soif

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quand j’ai soif , je ne bois pas

ce qui s’est passé depuis qu’il a été décidé, par moi y compris, que je chercherais du travail et que je trouverais du travail,

ce qui s’est passé
depuis qu’il a été décidé, par moi y compris, que je chercherais du travail et que je trouverais du travail, ça ! à quoi je m’étais résolue ! qui s’offrait même à mes yeux comme un nouveau départ, un bien donc ; et qu’alors j’aie de l’argent, et qu’alors je ne sois plus dépendante et puisse dépenser de l’argent, de l’argent d’abord pour ma beauté, mon apparaître, ressortir dans le monde avec figure humaine et
désirable. or
cette décision primaire primate primale a bientôt été suivie par celle de faire une formation. celle d’éducatrice spécialisée d’abord, mais un peu plus tard celle de secrétaire, de direction même, car – plus rapide (1 an contre 4) plus efficace plus sûr mieux en rapport d’ailleurs avec ma mentalité d’esclave ; et oui, eh oui, je me suis réjouie
un moment de faire secrétaire et d’avoir à me confronter plier à ce semblant là, l’apparence le modèle d’une secrétaire, je pourrais prendre ça du côté du jeu voilà je jouerais à la secrétaire ; à ce moment-là, probablement, du point de vue des médicaments, je devais avoir pris exactement ce qu’il fallait pour que je puisse penser ça, et est-ce que j’avais également renoncé à tout? tout
le reste,
je ne sais pas, où j’en étais, dans quelle décision de ce côté-là, comment à ce reste je lui avais réglé son compte,
ce reste,
l’écriture la psychanalyse la révolution possible, dans quel renoncement sagesse je me promenais je me demande après coup. est-ce que ça n’aura été qu’une question de médication, comment savoir. je me tue à tout le temps changer de sentiment comme ça.  ça aura été aussi une peur de l’avenir, une peur de me retrouver à la rue, avec le manque d’argent dans la maison, le ras-le-bol du contrôle dans la maison, un réalisme, mais maintenant,
maintenant, aujourd’hui,
si je veux avoir un peu de gaieté, il faut que je me dise eh bien tant pis pour la rue, tant pis, si je me retrouve à la rue il sera toujours temps à ce moment-là de me suicider, puisque je n’ai pas d’autre issue que celle-là. mais j’avance trop vite. il faut que je retourne en arrière, je rembobine, j’ai donc voulu faire une formation, et je pensais que c’était bien, je rentrais dans une enveloppe, je me timbrais je m’adressais, je me pliais au jeu, c’était ok. si ce n’est que là ou je voulais me faire former (Ifocop), dans l’établissement qui aurait pu me fournir une formation, ils ont voulu que je récite mon cv,
or mon cv
c’est une plaie, je l’avais oublié. j’y avais pas pensé,
je m’étais pas préparée. et ils n’ont pas voulu que je leur parle en premier de mes espoirs de mon demain, mais que je commence d’abord par le passé. j’aurais dû me montrer sûre de moi, maquiller
mes échecs mes errements,
j’ai pas trouvé comment ; je voulais faire une formation justement pour retrouver confiance en moi
mais, ils ont pas voulu comprendre ça, que je n’aie pas confiance en moi, ou ils ont tout compris, ils ont compris que ces échecs ces années je les aimais et que je ne les troquerais pas si facilement pour un cv bidon, peut-être que c’est de ça qu’ils ne voulaient pas, de la jouissance de ça, de la probable jouissance de l’échec et qu’à cette jouissance je ne ne sois pas prête à renoncer aujourd’hui, mais non, pas la jouissance de l’échec, ça n’est pas ça, c’est l’amour de mon histoire, de mon passé, de ces difficultés d’antan,  l’amour mon amour de la vérité – elle cette vraie plaie – / et ma capacité à ça , la vérité, son exercice –  la vérité de ces années que j’ai pris l’habitude de dire, au cours des années de psychanalyse, jusqu’à ce que ce soit ce que je présente de mieux de moi, ces vieilles difficultés, mais s’ils m’ont trouvée naturelle -et drôle jusqu’à un certain point même, ce qu’ils trouvaient bien-, ils ne supportaient pas que je ne sois toujours pas assez sûre de moi, pas assez consciente de mes qualités et de tout ce que j’avais fait, or, mon départ c’est ça, je leur ai dit, je ne suis pas sûre de moi et je ne me dis pas que ça a été bien, ces années de merde, ça a été moi mais ça n’a pas été bien, ça a été dur
et moi qui étais prête complètement à conquérir le monde du travail, complètement prête à jouer le jeu et voir ce que ça donnerait, je me suis plantée dès le premier pion que j’ai joué, et je me suis fait avoir, par quelqu’un que je n’ai pas su persuader, qui aurait voulu que je nie mente mon passé pour avoir du futur, mais moi, j’ai pas voulu, j’ai pas pu mettre de vernis sur mon passé, et donc j’ai encore une fois trébuché
ils m’ont pas prise parce qu’ils ont pas cru que je pourrais me vendre
après, j’ai cru, je me suis dit, bon, c’est ça, faut que je me plie à ça, faut pas seulement mettre du semblant sur le présent mais aussi sur le passé, faut renoncer à toutes les vérités que je connais à propos de ce passé, qui les intéresse pas, faut se plier, leur donner le passé qu’ils veulent et qui se plie d’ores et déjà à ce qu’ils veulent pour demain, que je devienne une bonne travailleuse, un bon pion.
que je sois plus fondamentalement pion et travailleuse qu’eux, que je sois finalement plus d’accord avec moi-même qu’aucun d’entre eux ne le sera jamais
enfin, bref, je me suis fait avoir, j’ai été rattrapée par mon passé, une fois de plus,
maintenant, je ne peux plus, plus du tout, maintenant la pensée du suicide est revenue, c’est pour ça que j’écris, pour m’en débarrasser ou pour m’excuser à l’avance pour que mon fils m’excuse. non pas m’excuse, mais. ma vie a été si difficile. je voudrais qu’elle devienne plus facile, je le voudrais de toutes mes forces, en ce moment elle n’est pas spécialement difficile, je suis protégée de tout par les médicaments, mais j’ai raté le coche, je ne suis pas arrivée à retourner dans le monde des travailleurs
je peux encore me dire que j’essaierai de le faire ce cv positif, menteur, que je pourrais, essayer de le faire
mais je dois d’abord sortir de mon complet désespoir

