vendredi 17 juin 2005 · 19h56

l’a-pensée chewing gum
— (modalités lacaniennes

Un blog pour me libérer de la pensée qui a toujours été pour moi lieu de trop de jouissance pour finir par ne plus  tourner qu’en en rond, sur elle-même, cherchant à se mordre la queue.

Les émissions Miller à la radio de  cette semaine, m’ont permis d’entendre jusqu’à quel point la jouissance est solitaire. Eh bien, un des enjeux de ce blog serait pour moi de trouver le moyen de ne plus m’enfermer totalement dans cette jouissance. De m’en séparer, de ne plus faire corps avec elle, en passant mes pensées à l’épreuve de l’autre, du lecteur.

« Dans ma tête ça ne cesse pas de s’écrire ». Je ne cesse, mentalement, de chercher à écrire. Passerais-je à l’écriture, je sortirais de cette nécessité, je sortirais de ce qui ne cesse pas de s’écrire (en ne cessant pas de ne pas s’écrire, puisque ce n’est qu’en pensée que ça s’écrit), j’irais vers ce qui cesse de ne pas s’écrire, vers l’accident, vers la rencontre.

– le ne cesse pas de s’écrire le nécessaire, qui jouit de penser écrire, ne cesse de tourner autour du pot, de tourner autour du rien, du rien qu’il contourne, qu’il élève, pris toujours dans son mouvement,  ressassant, se jouissant.

– le cesse de ne pas s’écrire,  c’est la contingence, c’est la rencontre.  elle parle, rencontre, rend compte, s’affronte à ce qui ne cessera pas de ne pas s’écrire (l’impossible). séparer le corps des lettres, les envoyer dans le monde (il y a le corps qui prend la parole, il y a la voix, et il y a les lettres, qui passent à l’air, à l’extérieur de la tête, que l’autre entend).

– ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, c’est le réel, l’impossible, le rapport sexuel.

 ( la contingence fait reculer l’horizon de l’impossible.)

Il y a un symptôme : ma pensée qui ne cesse…
Il y a une inhibition (lisière du réel) : je n’écris pas ; je ne me confronte pas à ce qu’il ne soit pas possible de tout écrire et qu’il est une chose, par excellence, qui ne s’écrive pas : le rapport sexuel ; quand c’est l’écriture-même de ce rapport qui est à la racine de mon désir d’écrire et qui me pousse à vouloir tout penser, de sorte que je me prouve que le rapport sexuel aussi, à force, un jour, s’écrira.

Ce qui ne cesse pas de s’écrire  rêve que tout puisse s’écrire, qu’à toute chose un signifiant corresponde, qu’il n’y ait rien qui ne puisse être établi. C’est le symptôme de notre temps, l’idéal scientifique,  le fantasme, dont l’entretien assuré par la libido fait jouir. La pensée jouit. Sa constance, son entêtement, sa force, son caractère «malgré soi», mais aussi sa solitude, son silence pointent sa prise dans un processus pulsionnel. 

Aussi croirait-on sentir qu’il y a une différence entre mâcher un chewing gum et ressasser, remâcher des idées. Dans les deux cas, cependant,  quelque chose fonctionne seul, donnant à penser qu’il jouit de son seul fonctionnement. La pensée fonctionne comme une bouche qui mâchonne et ça machine, ça jouit, ça « j’ouis ».

L’autre idée, c’est que si je n’écris pas (inhibition) c’est moins que ce soit moi qui m’en empêche que l’Autre qui ne le veut pas. (si j’en avais la permission tout s’écrirait mais ça ne peut pas car l’Autre ne veut pas.
ainsi, par exemple, pourrait-il vouloir que je fasse la vaisselle (même s’il ne le dit pas).)

Le ne cesse pas de ne pas s’écrire, (…) c’est l’impossible, tel que je le définis de ce qu’il ne puisse en aucun cas s’écrire, et c’est par là que je désigne ce qu’il en est du rapport sexuel – le rapport sexuel ne cesse pas de ne pas s’écrire.
(Jacques Lacan, Encore, p. 87.)

02/05/2005 - 10:36
02/05/2005 – 10:36
dimanche 20 avril 2025 · 08h02

dimanche 20 avril 25, 06:28 // de la tachypsychie

alors, c’est Pâques

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une phrase avec point au bout, une phrase sans.

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Je dois lutter pour ne pas refaire le thème de iota et le passer en FSE (full site editing)

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je m’étais levée pour boire une Ricoré et retourner me coucher. et retourner me coucher et profiter du lit et dormir et ne plus penser.

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parfois, ne pas dormir et penser est agréable parfois, comme ce matin, pas très. la façon dont mes idées sautent d’un sujet à l’autre, plus ou moins indifféremment, n’est pas très agréable. j’ai appelé ça d’un terme psychiatrique l’autre jour, j’ai oublié lequel. dans le texte moments. il y a des variations, des variabilité dans la vitesse des sauts de l’une à l’autre pensée. quand ça ne va pas trop vite, ça peut être intéressant. ça peut être bien. quand ça traîne et ça se répète, c’est pas terrible non plus. mais ça peut être bien. du moment que quelque chose parvient à s’imprimer ne fût ce qu’un peu, c’est bien.

ce serait intéressant de savoir ce n’est pas indifférent, dans les choix de la pensée, dans ce qui dirige ses mouvements. c’est ma question depuis toujours. l’indifférence totale ou non de la pulsion. suis-se sous le coup de l’indifférence totale ou non de la pensée (je me réfère ici à l’indifférence de l’objet de la pulsion dans Freud : la pulsion se satisfait de n’importe quel objet). je pense qu’il faut l’éduquer, ce qui n’est pas possible. trouver les moyens d’agir dessus. en faisant valoir un objet moins indifférent. peut-être. (peut-être qu’elle, de son côté, se bat contre la différence.) 

pour moi —  c’est ce que j’ai cru observer ce matin en tout cas —, ces pensées au caractère envahissant et bondissant servent à détourner de certaines pensées, de certaines pensées non-indifférentes donc. comme par exemple, au site que je veux faire pour mon père. elles cherchent à me distraire, volontairement, de ce qui m’inquiète. à me détourner. 

