findumonde fant

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie

vendredi 18 septembre c’est la nuit. pour moi, c’est fait, j’en suis sûre et certaine, la fin du monde est arrivée. je vis la fin du monde. nous vivons. nous vivons la fin du monde. je parle à un niveau fantasme. c’est-à-dire je crois transcrire ce que je pense quelque part, ce que je vis, sans que ce soit aussi sûr et certainement que d’abord annoncé. fantasme qui transpire hors de sa cachette et prend phrase en raison de l’heure avancée,

soit que ce fantasme recouvre la réalité, soit qu’il reflète , reprenne, se nourrisse de mon désir. voix : les deux à la fois. le désir ici se prend pour réalité et réciproquement. la réalité prise pour désir. je prends la réalité pour mon désir. vivre la fin du monde m’intéresse plus que sa continuité, son continuum. et me permet de regretter, de trouver du prix à ce continuum en voie d’interruption, d’arrêt. nous vivons nos derniers moments avant… l’inconnu.

j’ai du goût pour les derniers moments. et d’ailleurs pour les premiers.

un jour, ce que nous vivons encore aujourd’hui sera définitivement derrière nous. je cherche à m’apprêter, et surtout à les apprêter, ceux que j’aime, à ces nouvelles conditions.

c’est pourquoi il est étonnant que l’ennui continue voire grandit.

et je ne trouve pas le moindre début d’ombre d’action à entreprendre pour se hisser me hisser à la hauteur de cette fin du monde, y faire face – dignement. surtout n’être pas séparée de ceux que j’aime, pouvoir
user de toute mon imagination de tout mon pouvoir de toute mon
énergie
pour
nous emménager
de
nouvelles conditions de vie.

fin du monde hélas ne veut pas dire mort, du moins immédiate subite propre, à moins que nous n’ayons de la chance, mais le commencement d’un nouveau. inconnu. totalement inconnu. il est d’ailleurs possible, lui qui sera si neuf et dont nous serons les jouets, d’imaginer, inconsciemment, fantasmatiquement, que nous le reconstruirions autre, que nous le construirons autre, meilleur, bien meilleur. du fait de la table rase. de la table rase des conditions du passé.

oiseau de bon mauvais augure.

j’ai beau réfléchir. je décide de, j’ai décidé de ne plus me consacrer qu’à ça, cette préparation, or c’est difficile, car les actuelles conditions sont encore celles du passé du monde qui meurt sans qu’on y prenne vraiment garde. on n’est forcément pas à la hauteur de l’invraisemblable. sauf peut-être des gens comme moi, qui l’attendaient. moins à la hauteur qu’au courant. courant chez moi qui n’est pas très fort.

l’été fut de deuil et s’éloigne, chacun s’ébroue
été de deuil et d’ombres dans les appartements sombres les villes muettes devenues prémonitoires, les corps se courbaient tandis que se mettait à exister le monde dans son effacement, la levée de son effacement ; le monde dont la géographie s’imposait avant sa politique — les noms sur les cartes s’étiraient la géographie reprenait ses droits les réalités des terrains, des terres, des altitudes, des eaux qui se vidaient, qui s’évaporaient, etc. j’évite ici le pathos. l’indistinct se distinguait . en altitude le dôme de chaleur se figeait, la France brûlait. je regardais des cartes météorologiques, je voyais l’Europe, j’étirais mes yeux dans le monde

fantasme pourtant = c’est bien ne pas voir ce qui arrive? or je vois. le fantasme consistant à ne pas voir ce qui arrive, à mettre entre soi et ce qui vient un écran trompeur un nuage de fumée, de vapeur blanche, au travers duquel l’image pourtant floutée est reconstituée par notre cerveau trop habile, qui complète sans effort. sans effort apparent, sans effort dont soyons aware. en dehors d’un peu de fatigue, peut-être, de brouillard mental. ou d’hilarité. voià que ce mot s’impose à moi. pour moi je prône l’accueil l’invocation de l’hilarité. qui n’obéira pas pour autant à notre ma semonce cette semonce convocation. dont je tiens cependant à évoquer la silhouette, grande, à la dessiner mentalement à la sculpter mentalement, que sa transparence en droit D, en trois D et pointillés aille à prendre possession de quelqu’espace de ma conscience largement étendue. en veille d’amour encore. par hilarité je songe à du rire gratuit, guérisseur. ça n’a pas beaucoup de sens.

c’est aussi ça le fantasme. pour la force, il faut la bonne humeur l’humour l’amour, tant que possible et éternellement cette fois, pour la seule bonne raison : la perte atteinte, arrivée, définitive. qui s’offre, généreuse, dépoitraillée, par où glisser, se couler, couler. et repartir le bras en avant, accompagnée

quand tu as peur, rugis

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