page.
je décide que si je rate cette année et la recommence (pour la 3ème fois), j’apprendrai à dessiner.
je suis fâchée sur mes parents (nous nous sommes auparavant disputés).
ma tante arrive, Titi – je lui dis à elle – que je vis un enfer à attendre cet examen. mais que je vais le faire et que si je rate, j’apprendrai à dessiner.


vendredi 3 octobre 2014 · 13h04

Artistes sans œuvres de Jean-Yves Jouannais,
— I would prefer not to

On trouvera ici des extraits du livre de J-Y Jouannais (les italiques [entre crochets, souvent]  indiquent mes propres annotations) que je note au fil de ma lecture, pour m’en souvenir.  Les numéros que l’on rencontre çà et là correspondent aux numéros de page.  Il arrive aussi que je me renseigne sur internet à propos des personnes ou des textes cités et que j’inclue ici ce que je découvre.

Artistes sans œuvres

1. Publier ou non son cerveau

« L’homme parfait est sans moi, l’homme inspiré est sans œuvre, l’homme saint ne laisse pas de nom. »  —Tchouang-Tseu

p. 9
« Pendant un siècle, les Wittgenstein ont produit des armes et des machines, puis, pour couronner le tout, ils ont fini par produire Ludwig et Paul, le célèbre philosophe d’importance historique, et le fou non moins célèbre (…) et qui, au fond, était tout aussi philosophe que son oncle Ludwig, tout comme à l’inverse, Ludwig le philosophe était tout aussi fou que son neveu Paul, l’un Ludwig, c’est sa philosophie qui l’a rendu célèbre, l’autre, Paul, sa folie.
Tous deux étaient des êtres extraordinaires, l’un a publié son cerveau, l’autre pas. J’oserais même dire que l’un a publié son cerveau, et que l’autre a mis son cerveau en pratique. »
(Thomas Bernhard, Le Neveu de Wittgenstein, éd. Gallimard, Paris, 1982.)

Cette ligne qui partage la famille Wittgenstein traverse également l’histoire de l’art. Celle-ci, telle qu’elle s’écrit, se limite par convention à deux paramètres : les artefacts, les signatures.  p. 10 Elle se satisfait d’être une chronologie des objets produits et un index des noms propres.  Elle omet la chronique que rendraient lisible d’autres critères, à savoir une relation des phénomènes artistiques selon l’idée, selon le geste, selon l’énergie. Cette chronique discrète relaterait les Vies peu illustres d’artistes qui n’ont pas produit d’objets, mais n’en ont pas moins exercé une influence majeure sur leur époque.

Une chronique qui, ne se départissant pas de la confiance accordée à l’art, s’énoncerait à partir d’une certitude, celle de l’inestimable bonheur de regarder des tableaux, de lire des livres, de voir des films.

Herboriser les obsessions

10 Combien de songes, de systèmes de pensée, d’intuitions et de phrases véritablement neuves ont échappé à l’écrit? Combien d’intelligences sont-elles demeurées libres, simplement attachées à nourrir et embellir une vie, sans fréquenter jamais le projet de l’asservissement à une stratégie de reconnaissance, de publicité et de production? Nombre de créateurs ont opté pour la non-création, ou plus précisément, peu séduits par l’idée d’avoir à donner des preuves de leur statut d’artiste, se sont contentés d’assumer celui-ci, de le vivre pour eux-mêmes, pour leur entourage, soit dans le pur éther conceptuel, soit dans l’esthétique vécue et partagée du quotidien, laquelle esthétique rassemble le geste dandy, la dérive situationniste,  l’infini éventail des poésies non écrites, l’apparente gratuité des congrès de banalise, ou encore, l’activisme des disciples d’Antisthène, le silence de Marcel Duchamp, l’art sans objet de Jacques Vaché, les romans inécrits de Félicien Marboeuf, le Musée des Obsessions d’Harald Szeemann, l’écriture introvertie de Joseph Joubert, les scandales d’Arthur Cravan, les gesta fondatrices évoquées par Pline (( Livres XXXIV, XXXV, XXXVI de l’Histoire naturelle. ))

Simplement pour vitales qu’elles soient, ces sommes immatérielles, ces idées inécrites, ces poésies vécues ne peuvent parier que sur la mémoire, le mythe, pour traverser les époques, ayant refusé, avec violence, ironie ou innocence, la logique industrielle et mortifère du musée comme de la bibliothèque.

