De toute façon, les films, les livres, les rêves, on les oublie, leur matière s’incorpore à l’inconscient. On les oublie à mon avis, parce que ce n’est pas vécu physiquement, ce n’est pas la réalité. Je dis ça mais il en va quasiment de même pour tous mes repas. Il ne m’en reste à peu près rien sinon la qualité de ma chair. Il nous faut pour garder les œuvres dans notre musée interne faire des ponts, les relier à la réalité par des détails. Parce que les détails, qui semblent pourtant sans valeur, c’est chaud comme les faits.
Gaëlle Obiégly, Totalement inconnu