l'orage est passé, le jour se lève. quelle beauté cet orage, quel appaisement. immensité. tout du long, j'aurais pu écrire, je ne l'ai pas fait. j'ai laissé l'orage à l'orage. il ne se représentera plus jamais. à moins qu'il n'ait ouvert une nouvelle ère, d'orages. difficultés. hier relu ces passages dans Emmanuel Carrère qui m'avaient mis la puce à l'oreille. bien sûr j'aurais dû écrire pendant l'orage. je n'ai plus que les dernières gouttes, et tout du long qu'il s'abattait, splendide, je pensais à ce moment où il s'arrêterait. au centre de ma maladie, c'est bien plutôt le temps. un gros problème avec le temps. celui qui passe. à Emmanuel Carrère, quand on lui dit…
orage et tachypsychie
Yoga, d’Emmanuel Carrère (extraits)
"Tachypsychie C'est un mot que je ne connais pas, "tachypsychie". Je l'ai entendu pour la première fois dans la bouche du premier psychiatre auquel j'ai eu affaire - homme doux et humain, à qui je pense avec gratitude. La tachypsychie, c'est comme la tachychardie, mais pour l'activité mentale. Les pensées sont erratiques, sans suite, stridentes. Elles s'agitent en tous sens, trop vite. Elles tourbillonnent et blessent. Ce sont des vritti, mais des vritti surmultupliés, une tempête de vritti, des vritti sous cocaïne. Cela décrit bien mon état. Moi qui me croyais en si bonne voie pour les domestiquer et atteindre l'état de quiétude et d'émerveillement, je suis la proie de vritti déchaînés. Je leur suis…
emmanuel carrère, suite
réveil. au lit, noir de la chambre, je ne sais pas encore qu'il est tard déjà, bon sommeil, cauchemar, chaleur, souvenirs des lectures de la veille.j'entends : tuuuue.... toi - un très long tue, qui pourrait presque valoir pour tu es ou tue, finalement arrive toi. je pense à tout ça, ces formules entendues depuis si longtemps, qui reviennent régulièrement. que je ne retiens plus que comme le signal de quelque chose qui ne va pas, qui seraient celui d'une "mélancolie enclenchée". il faudrait que je raconte quand ça a commencé, ces cruelles pensées, mais pas maintenant. que j'ai un moment appelés les fracassemeurs, quand les injonctions étaient beaucoup plus violentes, puissantes, et alors pleines…
Tout ce que j’écris, j’y tiens. Hélas,
8h, juste réveillée. 3 gouttes de CBD hier. Des rêves. Pensée sortie de la nuit : Tout ce que j'écris, j'y tiens. Hélas, tout ce que j'écris, j'y tiens. Je n'arrive pas à faire de tri. Une sorte de méconnaissance de la valeur. Ou de refus ? Quoique ce soit qui sorte de moi et qui arrive sur le papier, je le garderais. Comme s'il s'agissait toujours de moi. Comme s'il allait s'agir de moi. Comme si enfin il s'agirait de moi. Dit comme ça, est-ce que c'est anal? C'est anal ça? Le caca de Freud dont l'enfant ne veut pas se défaire, et puis qu'il offre. Comme si c'était précieux. Comme si c'était plus…
dimanche 20 avril 25, 06:28 // de la tachypsychie
alors, c'est Pâques // une phrase avec point au bout, une phrase sans. // Je dois lutter pour ne pas refaire le thème de iota et le passer en FSE (full site editing) // je m'étais levée pour boire une Ricoré et retourner me coucher. et retourner me coucher et profiter du lit et dormir et ne plus penser. // parfois, ne pas dormir et penser est agréable parfois, comme ce matin, pas très. la façon dont mes idées sautent d'un sujet à l'autre, plus ou moins indifféremment, n'est pas très agréable. j'ai appelé ça d'un terme psychiatrique l'autre jour, j'ai oublié lequel. dans le texte moments. il y a des variations, des variabilité dans…
et t’écris pour te dire : ta concentration, préserve la comme ton bien le plus précieux (non-envoyé)
une amie à moi qui est bipolaire s’inquiétait pour moi à la lecture d’un de mes textes où elle avait sans doute reconnu l’un ou l’autre de ses symptômes et me disais : tu es bipolaire*et en en parlant ce matin à frédéric, il m’apparaissait plus clairement combien certains symptômes, comme celui de la tachypsychie (accélération des pensées qui peut aller jusqu’à la perte de la capacité de penser : aucune phrase ne se terminant plus jamais, chacune chevauchant l’autre et l’empêchant de se terminer**) à laquelle je suis toujours un peu confrontée et qu’effectivement je tente de juguler par l’écriture et qui est aussi un symptôme maniaque, que mes travaux divers, mes activités d’écriture…
des traces d’errances – les choses in-finies faites hier
mercredi 22 juillet, 4h du mat Je me réveille trop tôt la nuit Mes pensées sont alors claires par endroits désespérées Mais je ne les écris pas. Hier encore, j'ai vécu au fil de mon ordinateur et de mon téléphone. Ce sont eux qui décident. J'y vais pour une chose, je tombe sur un onglet (de navigateur) ouvert ou un fichier (word ou jpg) et c'est là que je vais. Dès potron minet. Dès le matin tôt. Vers treize heures, rappelée à l'ordre (gentiment, patiemment) par Frédéric, je dois me faire violence pour m'arrêter, pour manger, pour m'extraire de ce dans quoi je suis prise. Qui est toujours n'importe quoi, du moment que c'est sur…