réveil ultramatinal, comme d’hab. je me souviens de la veille, comme d’hab. anniv de Jules! douceur de la journée. soirée studieuse, comme j’aime, lecture à 3, au salon, dans les restes des fêtes, les guirlandes, les bougies, la nappe salie, les papiers cadeaux qui traînent…

il fait noir encore et la photo est floue. floue peut-être à cause justement de l’obscurité qui règne. mais il fait plus noir que la lumière rouge des rideaux ne peut le laisser croire. elle trahit l’illumination orangée des lampadaires dans la rue. parfois, je prends du temps pour obtenir une photo qui se rapproche de ce que je vois. ce jour-là, pas. tous les jours, tous les matins, toutes les nuits, quand je me réveille, je viens m’asseoir là. souvent, je photographie. je cherche à photographier. le sol est jonché des papiers cadeaux de Jules, dont c’était l’anniversaire hier. il y a Chester, extraordinaire compagnon d’insomnie.
réveil
6h50 – CBD, 4 gouttes hier soir. Quand j’en prends plus, c’est que je crains quelque chose. Prévenir que guérir. Vais me recoucher bientôt. Prends café et porridge. Bu eau (Vichy Célestins). Avec les excès, pourtant légers, champagne, chips, chocolats, problèmes estomac. (« Avec les excès, pourtant légers » : comment j’aime ces phrases stéréotypées, pourquoi ça m’amuse autant ;)) Excès que soigne avec eau bicarbonatée, prescrite par médecin pour calculs que soigne mal, c’est-à-dire ne bois pas. Bois, Véronique, bois.
hier, 1er jan
Hier, 1er janvier, anniversaire de Jules! Rien écrit, mais fait la vaisselle au lever puis sortie chercher tarte rue des Martyrs. A midi, bu soupe cause estomac. Après-midi, relu article sur la poésie et les sons, les impressions sonores, chez Beaudelaire, Leopardi et Pessoa. Relu pour en parler à D et G. Écrit brouillon mais pas encore envoyé. On a donné les cadeaux aussi à J. A midi et au soir ! Il était content, très. La veille, avec F, avions été acheté à APC les sneakers qu’il nous avait signalées. La balade avait été amusante. Il ne s’y attendait pas, je crois, à les recevoir. Je ne sais pas si quelque chose l’a mis de très bonne humeur. Il ne nous dit pas tout. Son réveillon aussi, avec ses amis s’était bien passé. Après le RV raté avec J2. Au soir a demandé à lire (!) Gentillesse de cet enfant, attention. Plaisir qu’il peut me faire. Voilà qu’il nous encourage à lire. S’est installé au salon pour ça. Douceur de cet être ensemble. Qui me rappelle tant de mes prores souvenirs d’enfance. Avais-je parlé de cela. J’ai repris, du coup ( F dit que tout le monde dit tout le temps « du coup »), mon livre sur Broodthaers et Mallarmé. Et le renoncement à la chanson, à la rime.
mallarmé-broo

L’article sur les impressions sonores s’achevait sur la chanson dans la poésie. Et le livre démarre sur Mallarmé et la perte du chant. C’est le point qui m’intéresse. La cheville. Broodthaers dit que Mallarmé a alors ouvert le poème à l’espace. Dans la perte de la rime et de ses calculs, l’ouverture à l’espace (de la page) et au hasard. Ce qui motive Broodthaers a abandonner la poésie, le livre.
Le livre ? Je ne me souviens plus du titre… Fait d’une suite de 3 mots, je crois, séparés par des virgules. Le premier, c’est Muse. Quels peuvent être les deux autres… Il a une jolie couverture noire et blanche, parcourue d’une sorte de ruban de dentelle dessiné, qui m’évoque aussi un circuit de train électrique. Lne typo séduisante, très contemporaine, un interlignage très resséré, rendant le titre un peu illisible, ce n’est pas pour ça que je ne l’ai pas retenu, Muse et moule. Et quoi d’autre? Méduse. Marcel Broodthaers – Moule, Muse, Méduse, par Jean-Philippe Antoine aux Presses du réel.
Bon, je vais retourner me coucher. Je ne pensais pas écrire. J’écris pour travailler ma mémoire. La mémoire des mots, de l’utilisation du langage. Dont je commence à perdre aussi la grammaire, l’orthographe. Demain, analyste.