… L’immense majorité de ces auteurs, de fait, à l’image des femmes et hommes infâmes dont Michel Foucault rêva d’écrire l’histoire*, n’ont guère connu que l’ombre de l’anonymat… 12 D’être connu leur fait défaut pour être reconnu. Or ce défaut même, ils le cultivent. C’est leur passion, la caution de leur indépendance.

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* « La vie des hommes infâmes », texte publié dans Les Cahiers du chemin n° 29, 15 janvier 1977, devait être l’introduction d’une anthologie de textes administratifs du XVIII° siècle issus des archives de l’enfermement de l’Hôpital général et de la Bastille…..

« C’est une anthologie d’existences. (…) J’étais parti à la recherche de ces sortes de particules dotées d’une énergie d’autant plus grande qu’elle sont elles-mêmes plus petites et difficiles à discerner. »

Sur « La vie des hommes infâmes », lire absolument : http://michel-foucault-archives.org/?La-vie-des-hommes-infames

 

«les héros de l’art brut »

13 Il faudra couvrir du même regard… ceux que Dubuffet appelle «les héros de l’art brut » …

…  précédent ouvrage (de Jean-Yves Jouannais), «Infamie», lequel interrogeait l’ensemble des pratiques à caractère non héroïque, antiprométhéennes en marge de l’histoire de l’art traditionnelle. Où l’infamie renvoyait précisément à son étymologie : tout ce qui, volontairement ou non contrarie, jusqu’à la condamner, la notoriété, la renommée, la gloire, la fama. « Ou comment des artistes, ne se contentant pas de commenter la fin du monument, de dénoncer l’illusion du chef d’œuvre, ont pris le risque de l’infamie, ont réalisé ou incarné cette fin du sublime dans le champ miné du fiasco, du ridicule, de l’ignominie, du grotesque, de la dérision, de l’incohérent, du mauvais goût. » Infamie, Éditions Hazan, Paris, 1995

14 « Les célébrateurs de la culture ne pensent pas assez au grand nombre  des humains et au caractère innombrable de productions de la pensée. (…) Ils devraient surtout avoir bien présent à l‘esprit le très petit nombre de personnes qui écrivent par rapport à celles qui n’en écrivent pas et dont les pensées seraient de ce fait vainement cherchées dans les fiches de bibliothèques. L’idée de l’Occidental, que la culture est affaire de livres, de peintures et de monuments, est enfantine…. »

Francis Picabia, Jésus-Christ rastaquouère, page 34
Francis Picabia, Jésus-Christ rastaquouère, page 34

Picabia

« Tous les peintres qui figurent dans nos musées sont des ratés de la peinture; on ne parle jamais que des ratés; le monde se divise en deux catégories d’hommes; les ratés et les inconnus », Francis Picabia, Jésus-Christ Rastaquouère, éditions Au Sans Pareil, Paris, 1920.

Jacques Vaché « A part cela – qui est peu – Rien »

mort jeune ; écrivit à Fraenkel, Breton, Aragon

breton publia Lettres de guerre

p.19 « En effet, l’époque n’aurait pas suffi à faire de Breton un héros d’avant-garde, il lui fallut, pour cela, les leçons de Vaché : « Le premier, (…) il insista sur l’importance des gestes (…) » Ce sont ces gestes, cette attention portée au comportement, cette pratique d’une « totale indifférence ornée d’une paisible fumisterie» qui, les premiers, renseigneront Breton sur la possibilité d’un retrait par rapport à l’objet d’art.»