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tachypsychie, le terme psychiatrique.

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je crois que ce que je pourrais appeler la « pensée pulsionnelle », aime s’imaginer un interlocuteur, s’adresser à quelqu’un, imaginer écrire une lettre, ou… comme ce matin, un post Facebook. alors, il y a les fois où je me lève et j’y vais, j’écris. et puis toutes les autres.

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est-ce qu’un post Facebook vaudrait la peine. encore une fois clarifier ma position par rapport à Israël. je ne sais pas. je voudrais le faire et ne pas le publier. ou pas tout de suite. le faire pour moi-même. les gens se sont trop tus sur FB. ça m’a fait du mal, de ne pas savoir ce qu’ils pensent. même si j’arrive à me forcer à l’indifférence. à me forcer à ne pas savoir, à ne pas interpréter. je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que j’écrivais dans ma réponse au commentaire de Nicolas.

est-ce que je dois trouver le moyen d’ouvrir ou maintenir ouvert un certain espace à moi, sans interlocuteur. est-ce que ça s’appelle espace privé. (songer encore une fois à ce qu’en fait Gaëlle Obiégly – dans quel livre? celui sur les déchets, je crois. d’autrespeut-être aussi. le carnet noir.) 

il y a les pages ou posts privés, bien sûr, que j’utilise (fonction d’ailleurs native de  WordPress), et puis il y a un plugin qui me permet de garder en privé certains parties à l’intérieur même d’un post, de l’invisibiliser. ce que je voudrais, au moins pour les posts, c’est que ça voie, qu’il y a des choses réservées, en réserve. donc que le titre seul, précédé de la mention Privé. que le blog se montre troué.


function afficher_titres_articles_prives($query) {
if (is_admin() || !$query->is_main_query()) {
return;
}

// Autoriser les articles privés à s'afficher dans la boucle publique
if (is_home() || is_archive() || is_search()) {
$query->set('post_status', array('publish', 'private'));
}
}
add_action('pre_get_posts', 'afficher_titres_articles_prives');

function masquer_contenu_article_prive($content) {
if (get_post_status() === 'private' && !is_user_logged_in()) {
return '

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';
}
return $content;
}
add_filter('the_content', 'masquer_contenu_article_prive');
script chatGPT : ne fonctionne pas

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je crois que ça aime se montrer parano, les pensées tachypscychiques aussi, je l’ai déjà noté.

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L’éduquer, éduquer la pulsion ? Le possible, c’est quand d’autres rentrent en jeu, sont en jeu. mal dit. Jules, mon fils, a fait que j’ai choisi de ne pas lui faire de mal en me faisant du mal, de trouver les moyens de faire obstacle au sabotage, à la haine de soi (je n’aime pas ces mots). même si je crains que cette haine ne trouve d’autres biais pour s’exprimer ou ne finisse par être plus forte. mais, c’est pas sûr, je pense que je suis arrivée à lui donner de sacrés coups, elle s’est modifée. l’amour donc comme facteur agissant sur la pulsion. idem pour ma mère. idem plus récemment pour mon frère. même si c’est pas tout à fait idem. même si c’est très différent. vouloir aider mon frère, ma mère, est un soutien, une motivation. il n’y a que ça qui puisse me faire supporter d’agir. parce que ce n’est pas pour moi. et éventuellement de réussir. ce qui me paraît toujours un gros mot. ça peut me centrer.

mais, ce que je fais écrivant : ça a peut être toujours été chercher à traiter la pensée. les pensées qui me font souffrir. (non, il y eut une volonté d’écrire, un moment, de devenir écrivain, c’était il y a longtemps, ça s’est découragé.)

Fr, c’est autre chose. Je l’ai haï autant que moi-même. il a été un support de la haine à moi-même. j’ai réalisé cette haine (inconsciente) de moi grâce à lui. cela s’est fait avec le dernier analyste. la dernière analyste. celle qui m’écoute encore aujourd’hui. à partir du moment où il y a eu un diagnostic et que j’ai pu considérer cette haine, la traiter. cela s’est fait aussi grâce au tai chi.

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pour ne pas me laisser submerger par la situation avec mon frère, ma mère, pour n’être pas seule avec moi-même — avoir d’autres recours qu’eux, mes frères, Jules, F —, pour faire que je sois prise dans autre chose, je me suis inscrite à l’atelier du TL. un peu plus tard, au cours de Pierre (c’était pour traiter tachypsychie qui s’accélérait, retrouver vide, me reposer dans la voix d’un autre, m’abandonner et retrouver position verticale, et retrouver habitation du corps).

maintenant, ça fait beaucoup. maintenant, il faut que j’en refasse, du tai chi.

Il faut bien faire avec ce qu’on est, ses manques.

 

 

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