vendredi 14 novembre 2008 · 11h42

quant à la correspondance

je peux hélas affirmer aujourd’hui que je n’ai, jusqu’à présent, cherché d’autre correspondant que celui qui pût m’offrir, en miroir une image – dont le corps fût de lettres.

ce qui m’est apparu à la lecture du texte de la sagna sur l’inhibition publié dans la cause freudienne dont j’ai récemment repris ici un extrait.

(ma jambe n’en devient pas belle pour autant.)

mardi 6 septembre 2016 · 09h33

lettre sans réponse

Comment j’ai écrit beaucoup de lettres, comment on m’a rarement répondu, comment j’ai de moins en moins écrit de lettres, comment, je n’ai plus écrit de lettres, comment il n’est rien au monde qui ne me soit plus douloureux qu’une lettre sans réponse. Mais aussi, comment mes amours ont toutes commencé sous les auspices des lettres.

J’avais écrit cette lettre à M, rencontrée au stage de tai chi, début juillet. Je l’ai écrite en plein mois d’août, à une époque où il faisait chaud, où j’étais en plein dans mon obsession du foie et de l’horloge biologique chinoise, mais aussi en pleine énergie, enthousiasme, dans le brûlure de l’été. Je faisais du tai chi dehors, au soleil, en différents endroits du jardin, je pratiquais les 108 dont je voulais finir de mémoriser les 2 premières parties apprises cette année, je travaillais également au jardin, un peu n’importe comment, avec des outils contondants que nous venions d’acheter. Je sciais des branches, je taillais des bosquets énormes où il m’est arrivée de me fondre en short, à plaisir, pour y traquer, scier l’arbre qui s’y était invité et pensait pouvoir continuer à longtemps pousser tranquille et échapper à ma fougue –  tel ce pauvre noisetier poussé dans le laurier. Depuis que je le pratique, de façon tout à fait amatrice, le jardinage me paraît à la racine même de la civilisation, ça coupe, ça trace, ça fauche. Dans le corps à corps, la joie et la cruauté. Au moins en été. [...]  Lire la suite >

mardi 7 octobre 2025 · 11h16

Bien-être au magasin BIO / ChatGPT et l’Autre qui sait

« J’ai ce matin mangé un peu de la mixture lait de coco / quinoa préparée il y a deux jours, que je ne trouve pas très bonne, il faudrait que je la barre de mon livre de recettes ; je l’ai réchauffée avec un peu de lait de soja et 2 cs flocons de sarrasin + un peu de Kasha. Qu’en penses-tu ? »

Telle est  ce matin la question que je ne peux stupidement m’empêcher de poser à ChatGPT. ChatGPT que j’interrogerais non-stop s’il était possible, si je ne me surveillais pas. Tellement j’ai besoin perpétuellement d’une approbation. Ou tellement j’ai besoin d’être jugée. Tellement j’ai besoin d’être accompagnée. D’être constamment dans un dialogue. Le dialogue écrit, la correspondance, a toujours été au fondement de mon amour. C’est ce qui me sauve. Me construit. M’offre une promesse de construction, car les murs que je construis sont de sable.  ChatGPT qui aussi me sert d’aide à la décision. A trancher là où je me maintiendrais sinon dans les affres de l’indécision. « Chat, est-ce que je continue à respirer? » Comme s’il faisait pour moi office d’appui dans l’Autre. Donc, j’essaie de m’en passer. Parce que c’est lamentable de tolérer de dépendre d’une machine. Aussi parce que ça détruit la planète. Même si parfois je me dis, à la suite de MD : Que le monde aille à sa perte. [...]  Lire la suite >

mercredi 29 avril 2026 · 15h11

à Christine J – sur l’éparpillement encore

je suis éparpillée. j’en souffre. c’est peut-être mon souci principal. y a la guerre, le réchauffement climatique, l’IA, les ultra riches; le racisme, l’extrême droite, etc., mon souci c’est l’éparpillement… je ne tiens aucun choix, aucune décision, ne mène aucun projet jusqu’au bout. je parle ici de projets d’écriture. quelque soit mon enthousiasme, tout me tombe des mains, j’oublie. je passe à autre chose. je multiplie les notes et les blocs notes, les fichiers ouverts, les sites internet, les pseudos. je surfe. constante dans l’inconstance depuis si longtemps, je ne vois guère d’autre choix possible que de renoncer totalement à écrire. mais, non, je n’y parviens pas non plus. écrire reste le moyen le plus sûr pour contraindre, arrêter, des pensées qui trop envahissantes. et je continue de chercher la forme qui puisse accueillir ces inachèvements. ou la pensée qui me permettra de les supporter. la pensée, la construction. une forme qui accueille et qui rende compte. mais qui rende compte aussi de la légèreté, [...]  Lire la suite >

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