décider de ne pas décider

N’arrive pas à marcher à cause de mes chaussures. Décidément toujours pas trouvé celle qui convienne à mon pied.

 

Crains de ne pas arriver à  faire ce qu’il faut pour être admise au concours d’assistante sociale. Déjà, quelque chose en moi me dit c’est pas ça, c’est pas ça, c’est pas ça. Il va falloir que je travaille à de bons arguments, réfléchis, pour justifier ce choix. Moi que la seule ombre d’un choix coule dans un océan de doutes. Comment ferai-je pour arriver à justifier ce choix-là. Qui plus est, je ne l’ai fait que contrainte et forcée.  Enfin, je me. Sentais contrainte et forcée par ce rendez-vous avec Pôle emploi  (à moins qu’il ne s’agisse déjà d’une défense qui se mette en place).

 

Je sors de chez le Dr G. Lui ai expliqué comment il suffisait que je prenne une décision pour que la machine se mettre en branle, lourdement, pour me faire changer d’avis. Et comment, il m’est si souvent, toujours, jusqu’à présent, sans y manquer jamais, arrivé d’abandonner les études que j’avais entreprises. A plus ou moins brève échéance. 

 

Dès lors, il m’apparaît que le mieux que j’aie à faire c’est de ne rien décider.

Je ne sais pas comment c’est possible, mais c’est ce que je dois faire.

Je ne tiens jamais aucune décision.

Il faut donc que j’arrive à ne pas en prendre.

Il faut que je décide de ne pas décider.

(au moins consciemment. je ne fais que ce que je fais. jamais ce que je décide. sinon quand le moment de la décision se confond avec celui de l’acte.)

je suis à la campagne, j’ai mal à la tête, aux dents. je suis au lit. j’ai passé la journée au lit. c’était bien. je vous écris, finalement.

je suis à la campagne, j’ai mal à la tête, aux dents. je suis au lit. j’ai passé la journée au lit. c’était bien. je vous écris, finalement. j’ai besoin de vous, je crois, pour sortir un peu d’une sorte de sentiment d’irréalité. je vous écris pour arriver à m’écrire, bien sûr, quelque chose de  valable, quelque chose qui compte, pour moi. 

la semaine dernière, ou la semaine d’avant, j’avais écrit à mehdi belhaj kacem (suis pas sûre que ça s’écrive comme ça). eh oui. je vous en fais l’aveu. c’est ma midinette-attitude. j’avais fini par écouter son exposé sur le nihilisme que fer qu’élise avait posté ici même et j’avais eu envie de lui parler du mal en psychanalyse.

je vais essayer bientôt d’ entreprendre des études d’assistant social (ou d’éduc spé).

il va y avoir un entretien où je serai interrogée sur mes motivations.

et ça, ça me fait un peu peur, je dois dire. je viens d’être recalée quand j’ai demandé à faire des études de secrétaire, alors, dans le social, keske ça va être.

qui plus est, je sais que la psychanalyse n’est pas bien vue dans ce milieu. j’ai l’impression néanmoins qu’il faut que je sois mieux au clair avec ce que la psychanalyse m’a apporté. que ce serait au départ de ça que je pourrais répondre des choses un peu consistantes quand j’aurai à répondre de ce qui me motive… je ne peux pas aller là avec ma seule force. faut que je mette des mots dessus.

et, la question du mal est celle qui m’a amenée à la psychanalyse.

que faire du mal quand on a cru en dieu et qu’on n’y croit plus ? un nouvel engagement éthique est-il possible ?

