j’ai sacrifié ma vie à mon image.
(explication : mon image ne me satisfaisant pas, je n’y pas participé, à la vie.)
le monde à distance d'une lettre
j’ai sacrifié ma vie à mon image.
(explication : mon image ne me satisfaisant pas, je n’y pas participé, à la vie.)
8h, juste réveillée. 3 gouttes de CBD hier. Des rêves. Pensée sortie de la nuit : Tout ce que j’écris, j’y tiens. Hélas, tout ce que j’écris, j’y tiens. Je n’arrive pas à faire de tri. Une sorte de méconnaissance de la valeur. Ou de refus ? Quoique ce soit qui sorte de moi et qui arrive sur le papier, je le garderais. Comme s’il s’agissait toujours de moi. Comme s’il allait s’agir de moi. Comme si enfin il s’agirait de moi. Dit comme ça, est-ce que c’est anal? C’est anal ça? Le caca de Freud dont l’enfant ne veut pas se défaire, et puis qu’il offre. Comme si c’était précieux. Comme si c’était plus moi que moi. Comme si ça pourrait tenir lieu de moi. (C’est l’espoir que ça en vienne à former quelque chose, le portrait ou l’avatar qui me manque. Le portrait imaginaire.) En même temps que c’est lié à ce qui reste, à ce qui va rester. Lacan disait pourtant que ce n’est pas les écrits qui vont rester, mais les paroles. Faute de paroles, alors les écrits. Ce qui de moi ne passe pas à la parole, je l’investis dans n’importe quelle écriture, je l’investirais. Tout ce que j’écris, j’y tiens, comme s’il s’agissait de ma chair. Corps de lettres. A quoi je tiens aussi : au moment où ça sort, où ça s’écrit, la façon que ça a de résonner, le seul rythme des doigts sur le clavier, qu’il s’agisse du téléphone ou de l’ordinateur. La voix dans la tête, cet entendre, et le rythme, le tapotement, la petite musique. Ca, donne de la valeur à ce que j’écris, indûment. Je ne me rends pas compte. Que la sorte de plaisir que je prends n’est pas ce qui fera la valeur de ce que j’écris. Tandis que rien, fondamentalement, ne compte, pour moi. C’est que rien ne compte. Et puis, il y a cette idée aussi, héritée de ma pratique de la psychanalyse, que derrière ce que l’on dit, quoique l’on dise, n’importe quoi, il pourrait toujours y avoir… un secret caché, un trésor. Que c’est là véritablement que ce qui compte se terre. A moins que. A moins que. Comme j’en avais l’intuition l’autre jour, je ne préfère camoufler ce à quoi je tiens plus particulièrement à l’abri de tout le reste, en mimant l’indifférence. Car il y a bien des moments où je sens une terrible brûlure. Et donc, tout aplanir. Faire semblant, de rien. [...] Lire la suite >
28 mars 24 8h45
Hier donc au matin, cette idée pour le livre d’A, l’idée d’ajouter un personnage qui soit le garant, un personnage inventé qui aurait un diplôme et pourrait dire les chose sans la charge de doute que je suis toujours obligée d’ajouter (ma façon de tout passer au conditionnel). Ce personnage dirait les choses sans précaution. Il aurait mes opinions mais pas ma prudence, pas mon caractère, ma façon de m’effacer. Ce serait un caractère fort. L’introduire de façon un peu drôle. Virginie F. ai-je pensé.
Puis, j’ai repensé aux fracassemeurs et au livre de Gaëlle Obiégly. Je ne sais comment ça s’est mêlé. Mais je me demandais si au fond je ne pourrais pas avancer non plus en mettant en avant le cas, que je suis, en avançant sous sa pancarte, mais en mettant en avant le fonctionnement, la pensée, dans sa singularité. [...] Lire la suite >