« L’objet d’art, c’est l’ennemi. « 

Armand Robin

21 « Après avoir fait un art d’apprendre la musique, on devrait bien en faire un de l’écouter » Diderot, Traité du beau.

24 « Cette déségotisation forcenée se trouve formulée maintes fois, que ce soit dans un recueil au titre significatif Ma vie sans moi ou dans Quatre poètes russes ou Robin remercie Blog, Essenine, Maïakovski et Pasternak pour « l’avoir défendu contre sa propre poésie » (Christian Moncelet). Contre sa propre poésie, ou contre la propagande de celle-ci ? Car il y eut poésie, un parcours intense dans le langage lui-même, un étourdissement des langues, no pas subi, mais recherché, architecturé. Elle consiste en la jubilation propre à l’écoute des mots, en la composition, dans les circuits discrets de la mémoire, de poésies inédites dédiées au plaisir de l’instant .


D’après J-Y Jouannais, il n’y eut pas chez Armand Robin volonté de faire œuvre écrite mais œuvre d’écouteur. A lire Françoise Morvan, on découvre que la vérité de cela était moins simple que ce qu’il n’en laisse entendre :  http://francoisemorvan.com/recherche/edition/armand-robin/ :

Armand Robin « Je pourrais me reprocher cette naïveté, et l’outrecuidance, en plus de ça, de mes espoirs, mais ce n’était pas qu’illusion. Le travail de Robin sur les propagandes, travail qu’il a évoqué dans un essai publié aux éditions de Minuit en 1953 sous le titre de La Fausse Parole, est intéressant, et d’autant plus tenant compte du conformisme stalinien qui était alors de mise. Lire les bulletins d’écoute comme le roman de Robin passé par la planète, pris et repris par les ondes des propagandes, achevant de s’y perdre pour retrouver des lambeaux de soi dans les poèmes de Mao ou les pauses musicales de Radio Moscou peut être fascinant. Encore faut-il faire une croix sur l’image si séduisante du poète se sacrifiant à l’écoute des propagandes staliniennes à la suite d’un voyage en URSS en 1933, s’achetant un énorme poste de radio et s’inventant un curieux métier en chambre, le métier d’écouteur, pour lutter contre le totalitarisme, puis distribuant clandestinement ses bulletins d’écoute à la Résistance et poursuivant, contre vents et marée, son dur combat libertaire.
Cette vision enthousiasmante, j’y ai d’abord cru puisque ma première publication a été, en 1979, aux éditions Le Temps qu’il fait (ainsi nommées en hommage au roman de Robin) une réédition de La Fausse Parole, avec bulletins d’écoute inclus sous un rabat.

Pour que la biographie se fendille, il suffisait d’un tout petit fait, mais hélas indéniable : Robin ne s’est pas installé comme écouteur à son compte pour lutter contre les propagandes totalitaires mais a été engagé en 1941 par le ministère de l’Information sous Vichy au service des écoutes radiophoniques. Cela signifie qu’il a d’abord choisi de mettre son prodigieux don des langues au service de l’un des ministères les plus étroitement engagés dans la collaboration : il a donc dépendu de Laval et à partir de 1944 du sinistre Henriot, secrétaire d’État à l’Information imposé par les SS.

Les litanies désastreuses des Poèmes indésirables, je les comprends maintenant comme une manière de se condamner. Se mettre en marge, s’installer, après guerre, écouteur à son compte, en poursuivant ses traductions de poèmes après la grande rupture avec tous, avec soi, voilà qui peut se lire dans les fragments laissés après sa mort, voilà qui explique la présence dans un même volume — mais qui n’était pas du tout le même — de poèmes écrits pour soi, rayonnants, puis de litanies politiques pseudo-prolétariennes, puis, le seuil franchi, de poèmes badins, ne disant plus rien que cette parodie d’existence heureuse, cette parodie d’existence, heureuse ou pas, cette béance : et les traductions elles-mêmes deviennent les traces d’un effort de plus en plus vain pour revenir à soi. »

Françoise Morgan, « Pourquoi Robin », http://remue.net/spip.php?article4338

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