Oui, je suis venue à la psychanalyse dans un fort désir d’arriver à trancher dans ces questions du bien et du mal, mais complètement revenue du jugement de dieu. 

et fallait-il que j’apprenne à ne plus pardonner, à ne plus tendre la joue gauche quand on m’avait frappé la droite. 

j’ai senti que la psychanalyse pourrait m’aider à ça, en ne s’en tenant pas à la seule justice des hommes et morale des autres. 

ça a été effectif (même si dulce dira que non). 

mais, ça, ça ne peut m’avancer à rien dans mon entretien.

la question va se poser autour du bien et du mal, c’est sûr, autour de la notion « d’aide » et de « justice (sociale) ». ça, c’est clair. 

la psychanalyse ne croit pas à l’altruisme. pas du tout. et je la suis là dessus. mais pas très clairement. 

par contre, dans le fil de cette réflexion, je me suis rendu compte récemment que j’étais de gauche. foncièrement. maladivement. névrotiquement. ça ne guérira pas. c’est l’irréductible. alors, ça, comment est-ce que je peux arriver à le vendre positivement, dirais-je. 

là, je suis vraiment obligée d’inventer. parce que la psychanalyse n’est pas spécialement de gauche. 

c’est une question de jouissance. ma jouissance ne situe pas du côté du maître (mais bien plutôt du côté de l’esclave, c’est ce que j’avais dit pour justifier de ce que je voulais être secrétaire, mais ça n’a pas du tout eu les résultats escomptés, j’ai intrigué, mais beaucoup trop), ne se situe pas dans le pouvoir, ni, certainement pas dans l’avoir, la possession.

(la faiblesse, j’ai un faible pour la faiblesse, l’absence de maîtrise, la dépossession.)

bon sang, tout ça ne dit toujours pas pourquoi je voudrais devenir assistante sociale.

et répondre que c’est parce que je suis bien obligée d’avoir un métier et de travailler. est-ce que je peux le faire? est-ce que je peux dire ça? c’est bien la vérité, pourtant. et que ça serait le seul métier que je serais capable de faire.

parce que je voudrais travailler dans un domaine où ça aurait un peu de sens. mon dieu mais lequel. lequel. un sens pour lequel je serais prête à me battre. sans pour autant mourir, sans pour autant me sacrifier (sacrifice auquel j’aurai tout lieu de résister, car ma pente est grande, de ce côté-là).

équité, égalité, justice. est-ce que ça a du sens ?

en tout cas l’iniquité, l’inégalité et l’injustice ne font pas jouissance pour moi.

ah, dulce revient, j’entends la voiture. ah, je ne pense pas que je puisse vous envoyer ça.

je crois pouvoir entendre. et je crois être curieuse, de l’autre.

belkacem a raison quand il dit qu’on n’est plus foutu de dire du bien de soi, tellement on se méfie du bien, on en est revenu. et pourtant on y retourne. bon, il dit pas ça, il dit qu’on serait pas capable de se dire de gauche. mais moi, je le suis, capable. je suis de gauche comme personne

mais, mes intentions, celles dont je sais qu’elles sont bonnes, intimement, je n’ai pas envie d’en faire état. un peu de honte toujours les enrobe, un peu de rouge aux joues leur tient chaud.

j’aime à entendre et je suis prête à m’intéresser aux problèmes des autres, parce qu’en vérité, les miens ne me passionnent même plus, voire m’ennuient et/ou m’endorment (c’était pas la voiture de dulce). tandis que j’ai remarqué que les autres, eux, peuvent mettre un peu de piment dans votre vie.

je n’y arriverai pas.

ah, mon mail à MBK, je l’ai publié sur mon blog. parce que bien sûr, j’ai un blog, et que bien sûr j’en ai honte, mais là, là, je me dis que ça suffit, d’avoir honte, toujours, alors, voilà, https://www.disparates.org/iota/2014/le-mal/

et oui, il a trouvé ça « très intéressant », ce que je lui disais.

bises, je tiens beaucoup à vous, et le meilleur dans ma vie, dulce et juju mis à part bien entendu, me vient de vous, en ce moment, des trucs ici, même que je sais pas comment vous le rendre :P

posté ça hier sur stromboli (le forum) puis effacé. besoin d’un destinataire pour écrire, celui-là m’avait paru le bon, pour développer ce que j’avais à développer (à la hauteur des enjeux pour moi, à la hauteur où je tiens à hisser ces enjeux, aussi) ensuite, j’ai eu des doutes. je suis bien la seule sur ce forum à y raconter ma vie. et je ne suis pas sûre que cela convienne. c’est que je n’ai que ça, ma vie. est-ce que ce n’est pas un peu pathétique. il faut encore que j’apprenne à écrire sans correspondant. j’étais pourtant très heureuse d’avoir finalement écrit ça hier soir. j’ai pensé que je pourrais profiter d’ici, la campagne, Donn, enfin, toute la journée du lendemain, dimanche, aujourd’hui. puis, petit à petit, cette satisfaction même m’a paru suspecte.  maintenant, il me semble que tout est une fois de plus à recommencer. 

non, décidément, il faudrait que j’apprenne à écrire en me passant de l’autre, à écrire des choses qui comptent autant pour moi que celles que je suis arrivée à écrire ici.

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