jeudi 14 mars 2024 · 09h30

ranger la vaisselle

face aux difficultés je décidai, et puisque la possibilité m’en était offerte, de rentrer dans la sainteté du geste, c’est-à-dire de ce qu’il est, en deçà du bien et du mal (je crois).  

il n’y avait que quelques gestes à faire, quelques mouvements, dans l’espace resserré de la cuisine pour débarrasser l’égouttoir des tasses, des verres, des assiettes qui l’encombraient. aussi bien sûr des casseroles et des poêles, plus difficiles à ranger parce qu’elles ne disposent pas de place suffisamment précise dans l’espace étroit du placard qui leur est attribué et que leur rangement relève plutôt de l’amoncellement, précaire. aussi arrive-t-il que l’on doive  sortir quelques casseroles afin  d’atteindre l’espace des poêles. parfois, pressé, l’un d’entre nous  va  poser une  poêle plus grande sur une plus petite (plutôt que de les empiler les unes dans les autres) en passant son bras à l’aveugle, à la va-comme-je-te pousse, par-dessus les casseroles. la confrontation avec ce placard a quelque chose de désagréable. cela tient aussi aux bruits qu’on y provoque, aux grincements métalliques, au fait qu’il soit bas et oblige à se baisser ou s’accroupir. ce matin-là, je décidai d’accepter ces contraintes, de les accueillir, de les vouloir. c’est Nietzche qui m’a appris cela. « vouloir ce qui vous arrive. » je n’en n’ai pas toujours le courage et trouve cela curieux, ce manque de courage. qu’est-ce qui est donc si désagréable ? ne puis-je  consentir à la légère incertitude qui m’accable avant que d’ouvrir la porte, à propos de la place que je trouverai à l’objet que je souhaite ranger et qui pèse légèrement dans ma main tandis que je m’accroupis ?  transformer cette expectative agacée en suspense amusé ? le plus souvent je fais ce geste en essayant d’y voir le moins possible (cela existe n’est-ce pas, on peut avoir les yeux ouverts et ne pas voir) tant la vision du désordre dans ce meuble me heurte. et donc, souvent je me préserve de cette confrontation et dépose poêles et casseroles sur la cuisinière, projetant de les ranger plus tard.  ce matin-là, je les rangeai sans encombre. [...]  Lire la suite >

jeudi 21 mars 2024 · 00h32

Totalement inconnu

Je me lève je n’arrive pas à dormir. ça ne va pas du tout. trop d’inquiétude à propos de Jules. Je lis le livre de Gaëlle Obiégly, je lui écris sur Instagram:

« Merci pour ce livre, totalement inconnu. Qui ne l’est plus complètement et qui le reste, qui encourage à aller vers ce qui en soi, de soi, est totalement inconnu. Inconnu, chéri, avec quoi jusque là on se croyait seul.e. Merci pour ce courage, peut-être. Cette sagesse, cette simplicité, cette voix. Merci aussi pour le soldat inconnu, auquel je m’efforcerai de penser cette nuit. Merci pour cette voix. Heureuse aussi que ce livre soit apprécié, aimé. Alors qu’il est si particulier. » [...]  Lire la suite >

jeudi 28 mars 2024 · 08h45

Ce qui fera cas

28 mars 24 8h45

Hier donc au matin, cette idée pour le livre d’A, l’idée d’ajouter un personnage qui soit le garant, un personnage inventé qui aurait un diplôme et pourrait dire les chose sans la charge de doute que je suis toujours obligée d’ajouter (ma façon de tout passer au conditionnel). Ce personnage dirait les choses sans précaution. Il aurait mes opinions mais pas ma prudence, pas mon caractère, ma façon de m’effacer. Ce serait un caractère fort. L’introduire de façon un peu drôle. Virginie F. ai-je pensé.

Puis, j’ai repensé aux fracassemeurs et au livre de Gaëlle Obiégly. Je ne sais comment ça s’est mêlé. Mais je me demandais si au fond je ne pourrais pas avancer non plus en mettant en avant le cas, que je suis, en avançant sous sa pancarte, mais en mettant en avant le fonctionnement, la pensée, dans sa singularité. [...]  Lire la suite >

dimanche 31 mars 2024 · 16h43

« Je ne sais que ce que je sais et ça m’a toujours suffi. »

De toute façon, les films, les livres, les rêves, on les oublie, leur matière s’incorpore à l’inconscient. On les oublie à mon avis, parce que ce n’est pas vécu physiquement, ce n’est pas la réalité. Je dis ça mais il en va quasiment de même pour tous mes repas. Il ne m’en reste à peu près rien sinon la qualité de ma chair. Il nous faut pour garder les œuvres dans notre musée interne faire des ponts, les relier à la réalité par des détails. Parce que les détails, qui semblent pourtant sans valeur, c’est chaud comme les faits.

Gaëlle Obiégly, Totalement inconnu [...]  Lire la suite >

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