mercredi 7 octobre 2020 18:29
Ces rêves que je n’avais pas écrits… Mais que j’ai racontés ce matin à l’analyste.
Le premier rêve
« Olive est tombé amoureux de moi. Il est amoureux et à un moment il m’embrasse. Ce n’est pas très agréable. Sa langue est énorme et ne bouge pas. Prend toute la place dans ma bouche. En séance, je dis qu’elle évoque une balle de révolver, une énorme balle de révolver. Elle est cylindrique, prend toute la place et ses bords sont crénelés, ce qui m’avait d’abord fait penser au virus du covid, au coronavirus.
Après, il veut m’acheter un bijou. Nous sommes dans une bijouterie. Je songe à un bijou en or. Parce que je n’en n’ai pas, dis-je à l’analyste. Mais je ne dis rien à Olive. Je lui dis que je ne veux rien. «
A l’analyste je parle d’Olive et de sa femme, Mira, qui a fait une pièce de théâtre où elle relate sa relation avec sa mère, folle, au travers du récit de sa propre analyse. Quelque chose de si proche de ce que j’aurais pu vouloir faire, de ce que j’aurais aimé arriver à faire. Comment j’avais pensé alors écrire comme elle. (Au point que je m’étais demandée si je ne pourrais pas lui demander son texte et écrire le mien par dessus le sien, en utilisant la touche INS du Mac (qui n’existe plus je crois, je vois, sur mon Mac). Que chacune de mes lettres prenne la place de l’une des siennes, ne s’avance pas dans le vide, avec le filet de l’écriture, du livre d’un.e autre. Comment. Système auparavant imaginé utiliser avec un texte de Duras. Désir d’un filet de sécurité. Ou désir d’une circonscription, d’un champ circonscrit, d’un territoire. Tout cela, je ne lui dis pas à Hélène, à l’analyste. Ca me vient, l’écrivant.) Mais je lui dis aussi comment j’avais pensé qu’Olive était devenu trop bien pour moi. Son intelligence si vive. Toujours aussi vive. Mon ralenti.
La balle de revolver. Comment elle me fait penser aussi à une sorte de personnage de jeu vidéo (Super Mario) que je ne connais pas. Mais dont j’ai vu des images. Comme une balle de revolver, avec des yeux, une bouche, qui sourit. Des petites ailes.
L’autre rêve, d’un autre jour
« Je vais devoir garder une petite fille. Je suis contente. La petite fille vient. Elle est très contente. Elle n’est pas seule. Il y a plein de petites filles, de jeunes filles. Elle me dit qu’elle pensait que je voulais rester toute seule. Elles sont contentes. Je m’occupe d’elles. C’est agréable, joyeux.
C’est un rêve que j’ai fait hier peut-être, ou cette nuit. »
Je parle des stages de tai chi de l’été, avec les Canadiens. Avec Paul B. Je ne lui avais pas encore parlé de ça. Je lui dis que je ne pourrais pas reprendre des cours à L’étendue corps. Que je ne trouve pas le moyen de tourner la page. Que je rêve d’écrire à Rachel quelque chose de juste, de remarquable. Que j’ai rêvé de me venger. Elle s’étonne, l’analyste. Elle me dit Comment ? Je lui parle de cette envie d’écrire à tous. D’expliquer. De ma peur de ce qu’elle aurait pu dire. Du fait qu’elle était fâchée.
Quand je parle de me venger, elle me dit : Ça s’est plutôt retourné contre vous. Je suis étonnée. Elle se réfère au rêve. À la balle dans la bouche. Je suis étonnée. Je n’avais pas vu ça comme ça.
*
Depuis quelques jours, je fais régime. C’est un régime où je dois essentiellement manger des légumes. Ce qui m’oblige à beaucoup cuisiner. Ça marche. Le régime. C’est un régime qui me fait maigrir. À chaque fois, c’est pas mal de travail. J’ai réalisé il y a quelques jours que je ne pensais plus au passé. Je ne sais pas très bien comment ça se fait. Le passé qui m’obsédait a disparu. Mais quand je suis à la cuisine, quand je cuisine, je pense toujours à ma mère, à ma grand-mère. Et avec ce que j’ai écrit à l’analyste, à propos de ma mère… Je n’ai pas osé lui parler de ce que je lui avais écrit. Que je dois continuer.
Nathalie m’a appelée. Comme c’était gentil !
Plus tard, j’ajoute :
Sur le rêve de la balle en bouche. La balle m’a tout de suite fait penser à cette image un jour vue dans un film dont j’ai oublié le titre, avec Yves Montand, un film de gangster, de hold-up, l’image d’une balle fichée dans de la matière, dont je ne sais plus ce qu’elle est, sur laquelle j’ai alors vu les initiales JPM, ce qui m’avait paru extraordinaire car ce sont celles de mon oncle, que tout le film, ainsi que l’acteur, évoquent. Mon oncle, assassin, bandit. Qui avait porté le même chapeau que Montand, le même imperméable. Les initiales de mon frère aussi, il est vrai. Il est vrai. Je voulais encore dire quelque chose mais je ne sais plus quoi. Que j’ai déjà écrit là-dessus. « Balle en bouche« . Que j’ai déjà rêvé là dessus. Il y a ce grand-père aussi, suicidé « balle en bouche », pas mon grand-père, mais le père de Sabine. Un fusil de chasse. Le cercle rouge, peut-être, le titre du film. Il y avait un cambriolage. Peut-être celui d’une bijouterie place Vendôme. Yves Montand dans le rôle d’un ancien flic, alcoolique, qui souffre de crises de delirium tremens, tireur d’élite devenu malfrat. Tout à fait comme mon oncle, qui a tué deux personnes.
Le rêve étrangement lie : Le suicide. Mais aussi l’état d’être désirée, d’être touchée sexuellement. Les meurtres de mon oncle. La bouche trop pleine. Ce qui vous étouffe et vous empêche de parler. Le sexe. Le sexe mortel.
Plus tard encore, j’ajoute :







Après quelques recherches, décidément non, ce n’est pas dans la balle même qu’il est gravé JPM, mais dans le barillet de la serrure qu’il faut faire sauter. JPM, des initiales de Jean-Pierre Melville. J’avais découvert ce film au cinéma. Ce qui m’avait scotchée : les scènes de delirium tremens. A cause de quoi j’ajoute « alcool » dans les mots de cet article. Mais, c’est quand j’ai vu les initiales JPM que quelque chose a dû s’agrafer en moi. Je veux dire, que ça s’est inscrit, au point de revenir dans des rêves, des années plus tard. Vous le voyez, comment, là, le temps s’immobilise.
Voyez. (On ne voit rien. Faudrait refaire des copie d’écran.)


Vous pourrez voir le film là-bas, mieux vaut sur grand écran : https://ok.ru/video/1582955498094
Eventuellement, sur le blog, 2 autres rêves:
https://www.disparates.org/iota/reves/paroddontologie-a-lagence-yves