mardi 3 janvier 2023 · 16h13

La voix de ma tante

Aujourd’hui, j’ai compris combien c’est ta voix qui me manque
Ce dont vois-tu je ne me doutais même pas
C’était tous les ans la même chose, à cette époque de l’année, de la grande fête
Je me trouvais soudain plus seule encore qu’à l’habitude
Des jours durant, agitée, abattue
Malgré moi plongée et replongée dans un passé
Dont l’éclat me revenait par bribes
Celui des papiers brillants
Surtout celui de ta voix riant
Qui s’élançait dans l’escalier traversait la maison envoyait ses ordres s’adressait aux uns et autres et lançait un maelstrom d’activités pour préparer la fête

Des jours et des jours durant, année après année, les mêmes gestes répétés

Et je pouvais te suivre, en silence, partout avec toi accomplir. J’avais ma place dans le monde. Il m’était demandé et je pouvais répondre et je riais aussi sous tes regards discrètement tendres 
Est-ce qu’aujourd’hui encore dans l’amour j’attends cette voix sans peur qui prend si largement l’espace et me l’ouvre
On pourrait bien le croire quand l’angoisse referme sur moi son couvercle, à force de silences prolongés
Il est rude de ne plus t’entendre. Ma tante. Et depuis que j’ai compris cela, c’est moi qui donne de la voix, je la donne, tu vois, comme toi, vaillamment, je la lance, j’y mets comme toi autant de gaieté possible. Et je repense à toi.
C’est comme de retrouver jambes, corps, vie.
A cette époque de l’année.

Liens : Titi

mardi 3 janvier 2023 · 18h28

Mardi 3 janvier 23
— fâchée

4 gouttes hier. Réveillée vers 6 h, OK. Avais pris aussi psylo, parce que m’étais énervée stupidement contre moi-même. Avais travaillé longtemps au calendrier des  divers évènements liés à l’inscription de J dans une école d’art, pour finalement m’apercevoir que m’étais trompée dans les dates. Je me suis mise à râler exagérément, F était dans le canapé, mais je crains que J également ne m’aie entendue… Le problème c’est que dès que je râle, je m’en veux de râler, je m’en veux de me mettre en colère et de l’exprimer, et à la colère s’ajoute une angoisse sourde. C’est de F que je tenais à être entendue. Ce n’est qu’après que je me suis dit que J aussi m’avait peut-être entendue. Il faisait de la peinture. Est-ce que sa porte était ouverte ? Quelle idiote! Je suis sortie finalement, faire des courses pour le dîner et acheter une cigarette.

Je ne me fâche alors, comme hier, j’en suis sûre, que pour passer un mauvais moment. Que pour m’enfoncer dans cette fâcherie. Dans cette haine de moi, et faire peser ça sur le monde, et m’en vouloir. C’est ça qui me prend. Vouloir m’en vouloir. A quoi, je cède.

Ah oui, aussi : pendant toute la journée, j’avais pensé à un mail que je voulais finir et envoyer à D et G, le mail sur la poésie, et je ne l’avais pas fait. Aussi marmonnais-je que j’aurais eu autre chose à faire. Je m’en voulais de n’avoir pas fait ce qui me paraît fondamentalement important et je m’en voulais de faire état de ce « sacrifice » aux autres, de le faire retomber sur eux. Le sacrifice de mon temps consacré aux études de J plutôt que la lettre. Quelle injustice! Alors que le « sacrifice » est beaucoup plus facile à faire. Mais j’étais si inquiète par la lettre non-écrite.

9h23

J, je ne sais pas si tu m’as entendue hier râler parce que je m’étais trompée dans le calendrier, j’avais mis des dates de l’an dernier. Je n’aurais pas dû m’énerver autant. Mais tout va parfois trop vite. Je m’en voulais surtout de n’avoir pas terminé d’écrire un mail à D et G. Ce que j’ai fait alors. On remet parfois de faire des trucs….

Donc, pour les classes préparatoires,  jusqu’à présent on n’a que les dates de l’ABA (Ateliers BA de Paris). Pour le reste faut continuer à surveiller…

Bisous

Donc, je viens d’envoyer ça. Est-ce que ça suffit ?

J’avais alors fumé un peu. Ce qui avait entraîné un étourdissement incroyable. Et m’étais calmée.

Pas envoyé le mail à D et G. Envie pourtant de les voir. Mais.

15:27

Lost

Le seul moment où j’arrive à démarrer quelque chose : le matin au réveil. Après…

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